Les États-Unis ont frappé un important dépôt de munitions à Ispahan avec des bombes anti-bunker de 900 kg vers le 30-31 mars 2026. Un responsable américain cité par le Wall Street Journal décrit des « munitions pénétrantes » conçues pour atteindre des cibles profondes. Donald Trump a publié sur Truth Social une vidéo des explosions, mais cet enregistrement n'a pas pu être vérifié de façon indépendante.

Pourquoi Ispahan est une cible stratégique
Ispahan abrite de grandes installations nucléaires. L'AIEA indique que le site d'Esfahan comprend une usine de conversion d'uranium et un laboratoire chimique central. La ville avait déjà été visée pendant la « guerre de douze jours » de l'été 2025.

Des satellites de détection d'incendies de la Nasa ont placé les explosions de fin mars près du mont Soffeh. Cette zone est décrite comme abritant des positions militaires supposées. La proximité avec des sites nucléaires donne à la frappe une portée particulière dans le conflit.
L'AIEA rappelle que toute attaque armée contre des installations nucléaires à usage pacifique viole la Charte des Nations unies et le droit international. L'Agence a confirmé des dommages au site nucléaire d'Esfahan lors des hostilités précédentes.
Le programme nucléaire et la fin de la vérification
Washington et Israël ont affirmé que l'Iran était proche de l'arme nucléaire. L'AIEA ne soutient pas cette allégation. Le problème réel est ailleurs : l'Agence a perdu la continuité de sa vérification en Iran après le 28 février 2026.

Ses inspecteurs restent sur place, mais leur nombre a été réduit pour des raisons de sécurité. Les inspections de sauvegarde ne reprennent pleinement que quand les conditions le permettent. On ne sait donc pas avec certitude ce que contenaient les sites frappés ni l'état exact du programme iranien. Cette absence de preuve indépendante affaiblit toute justification militaire fondée sur l'urgence nucléaire.
Menaces d'escalade et rejet de cessez-le-feu
La frappe sur le dépôt s'inscrit dans une guerre américano-israélienne plus large contre l'Iran, entrée dans son deuxième mois à la fin mars 2026. Donald Trump a menacé sur Truth Social de détruire les centrales électriques, les puits de pétrole, l'île de Kharg et les usines de dessalement iraniennes si aucun accord n'était conclu et si le détroit d'Ormuz ne rouvrait pas. La menace contre le dessalement a été qualifiée de crime de guerre par Democracy Now.
Téhéran rejette la version américaine du dialogue. Des responsables iraniens ont nié toute discussion avec Washington et accusé les États-Unis d'utiliser l'idée de pourparlers comme couverture à un déploiement de troupes. Le ministère iranien des Affaires étrangères a qualifié les propositions de cessez-le-feu américaines transmises par des intermédiaires de « irréalistes, illogiques et excessives ».
Cette dynamique de menaces et de refus bloque toute sortie diplomatique, comme le montrent nos analyses sur États-Unis et Iran : une diplomatie au bord du gouffre et Négociations Iran-États-Unis : de l'accord « à portée de main » aux frappes.
Une guerre à portée mondiale
Le conflit dépasse l'Iran. Les États-Unis déclarent avoir frappé plus de 10 000 sites militaires iraniens en un mois. L'armée israélienne dit avoir visé plus de 3 000 cibles. Treize soldats américains ont été tués et 303 blessés. Le pétrole a atteint son plus haut niveau depuis quatre ans.
Le FMI a averti que cette guerre fait monter les prix et ralentit la croissance mondiale. Aux États-Unis, l'essence a franchi la barre de 4 dollars le gallon pour la première fois depuis 2022. La Maison-Blanche a évoqué la possibilité de demander à des pays arabes de financer le conflit, sans confirmation d'un engagement formel.
La frappe d'Ispahan reste un épisode d'un conflit dont les limites réelles, militaires comme nucléaires, échappent à une vérification indépendante.