Illustration éditoriale sur Trump veut que la Russie et la Chine aident à combattre la Cour internationale qui juge les crimes de guerre
Monde

États-Unis, Russie, Chine : l'étrange alliance contre la Cour pénale internationale

Trump propose une alliance inédite avec la Russie et la Chine pour démanteler la CPI, tandis que sanctions, révocation du procureur et retraits d'États fragilisent les enquêtes sur Poutine et Nétanyahou.

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La proposition est aussi surprenante qu'inquiétante. Selon le Financial Times, Donald Trump aurait proposé à Xi Jinping, lors de leur sommet de Pékin en mai 2026, que les États-Unis, la Russie et la Chine coopèrent pour combattre la Cour pénale internationale (CPI). Une information non confirmée officiellement — la Maison-Blanche n'a pas commenté et le compte rendu du sommet n'en fait pas mention — mais qui s'inscrit dans une offensive américaine bien réelle contre la juridiction de La Haye.

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Le paradoxe saute aux yeux : les trois puissances ne sont pas membres de la CPI, n'ont jamais ratifié le Statut de Rome, et pourtant elles s'emploieraient à décrédibiliser une cour qu'elles perçoivent comme une arme politique contre leurs intérêts. Comprendre cette alliance, ses ressorts et ses conséquences concrètes sur les enquêtes pour crimes de guerre, c'est saisir les rapports de force qui traversent la justice internationale.

Une proposition non confirmée, une offensive bien réelle

Le rapport du Financial Times, repris par plusieurs médias, affirme que Trump aurait évoqué l'idée d'une coopération tripartite contre la CPI lors de sa rencontre avec Xi Jinping à Pékin, arguant que leurs intérêts étaient alignés. Le président russe Vladimir Poutine, qui s'est rendu à Pékin dans la foulée, était également dans la boucle.

Mais le cœur de l'actualité ne se joue pas dans cette proposition floue. Il se joue dans les actes concrets de l'administration Trump. Le 13 juillet 2026, le secrétaire d'État Marco Rubio a lancé une campagne « tous azimuts » pour démanteler la CPI, qualifiant la Cour de menace existentielle contre la souveraineté américaine. Sa formule est sans ambiguïté : « La CPI et ses amis mènent une guerre contre notre pays, non pas avec des balles ou des missiles, mais avec des statuts, des pactes et la force du soi-disant droit international. » Objectif assumé : « Nous démantèlerons la CPI. Brique par brique, si nécessaire. »

Derrière la rhétorique, des mesures concrètes : pression diplomatique sur les États membres pour qu'ils se retirent de la Cour et cessent de la financer, sanctions renforcées contre les organisations affiliées, et menace implicite sur l'aide américaine aux pays récalcitrants. Les nations qui refuseraient de « rejeter l'autorité fallacieuse de la CPI » tout en dépendant de l'assistance américaine sont explicitement visées.

Trois méthodes pour affaiblir la Cour

Les États-Unis en première ligne

L'arsenal américain ne date pas de 2026. Dès février 2025, Trump avait signé un décret autorisant des sanctions contre la CPI, gelant les avoirs et interdisant les transactions avec les personnes visées. Onze hauts responsables de la Cour sont aujourd'hui sous sanctions, dont le procureur Karim Khan. Les conséquences sont concrètes : comptes bancaires gelés, cartes de crédit annulées, comptes Apple, Amazon ou PayPal bloqués, visas refusés.

L'effet dissuasif dépasse les seuls magistrats visés. Les sanctions peuvent s'étendre à toute personne ou organisation qui assisterait les responsables de la CPI — banques, avocats, ONG, entreprises technologiques. Résultat : un « effet de refroidissement » qui complique le travail quotidien de la Cour et dissuade les coopérations. Pour les partenaires des responsables sanctionnés, la menace de poursuites américaines (jusqu'à vingt ans de prison pour les personnes américaines qui traiteraient avec eux) pèse lourd.

La Russie, une hostilité de longue date

Moscou n'a pas attendu Trump pour combattre la CPI. La Russie avait signé le Statut de Rome en 2000 mais ne l'a jamais ratifié, avant de retirer sa signature en novembre 2016, après que la Cour a qualifié l'occupation de la Crimée d'occupation illégale.

Le tournant majeur intervient en mars 2023, lorsque la CPI émet un mandat d'arrêt contre Vladimir Poutine pour « déportation illégale » et « transfert illégal » d'enfants ukrainiens depuis les territoires occupés. C'est la première fois qu'un mandat vise un chef d'État membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies. La riposte russe est immédiate : ouverture de poursuites pénales contre les responsables de la CPI, inscription sur la liste des personnes recherchées, et condamnation du procureur Karim Khan à quinze ans de prison par contumace.

Pour le Kremlin, l'offensive américaine est une aubaine. Comme le souligne une analyse du Moscow Times, la guerre menée par Washington contre la CPI offre une couverture diplomatique précieuse à la Russie, qui peut désormais présenter ses propres attaques comme un alignement sur la position américaine.

La Chine, une opposition discrète mais solide

Pékin n'a jamais signé le Statut de Rome, une position constante depuis la création de la Cour. La Chine ne s'engage pas dans des campagnes frontales comme Washington, mais son opposition est structurée.

Après l'émission des mandats d'arrêt contre Benyamin Nétanyahou et Yoav Gallant en novembre 2024, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Lin Jian, a appelé la CPI à « maintenir une position objective et juste » et à « exercer ses pouvoirs conformément à la loi ». Une formule prudente qui masque mal une critique plus profonde : la Chine dénonce régulièrement le « deux poids deux mesures » des États-Unis, qui soutiennent le mandat contre Poutine mais s'opposent à ceux visant les dirigeants israéliens.

La position chinoise est celle d'une puissance qui refuse toute juridiction supranationale susceptible de s'appliquer à ses ressortissants. Comme les États-Unis et la Russie, la Chine estime que la CPI est un instrument sélectif entre les mains des puissances occidentales. Son soutien à la campagne de démantèlement est donc tacite mais réel.

Quelles affaires sont en danger ?

L'offensive combinée menace directement les enquêtes les plus emblématiques de la CPI. Deux dossiers concentrent l'attention.

L'Ukraine d'abord. La Cour a ouvert une enquête en mars 2022 après les références de plus de quarante États membres. Les mandats d'arrêt se sont multipliés : Vladimir Poutine et Maria Lvova-Belova en mars 2023, deux commandants russes en mars 2024, puis Sergueï Choïgou et Valéri Guérassimov en juin 2024. Tous sont visés pour des crimes de guerre ou des crimes contre l'humanité liés à la guerre en Ukraine.

La Palestine ensuite. Le 21 novembre 2024, la CPI a émis des mandats d'arrêt contre Benyamin Nétanyahou et Yoav Gallant pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité, notamment l'utilisation de la famine comme méthode de guerre contre les civils de Gaza. Ces mandats restent actifs malgré les pressions israéliennes et américaines.

C'est dans ce contexte qu'un événement majeur est survenu le 24 juillet 2026 : l'Assemblée des États parties a révoqué le procureur Karim Khan, une première dans l'histoire de la Cour. Le vote, à bulletin secret, a recueilli 82 voix sur 125 États membres, pour des accusations de « faute grave » liées à une relation sexuelle inappropriée avec une collaboratrice. Si les motifs sont disciplinaires, la coïncidence est troublante : le retrait de Khan intervient au moment où les États-Unis intensifient leur campagne, et où le gouvernement israélien, par la voix de son ministre des Affaires étrangères Gideon Saar, militait ouvertement pour son départ.

La révocation du procureur ne fait pas disparaître les mandats d'arrêt en cours — seuls les juges peuvent les retirer. Mais elle fragilise la capacité de la Cour à mener ses enquêtes et envoie un signal désastreux : céder aux pressions peut payer.

Illustration éditoriale sur Trump veut que la Russie et la Chine aident à combattre la Cour internationale qui juge les crimes de guerre
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La CPI peut-elle résister ?

Face à cette triple offensive, les soutiens de la Cour tentent de réagir. L'Union européenne a immédiatement apporté son soutien à la CPI après l'annonce de Rubio. Les Pays-Bas, pays hôte de la Cour, sont en première ligne. Le Premier ministre néerlandais Rob Jetten a livré une analyse sans fard : les relations avec les États-Unis ont changé « de manière irréversible » depuis que Trump a demandé à la Chine de rejoindre le combat contre la CPI. La ministre allemande des Affaires étrangères Johann Wadephul a défendu la Cour comme un instrument qui rend le monde « plus sûr et plus juste ».

Mais les défis sont immenses. La CPI dépend financièrement des contributions de ses États membres, et les pressions américaines sur les pays tiers pour qu'ils cessent de la financer commencent à produire des effets. Le Venezuela et le Tchad ont engagé des procédures de retrait. Le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont initié leur sortie. L'Assemblée des États parties elle-même, censée défendre la Cour, vient de céder à la pression en révoquant son procureur.

Kenneth Roth, ancien directeur de Human Rights Watch, résume le paradoxe de l'offensive américaine : « La CPI ne revendique pas de juridiction sur les actes commis aux États-Unis. Rubio habille sa quête d'impunité pour les crimes de guerre américains à l'étranger sous l'étiquette de la souveraineté nationale, ce qui ignore le droit souverain des autres nations de faire appel à la CPI pour les crimes commis sur leur territoire. » Traduction : ce que Washington refuse, c'est que des crimes commis par des Américains sur le territoire de pays membres puissent un jour être jugés.

La justice internationale a toujours été un champ de bataille politique. Mais l'alliance objective des trois puissances qui n'ont jamais accepté sa juridiction change la donne. La CPI n'est pas morte — ses mandats d'arrêt contre Poutine et Nétanyahou restent en vigueur, et 125 États en sont toujours membres. Mais elle entre dans une zone de turbulences où sa survie dépendra de la capacité de ses soutiens à résister aux pressions combinées de Washington, Moscou et Pékin. Une partie qui ne fait que commencer.

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Questions fréquentes

Qui s'allie contre la Cour pénale internationale ?

Selon le Financial Times, Donald Trump aurait proposé à Xi Jinping une coopération entre les États-Unis, la Russie et la Chine pour combattre la CPI. Ces trois puissances ne sont pas membres de la Cour et la perçoivent comme une arme politique contre leurs intérêts.

Quelles sanctions les États-Unis imposent-ils à la CPI ?

Dès février 2025, Trump a signé un décret autorisant des sanctions contre la CPI, gelant les avoirs et interdisant les transactions avec les personnes visées. Onze hauts responsables de la Cour, dont le procureur Karim Khan, sont sous sanctions, avec comptes bancaires gelés et visas refusés.

Pourquoi la Russie combat-elle la CPI ?

Moscou a retiré sa signature du Statut de Rome en 2016 après que la Cour a qualifié l'occupation de la Crimée d'illégale. En mars 2023, la CPI a émis un mandat d'arrêt contre Vladimir Poutine pour déportation d'enfants ukrainiens, provoquant des poursuites russes contre les responsables de la Cour.

Quels mandats d'arrêt sont menacés par cette offensive ?

Les enquêtes sur l'Ukraine et la Palestine sont directement menacées. Des mandats visent Poutine, Lvova-Belova, Choïgou et Guérassimov pour l'Ukraine, ainsi que Nétanyahou et Gallant pour Gaza. La révocation du procureur Karim Khan en juillet 2026 fragilise la capacité de la Cour à mener ces enquêtes.

La CPI peut-elle survivre à ces pressions ?

La CPI conserve ses mandats d'arrêt en vigueur et 125 États membres, mais les pressions produisent des effets : le Venezuela, le Tchad, le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont engagé des procédures de retrait. Sa survie dépend de la résistance de ses soutiens, notamment l'UE et les Pays-Bas.

Sources

  1. 20minutes.fr · 20minutes.fr
  2. aljazeera.com · aljazeera.com
  3. aljazeera.com · aljazeera.com
  4. cfr.org · cfr.org
  5. dw.com · dw.com
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Dylan Frabot @match-day

Je vois le sport comme un miroir de la société, et ça rend chaque match plus intéressant. Ancien rugbyman universitaire à Toulouse, j'ai raccroché les crampons mais pas la passion. Ce qui m'intéresse, c'est pas juste le score final : c'est le dopage qu'on ignore, l'argent qui gangrène, les questions d'inclusivité qu'on esquive. Mon écriture est rythmée comme un commentaire sportif, mais avec du fond.

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