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Save Our Devs : pourquoi la colère chez Bethesda affole Microsoft

Le 15 juillet 2026, les développeurs de Bethesda ont lancé la marche « Save Our Devs » contre 3 200 suppressions de postes chez Xbox. Entre hémorragie de talents, crise du Game Pass et bras de fer juridique, tout le modèle économique de Microsoft vacille.

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Le 6 juillet 2026 restera comme l'un des jours les plus sombres de l'histoire récente de Xbox. Asha Sharma, la nouvelle patronne de la division gaming de Microsoft, annonce une restructuration qui fait l'effet d'une bombe : 3 200 postes supprimés, dont 1 600 avec effet immédiat, et quatre studios cédés. Huit jours plus tard, le 15 juillet, les syndicats de Bethesda descendent dans la rue à Rockville, Austin, Dallas et Montréal pour une marche baptisée « Save Our Devs ». Mais au-delà du symbole, cette mobilisation est-elle le signal d'alarme que Microsoft ne peut plus ignorer ? Entre hémorragie de talents, crise du Game Pass et bras de fer juridique, la situation chez Bethesda dépasse le simple conflit social : c'est tout le modèle économique de Xbox qui vacille.

La spirale infernale : de l'aveu de faillite de Sharma aux 440 postes supprimés chez ZeniMax

Bâtiment 92 du siège social de Microsoft à Redmond, Washington.
Bâtiment 92 du siège social de Microsoft à Redmond, Washington. — Coolcaesar / CC BY-SA 4.0 / (source)

Le 6 juillet 2026, Asha Sharma prend la parole dans un mémo interne qui fuit rapidement dans la presse. Son constat est brutal : « Xbox n'est pas en bonne santé. » La nouvelle CEO, arrivée en février 2026 après le départ de Phil Spencer, ne mâche pas ses mots. Les 20 milliards de dollars injectés dans le gaming depuis le rachat de Bethesda en 2021 et celui d'Activision Blizzard en 2023 n'ont pas produit le retour sur investissement escompté. Résultat : 3 200 suppressions de postes sur l'exercice fiscal 2027, dont la moitié immédiatement.

Mais le choc ne s'arrête pas là. Sharma annonce également la cession de quatre studios : Double Fine, Ninja Theory, Undead Labs et un quatrième non nommé. Ces studios, pourtant porteurs de licences respectées (Psychonauts, Hellblade, State of Decay), deviennent soudainement des variables d'ajustement dans une équation comptable. Pour les développeurs, c'est un signal clair : même les équipes créatives les plus talentueuses ne sont pas à l'abri.

Asha Sharma le 6 juillet : « Xbox n'est pas en bonne santé »

La déclaration de Sharma est sans ambiguïté. Elle reconnaît que la division gaming de Microsoft traverse une crise structurelle. Les 20 milliards investis dans l'acquisition de studios et de technologies n'ont pas généré la croissance espérée. Le Xbox Game Pass, censé être le moteur de la stratégie, perd des millions d'abonnés après les augmentations de prix successives. En 2024, Microsoft avait déjà relevé les tarifs du Game Pass Ultimate et introduit un nouveau palier sans accès au jour 1, provoquant une vague de désabonnements.

Sharma justifie ces coupes par la nécessité de « recentrer l'activité sur ce qui fonctionne ». Mais pour les syndicats et les observateurs, cet aveu d'échec sonne comme un désaveu de la stratégie menée depuis l'ère Spencer. Le passage d'un modèle centré sur les studios à un modèle centré sur les franchises est présenté comme une solution miracle, mais il cache une réalité plus sombre : Microsoft considère désormais ses studios comme des ressources interchangeables.

Le grand dépeçage : 136 chez id, 379 chez ZeniMax, le bilan humain

Les chiffres donnent le vertige. Selon les WARN notices (ces documents légaux que les entreprises américaines doivent déposer en cas de licenciement collectif), le bilan humain chez Bethesda/ZeniMax est le suivant :

  • Bethesda Game Studios : 35 licenciements aux États-Unis, 12 à Montréal
  • id Software : 136 postes supprimés (dont 96 via WARN)
  • ZeniMax Online Studios : 213 employés remerciés
  • ZeniMax Media : 166 postes supprimés
  • BGS Austin : 22 licenciements

Au total, plus de 440 postes syndiqués disparaissent. Chaque studio voit son équipe créative amputée. Chez id Software, le studio derrière Doom et Quake, 136 développeurs perdent leur emploi. ZeniMax Online, qui fait tourner The Elder Scrolls Online, perd 213 personnes. C'est tout l'écosystème de développement de Bethesda qui est déstabilisé.

OneBGS, le syndicat des développeurs de Bethesda, dénonce une « hémorragie de talents » qui menace directement la capacité de production des studios. Les développeurs restants devront absorber la charge de travail des partants, dans un contexte où les délais sont déjà tendus.

Graphique promotionnel de l'acquisition de Bethesda par Xbox, mettant en avant les franchises clés.
Graphique promotionnel de l'acquisition de Bethesda par Xbox, mettant en avant les franchises clés. — (source)

Save Our Devs : le 15 juillet 2026, le jour où les développeurs ont dit non

Une semaine après l'annonce des licenciements, la réponse syndicale est immédiate et organisée. Le 15 juillet 2026 à 12h30 ET, les développeurs de Bethesda descendent dans la rue devant les bureaux de ZeniMax dans quatre villes : Rockville (Maryland), Austin (Texas), Dallas (Texas) et Montréal (Canada). Le mot d'ordre : « Save Our Devs. »

Mais la mobilisation ne s'arrête pas aux bureaux de ZeniMax. Des rassemblements de soutien sont prévus sur le campus Microsoft à Redmond (Washington) et devant les locaux d'Obsidian Entertainment à Irvine (Californie). L'objectif est clair : montrer que la colère dépasse le périmètre de Bethesda et touche l'ensemble de l'écosystème Xbox.

OneBGS contre Redmond : « We mean business »

OneBGS (Bethesda Game Studios union) est affilié au Communications Workers of America (CWA), un syndicat puissant qui a déjà fait ses preuves chez Activision. Le ton du communiqué de mobilisation est sans équivoque : « The company wants us to accept this as a done deal and quietly disappear. We won't let that happen. »

Le syndicat exige une négociation réelle sur les conséquences des licenciements. Il ne s'agit pas simplement de protester : OneBGS veut forcer Microsoft à revenir à la table des négociations. La déclaration de Dylan W., représentant syndical, résume l'état d'esprit : « We need to show management right now that we mean business, so they will properly take care of our fellow co-workers today and think twice before ever attempting something like this again. »

Cette détermination tranche avec le ton plus résigné qu'on a pu voir dans d'autres conflits sociaux du jeu vidéo. Les développeurs de Bethesda ne demandent pas une simple compensation : ils contestent la légitimité même de la restructuration.

Montréal, Austin, Rockville : la carte des 4 colères (et un rassemblement chez Obsidian)

Le choix des lieux de rassemblement est stratégique. Rockville abrite le siège de ZeniMax et les bureaux d'id Software. Austin est le berceau de Bethesda Game Studios (la division qui travaille sur Starfield). Dallas accueille une partie des équipes de ZeniMax Online. Montréal est un hub créatif majeur pour Bethesda, avec des équipes dédiées au support de The Elder Scrolls Online.

Mais le rassemblement chez Obsidian Entertainment à Irvine est particulièrement symbolique. Obsidian, racheté par Microsoft en 2018, est un studio respecté (Fallout: New Vegas, The Outer Worlds). En organisant une action devant ses locaux, OneBGS envoie un message : aucun studio Xbox n'est à l'abri. L'unité syndicale inter-studios est un atout majeur dans ce bras de fer.

Effects Bargaining : l'arme juridique que Microsoft ne peut pas snoozer

Si la marche « Save Our Devs » est un événement médiatique, c'est surtout un coup juridique parfaitement calibré. OneBGS invoque le droit à l'« Effects Bargaining » (négociation des effets), une disposition du droit du travail américain qui oblige l'employeur à négocier les conséquences d'une restructuration avec les représentants syndicaux.

Microsoft tente de qualifier les licenciements de « changement entrepreneurial dans le périmètre de l'activité » (entrepreneurial change in the scope of business), une catégorie juridique qui permettrait à l'entreprise d'agir unilatéralement. Mais le syndicat rétorque : « Changer un titre sur un PowerPoint n'efface pas notre droit légal à avoir voix au chapitre sur nos conditions de travail. »

Le droit à la négociation d'effets : un levier que les QAs d'Activision n'avaient pas

L'Effects Bargaining est une arme juridique redoutable. Contrairement aux QA d'Activision, qui ont dû batailler pour obtenir la reconnaissance syndicale, les développeurs de Bethesda sont déjà syndiqués et couverts par une convention collective. Microsoft ne peut pas ignorer cette obligation légale sans s'exposer à des poursuites.

Le syndicat demande à négocier les modalités des licenciements : indemnités, reclassements, priorité de réembauche. Mais surtout, il conteste la logique même de la restructuration. En qualifiant les licenciements de « changement entrepreneurial », Microsoft essaie de sortir du cadre de la négociation collective. OneBGS refuse cette lecture et exige un véritable dialogue.

Si Microsoft persiste à ignorer cette demande, le dossier pourrait finir devant le National Labor Relations Board (NLRB), l'agence fédérale chargée de faire respecter le droit du travail. Une décision défavorable à Microsoft serait un précédent dangereux pour l'ensemble de l'industrie.

Le coût caché du « franchise-centric » pour Microsoft

Le passage d'un « modèle centré sur les studios » à un « modèle centré sur les franchises » n'est pas qu'un changement d'organisation : c'est une manœuvre juridique. En déplaçant le centre de gravité des studios (qui ont des bureaux physiques et des équipes syndiquées) vers les franchises (qui n'ont pas d'existence légale), Microsoft tente de vider la représentation syndicale de sa substance.

Le syndicat dénonce cette tentative : « Les franchises n'ont pas d'adresse, pas de bureau, pas d'employés. C'est une façon de nous priver de notre droit à la négociation. » Mais cette stratégie a un coût : elle braque les développeurs, attire l'attention des médias et pourrait nuire à la réputation de Microsoft auprès des talents.

Le bras de fer juridique est aussi un bras de fer politique. En s'attaquant au droit syndical, Microsoft prend le risque d'une mobilisation plus large dans l'industrie du jeu vidéo. Les développeurs du monde entier regardent ce conflit avec attention.

Les vraies raisons du grand dépeçage Xbox : Game Pass en crise et 20 milliards investis

Derrière le conflit juridique et social, il y a une réalité économique implacable. La restructuration annoncée par Asha Sharma n'est pas un caprice de dirigeante : c'est la conséquence d'une stratégie qui a échoué. Le Xbox Game Pass, présenté comme le « Netflix du jeu vidéo », n'a pas tenu ses promesses.

Les chiffres sont accablants. Après les augmentations de prix de 2024, le Game Pass a perdu des millions d'abonnés. Les revenus récurrents, censés financer le développement des jeux exclusifs, se sont effondrés. Microsoft s'est retrouvé pris dans une spirale infernale : pour attirer les abonnés, il faut des jeux exclusifs ; pour financer ces jeux, il faut des abonnés. Quand les deux s'effondrent, la seule issue est la coupe dans les coûts.

L'augmentation des prix de 2024, un boomerang qui a vidé le Game Pass

En 2024, Microsoft a augmenté le prix du Game Pass Ultimate de 16,99 à 19,99 dollars par mois, tout en supprimant l'accès au jour 1 pour le palier Standard. La réaction des abonnés ne s'est pas fait attendre : des millions de désabonnements en quelques mois. Les joueurs ont refusé de payer plus pour un service qui offrait moins.

Cette décision, prise sous la pression des actionnaires pour améliorer les marges, s'est révélée catastrophique. Le Game Pass n'a jamais retrouvé son pic d'abonnés de 2023. Les revenus récurrents ont chuté, obligeant Microsoft à revoir sa copie. Mais au lieu de baisser les prix ou d'améliorer l'offre, la direction a choisi de tailler dans les coûts de production.

Le paradoxe est cruel : en augmentant les prix, Microsoft a tué le poulet aux œufs d'or. Les équipes qui développent les jeux exclusifs (Bethesda, Obsidian, Ninja Theory) sont aujourd'hui les premières victimes de cette décision. Comme nous l'expliquions dans notre analyse sur la fermeture des studios Xbox et l'avenir du Game Pass, le modèle économique du Game Pass repose entièrement sur la capacité à produire des jeux de qualité en continu. Sans développeurs, pas de jeux. Sans jeux, pas d'abonnés.

20 milliards de dollars et une stratégie « modèle centré sur les franchises » qui ne convainc pas

L'investissement de 20 milliards de dollars dans le gaming (Bethesda, Activision, studios internes) devait faire de Xbox un leader incontesté du marché. Mais le retour sur investissement est jugé insuffisant par la direction. Sharma l'a dit clairement : « Les marges ne sont pas là où elles devraient être. »

Le « modèle centré sur les franchises » est la réponse de Microsoft à cet échec. Au lieu de financer des studios entiers, la direction veut concentrer les ressources sur les franchises les plus rentables : Call of Duty, Doom, The Elder Scrolls, Fallout. Les studios deviennent des prestataires de services, interchangeables et jetables.

Cette logique comptable ignore une réalité fondamentale du jeu vidéo : les franchises ne se créent pas seules. Elles naissent du travail d'équipes stables, passionnées, qui connaissent leurs outils et leur univers. En taillant dans les effectifs, Microsoft fragilise les franchises qu'il veut justement développer.

TES VI, Doom: The Dark Ages, Fallout 5… Les jeux Bethesda dans la ligne de mire des coupes

Pour le joueur lambda, le conflit social chez Bethesda peut sembler lointain. Mais les conséquences concrètes des licenciements se feront sentir sur les jeux eux-mêmes. The Elder Scrolls VI, Doom: The Dark Ages, Fallout 5 : tous ces titres très attendus sont désormais menacés.

Les développeurs de Bethesda expriment ouvertement leurs craintes. Un développeur cité par IGN confie : « Au cœur des inquiétudes se trouve la crainte de se faire remplacer par des travailleurs externalisés, bien moins onéreux. Ou encore, l'appréhension de devoir embaucher de nouveaux employés qu'il faudra former, étant donné que nos logiciels maison sont exclusifs et méconnus des développeurs externes. Une telle situation ne ferait qu'empirer les retards, nous poussant inévitablement vers des phases de surcharge de travail pour tenir les délais. »

Les développeurs craignent un remplacement par de la sous-traitance et des retards en cascade

La spécificité des outils propriétaires de Bethesda (le Creation Engine, utilisé pour Skyrim, Fallout 4 et Starfield) rend le remplacement des développeurs particulièrement risqué. Un nouveau venu mettra des mois, voire des années, à maîtriser ces outils. Pendant ce temps, les équipes restantes devront porter la charge de travail.

Le risque de retard est réel. The Elder Scrolls VI, déjà annoncé depuis 2018 sans date de sortie, pourrait voir son développement s'étendre encore davantage. Les fans qui attendent ce jeu depuis près d'une décennie risquent d'être déçus. Et si le jeu sort dans l'urgence, le crunch (ces heures supplémentaires imposées non payées) fera son grand retour.

Le syndicat alerte sur ce point : les coupes budgétaires ne réduisent pas la charge de travail, elles la déplacent sur les épaules des développeurs restants. C'est un cercle vicieux qui mène à l'épuisement, aux burn-out et à la perte de qualité.

Le crunch, ce spectre oublié, de retour avec les coupes claires

Le crunch n'est pas un phénomène nouveau chez Bethesda. Le développement de Fallout 76 a été marqué par des semaines de 70 heures. Starfield, malgré un accueil mitigé, a lui aussi connu des périodes de surcharge intense. Les licenciements massifs ne font qu'aggraver une situation déjà fragile.

Pour les développeurs, le signal est clair : Microsoft considère que le crunch est une variable d'ajustement acceptable. En réduisant les effectifs sans réduire le périmètre des projets, la direction impose de facto une augmentation de la charge de travail. Le syndicat dénonce cette « normalisation de la surcharge » et appelle les joueurs à soutenir la marche.

Le message est simple : « Soutenez-nous, ou vos jeux préférés souffriront. » C'est un appel à la solidarité entre les développeurs et la communauté des joueurs. Un appel qui résonne particulièrement dans un contexte où les conditions de travail dans l'industrie du jeu vidéo sont de plus en plus scrutées.

De Quantic Dream à Bethesda : pourquoi la France du jeu vidéo regarde la marche avec attention

Le conflit chez Bethesda dépasse les frontières américaines. En France, les joueurs et les développeurs suivent la situation avec une attention particulière. Les précédents existent : la grève historique chez Quantic Dream en 2024-2025, les tensions chez Pullup Entertainment et son studio Douze Dixièmes.

Ces luttes locales ont sensibilisé le public français aux conditions de travail des développeurs. Le mouvement « Save Our Devs » n'est pas perçu comme un problème lointain : il fait écho à des réalités bien françaises.

Le parallèle avec la grève de Quantic Dream chez les joueurs français

En 2024, les développeurs de Quantic Dream (le studio derrière Detroit: Become Human) se sont mis en grève pour dénoncer des conditions de travail dégradées et des méthodes de management contestées. Le conflit a duré plusieurs semaines et a menacé le développement de Star Wars Eclipse, le prochain jeu du studio.

Ce précédent a marqué les esprits dans la communauté gaming française. Les joueurs ont réalisé que les jeux qu'ils attendent avec impatience peuvent être compromis par des conflits sociaux. Comme nous l'avons analysé dans notre article sur la grève chez Quantic Dream et l'avenir de Star Wars Eclipse, ces mouvements sociaux ont un impact direct sur la production des jeux.

Le parallèle avec Bethesda est frappant : dans les deux cas, des développeurs talentueux se battent pour préserver leur droit à des conditions de travail décentes. Dans les deux cas, les jeux très attendus sont en jeu.

L'image de Xbox France en jeu face à la communauté JV

La communauté française du jeu vidéo est historiquement attachée à Bethesda. Skyrim reste l'un des jeux les plus populaires en France. Fallout 4 et Fallout 76 ont leurs communautés actives. The Elder Scrolls Online est toujours bien suivi.

Un conflit social qui menace TES VI, couplé à la fermeture de Tango Gameworks (le studio derrière Hi-Fi Rush, fermé en 2024), peut entacher durablement l'image de Xbox auprès du public français. Les joueurs sont de plus en plus sensibles aux conditions de travail des développeurs, et les influenceurs (Kameto, Solary, les streamers JV) pourraient relayer la cause.

Le risque pour Microsoft est de voir émerger un sentiment anti-Xbox dans une communauté qui lui est pourtant acquise. Les joueurs français n'oublient pas facilement : la fermeture de Tango Gameworks avait déjà provoqué une vague d'indignation. Si Bethesda devient le symbole d'une industrie qui broie ses talents, Xbox pourrait perdre une partie de son public.

Conclusion : trois scénarios pour savoir si Microsoft a entendu le signal d'alarme

La marche « Save Our Devs » du 15 juillet 2026 n'est pas un simple épiphénomène. C'est le point de bascule d'un conflit qui oppose la logique financière de Microsoft à la réalité humaine du développement de jeux vidéo. Le signal d'alarme est lancé : reste à savoir si Microsoft l'entendra.

Trois scénarios se dessinent pour l'avenir immédiat. Chacun dépend de la réponse que la direction de Xbox apportera à ce bras de fer juridique et social.

Scénario 1 : La négociation forcée — Microsoft lâche du lest pour sauver TES VI

Le scénario le plus probable est celui d'une négociation sous contrainte. Microsoft pourrait revenir partiellement sur les licenciements, offrir des compensations (reclassements, bonus de départ, priorité de réembauche) pour calmer le jeu. L'objectif : éviter que le conflit ne paralyse le développement de The Elder Scrolls VI et Doom: The Dark Ages.

Ce scénario a un coût financier immédiat, mais il préserve l'essentiel : la capacité de production des studios. En négociant, Microsoft montre qu'il prend au sérieux ses obligations légales et sociales. C'est le pari le plus réaliste, mais aussi le plus coûteux à court terme pour une entreprise qui cherche justement à réduire ses coûts.

Scénario 2 : L'escalade juridique et la fuite des cerveaux

Le scénario catastrophe. Microsoft campe sur sa position « franchise-centric » et refuse de négocier. Le dossier part devant le NLRB, le procès traîne pendant des mois. Pendant ce temps, les talents quittent le navire : les développeurs les plus expérimentés, ceux qui connaissent le Creation Engine sur le bout des doigts, partent chez la concurrence.

Les conséquences sont désastreuses : retards supplémentaires sur TES VI, qualité en berne pour Doom: The Dark Ages, fuite des cerveaux généralisée. Le signal d'alarme devient un incendie. Ce scénario est possible si Microsoft fait le pari que le coût du conflit (procès, perte de talents, dégradation de la réputation) est inférieur au coût des concessions.

Scénario 3 : La restructuration accélérée et la fin du modèle studio

Le scénario le plus radical. Microsoft profite du conflit pour accélérer sa transformation. Les studios Bethesda sont réduits à des coquilles vides, le développement est externalisé vers des sous-traitants moins chers. Les franchises sont gérées comme des marques, sans attache géographique ni humaine.

Ce scénario serait une victoire à la Pyrrhus. Microsoft gagnerait sur le plan comptable, mais perdrait toute crédibilité créative. Les talents fuiront en masse, les jeux perdront leur âme, et la communauté des joueurs se détournera. C'est le pari le plus risqué, mais aussi le plus cohérent avec la logique financière affichée par Sharma.

L'issue de cette marche déterminera si Microsoft peut soigner sa relation avec ses développeurs ou s'il s'enfonce dans une spirale juridique et créative. Le signal d'alarme des devs est un test pour toute l'industrie — la réponse de Sharma scellera l'avenir des grosses licences de Bethesda. Et pour les joueurs qui attendent TES VI depuis bientôt dix ans, l'enjeu n'est pas seulement social : c'est la promesse d'un jeu à la hauteur de leurs attentes qui est en jeu.

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Questions fréquentes

Pourquoi les développeurs Bethesda ont-ils manifesté le 15 juillet 2026 ?

Les développeurs de Bethesda ont manifesté le 15 juillet 2026 à Rockville, Austin, Dallas et Montréal sous le mot d'ordre 'Save Our Devs' pour protester contre la restructuration de Microsoft annoncée le 6 juillet, qui supprime 3 200 postes dont 440 chez Bethesda/ZeniMax. Le syndicat OneBGS exige une négociation réelle sur les conséquences des licenciements via le droit à l'Effects Bargaining.

Combien de postes supprimés chez Bethesda en 2026 ?

Chez Bethesda/ZeniMax, plus de 440 postes syndiqués ont été supprimés en 2026, dont 136 chez id Software, 213 chez ZeniMax Online Studios, 166 chez ZeniMax Media, 35 chez Bethesda Game Studios et 22 chez BGS Austin. Ces coupes font partie d'une restructuration plus large de Microsoft qui supprime 3 200 postes au total.

Le Game Pass est-il en crise en 2026 ?

Oui, le Xbox Game Pass est en crise en 2026 après les augmentations de prix de 2024 (passage du Game Pass Ultimate de 16,99 à 19,99 dollars par mois) qui ont provoqué des millions de désabonnements. La baisse des revenus récurrents a obligé Microsoft à tailler dans les coûts de production, menant aux licenciements massifs chez Bethesda.

Qu'est-ce que l'Effects Bargaining invoqué par les syndicats Bethesda ?

L'Effects Bargaining est une disposition du droit du travail américain qui oblige l'employeur à négocier les conséquences d'une restructuration avec les représentants syndicaux. OneBGS l'invoque pour forcer Microsoft à discuter indemnités, reclassements et priorité de réembauche, contestant la qualification des licenciements comme simple 'changement entrepreneurial'.

TES VI est-il menacé par les licenciements chez Bethesda ?

Oui, The Elder Scrolls VI est menacé par les licenciements car les développeurs restants risquent d'être surchargés, les outils propriétaires (Creation Engine) compliquent le remplacement des talents, et la sous-traitance pourrait entraîner des retards en cascade. Le jeu, annoncé en 2018 sans date de sortie, pourrait voir son développement s'étendre encore davantage.

Sources

  1. Why coding isn't just for developers: how some coding skills can ... · blog.essex.gov.uk
  2. eurogamer.net · eurogamer.net
  3. fr.ign.com · fr.ign.com
  4. gamedeveloper.com · gamedeveloper.com
  5. gamekult.com · gamekult.com
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Maxime Aubot @game-master

Je joue à tout, je critique tout, je n'épargne personne. Gamer depuis la GameBoy de mon grand frère, j'ai aujourd'hui une collection qui ferait pâlir un musée. AAA, indés, mobile, retrogaming : si ça a des pixels ou des polygones, j'y ai touché. Mon avis ? Toujours honnête, parfois salé. Je défends les consommateurs contre les DLC abusifs et les microtransactions prédatrices. Si t'aimes les critiques complaisantes, passe ton chemin.

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