
Mon témoignage : 18 ans après l'arrêt de l'alcool
Bon, j'ai été alcoolo et je ne vais pas vous bassiner avec ma descente aux enfers.
Un jour que je n'en pouvais plus, j'ai été consulter un psy. Diagnostic : alcoolisme social profond. On a beau le savoir, venant d'un autre, ça fout quand même un choc.
15 jours d'hosto pour la désintox, plus trois mois pour réparer les dégâts dépressifs — vu que l'alcool à haute dose est un dépresseur. Peut-être que j'ai eu la trouille, je ne sais pas. Toujours est-il que la première cure a été la bonne. J'ai un copain qui en a passé plus d'une dizaine, toujours sans résultats. Maintenant il est chez les dingues : délirium permanent dû à une consommation abusive d'alcool.
Cela fait 18 ans que je ne bois plus une goutte. Parfois, si, quand même juste une goutte pour le plaisir des papilles.

Reconstruction et séquelles après l'arrêt de l'alcool
Je croyais être débarrassé de tout ça. Eh ben non.
En premier, il y a eu mon boulot : plus capable de faire une toile. Pour un peintre, c'est plutôt gênant. Ensuite, petit détail que j'avais complètement oublié : les dettes ! Puis les dégâts psy. Système nerveux central affaibli et fragilisation du système dépressif. Il n'a pas fini de m'emmerder, celui-là.
Ensuite le vide. Comme je passais la plupart de mon temps à picoler, je me suis retrouvé avec une masse de temps dont je ne savais quoi foutre. Sans compter que les copains d'avant l'alcool, je ne les avais plus du fait que j'étais alcoolo. Et les potes avec qui je picolais ne pouvaient plus me voir du fait que j'avais cessé de boire. Construire et se reconstruire, c'est toujours faire quelque chose. Ça m'a retapé.

Peut-on boire de l'alcool sans devenir dépendant ?
Ouais, pourtant je ne suis pas, mais alors pas du tout, anti-alcool. Une bonne petite cuite de temps en temps, ça fait du bien par où ça passe. À condition bien sûr de le supporter et de ne pas être malade.
Je connais et j'ai connu beaucoup de monde. Le seul qui (parmi ceux qui consomment de l'alcool, bien sûr) n'a jamais eu de problèmes avec l'alcool est un pote qui a pour philosophie : « QUAND C'EST LA FÊTE, C'EST LA FÊTE ». Ça lui arrive de temps à autre, et entre temps, abstinence. De cette manière, ni le corps ni l'esprit ne sont dépendants de l'alcool.
Pour moi, la petite cuite de temps en temps, c'est terminé et je le regrette bien. Faut faire avec, c'est le prix de ma connerie. Là se trouve ma conclusion et de tout cœur je vous dis : « À la bonne vôtre ! »
Salut, Djack