Le trophée de la Coupe du Monde sur un fond de gazon artificiel.
Environnement

La Coupe du monde 2026 : le Mondial le plus polluant de l'histoire ?

Promue « la plus verte », la Coupe du monde 2026 pourrait au contraire devenir la plus polluante jamais organisée, avec 9 millions de tonnes de CO₂ attendues.

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En 2018, le Canada, les États-Unis et le Mexique promettaient une Coupe du monde « la plus verte » et « la moins émettrice de carbone de l'ère moderne ». Huit ans plus tard, alors que la compétition débute ce 11 juin, les estimations scientifiques dressent un constat radicalement opposé. Avec près de 9 millions de tonnes de CO₂ attendues, la Coupe du monde 2026 pourrait devenir la plus polluante jamais organisée, bien loin des 3,6 millions de tonnes promises dans le dossier de candidature. Comment un tel décalage est-il possible entre le discours officiel et la réalité climatique ?

Le trophée de la Coupe du Monde sur un fond de gazon artificiel.
Le trophée de la Coupe du Monde sur un fond de gazon artificiel. — (source)

9 millions de tonnes de CO₂ : pourquoi la Coupe du monde de football 2026 n'est pas la plus verte

Le chiffre donne le vertige. Selon le rapport conjoint de Scientists for Global Responsibility (SGR), de l'Environmental Defense Fund et du New Weather Institute, l'empreinte carbone totale du Mondial 2026 atteindrait environ 9,02 millions de tonnes équivalent CO₂. C'est presque le double de la moyenne des Coupes du monde disputées entre 2010 et 2022. Pour mettre ce chiffre en perspective, c'est l'équivalent des émissions annuelles d'un pays comme le Honduras ou la Croatie.

Réplique géante du trophée de la Coupe du Monde sur la pelouse d'un stade bondé.
Réplique géante du trophée de la Coupe du Monde sur la pelouse d'un stade bondé. — (source)

L'enquête du Guardian, signée par le professeur Jules Boykoff, confirme cette tendance alarmante. Le transport aérien représente à lui seul 7,7 millions de tonnes de CO₂, soit quatre fois la moyenne des tournois 2010-2022. Et encore, il s'agit d'une estimation basse : si l'on intègre l'ensemble des déplacements des supporters, le chiffre grimpe à 13,7 millions de tonnes selon certains modèles.

Le contraste avec la promesse de 2018 est saisissant. À l'époque, les pays hôtes s'engageaient sur trois leviers : réduire la consommation d'énergie, utiliser l'énergie plus efficacement et recourir aux sources renouvelables. Mais la réalité du terrain a balayé ces bonnes intentions. La FIFA, qui imposait pourtant aux candidats de « s'engager formellement à organiser une compétition répondant aux principes de gestion durable », semble avoir oublié ses propres règles.

L'avion, ce grand perdant : plus de 85 % des émissions du Mondial

Le transport aérien est de loin le premier poste d'émission. Avec 7,7 millions de tonnes de CO₂, il représente plus de 85 % de l'empreinte totale du tournoi. Ce chiffre est d'autant plus frappant qu'il dépasse de loin celui des éditions précédentes. À titre de comparaison, la Coupe du monde au Qatar en 2022, pourtant critiquée pour son bilan carbone, avait généré environ 3,6 millions de tonnes de CO₂ pour le transport aérien.

Détail de la base du trophée de la Coupe du Monde avec ses bandes de malachite.
Détail de la base du trophée de la Coupe du Monde avec ses bandes de malachite. — (source)

La raison est structurelle. Le Qatar est un pays compact : les stades étaient distants de quelques dizaines de kilomètres maximum. En 2026, la donne est radicalement différente. Les trois pays hôtes s'étendent sur plus de 30 millions de kilomètres carrés. Un supporter qui souhaite suivre son équipe de Seattle à Miami, puis à Mexico, doit prendre l'avion à chaque étape. Il n'existe aucune alternative ferroviaire viable pour traverser le continent nord-américain à cette échelle.

L'étude du Guardian propose même une estimation haute de 13,7 millions de tonnes si l'on comptabilise tous les déplacements des supporters, y compris les vols internes aux États-Unis. Ce scénario, bien que plus pessimiste, est jugé réaliste par plusieurs climatologues consultés.

Le passage de 32 à 48 équipes : la mathématique implacable de la croissance

La décision de la FIFA, prise en 2017 sous l'impulsion de Gianni Infantino, de passer de 32 à 48 équipes a mécaniquement fait exploser l'empreinte carbone. Le nombre de matchs passe de 64 à 104, soit 40 rencontres supplémentaires. Chaque match implique des déplacements d'équipes, de staffs, d'officiels et de supporters.

Mais ce n'est pas tout. Le format retenu, avec douze groupes de quatre équipes, impose aux sélections de voyager davantage. Contrairement à l'ancien système où les groupes étaient souvent concentrés dans une même région, les équipes doivent désormais traverser le continent pour disputer leurs matchs de poule. Une sélection africaine ou asiatique peut ainsi enchaîner un match à Vancouver, un autre à Atlanta et un troisième à Los Angeles, soit l'équivalent de trois fuseaux horaires différents en l'espace d'une semaine.

Le graphique des émissions par édition, publié par le SGR, montre une courbe qui monte brutalement en 2026. Alors que les Coupes du monde 2010, 2014 et 2018 oscillaient entre 2 et 4 millions de tonnes de CO₂, celle de 2026 explose à 9 millions. La progression est exponentielle, et elle est directement liée à la décision politique d'augmenter le nombre de participants.

De Vancouver à Mexico : l'équation géographique impossible du Mondial 2026

L'immensité nord-américaine est le véritable talon d'Achille de ce Mondial. Avec 16 villes hôtes réparties sur trois pays, le tournoi couvre une superficie équivalente à celle de l'Europe entière. Mais contrairement à l'Europe, le réseau ferroviaire nord-américain est quasi inexistant pour les longues distances. Les supporters comme les équipes n'ont d'autre choix que l'avion.

Cette réalité géographique rend caduques la plupart des promesses environnementales. Même si chaque stade fonctionnait à l'énergie solaire et que tous les déchets étaient recyclés, l'impact des déplacements aériens resterait colossal. Les « gestes verts » locaux ne pèsent rien face à la flotte mondiale d'avions qui convergera vers le continent nord-américain.

16 villes hôtes, 3 pays : le cauchemar logistique des équipes et des fans

Les chiffres donnent le vertige. Onze villes aux États-Unis (dont New York, Los Angeles, Dallas, Miami, Seattle et Atlanta), trois au Mexique (Mexico, Guadalajara, Monterrey) et deux au Canada (Vancouver, Toronto). La mécanique du tournoi impose aux équipes de se déplacer sans cesse. Prenons l'exemple concret d'une sélection comme le Sénégal ou le Japon. Elle peut débuter son tournoi à Seattle, jouer son deuxième match à Kansas City et terminer la phase de groupes à Mexico. Entre chaque match, l'avion est la seule option.

Stade à l'architecture durable en bois, entouré d'une forêt luxuriante, illustrant des normes écologiques innovantes.
Stade à l'architecture durable en bois, entouré d'une forêt luxuriante, illustrant des normes écologiques innovantes. — (source)

Pour les supporters, le casse-tête est encore plus grand. Suivre son équipe sur l'ensemble du parcours revient à traverser les États-Unis du nord au sud et d'est en ouest. Les budgets explosent, mais surtout l'empreinte carbone individuelle devient astronomique. Un supporter qui assiste à trois matchs de son équipe en phase de groupes peut accumuler l'équivalent de plusieurs tonnes de CO₂ rien qu'en vols intérieurs.

New York – Los Angeles : l'équivalent d'un Paris-Pékin en vol intérieur

Pour donner une échelle familière au lecteur français, prenons l'exemple du trajet New York – Los Angeles. Ce vol transcontinental émet environ 0,8 tonne de CO₂ par passager en classe économique. C'est l'équivalent d'un Paris-Pékin. Imaginez faire ce trajet aller-retour pour assister à un match, puis recommencer pour le match suivant. L'impact est colossal.

Carte des 16 stades et villes hôtes de la Coupe du Monde 2026 répartis entre le Canada, les États-Unis et le Mexique.
Carte des 16 stades et villes hôtes de la Coupe du Monde 2026 répartis entre le Canada, les États-Unis et le Mexique. — (source)

Les organisateurs mettent en avant l'utilisation d'énergies renouvelables dans les stades pour contrebalancer ces émissions. Mais cet argument ne tient pas face à la réalité mathématique. La source d'électricité locale, aussi verte soit-elle, ne représente qu'une infime fraction de l'empreinte totale du tournoi. Le transport aérien reste le problème numéro un, et aucune compensation locale ne pourra le résoudre.

Crédits carbone et partenariat Aramco : la supercherie du plan vert de la FIFA

Face aux critiques, la FIFA a dévoilé un « plan vert » ambitieux. Mais les experts qui ont analysé ce plan y voient surtout un exercice de greenwashing. Le mécanisme central repose sur l'achat de crédits carbone, une pratique de plus en plus contestée par la communauté scientifique.

Jules Boykoff, dans son enquête pour le Guardian, dénonce une « illusion de compensation ». Selon lui, la FIFA reproduit les mêmes erreurs que lors des éditions précédentes, en sous-estimant massivement l'empreinte réelle et en s'appuyant sur des mécanismes de compensation dont l'efficacité est loin d'être démontrée.

Le Qatar bis ? Les leçons non retenues du Mondial 2022

Le parallèle avec le Qatar 2022 est frappant. À l'époque, les organisateurs promettaient un tournoi « carbone neutre ». Les chercheurs ont depuis démontré que cette promesse reposait sur une manipulation des calculs, avec un scope 3 (émissions indirectes, notamment les déplacements des supporters) largement sous-estimé. Le fiasco avait été dénoncé par de nombreuses ONG environnementales.

En 2026, le même scénario se répète, mais à une échelle bien plus grande. Le rapport du SGR montre que le « plan vert » américain souffre des mêmes biais méthodologiques que son prédécesseur qatari. Les émissions liées aux déplacements des supporters sont minimisées, tandis que les compensations sont présentées comme une solution miracle.

La compensation carbone, une arnaque scientifique bien rodée

Le principe est simple : la FIFA achète des crédits carbone pour « compenser » ses émissions. Concrètement, elle finance des projets de reforestation ou d'énergies renouvelables ailleurs dans le monde, en échange de certificats qui viendraient annuler son empreinte. Mais cette mécanique est vivement critiquée par les experts.

Le New Weather Institute et l'Environmental Defense Fund pointent plusieurs problèmes. D'abord, les doublons : un même crédit carbone peut être vendu à plusieurs acheteurs. Ensuite, les projets fictifs : certaines plantations d'arbres n'ont jamais vu le jour ou ont brûlé quelques années plus tard. Enfin, la temporalité : un arbre planté aujourd'hui mettra vingt à trente ans pour capturer le CO₂ émis par un vol effectué en 2026. D'ici là, le réchauffement climatique aura continué sa progression.

Le coût réel de la tonne de CO₂ non compensée est tout simplement ignoré par ces mécanismes. Selon plusieurs études, le prix d'un crédit carbone sur le marché volontaire est très inférieur au coût réel du dommage climatique causé par une tonne de CO₂. La FIFA fait donc des économies sur le dos du climat.

Aramco, sponsor officiel : quand le pétrole finance le « Mondial vert »

L'ironie est à son comble. Le principal sponsor de ce Mondial « vert » n'est autre que Saudi Aramco, la plus grande entreprise pétrolière du monde. Ce partenariat colossal, dont le montant n'a pas été divulgué, illustre parfaitement les contradictions du système FIFA.

Comment une marque dont le modèle économique repose sur la combustion d'hydrocarbures peut-elle sponsoriser le « Mondial le plus vert » ? La réponse est simple : elle ne le peut pas. Mais la FIFA, qui tire l'essentiel de ses revenus de ces partenariats, préfère fermer les yeux. Le conflit d'intérêts est pourtant flagrant. Aramco n'a aucun intérêt à voir le monde réduire sa consommation de pétrole. En finançant ce tournoi, elle achète une respectabilité climatique qu'elle ne mérite pas.

La Coupe du monde 2026 commence sous la canicule : 6 stades face au stress thermique

Le paradoxe est saisissant. Alors que la FIFA prétend organiser le Mondial le plus vert, six des seize stades sont situés dans des zones de stress thermique extrême. La compétition se déroule en plein été nord-américain, de juin à juillet, dans des régions où les températures dépassent régulièrement les 40°C.

Le réchauffement climatique, que ce tournoi aggrave par ses émissions massives, menace directement le confort et la santé des joueurs. C'est un cercle vicieux : plus le tournoi est polluant, plus il fait chaud, et plus il devient difficile d'y jouer dans des conditions acceptables.

Dallas, Phoenix, Houston : l'alerte rouge des métropoles en surchauffe

Le rapport du SGR est sans appel. Le stade AT&T à Dallas connaît en moyenne 37 jours par an au-dessus de 40°C. Les stades de Phoenix et de Houston ne sont pas en reste. Ces métropoles du sud des États-Unis subissent des vagues de chaleur de plus en plus fréquentes et intenses, directement liées au changement climatique.

Le match d'ouverture, qui se déroule au Stade Azteca de Mexico, n'est pas en reste. Situé à plus de 2 200 mètres d'altitude, le stade offre une luminosité intense qui peut désorienter les joueurs. Les études sur les risques de coups de chaleur pour les footballeurs sont alarmantes. Une température corporelle qui dépasse 40°C peut entraîner des défaillances organiques, et plusieurs joueurs ont déjà été victimes de malaises lors de matchs disputés dans des conditions similaires.

Climatiser les stades géants, une hérésie écologique très coûteuse

Pour contrer la chaleur, les stades américains sont climatisés. Mais refroidir des enceintes de 80 000 places pendant les longs matchs estivaux consomme une énergie gigantesque. Au Texas, où se trouve le stade AT&T, l'électricité provient en grande partie du gaz naturel et du charbon. La climatisation de ces stades vient donc directement alourdir le bilan carbone total que la FIFA prétend réduire.

C'est un paradoxe écologique : pour permettre aux joueurs de jouer dans un confort thermique acceptable, on consomme des quantités massives d'énergie fossile, ce qui aggrave le réchauffement climatique qui rend ces températures extrêmes de plus en plus fréquentes. La boucle est bouclée, mais dans le mauvais sens.

Coupe du monde 2026 France : supporter à distance, un geste pour le climat ?

Après avoir analysé le problème à l'échelle globale, intéressons-nous à l'impact individuel. Pour un supporter français, la tentation de traverser l'Atlantique pour assister à un match est forte. Mais l'empreinte carbone d'un tel voyage est vertigineuse.

Paris-New York en avion : 2,5 tonnes de CO₂ pour un seul match

Un aller-retour Paris-New York en classe économique émet environ 2,5 tonnes de CO₂ par passager. Pour donner une perspective, le budget carbone annuel par habitant pour respecter l'Accord de Paris est estimé à environ 2 tonnes. Autrement dit, un seul voyage pour assister à un match de la Coupe du monde 2026 dépasse déjà le quota annuel d'un habitant de la planète.

Si l'on ajoute les déplacements inter-villes aux États-Unis pour suivre son équipe, l'empreinte peut facilement atteindre 4 à 5 tonnes de CO₂ par supporter. Le « tourisme de match » devient une aberration climatique. Plusieurs associations de supporters français ont d'ailleurs choisi de boycotter le voyage cette année, conscientes de l'impact démesuré de leur déplacement.

Streamer en 4K ou regarder à la télé : la facture énergétique du match à la maison

Pour ceux qui restent en France, l'impact numérique n'est pas négligeable. Regarder un match en streaming 4K consomme entre 0,5 et 1 kg de CO₂ par heure de visionnage, en incluant la consommation des serveurs, des réseaux et du terminal. Sur l'ensemble du tournoi, un supporter qui regarde tous les matchs en streaming peut accumuler plusieurs dizaines de kilos de CO₂.

Heureusement, des alternatives existent. Regarder à plusieurs sur un seul écran réduit l'empreinte par personne. Baisser la résolution de 4K à 1080p sur un écran de taille modeste permet de diviser par deux la consommation énergétique. Utiliser la TNT plutôt que le streaming, quand c'est possible, est également plus efficace. Enfin, éteindre les appareils en veille et limiter les rafraîchissements intempestifs des pages web pendant le match sont des gestes simples mais efficaces.

Le merchandising et les « green » maillots made in China

L'impact de la Coupe du monde ne se limite pas aux déplacements et à la diffusion. La consommation de produits dérivés représente un poste d'émission souvent invisible. Les maillots officiels, fabriqués en Asie, parcourent des milliers de kilomètres avant d'arriver dans les magasins européens. Le transport maritime et aérien de ces marchandises pèse lourd dans le bilan.

L'ironie est que certaines marques proposent des gammes « éco-responsables » à prix d'or. Ces maillots, fabriqués à partir de plastique recyclé, sont vendus comme un geste pour la planète. Mais leur fabrication et leur transport restent polluants, et le geste écologique individuel est dérisoire face à l'empreinte globale du tournoi. Plusieurs études sur le coût environnemental du textile sportif montrent que l'impact de ces « green » maillots est souvent surestimé par le marketing.

Pétitions et Fridays for Future : la génération climat face au greenwashing du Mondial 2026

Face à ce constat, la contestation monte. Des mouvements citoyens, portés par des jeunes militants, s'organisent pour dénoncer le greenwashing de la FIFA. Les pétitions en ligne recueillent des milliers de signatures, et des actions de protestation sont prévues dans plusieurs villes hôtes.

« Pas de Mondial sur une planète morte » : les mouvements citoyens qui montent

Le slogan est clair : « Pas de Mondial sur une planète morte ». Les branches locales de Fridays for Future aux États-Unis et au Canada préparent des actions de sensibilisation devant les stades et dans les transports en commun. Ces militants ne demandent pas l'annulation du tournoi, mais une transparence totale sur son empreinte carbone et des mesures concrètes pour la réduire.

Les ONG scientifiques comme le SGR, Cool Down et le New Weather Institute fournissent les données aux activistes. Leur travail de plaidoyer est essentiel : il permet de démontrer, chiffres à l'appui, que le discours officiel de la FIFA est trompeur. La contestation est documentée, pas seulement émotionnelle. Elle s'appuie sur des études rigoureuses qui mettent en lumière les biais méthodologiques du plan vert de la FIFA.

Témoignages : pourquoi ces fans français renoncent au voyage

La dissonance cognitive entre la passion du foot et la conscience écologique est au cœur du débat. Plusieurs jeunes supporters français ont choisi de renoncer à leur voyage aux États-Unis, malgré l'enthousiasme initial. « J'ai économisé pendant deux ans pour aller voir les Bleus, raconte Lucas, 24 ans. Mais quand j'ai vu les chiffres, j'ai compris que je ne pouvais pas. Mon voyage aurait annulé tous mes efforts de réduction d'empreinte carbone de l'année. »

Ces témoignages, relayés sur les réseaux sociaux et dans les tribunes virtuelles, montrent que le débat existe. La passion du foot n'est pas incompatible avec la conscience écologique, mais elle impose des choix difficiles. Certains supporters organisent des soirées de visionnage collectif pour recréer l'ambiance du stade sans l'empreinte carbone du voyage. D'autres militent pour que la FIFA repense son modèle, avec des tournois régionaux qui réduiraient les distances de déplacement.

Conclusion : où va le foot mondial après ce record carbone ?

La promesse de 2018 est morte. Le greenwashing domine. La Coupe du monde 2026, présentée comme la plus verte, sera probablement la plus polluante de l'histoire. L'écart entre le discours et la réalité est abyssal, et les mécanismes de compensation carbone ne suffiront pas à combler ce fossé.

L'avenir du foot mondial passe par des choix structurels douloureux. Réduire le nombre d'équipes, organiser des tournois régionaux, privilégier le train à l'avion : autant de pistes que la FIFA refuse encore d'envisager. Mais la pression climatique devient trop forte pour être ignorée. Le Mondial 2030, qui se déroulera au Maroc, au Portugal et en Espagne, soulève déjà les mêmes interrogations. Sans une refonte profonde du nombre de matchs et des distances de déplacement, le « plus grand spectacle de l'humanité » selon Gianni Infantino risque de devenir le symbole du déni climatique.

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Questions fréquentes

Pourquoi le Mondial 2026 sera-t-il le plus polluant ?

Selon les estimations scientifiques, la Coupe du monde 2026 pourrait émettre environ 9 millions de tonnes de CO₂, soit près du double de la moyenne des éditions précédentes. Cette explosion est due au transport aérien massif, à l'immensité du territoire nord-américain et au passage de 32 à 48 équipes.

Quelle est l'empreinte carbone du transport aérien pour le Mondial 2026 ?

Le transport aérien représente à lui seul 7,7 millions de tonnes de CO₂, soit plus de 85 % de l'empreinte totale du tournoi. Ce chiffre est quatre fois supérieur à la moyenne des Coupes du monde disputées entre 2010 et 2022.

Le plan vert de la FIFA est-il efficace ?

Les experts dénoncent un exercice de greenwashing. Le plan repose sur l'achat de crédits carbone, une pratique contestée en raison de doublons, de projets fictifs et d'une temporalité inadaptée. De plus, le principal sponsor du Mondial est Saudi Aramco, la plus grande entreprise pétrolière du monde.

Combien de CO₂ émet un Paris-New York pour un match ?

Un aller-retour Paris-New York en classe économique émet environ 2,5 tonnes de CO₂ par passager, ce qui dépasse le budget carbone annuel par habitant pour respecter l'Accord de Paris. Avec les déplacements inter-villes aux États-Unis, l'empreinte peut atteindre 4 à 5 tonnes par supporter.

Quels stades du Mondial 2026 sont en zone de stress thermique ?

Six des seize stades, notamment à Dallas, Phoenix et Houston, sont situés dans des zones de stress thermique extrême avec des températures dépassant régulièrement 40°C. Le stade AT&T à Dallas connaît en moyenne 37 jours par an au-dessus de 40°C.

Sources

  1. La Coupe du monde 2026, annoncée comme « la plus verte », pourrait devenir la plus polluante · lemonde.fr
  2. deccanchronicle.com · deccanchronicle.com
  3. Coupe du monde de football 2026 — Wikipédia · fr.wikipedia.org
  4. Coupe du monde 2026 : un Mondial de tous les records et de tous les excès · lemonde.fr
  5. Coupe du Monde 2026 : Avast aide à bloquer les sites frauduleux de billets et de streaming · lesnumeriques.com
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Sarah Lebot @world-watcher

Journaliste en herbe, je synthétise l'actu mondiale pour ceux qui n'ont pas le temps de tout suivre. Étudiante en journalisme à Sciences Po Lille, je contextualise les événements sans prendre parti. Mon objectif : rendre l'info accessible et compréhensible, surtout pour ma génération. Pas de jargon, pas de sensationnalisme – juste les faits et leur contexte. Parce que comprendre le monde, c'est le premier pas pour le changer.

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