
L'anorexie, de son vrai nom anorexie mentale, est une maladie qui touche de plus en plus de personnes, filles comme garçons, de tout âge et de toute nationalité. Faisant souffrir, souvent jusqu'à la mort, bon nombre de personnes, elle apparaît comme un cliché lorsque l'on prononce ce mot : anorexie, se faire vomir et boulimie, manger énormément... Si seulement c'était si simple. Hélas, la souffrance est encore plus profonde que cela, elle touche le psychisme et intervient sur tout le corps, de la tête aux pieds. Il est très difficile de guérir de cette maladie, comme il est difficile de survivre en sa compagnie.
Tout peut commencer par un régime. On perd un, deux, trois, sept, dix kilos et l'euphorie est grandissante. Chaque jour qui passe, on se sent de mieux en mieux, l'impression de flotter dans les airs... Mais sans se rendre compte de la souffrance que l'on fait subir à son corps. Ce régime, devenu une obsession, s'accentue : calories, calculs, balance, nourriture, tout devient source d'inquiétude. Puis, à force de maigrir, le corps puise dans les réserves musculaires et on se sent de plus en plus fatigué et moins énergique. Les ongles et les cheveux deviennent secs et cassants, un fort développement de la pilosité apparaît. Bien sûr, ceci n'est que superficiel. Souvent, la prise de laxatifs, de diurétiques et les vomissements répétés engendrent des problèmes à l'intérieur du corps qui souffre. Les carences sont nombreuses, comme celle en potassium qui permet au cœur de battre correctement, ce qui signifie qu'il y a un gros risque de troubles cardiaques. Mais il y a aussi l'aménorrhée (arrêt des règles) qui est le dernier symptôme à disparaître lors d'une guérison. L'hypotension et autres maladies sont souvent la cause de décès chez une personne anorexique.
La personne anorexique est obnubilée par la nourriture qui devient son centre d'intérêt, avec le sport très souvent. Elle n'a plus d'amis et est très brillante scolairement, la société n'est plus et elle s'enferme sur elle-même. Ce qui peut souvent entraîner la dépression et le suicide.
L'anorexique ne se considère pas comme malade car elle contrôle tout. Étant maniaque et méticuleuse, elle n'admet en aucun cas d'être « enfermée » dans un mot. Hyperactive et insomniaque, elle a un teint souvent blême et l'air fatigué, ce qu'elle nie.
Tout comme sa sœur, la boulimie touche beaucoup de personnes. Son « rôle » consiste à ingérer des quantités énormes de nourriture et soit de « rendre » par les vomissements, laxatifs, sport ou autres, soit à ne rien faire (rare). La plupart des spécialistes confirment qu'il faut passer par la boulimie pour guérir d'une anorexie. La personne boulimique connaît de nombreux troubles corporels et est sujette le plus souvent à des problèmes de gencives (pour la boulimique vomisseuse), des déchirures œsophagiennes, des ulcères à l'estomac et des carences en potassium et autres éléments essentiels. Les vomissements font parfois gonfler les glandes salivaires et donnent aux joues un aspect gonflé. La boulimique est dépressive et seule, elle ne sait plus quoi faire pour faire passer son mal et se renferme sur elle-même, s'éloignant de sa famille, de ses amis et de la société en général.
Comment reconnaître les signes de l'anorexie et de la boulimie ?
La personne anorexique subit une perte de poids importante et se cache souvent sous de larges vêtements. Elle change d'humeur à tout instant et a une consommation restreinte d'aliments. Elle s'isole et devient hyperactive, physiquement et mentalement. Elle est généralement brillante et solitaire. Anxieuse et irritable, elle s'enferme dans un monde qui n'appartient qu'à elle. Elle cherche sans cesse à être approuvée par les autres et est très perfectionniste. Elle se dévalorise et n'aime pas son corps. Elle disparaît lorsque vient l'heure des repas et réapparaît en inventant souvent des excuses sur le fait de n'avoir pas été présente au repas. Elle est contrainte de refuser les invitations à cause de son régime alimentaire restreint.
La personne boulimique est plus difficile à reconnaître étant donné que son poids est le plus souvent normal et qu'elle s'isole lors d'une crise. Mais on peut tout de même percevoir certains signes qui ne trompent pas : petites blessures au niveau des premières phalanges, dues aux frottements des dents lors des vomissements provoqués, œdèmes aux joues, dents fragiles et abîmées. À la fin des repas, elle s'en va à la salle de bain régulièrement ; on note la disparition d'aliments, la nourriture cachée. Son humeur varie beaucoup, elle est anxieuse et irritable, perfectionniste et culpabilise fréquemment. Dépressive et obsédée par la minceur, elle se dévalorise et est impulsive.
Les différents troubles du comportement alimentaire (TCA)
L'anorexie et la boulimie sont deux des nombreux troubles du comportement alimentaire (TCA). On trouve par exemple :
- L'orthorexie : elle consiste à choisir soigneusement l'aliment qui va être mangé. La personne souhaite plus que tout manger une nourriture saine.
- L'hyperphagie : similaire à la boulimie, à la différence près que l'hyperphage choisit précisément les aliments qu'il va ingérer.
- Le pica : plus méconnu, il consiste à ingérer des éléments non comestibles comme de la terre, de la craie, du papier et autres. Il concerne une infime partie de la population, principalement les enfants âgés de 3 à 5 ans ayant ou non un retard mental.
- Le mérycisme : il s'agit de la régurgitation et remastication d'aliments, touchant principalement les enfants de 3 mois à 1 an et entraînant parfois un retard de croissance et/ou une dénutrition.
Témoignage : vivre avec l'anorexie
Anorexique restrictive depuis un an, j'ai depuis quatre ans des problèmes avec la nourriture et avec mon corps. Mes « problèmes » de poids ont commencé lorsque j'avais 13 ans. Je n'étais ni grosse, ni autre chose, j'étais une pré-adolescente avec les formes de cet âge. Mais il a bien fallu que certaines personnes mettent leur grain de sel dans mes sourires et ma joie de vivre... À présent, je pense sans cesse à la nourriture et à ce que je ressemble dans tel ou tel vêtement.
En novembre 2005, j'ai commencé à arrêter de manger. À 57 kg pour 1m59 environ, j'étais assez bien, enfin pas pour moi mais pour ma famille oui, n'était-ce donc pas l'essentiel ? Et bien non, j'ai voulu mincir, devenir plus belle. Peut-être ai-je réussi mais hélas le résultat est là : à chaque fois que je me regarde dans un miroir, cette chose apparaît et me déplaît.
Au mois de décembre, je pars en vacances et profite pour perdre encore un peu de cette masse qui me dérange. J'use de laxatifs qui me feront presque mourir, de fortes douleurs au cœur me torturent et j'arrête illico ces médicaments qui finiront par me tuer.
Au mois de mars, l'hôpital m'attend car j'ai trop de pertes de connaissance. Cela fait 4 mois que je suis anorexique et j'ai perdu 17 kg. Très fière de moi malgré mes problèmes physiques, je compte bien continuer la descente, je vise à ce jour 35 kg. Mais déjà, ils veulent me mettre en hôpital spécialisé, c'est le refus catégorique et je rentre chez moi.
C'est là que commenceront les crises de boulimie qui me feront reprendre tout le poids dont « j'avais besoin », 8 kg en plus. Je me sens comme un bibendum, je ne me supportais déjà pas alors maintenant c'est pire ! Je ne sais plus comment faire. Je suis suivie par un psy mais bon, rien n'y fait, j'essaie pourtant du mieux que je peux...
Dès le mois de juillet, je reprends peu à peu goût à la vie. Cela fait quelques semaines que je n'ai pas eu de crises, ni eu recours aux vomissements, ni sauté un repas, je me sens bien. La rentrée dans un nouveau lycée arrive et je passe un bon mois en mangeant correctement à chaque repas et en m'autorisant parfois une gâterie pour le goûter. Mais hélas, cela ne durera pas éternellement et je saute certains repas, parfois, et ai de nouveau recours aux vomissements n'ayant pourtant pas mangé plus que d'habitude.
Nous verrons un jour si la vie veut que je guérisse. Nous verrons un jour si je guérirai. La volonté y est mais il faut plus que de la volonté, c'est plus profond, c'est dans la tête, dans le corps... Dans le cœur.
À présent, je souhaite bonne chance à chacun et chacune d'entre vous qui souffrez de cette maladie et je dis à ceux et celles qui n'en souffrent pas de faire très attention à ceci car il y a un chemin sur deux à choisir : celui où l'on voit la lumière et la joie au bout, ou celui où la mort n'est jamais loin.
Attention aux clichés sur l'anorexie
L'anorexie est une maladie et trop souvent la société a tendance à associer les pro-ana (pro-anorexie) et pro-mia (pro-boulimie) comme elles s'appellent, et la vraie maladie où l'on souffre et où la complaisance n'existe pas. Alors faites attention tout de même à ce que vous entendez à la télévision ou à la radio.