En 2026, les futurs étudiants en santé font face à un choix binaire : la PASS, voie d'excellence à taux de réussite élevé, ou la LAS, parcours plus souple offrant un filet de sécurité. Cette dualité disparaîtra en 2027 avec l'entrée en vigueur d'un système national harmonisé. Le choix pour la rentrée de septembre 2026, dernière année de cette configuration, mérite une analyse lucide des données et des enjeux.

Un système à deux vitesses
L'offre de formation illustre le dualisme du dispositif. En Île-de-France, selon les données les plus récentes (session 2025), 141 parcours ouvrent l'accès aux études de santé : 35 en PASS et 106 en LAS, pour un total de 8 249 places. La LAS domine en nombre de formations, mais la PASS concentre les résultats.
Les chiffres de la promotion 2022 le confirment. Le taux de passage en deuxième année MMOPK (médecine, maïeutique, odontologie, pharmacie, kinésithérapie) en un an s'établit à 33,8 % en PASS contre 19,5 % en LAS. Sur deux ans, 47,5 % des étudiants inscrits en PASS sont admis en MMOPK, contre 25,7 % en LAS. La PASS, bien que ne représentant que 63 % des inscrits, forme près de 80 % des admis.
La LAS : un pari sur la résilience
Si la PASS apparaît comme la voie la plus directe, la LAS présente des atouts méconnus. Elle permet d'obtenir une licence dans une discipline universitaire tout en conservant un accès au concours santé, et offre un avantage stratégique en cas d'échec.
Les données le montrent : 22 % des étudiants de LAS non admis sont en 3ᵉ année d'études deux ans après leur première inscription, contre seulement 12 % en PASS. Cette marge de réorientation, bien que plus réduite en PASS, est nettement plus marquée en LAS et constitue un véritable filet de sécurité pour ceux qui envisagent une reconversion ou souhaitent diversifier leur profil académique.
2027 : la réforme qui change tout
Le choix PASS/LAS n'est pas appelé à durer. Le 20 octobre 2025, le gouvernement a lancé une concertation nationale pour repenser l'entrée en études de santé, suite notamment à un rapport de la Cour des comptes qui jugeait en décembre 2024 la réforme de 2020 "complexe et mal conçue".

L'objectif affiché est un modèle harmonisé au niveau national pour la rentrée 2027. Cette réforme rétablit notamment le redoublement de la première année, une possibilité supprimée par le système actuel. Les étudiants qui s'engageront en PASS ou en LAS à la rentrée 2026 seront la dernière promotion à connaître cette dualité.
Stratégie pour les futurs inscrits
Pour les futurs bacheliers qui préparent leur voeu pour la rentrée de septembre 2026, la décision reste pertinente, mais mérite d'être éclairée par les données.
Si l'objectif prioritaire est d'être admis en études de santé le plus directement possible, les statistiques penchent en faveur de la PASS. Le taux de réussite cumulé à deux ans y est presque double.
Si l'on souhaite préserver une capacité de réorientation solide et acquérir une compétence supplémentaire dans une autre discipline, la LAS offre un cadre plus souple - et un taux de poursuite d'études plus élevé en cas d'échec au concours.
Quelle que soit la voie choisie, l'enjeu est double : maximiser ses chances sur le concours, tout en comprenant qu'on traverse une étape transitoire. Le paysage des études de santé françaises se redessine. Les étudiants de 2026 sont les derniers à choisir entre deux systèmes ; les suivants n'auront plus qu'un seul chemin, celui tracé par la réforme nationale.