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Je parle aux paons, et alors?

Chronique intime d'un esprit trop conscient. Entre quête de légèreté et tentatives de devenir « stupide », je cherche un équilibre sur le fil de l'existence.

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Bref, cela dit, par quoi commencer ? Car nous le savons tous, le commencement n'est que la fin du « rien ». Or, il ne faut pas sous-estimer ce « rien », qui peut parfois être bien plus imposant que le « quelque chose ».

Vous avez du mal à me suivre ? Ce n'est pas grave, car de toute façon, je ne suis pas comme vous. En effet, je suis moi, comme me l'a déjà expliqué mon ami Dark sur le rythme de « Check Out Punk Spirit », malheureusement refusé. Mais je pense que même lui ne me comprend pas, ou pas toujours, et vice versa. Pourtant, il est peut-être l'être le plus capable de me comprendre, en raison de la formation prématurément sinusoïdale de nos neurones. Lui est mort-né. Moi, je suis presque mort-né. Je suis donc l'intermédiaire entre lui et vous. C'est d'ailleurs la raison de sa présence parmi nous, et peut-être même de la mienne.

Mais revenons à nos moutons

Normalement, quand on parle de soi, que ce soit à un large public ou seulement à une personne confidente, on commence par se décrire, d'abord physiquement, puis mentalement. Si je vous raconte cela, c'est pour vous montrer à quel point je ne suis pas comme vous. Car, à l'inverse d'une personne normale, mes neurones, en réponse à une problématique posée, n'ont pas emprunté le chemin le plus court, et ont préféré, plutôt que d'aller tout droit et à toute vitesse, prendre leur temps et flâner dans les recoins les plus obscurs de ma matière cérébrale. Einstein ne disait-il pas que l'être humain n'utilise que 10 % de ses capacités ?

En effet, nos hémisphères cérébraux sont bien plus complexes qu'on ne puisse l'imaginer.

Une conscience prématurée

Il se trouve qu'à ma naissance, j'ai eu le malheur de tomber sur le crâne, qui en a profité pour se fêler en deux. Ma pré-cervelle alors ébranlée ne s'en est jamais remise. Depuis, mes cellules grises découvrent chaque jour un recoin inconnu de l'univers qu'est le cerveau humain. C'est ce que l'on peut appeler les 90 % des capacités humaines inconnues. Autrement dit, soit je suis le précurseur de l'humain 100 % mature, soit je suis complètement atteint, et je ne m'en rends même pas compte.

Pourquoi l'intelligence fait souffrir

Mais ce que vous ne savez pas encore, et que vous ne comprendrez peut-être jamais, c'est que l'intelligence fait énormément souffrir. Car être intelligent signifie être conscient. Et je peux vous assurer qu'être conscient est pire que la torture.

Je ne m'égarerai pas à vous l'expliquer, et je vous recommande de lire le livre de Martin Page, qui explique très bien le problème de la conscience de soi. Ce livre, Comment je suis devenu stupide, relate un peu la souffrance de mon existence.

Très jeune, je me suis rendu compte que j'étais trop vieux. Mais j'ai toujours été curieux de tout, ce qui m'a rendu encore plus intelligent, et encore plus souffrant, que ne l'avait prévu mon destin. Du coup, je me suis entrepris à devenir stupide, comme vous. Stupide est un bien grand mot. Ce que je voulais, c'était perdre la conscience que j'avais prématurément acquise. Alors, j'ai essayé plusieurs remèdes, tels l'alcool, le kiwi (cannabis pour les moins informés), le suicide (remède que de nombreux conscients de ce monde ont testé et approuvé), et encore toutes sortes de choses qui se regroupent dans l'autodestruction. Mais mon corps était bien trop fragile pour cela, et bien que j'aie toujours prôné la destruction, et que mon film culte ait toujours été Fight Club, je n'ai jamais réussi à enfreindre les lois imposées par dame nature. D'ailleurs, j'ai trouvé en dame nature un moyen pur et simple de devenir stupide comme le retour aux sources, la nudité ou la punkitude. Je me surprends parfois même à parler aux paons sur le toit.

Mais cela ne suffit pas à cacher mon malheur et ma souffrance. Je suis, à ce propos, tellement souffrant qu'une partie de moi-même a réussi à se détacher de moi pour devenir indépendante.

Cette vie artificielle a donc écrit ce texte à ma place. Je ne l'ai moi-même pas encore lu. Et je l'appréhende mal car cette obscure partie de moi-même fait bien entendu partie de moi-même, et comme j'ai parfois moi-même du mal à me cerner...

Méfiez-vous, il n'est jamais trop tard pour devenir soi-même...

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paco
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