Tamás Sulyok, président de la Hongrie, de profil.
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Démission de Sulyok : Orbán sacrifie son dernier pion hongrois

Tamás Sulyok démissionne après un bras de fer perdu face au nouveau Premier ministre Péter Magyar, qui utilise sa majorité des deux tiers pour démanteler l’héritage d’Orbán via le plan « Purgatorium ».

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Le 18 juillet 2026 restera dans les annales politiques hongroises comme le jour où Tamás Sulyok a baissé les armes. Après des semaines de bras de fer acharné avec le nouveau Premier ministre Péter Magyar, le président de la République a annoncé par vidéo interposée qu'il signerait la réforme constitutionnelle mettant fin à son mandat. Un aveu de faiblesse qui sonne comme la fin d'une époque pour le système Orbán. 

Tamás Sulyok, président de la Hongrie, de profil.
Tamás Sulyok, président de la Hongrie, de profil. — (source)

L'annonce, diffusée sur Facebook, a pris tout le monde de court. Sulyok, qui avait juré quelques semaines plus tôt de ne pas céder aux pressions, a reconnu son impuissance face à la machine parlementaire désormais contrôlée par Tisza, le parti de Péter Magyar. « Je ne dispose pas de moyens constitutionnels pour m'opposer à cet amendement qui, bien que violant les principes constitutionnels, a été adopté par l'Assemblée nationale », a-t-il déclaré, le visage grave.

Cette chute programmée ressemble à un thriller politique. Tout s'est joué en moins de deux mois, entre l'ultimatum du 31 mai et le vote du parlement le 13 juillet. Les 139 voix pour l'amendement, contre seulement 6, et le boycott impuissant du Fidesz de Viktor Orbán ont scellé le sort du président. La question qui taraude les observateurs est simple : pourquoi ce revirement soudain ? La réponse tient en un mot : l'isolement.

Pourquoi Sulyok a-t-il refusé l'ultimatum du 31 mai ?

Le 31 mai 2026, Péter Magyar fixe un ultimatum public à Tamás Sulyok. Depuis sa victoire écrasante aux législatives d'avril, le nouveau Premier ministre ne cesse de qualifier le président de « marionnette d'Orbán ». Il lui donne jusqu'à minuit pour quitter ses fonctions de son propre gré. La réponse de Sulyok est cinglante : dans une déclaration solennelle, il rejette toute idée de démission et dénonce les « motivations politiques » de Magyar.

L'ultimatum qui a scellé le destin du président

Le président convoque l'histoire et les principes. Il rappelle que la Constitution hongroise ne prévoit pas de procédure de destitution pour des motifs politiques. Mais Magyar ne l'entend pas de cette oreille. Dès le lendemain, il annonce son intention d'utiliser la majorité des deux tiers dont dispose Tisza au Parlement pour modifier la Constitution et ouvrir la voie à une destitution. « La Hongrie n'appartient ni à Tamás Sulyok ni à Viktor Orbán », lance-t-il face aux caméras. 

Poignée de main protocolaire entre deux responsables hongrois.
Poignée de main protocolaire entre deux responsables hongrois. — (source)

Ce refus de démissionner scelle le destin du président. En s'accrochant à son fauteuil, Sulyok offre à Magyar l'occasion idéale de démontrer sa détermination à nettoyer les institutions. Le Premier ministre promet une procédure qui ne visera pas seulement le chef de l'État, mais « tous les pantins, tous ceux qui ont participé à ce système ».

Une position intenable dès le départ

Juridiquement, Sulyok se trouve dans une impasse. La Constitution hongroise, rédigée sous l'ère Orbán en 2011, ne lui donne aucun droit de veto sur les amendements constitutionnels. Il peut seulement les signer ou refuser de les signer, mais un refus prolongé ouvrirait la voie à une procédure de destitution encore plus humiliante. Politiquement, il est déjà isolé : Orbán, son mentor, ne monte pas au créneau pour le défendre.

Comment le 17e amendement a-t-il fait tomber Sulyok le 13 juillet ?

Le 13 juillet 2026, le parlement hongrois adopte le 17e amendement à la Constitution par 139 voix pour et seulement 6 contre. Le Fidesz boycotte le vote, impuissant face à la majorité écrasante de Tisza. Le texte est un véritable couteau suisse juridique, taillé sur mesure pour démanteler les derniers bastions du système Orbán.

Les trois mesures choc du 17e amendement

L'amendement met fin au mandat de Sulyok, mais aussi à celui du président de la Cour constitutionnelle Péter Polt, un fidèle d'Orbán nommé à vie. Il supprime les juges constitutionnels de plus de 70 ans, visant directement les piliers du système judiciaire Fidesz. Et surtout, il interdit aux députés ayant effectué trois mandats de se représenter. Plus de la moitié des députés Fidesz actuels sont concernés. C'est une bombe juridique qui vide le « noyau dur » du parti. 

Tamás Sulyok accueillant Javier Milei à Budapest.
Tamás Sulyok accueillant Javier Milei à Budapest. — Argentina.gob / CC BY 4.0 / (source)

Le Fidesz réduit au silence

Le Fidesz crie au coup d'État constitutionnel. Mais ses protestations restent lettre morte. Magyar dispose de la majorité des deux tiers, et il compte bien l'utiliser jusqu'au bout. Le message est clair : l'ère Orbán est terminée, et les verrous institutionnels qui protégeaient le système sautent les uns après les autres.

Revirement : pourquoi Sulyok a finalement cédé ?

Entre la fin mai et la mi-juillet, le changement de position de Sulyok est spectaculaire. Comment expliquer qu'un homme qui jurait de ne pas céder finisse par signer lui-même l'acte de sa destitution ? La réponse est politique et juridique.

L'isolement politique total

Politiquement, Sulyok est totalement isolé. Orbán, son mentor, ne monte pas au créneau pour le défendre. Le Fidesz boycotte le vote mais n'engage aucune action de fond pour sauver son président. Sulyok comprend qu'il est seul face à la machine parlementaire de Magyar. Juridiquement, il n'a aucune carte à jouer. La Constitution hongroise ne lui donne pas de droit de veto sur les amendements constitutionnels. Il peut seulement les signer ou refuser de les signer, mais un refus prolongé ouvrirait la voie à une procédure de destitution encore plus humiliante.

L'aveu d'impuissance en vidéo

Portrait officiel de Tamás Sulyok, président de la Hongrie depuis 2024.
Portrait officiel de Tamás Sulyok, président de la Hongrie depuis 2024. — Sándor Palota / CC BY-SA 4.0 / (source)

Sa déclaration vidéo du 18 juillet est un aveu d'impuissance. Sulyok admet qu'il ne dispose pas de moyens constitutionnels pour s'opposer à l'amendement. Il parle de « viol des principes constitutionnels » mais reconnaît que la loi a été adoptée régulièrement. En signant, il choisit de partir avec une apparence de dignité plutôt que d'être traîné dehors.

Tamás Sulyok : du gardien de la Constitution au pion sacrifié

Tamás Sulyok n'est pas un président ordinaire. Né le 24 mars 1956 à Kiskunfélegyháza, ce juriste de formation a gravi tous les échelons du système judiciaire hongrois avant d'accéder à la présidence de la République en mars 2024. Mais son parcours est indissociable de celui de Viktor Orbán. Sulyok était l'architecte juridique du système illibéral, le garant constitutionnel des réformes qui ont transformé la Hongrie.

L'architecte de la contre-révolution constitutionnelle

Ancien vice-président puis président de la Cour constitutionnelle à partir de 2015, Sulyok a supervisé ce que les experts appellent la « contre-révolution constitutionnelle » hongroise. Sous sa direction, la Cour a validé les réformes clés d'Orbán : le verrouillage des médias, la mainmise sur la justice, le contrôle de l'économie par des oligarques proches du pouvoir. Chaque loi controversée trouvait une validation constitutionnelle. Sulyok était le bouclier juridique du système.

C'est précisément pour cette raison que Péter Magyar veut l'éliminer. Le nouveau Premier ministre ne se contente pas de changer de gouvernement : il veut démanteler l'héritage Orbán pièce par pièce. Et Sulyok, en tant que symbole de cet héritage, devait tomber.

Un président à 16 000 € par mois, symbole du système Orbán

Le salaire de Tamás Sulyok est devenu un symbole de la « caste Orbán ». Péter Magyar a révélé publiquement que le président touchait 6,3 millions de forints par mois, soit environ 16 000 €. Un montant déconnecté de la réalité économique des Hongrois, dont le salaire moyen tourne autour de 600 000 forints.

Ce chiffre a fait l'effet d'une bombe dans l'opinion publique. Comment justifier qu'un président, dont le rôle est essentiellement protocolaire, gagne plus de dix fois le salaire moyen ? Magyar a utilisé cet argument avec habileté pour dénoncer l'entre-soi des élites Fidesz. Sulyok n'était pas seulement un pantin politique : il était aussi un privilégié du système, grassement payé pour valider les décisions du parti.

Cette révélation a renforcé la perception que la Hongrie d'Orbán était un système clientéliste où les fidèles étaient récompensés sans contrepartie. Sulyok, avec son salaire mirobolant, incarnait tout ce que les Hongrois rejetaient dans l'ancien régime.

Le passé nazi de son père : une polémique jamais digérée

La stature morale de Sulyok a été fragilisée par une polémique tenace autour du passé de son père. Selon les historiens László Karsai et Krisztián Ungváry, László József Sulyok, le père du président, était un sympathisant nazi et antisémite, chef d'une section locale du Parti national-socialiste hongrois dirigé par László Baky.

Les déclarations de Tamás Sulyok sur son père sont contredites par les archives historiques. Le président affirmait que son père avait été condamné à mort par contumace en 1946 pour avoir défendu l'épouse d'un dignitaire communiste. En réalité, László József Sulyok aurait réclamé l'acquisition de biens immobiliers confisqués à des Juifs persécutés pour y installer son organisation politique.

Cette révélation, publiée par le bimensuel satirique Hócipő, a jeté une ombre sur la présidence de Sulyok. Ses adversaires ont exploité cette histoire pour le discréditer, le présentant comme l'héritier d'une tradition politique honteuse. La polémique n'a jamais été complètement digérée, et elle a contribué à affaiblir sa position face à Magyar.

Le plan « Purgatorium » de Péter Magyar : démanteler l'héritage Orbán

La démission forcée de Sulyok n'est pas un événement isolé. Elle s'inscrit dans un plan plus vaste conçu par Péter Magyar : le « Purgatorium ». Ce nom de code, emprunté au latin ecclésiastique, évoque un nettoyage, une purification. Magyar ne promet pas un simple changement de gouvernement, mais un « changement de régime ».

L'ambition est vertigineuse. Depuis sa victoire aux législatives d'avril 2026, Magyar dispose d'une majorité des deux tiers au Parlement, la même majorité qu'Orbán utilisait pour verrouiller les institutions. Mais là où Orbán verrouillait, Magyar déverrouille. Chaque loi, chaque amendement constitutionnel est conçu pour libérer les institutions de l'emprise du Fidesz.

Un nettoyage systématique des institutions

Le concept de « purgatorium » est central dans la stratégie de Magyar. Il s'agit d'un nettoyage systématique des institutions verrouillées par le Fidesz pendant seize ans de pouvoir. Magyar l'a expliqué clairement : chaque institution (justice, médias, constitution) est une forteresse à reconquérir.

La méthode est radicale. Magyar utilise la majorité des deux tiers pour modifier les règles du jeu. Il ne se contente pas de remplacer les hommes : il change les structures. Les juges nommés à vie par Orbán sont mis à la retraite. Les médias contrôlés par des oligarques proches du pouvoir sont libéralisés. La Constitution elle-même est réécrite pour empêcher tout retour en arrière.

Cette approche suscite des critiques. Certains accusent Magyar d'utiliser les mêmes méthodes qu'Orbán, en instrumentalisant la majorité parlementaire pour imposer sa vision. Mais le nouveau Premier ministre répond que la différence est dans l'intention : là où Orbán verrouillait la démocratie, lui la libère. Le « Purgatorium » est une phase transitoire nécessaire pour restaurer l'État de droit.

La triple interdiction qui cible les barons d'Orbán

La clause interdisant aux députés de se représenter après trois mandats est peut-être la plus explosive du 17e amendement. Elle frappe au cœur du système Fidesz, en empêchant les barons du parti de se maintenir au pouvoir indéfiniment.

Cette mesure est rétroactive : elle prend en compte les mandats effectués avant l'adoption de l'amendement. Résultat, plus de la moitié des députés Fidesz actuels ne peuvent pas se représenter aux prochaines élections. Cela inclut des figures historiques du parti, des ministres d'Orbán, des cadres régionaux qui étaient au pouvoir depuis 2010.

Magyar justifie cette mesure par la nécessité de renouveler la classe politique hongroise. « Le pouvoir use, et seize ans de Fidesz ont usé la démocratie », a-t-il déclaré. Mais ses adversaires y voient une vengeance politique, une manière d'éliminer définitivement l'opposition en la privant de ses cadres les plus expérimentés.

Viktor Orbán silencieux : pourquoi le maître du jeu a laissé tomber son pion

Le grand mystère de l'affaire Sulyok, c'est le silence de Viktor Orbán. L'ancien Premier ministre, qui a dominé la politique hongroise pendant seize ans, n'a pas levé le petit doigt pour sauver son président. Pas de déclaration enflammée, pas de mobilisation des troupes, pas de contre-attaque médiatique. Rien. Un silence assourdissant qui en dit long sur l'état du Fidesz.

Orbán a perdu les élections législatives du 12 avril 2026 après seize ans au pouvoir. La défaite a été historique : son parti, le Fidesz, est passé de la majorité absolue à une position d'opposition marginale. Péter Magyar et son parti Tisza ont raflé plus des deux tiers des sièges, une victoire écrasante qui a stupéfié l'Europe.

Un silence calculé

Pendant toute la crise Sulyok, Orbán est resté muet. Pas un tweet, pas une déclaration, pas une apparition publique pour défendre son président. Le Fidesz a boycotté le vote du 17e amendement, mais sans orchestre, sans campagne, sans théâtre. 

Tamás Sulyok prenant la parole lors d'une cérémonie officielle.
Tamás Sulyok prenant la parole lors d'une cérémonie officielle. — (source)

Ce silence est calculé. Orbán comprend que toute intervention de sa part serait contre-productive. Elle donnerait à Magyar l'occasion de le présenter comme l'homme de l'ombre qui tire les ficelles, confirmant ainsi le récit de la « marionnette ». En restant silencieux, Orbán espère minimiser les dégâts et préserver ce qui reste de son capital politique.

Sacrifier Sulyok pour sauver le Fidesz

Le calcul d'Orbán est froid et cynique. Sulyok était un fusible, un homme sacrifiable. En le laissant partir sans combattre, Orbán évite une guerre d'usure qui aurait affaibli davantage le Fidesz.

Le parti est déjà en ruine : défaite électorale historique, perte de la majorité, départs de cadres. Une bataille pour sauver Sulyok aurait mobilisé des ressources précieuses pour un résultat incertain. Orbán préfère préserver ses forces pour les élections locales à venir et pour la reconstruction du parti dans l'opposition.

C'est un sacrifice tactique, typique de la realpolitik d'Orbán. Sulyok était un pion, et les pions se sacrifient pour sauver le roi. Le roi, c'est Orbán, et il compte bien revenir.

La carte Trump : espoir de retour en 2030 ?

Le silence d'Orbán s'explique aussi par un calcul à long terme. En février 2026, juste avant les élections législatives, le secrétaire d'État américain Marco Rubio s'est rendu à Budapest pour apporter le soutien de l'administration Trump à Orbán. Rubio a évoqué un « âge d'or des relations » entre les États-Unis et la Hongrie.

Orbán joue la montre. Il parie sur une victoire de Donald Trump en 2028 pour bénéficier d'un soutien international et reprendre le pouvoir en Hongrie en 2030. L'administration Trump a déjà montré sa sympathie pour les régimes nationalistes d'Europe centrale, et Orbán compte sur ce soutien pour reconstruire sa base.

La chute de Sulyok n'est qu'une bataille perdue dans une guerre qu'Orbán compte bien gagner. En attendant, il préserve ses forces, entretient ses réseaux internationaux, et prépare son retour. Le silence d'aujourd'hui est le calcul de demain.

Jeunes Hongrois : entre espoir de changement et tentation de l'exode

La démission de Sulyok est un symbole fort, mais la vie des jeunes Hongrois change-t-elle vraiment ? Pour un étudiant de Budapest ou un jeune actif de Debrecen, ce feuilleton politique peut sembler lointain. Pourtant, les enjeux sont immenses.

La Hongrie a perdu des centaines de milliers de jeunes depuis 2010. Attirés par les salaires plus élevés et les libertés de l'Ouest, ils ont quitté le pays en masse. Ce brain drain est le talon d'Achille de la Hongrie, un problème existentiel qui dépasse les clivages politiques.

67 % des Hongrois voulaient son départ

Un sondage du 21 Research Centre réalisé en mai 2026 a révélé que 67 % des électeurs hongrois voulaient le départ de Tamás Sulyok. Ce chiffre est sans appel : le président était rejeté par une écrasante majorité de la population.

Ce désaveu illustre le divorce profond entre la population et la « caste Orbán ». Sulyok n'était pas seulement impopulaire : il était perçu comme le symbole d'un système clientéliste et corrompu. Son départ n'est pas une simple manœuvre politique, c'est l'exécution d'une volonté populaire.

Les jeunes Hongrois, en particulier, rejetaient Sulyok. Pour eux, il incarnait le passé, un régime autoritaire qui avait limité leurs libertés et leurs perspectives d'avenir. Sa démission est un soulagement, mais elle ne suffit pas à résoudre les problèmes structurels du pays.

Le grand exode des jeunes

La crise politique ne doit pas masquer le problème existentiel de la Hongrie : la fuite des cerveaux. Depuis 2010, des centaines de milliers de jeunes Hongrois ont quitté le pays, attirés par les salaires et les libertés de l'Ouest.

Les chiffres sont alarmants. Près d'un Hongrois sur cinq âgé de 20 à 35 ans vit à l'étranger. Les secteurs les plus touchés sont la santé, l'éducation et la technologie. Les hôpitaux hongrois manquent de médecins, les écoles d'enseignants, les entreprises d'ingénieurs.

Le salaire de 16 000 € de Sulyok, révélé par Magyar, contraste violemment avec les faibles perspectives économiques des jeunes. Même après la chute d'Orbán, la tentation de l'exil reste forte. Pourquoi rester dans un pays où les salaires sont bas, la fiscalité lourde et les opportunités limitées ? Magyar devra répondre à cette question s'il veut inverser la tendance.

La génération Z entre scepticisme et espoir

Pour un jeune Hongrois hyperconnecté, ce feuilleton politique ressemble à une saison de série politique. Les rebondissements s'enchaînent : ultimatum, vote, démission, silence d'Orbán. Mais la question qui taraude la génération Z est simple : est-ce que ça change vraiment quelque chose ?

Le scepticisme est de mise. Après seize ans de Fidesz, les jeunes Hongrois ont appris à ne pas croire aux promesses politiques. Magyar promet un changement de régime, mais beaucoup se demandent s'il est vraiment différent. Ses méthodes autoritaires (utilisation de la majorité des deux tiers, purge des institutions) rappellent étrangement celles d'Orbán.

Pourtant, des signes d'espoir existent. La liberté d'expression retrouvée dans les médias et les universités est palpable. Les étudiants peuvent à nouveau critiquer le gouvernement sans crainte de représailles. Les médias indépendants renaissent. La société civile, longtemps étouffée, reprend vie.

Le test de la maturité démocratique est lancé. Les jeunes Hongrois observent, jugent, et décideront. Rester ou partir ? Croire ou douter ? La réponse dépendra de la capacité de Magyar à transformer ses promesses en réalité.

Après Sulyok, l'aube d'une nouvelle République ou le crépuscule d'une époque ?

La démission de Tamás Sulyok ouvre une nouvelle page de l'histoire hongroise. Mais quelle page ? Celle d'une renaissance démocratique ou celle d'un simple changement de clan au pouvoir ? La question est centrale.

Péter Magyar a promis un « changement de régime », pas un simple changement de gouvernement. Son plan « Purgatorium » est ambitieux, mais il soulève des inquiétudes. En utilisant la majorité des deux tiers pour verrouiller l'avenir contre Orbán, Magyar utilise les mêmes méthodes que son prédécesseur. La différence entre une « contre-révolution constitutionnelle » et une « restauration démocratique » réside dans l'intention et le respect des contre-pouvoirs.

Qui pour succéder à Sulyok ?

La question qui agite les cercles politiques hongrois est simple : qui remplacera Tamás Sulyok à la présidence de la République ? Le poste est vacant, et le choix du nouveau chef de l'État sera un premier test pour la vision de Magyar.

Les rumeurs vont bon train. Certains évoquent un président consensuel, probablement sans passé politique Fidesz, pour redonner de la dignité à la fonction. D'autres parlent d'une personnalité issue de la société civile, un intellectuel ou un juge reconnu pour son indépendance.

Le choix est crucial. Le président hongrois, bien que protocolaire, incarne l'unité de la nation. Après des années de polarisation extrême sous Orbán, le nouveau chef de l'État devra rassembler. Magyar a promis une procédure transparente et ouverte. Reste à voir s'il tiendra parole.

Les défis titanesques de Péter Magyar

Les dossiers qui attendent Péter Magyar sont brûlants. Premier défi : la justice. La Cour constitutionnelle a été vidée de ses juges Fidesz. Il faut la reconstruire avec des magistrats indépendants, capables de garantir l'État de droit.

Deuxième défi : les médias. Le paysage médiatique hongrois a été verrouillé par des oligarques pro-Orbán pendant seize ans. Magyar doit libéraliser ce secteur, permettre l'émergence de médias indépendants, et garantir la pluralité de l'information.

Troisième défi : l'économie. La Hongrie est sous perfusion des fonds européens, bloqués en raison des violations de l'État de droit sous Orbán. Magyar doit négocier leur déblocage tout en relançant une économie fragilisée par des années de clientélisme.

Quatrième défi : l'international. Orbán reste influent en Europe de l'Est, notamment en Pologne et en Slovaquie. La relation avec la Russie est complexe. Magyar devra naviguer entre les pressions de Bruxelles et les réalités géopolitiques de la région.

Conclusion : une démocratie en reconstruction, le test de la maturité

La Hongrie est à un carrefour. Magyar utilise la majorité des deux tiers pour verrouiller l'avenir contre Orbán, une méthode qui rappelle les « coups constitutionnels » de son prédécesseur. La différence entre une « contre-révolution constitutionnelle » et une « restauration démocratique » réside dans l'intention et le respect des contre-pouvoirs.

Si Magyar utilise sa majorité pour libérer les institutions, respecter les droits de l'opposition et garantir des élections libres, alors la Hongrie peut renaître. Si, au contraire, il utilise ces mêmes outils pour verrouiller le pouvoir et marginaliser ses adversaires, alors le pays risque de passer d'un autoritarisme à un autre.

La chute de Sulyok n'est que le début. La véritable question est de savoir si la Hongrie saura saisir cette opportunité pour reconstruire une démocratie solide et durable. Le test de la maturité est lancé, et les yeux de l'Europe sont braqués sur Budapest.

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Questions fréquentes

Pourquoi Tamás Sulyok a-t-il démissionné ?

Tamás Sulyok a démissionné après l'adoption du 17e amendement constitutionnel par le Parlement hongrois, qui mettait fin à son mandat. Isolé politiquement et sans moyen juridique pour s'opposer au texte, il a choisi de signer l'amendement pour éviter une destitution humiliante.

Que contient le 17e amendement hongrois ?

Le 17e amendement met fin au mandat du président Sulyok et du président de la Cour constitutionnelle Péter Polt. Il supprime les juges constitutionnels de plus de 70 ans et interdit aux députés ayant effectué trois mandats de se représenter, visant directement les cadres du Fidesz.

Pourquoi Viktor Orbán n'a-t-il pas défendu Sulyok ?

Viktor Orbán est resté silencieux pour éviter une guerre d'usure qui aurait affaibli davantage son parti, déjà en ruine après sa défaite électorale. Il a sacrifié Sulyok comme un pion tactique, préservant ses forces pour un éventuel retour au pouvoir en 2030.

Quel est le plan Purgatorium de Péter Magyar ?

Le Purgatorium est un plan de nettoyage systématique des institutions verrouillées par le Fidesz pendant seize ans. Magyar utilise sa majorité des deux tiers pour modifier les structures, remplacer les juges fidèles à Orbán et libéraliser les médias, afin de restaurer l'État de droit.

Quel est le salaire mensuel de Tamás Sulyok ?

Tamás Sulyok touchait 6,3 millions de forints par mois, soit environ 16 000 €. Ce salaire, dénoncé par Péter Magyar, contrastait fortement avec le salaire moyen hongrois d'environ 600 000 forints et symbolisait le système clientéliste d'Orbán.

Sources

  1. [PDF] FROM THE RULE OF LAW TO THE LAW OF RULE · democracyinstitute.ceu.edu
  2. Hungary: The State of Liberal Democracy · academia.edu
  3. bbc.com · bbc.com
  4. euronews.com · euronews.com
  5. fr.euronews.com · fr.euronews.com
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Sarah Imbot @street-voice

Originaire de Saint-Denis, je raconte la société française telle que je la vis : les quartiers, les galères du quotidien, mais aussi les solidarités qu'on ne montre jamais à la télé. Bénévole dans une asso d'aide aux devoirs, je crois au pouvoir des histoires de terrain.

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