
Au café : quels sont vos droits ?
On est avec nos potes, mais on n'a pas soif : dilemme ! Si quelques affiches rappellent la consommation obligatoire, on commande n'importe quoi, sauf un verre d'eau qui peut nous être refusé par le cafetier (un verre d'eau gratuit j'entends). Si nous avons un médicament à prendre par contre, le serveur nous doit un verre d'eau gratuit sous peine de « non-assistance à personne en danger » (non non, ça ne marche pas avec un Strepsil !).
Certains serveurs (surtout l'été) étant payés à la « conso » de ses clients, il est normal de le voir débouler toutes les cinq minutes pour reprendre une commande. À moins qu'il soit stipulé clairement l'obligation de recommander au bout d'un temps donné (une heure par exemple), nous pouvons rester et invoquer l'article 111.1, qui stipule « l'obligation générale d'information au client ».
Taxi : peut-on faire un trajet court ?
Bien que l'on s'imagine mal monter dans un taxi pour aller sur le trottoir d'en face, nous avons le droit de l'utiliser pour faire cent mètres. Le chauffeur, qui évidemment y perd, doit tout de même accepter votre requête sous peine de « refus de vente », article 122.1.
Au supermarché : goûter et défaire les lots
Il est absolument interdit (et compréhensible) d'ouvrir un paquet de biscuits, de les goûter, et de reposer le tout dans les rayons sous prétexte qu'ils ne nous conviennent pas. Mais il est légal de demander de goûter un produit frais vendu en vrac (ananas, tomate, salade...).
Notre shampoing est seulement vendu par lot (souvent par deux ou trois) et il est indisponible à l'unité, seule la promotion est à vendre. Nous pouvons en toute légalité défaire le paquet et prendre un seul des produits proposés : cela ne peut nous être refusé sous peine de « subordination de vente », article 122.1.
Mais attention aux abus : il est possible d'ouvrir un paquet en promo, mais il est strictement interdit de le faire avec les produits conditionnés par le fabricant (exemple : 6 yaourts).
Il y a parfois des tirages au sort proposés après les caisses, et l'on nous regarde d'un drôle d'œil si nous voulons y participer sans avoir auparavant acheté deux, trois bricoles. Pourtant, nous avons le droit de participer à la loterie sans acheter quoi que ce soit, sachant que les jeux avec obligation d'achat sont interdits.
À la caisse : moyens de paiement autorisés
Ça y est, après maintes et maintes baby-sittings, vous pouvez enfin vous acheter votre jean Diesel. Mais arrivé à la caisse, vous vous rendez compte que votre porte-monnaie regorge de centimes. Toutes les pièces de monnaie ayant cours, vous pouvez payer vos articles en centimes si ça vous chante (mais conservez tout de même vos pièces jaunes pour Bernadette Chirac et arrangez le commerçant !).
Si nulle part dans le magasin n'est précisé un montant minimum pour les chèques, vous pouvez tout bonnement utiliser ce moyen de paiement pour acheter 3 tomates (même quelques cacahuètes, si l'on va par là !).
Un chèque n'étant qu'une reconnaissance de dettes, vous pouvez — à condition d'y faire figurer toutes les données nécessaires (et de prouver que vous n'êtes pas interdit bancaire) — vous servir de n'importe quel papier pour payer.