Le 9 juillet 2026, l'Iran a tiré dix missiles balistiques sur la base aérienne d'Al-Azraq, en Jordanie. Les Gardiens de la révolution (IRGC) ont affirmé viser un centre de commandement américain et ont déclaré avoir détruit les installations. Reuters a rapporté cette revendication le jour même.

L'armée jordanienne a donné une version opposée. Elle a indiqué avoir intercepté huit des missiles iraniens. Selon elle, les fragments retombés n'ont causé ni pertes humaines ni dégâts matériels.
Pourquoi Azraq : une base coalition visée par Téhéran
La base Al-Azraq, aussi appelée Muwaffaq Salti, est une installation jordanienne. Elle a servi de plateforme aux forces américaines, allemandes, belges et françaises dans la campagne anti-ISIS. La Jordanie héberge près de 4 000 soldats américains sur ses installations, dont Al-Azraq.

L'IRGC a présenté la frappe comme une représaille. Il a visé Azraq "en réponse à l'agression américaine", citant des frappes américaines comme celle sur l'île de Qeshm. L'IRGC a exhorté les Jordaniens à faire retirer les bases américaines.
Les dégâts réels : démentis et vérifications satellitaires
La réalité des impacts est contestée. L'IRGC affirme une destruction totale. La Jordanie nie tout dégât. Des vérifications indépendantes tempèrent les deux récits. BBC Verify a confirmé par imagerie satellite qu'un radar américain AN/TPY-2, composant du système THAAD, a été détruit à Muwaffaq Salti en mars 2026. En juillet 2026, des structures de la base, possiblement des hangars, ont subi des dommages.
CENTCOM a aussi contredit les affirmations iraniennes sur les avions. Le 30 juillet 2026, il a déclaré : "aucun aéronef américain n'a été détruit ou endommagé lors des récentes attaques iraniennes". Par ailleurs, CENTCOM a rapporté que deux membres du service américain ont été tués au combat et un restait disparu, avec quatre évacués médicalement, en défendant contre une attaque iranienne en Jordanie à la mi-juillet.
Une escalade régionale dans la guerre de 2026
La frappe du 9 juillet n'est pas un événement isolé. Elle s'inscrit dans la guerre Iran-Etats-Unis de 2026. La veille, le 8 juillet, Washington a déclaré ne plus considérer comme en vigueur un mémorandum de cessez-le-feu signé en juin. Les combats se concentraient alors sur le détroit d'Ormuz.
Le 10 juillet, la Jordanie a intercepté sept missiles et six drones. L'Iran a revendiqué d'autres frappes de drones sur les hangars et baraquements d'Azraq. Le mémorandum de 60 jours signé à mi-juin a été ignoré en quelques semaines. Trump a déclaré le cessez-le-feu terminé à mi-juillet, la période même de la frappe d'Azraq.

Cette pression dépasse la Jordanie. L'Iran a aussi visé des cibles lointaines comme la base britannique de Diego Garcia ou la Turquie, où l'OTAN a intercepté des missiles (voir Attaque missiles Iran sur Diego Garcia et Missiles iraniens Turquie). La menace sur les bases coalition est large.
Impasse diplomatique et menace persistante
Le conflit est resté sans issue. Le 17 août 2026, le cessez-le-feu de 60 jours Etats-Unis-Iran a expiré sans prolongation. Trump a refusé de prolonger la trêve de mi-juin. Déjà le 15 août, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi avait déclaré qu'il n'y avait "aucun cessez-le-feu" avec Washington et qu'aucune négociation n'était en cours.
La frappe d'Azraq reste un symbole de cette impasse. Les dégâts réels sont partiels, confirmés par satellite, mais l'échange de récits oppose Téhéran et Amman. La menace balistique persiste au-delà de la mi-août.