C'est l'annonce qui a fait s'effondrer Twitter ce dimanche 23 février 2026. Pendant que le monde découvrait la première diffusion télévisée terrestre d'Evangelion 3.0+1.0 sur TBS, Studio Khara faisait exploser une bombe atomique émotionnelle : une toute nouvelle série Evangelion est en production, écrite par personne d'autre que Yoko Taro, le créateur de NieR Automata. Si vous pensiez avoir récupéré de la conclusion des Rebuild, préparez votre Lexomil — l'architecte du nihilisme vidéoludique s'apprête à plonger ses mains dans l'œuvre d'Hideaki Anno.

Yokohama, 23 février 2026 : l'annonce qui a fait exploser la Yokohama Arena
Le festival « EVANGELION:30+ ; 30th ANNIVERSARY OF EVANGELION » s'est tenu du 21 au 23 février 2026 à la Yokohama Arena, célébrant trois décennies d'une œuvre qui a profondément marqué l'animation japonaise et la pop culture mondiale. Ce dimanche 23 février, jour férié au Japon, le « Final Program » du festival a réservé son ultime surprise pour clore les festivités. Devant une arène bondée de fans venus commémorer l'héritage de Shinji Ikari et de son EVA-01, Studio Khara a dévoilé un teaser de 1 minute 43 secondes qui a immédiatement mis le feu aux réseaux sociaux. L'organisation du livestream par Prime Video a permis au monde entier de découvrir l'annonce en simultané, transformant ce qui aurait pu être un simple événement commémoratif en moment historique pour l'animation.
Le « Final Program » qui a mis le feu à Twitter
Le timing n'était évidemment pas anodin. Ce même dimanche soir, TBS diffusait pour la première fois à la télévision terrestre japonaise Evangelion 3.0+1.0 Thrice Upon a Time, le film conclusif des Rebuild of Evangelion sorti en 2021. Une stratégie de communication maîtrisée par Studio Khara : attirer le maximum de spectateurs devant leurs écrans, puis les cueillir à froid avec l'annonce d'un projet inédit. Le hashtag #Evangelion a immédiatement trendé mondialement sur Twitter, les fans partageant des captures du teaser et des réactions allant de l'euphorie pure à l'angoisse existentielle — une gamme d'émotions parfaitement calibrée pour une franchise qui a fait de la détresse psychologique sa marque de fabrique. Les réactions japonaises ont été particulièrement virulentes, avec des commentaires comme « Mon cœur n'est pas prêt » ou « Yoko Taro va nous tuer tous » qui résument bien l'ambiance générale.
Prime Video, qui organisait le livestream de l'événement, a confirmé sa position centrale dans l'écosystème Evangelion. La plateforme diffuse déjà les quatre films Rebuild of Evangelion depuis plusieurs années et semble tout indiquée pour accueillir cette nouvelle série. Cette initiative s'inscrit dans une époque où les contenus anthologiques remportent un succès phénoménal, où chaque créateur peut apporter sa vision personnelle à un univers partagé.

Cinq ans après Thrice Upon a Time : le timing parfait
L'annonce intervient exactement cinq ans après la conclusion des Rebuild of Evangelion, ce qui soulève immédiatement une question fascinante soulevée par Eurogamer : le message de 3.0+1.0 ne proposait-il pas aux fans de « passer à autre chose » ? Shinji s'éloignait du monde d'Evangelion, reconstruisant sa vie loin des EVA et des cycles de violence. Cette conclusion semblait définitive, thérapeutique presque — une invitation à la guérison que de nombreux fans avaient acceptée après des décennies d'attachement à ces personnages torturés. Alors pourquoi ce retour maintenant ? Yoko Taro a-t-il pour mission de contredire cette fin apaisée, ou la nouvelle série explorera-t-elle des territoires narratifs inédits qui préservent l'intégrité de cette conclusion ? Les questions fusent, et pour cause : le teaser laisse entrevoir quelque chose de radicalement différent de tout ce qu'on a vu précédemment dans la franchise.
L'homme au masque d'Emil qui a toujours vénéré Anno
Yoko Taro n'est pas un inconnu pour les amateurs de narrations audacieuses et déstabilisantes. Le créateur japonais s'est construit une réputation légendaire dans l'industrie vidéoludique grâce à la série Drakengard et surtout NieR, dont l'opus Automata a connu un succès critique et commercial phénoménal. Mais derrière ce parcours impressionnant se cache une dette artistique rarement exprimée aussi clairement que celle qu'il a confiée envers Evangelion. Ce choix de scénariste n'est donc pas une simple opération marketing — c'est une boucle qui se referme, une rencontre quasi-destinale entre deux univers créatifs obsédés par les mêmes questions existentielles.

Avril 2025 : quand Yoko Taro a confessé sa dette envers Evangelion
En avril 2025, soit moins d'un an avant cette annonce, Yoko Taro a explicitement crédité Neon Genesis Evangelion comme l'une des principales sources d'inspiration de NieR Automata. Cette confession publique n'était pas une simple politesse promotionnelle — elle révélait les fondations mêmes de sa philosophie créative. L'influence d'Hideaki Anno transparaît dans la manière dont NieR traite la dépression, le sacrifice, et ces moments où l'humanité des personnages émerge précisément de leurs failles les plus profondes. Yoko Taro a absorbé les leçons narratives d'Evangelion : que l'angoisse peut être un moteur dramatique puissant, que les mécanismes de défense psychologiques des personnages créent une tension narrative plus efficace que n'importe quel cliffhanger scénaristique. Pour les connaisseurs, cette nomination fait parfaitement sens — c'est comme si Stephen King était appelé à écrire une suite de Lovecraft, l'influence étant ouvertement revendiquée depuis des années.
Dix millions de copies et un masque iconique

Le timing de cette annonce coïncide avec un autre milestone : NieR Automata a récemment franchi le cap des dix millions d'exemplaires vendus, une performance exceptionnelle pour un jeu d'action RPG qui ne répond à aucune convention commerciale standard. Lors du livestream célébrant ce chiffre historique, l'équipe de développement avait teasé des « nouveaux développements » — nombreux sont ceux qui imaginaient une suite directe, mais personne n'avait anticipé cette incursion dans l'univers Evangelion. IGN France décrit parfaitement Yoko Taro comme « l'incontournable anonyme à la tête de lune grimaçante » : cet homme qui refuse de montrer son visage en public, portant systématiquement son masque Emil aux traits déformés, est devenu une légende vivante de la création vidéoludique. Ce masque n'est pas qu'un gimmick promotionnel — il symbolise sa philosophie : l'œuvre doit primer sur son créateur, le mystère fait partie de l'expérience, et c'est probablement ce qui lui permettra d'entrer dans l'univers d'Anno sans s'y perdre.
De FLCL à Chainsaw Man : la Dream Team de la détresse émotionnelle
L'annonce de cette série Evangelion ne se résume pas à « Yoko Taro fait de l'Evangelion ». Studio Khara a assemblé ce que GameKult a justement surnommé une « Dream Team de la détresse émotionnelle » — une équipe de vétérans qui comprennent l'œuvre à des niveaux différents et complémentaires. Chaque membre apporte une expertise spécifique, une sensibilité particulière, et ensemble ils forment un collectif capable d'honorer l'héritage d'Anno tout en l'ouvrant à de nouvelles directions. La collaboration entre Studio Khara et CloverWorks représente également une union majeure dans le paysage de l'animation japonaise, fusionnant l'excellence technique du studio fondé par Anno après son départ de Gainax avec la modernité visuelle d'un des studios les plus en vue de la nouvelle génération.
Kazuya Tsurumaki : le gardien du temple

Kazuya Tsurumaki n'est pas un novice dans l'univers Evangelion — c'est tout simplement le gardien du temple. Protégé d'Hideaki Anno depuis le début des années 1990 au studio Gainax, il était assistant réalisateur sur la série originale Neon Genesis Evangelion et sur les films Death & Rebirth et The End of Evangelion. Quand Anno a entrepris les Rebuild of Evangelion, c'est naturellement vers Tsurumaki qu'il s'est tourné pour co-réaliser cette tétralogie monumentale. Son CV parle pour lui : réalisateur de FLCL, cette série OVA culte qui a révolutionné l'animation expérimentale avec son énergie frénétique et son imagerie surréaliste ; réalisateur de Diebuster, la suite spirituelle de Gunbuster ; et récemment à la tête de Mobile Suit Gundam GQuuuuuuX. Sa présence aux commandes de cette nouvelle série Evangelion garantit une continuité spirituelle en l'absence d'Anno au poste de réalisateur. Tsurumaki comprend les codes visuels, les rythmes narratifs, l'équilibre précaire entre introspection psychologique et action explosive qui caractérise la franchise depuis ses débuts.
Toko Yatabe et la collusion Chainsaw Man x Evangelion
Toko Yatabe représente l'apport de sang neuf, la modernité visuelle qui empêchera cette nouvelle série de sombrer dans le passéisme. Sa filmographie impressionne : réalisatrice sur le film Chainsaw Man, animatrice principale sur Evangelion 3.0(-46h), elle a déjà fait ses preuves dans l'univers Evangelion tout en développant une identité visuelle distincte qui séduit la nouvelle génération de spectateurs. Son travail sur Chainsaw Man a démontré sa capacité à gérer des séquences d'action fluides et brutales, mais aussi des moments d'intimité émotionnelle délicate — exactement le genre d'équilibre qu'Evangelion requiert. Sa collaboration avec Tsurumaki promet un mariage entre l'esthétique classique Evangelion et une approche plus contemporaine de l'animation. Le fait que CloverWorks (Spy x Family, The Promised Neverland, Bocchi the Rock!) collabore avec Khara renforce cette impression de pont entre générations créatives — une union symbolique entre l'héritage d'Anno et les talents qui ont grandi en admirant son œuvre.

Keiichi Okabe : quand la musique de NieR rencontre celle d'Evangelion
Keiichi Okabe au poste de compositeur est peut-être l'annonce la plus révélatrice des intentions créatives de cette série. Le compositeur de NieR Automata, NieR Replicant et NieR Reincarnation apporte une sensibilité musicale radicalement différente de Shiro Sagisu, le compositeur historique d'Evangelion. Okabe a développé une approche organique, mélancolique, où les instruments acoustiques se mêlent à des nappes électroniques atmosphériques pour créer des paysages sonores d'une tristesse infinie. Sa musique porte en elle une solitude existentielle qui s'accorde parfaitement avec l'esthétique teasée du projet. C'est la première fois qu'un compositeur « externe » de cette envergure rejoint la franchise Evangelion — un signe clair que cette série ne cherchera pas à reproduire la formule musicale des œuvres précédentes. Sa collaboration avec Yoko Taro sur NieR a produit des bandes originales considérées comme les plus marquantes du médium vidéoludique ; les voir s'attaquer ensemble à l'univers Evangelion promet des compositions qui resteront gravées dans les mémoires, des mélodies qu'on fredonnera en pleurant.

EVA-01 aux cornes végétales : ce que le teaser de 1min43 nous dit vraiment
Le teaser diffusé lors du Final Program ne montre pratiquement rien de concret — et c'est précisément ce qui le rend fascinant. En 1 minute et 43 secondes, Studio Khara a réussi à établir une atmosphère radicalement différente de tout ce qu'on a vu précédemment dans Evangelion, tout en maintenant suffisamment de mystère pour alimenter des mois de spéculations. L'analyse frame par frame révèle des indices visuels et sonores qui suggèrent une direction artistique audacieuse, une fusion entre l'esthétique post-apocalyptique de NieR et l'héritage mécanique d'Evangelion qui pourrait redéfinir visuellement la franchise.
Un post-apocalyptique luxuriant qui rappelle NieR Automata
Le teaser s'ouvre sur des ruines envahies par la végétation. Des bâtiments en ruine, des structures métalliques corrodées, mais surtout une nature luxuriante qui reprend ses droits — des lianes, des feuillages, des fleurs qui poussent dans les interstices du béton fissuré. Cette esthétique rappelle immédiatement les paysages de NieR Automata, où la Terre désertée par l'humanité est devenue un jardin sauvage d'une beauté mélancolique. On est loin des ruines stériles et grises de Tokyo-3 après les impacts successifs. Ici, la nature n'est pas hostile — elle est indifférente, paisible presque, suggérant qu'un temps considérable s'est écoulé depuis les événements des Rebuild. Le violoncelle qui accompagne ces images émerge littéralement des feuillages : un instrument organique qui semble pousser avec la végétation, signature sonore évidente de Keiichi Okabe qui privilégie toujours les sons naturels et acoustiques. Cette ouverture visuelle en dit long sur l'ambition de la série : explorer ce qui vient après la fin, quand le monde continue sans nous.
La silhouette monstrueuse aux yeux rougeoyants

Le moment fort du teaser intervient dans sa seconde moitié : une silhouette se matérialise dans l'obscurité. Elle évoque l'EVA-01 par sa silhouette générale et sa posture caractéristique, mais les détails sont radicalement différents. Des cornes végétales s'épanouissent de son crâne, des formes organiques qui rappellent autant la végétation ambiante que les extensions métalliques des anges. Les yeux rougeoyants percent l'obscurité — une caractéristique de l'EVA-01 en mode berserk, mais ici la créature semble équilibrée, contrôlée, presque sereine dans sa monstruosité. Cette aura de « bio-armement dérangeant » pose immédiatement question : s'agit-il d'un EVA corrompu, transformé par une exposition prolongée à l'énergie d'un ange ? D'une nouvelle forme de vie hybride née de la fusion entre technologie NERV et biosphère ? Ou de quelque chose de totalement inédit qui échappe à nos catégories habituelles ? Les théories fusent déjà sur les forums spécialisés, certains y voyant un EVA « naturalisé » après des décennies d'abandon, d'autres une entité complètement nouvelle.
Les kanji cryptiques et l'art du mystère à la Yoko Taro
Tout au long du teaser, des textes en kanji blancs défilent sur fond noir. Ces inscriptions sont illisibles dans l'état actuel du teaser — volontairement floutées ou trop rapides pour être capturées clairement. C'est une technique de marketing que Yoko Taro a perfectionnée au fil de ses projets vidéoludiques. Les jeux NieR et Drakengard regorgent de secrets, de messages codés, de pistes narratives cachées dans des détails visuels ou sonores que seuls les joueurs les plus obstinés parviennent à décrypter. Ces kanji sont probablement les premiers indices d'une ARG (alternate reality game) qui se déploiera dans les mois à venir. Les fans analyseront chaque frame, ralentiront chaque séquence, chercheront des patterns dans les caractères. C'est le génie de Yoko Taro : il transforme le marketing lui-même en expérience participative, en chasse au trésor collective qui prépare les spectateurs à l'expérience narrative qui les attend.
Quand le nihilisme de NieR rencontre l'angoisse de Shinji
La collaboration entre Yoko Taro et l'univers Evangelion fait sens sur le plan philosophique avec une évidence presque troublante. Les deux œuvres partagent des obsessions thématiques profondes : la question du sens de l'existence, la nature de l'humanité face à sa propre destruction, les cycles de violence qui enferment les individus dans des répétitions infernales. Mais au-delà de ces convergences générales, c'est dans leur approche respective de la narration que cette rencontre devient véritablement fascinante — et potentiellement révolutionnaire pour la franchise Evangelion.
Dépression, perte et cycles de violence : le terrain commun
Evangelion et NieR abordent la souffrance psychologique avec une honnêteté brute qui les distingue de la plupart de leurs contemporains. Evangelion utilise les EVA comme métaphores des mécanismes de défense : ces armures qui nous protègent du monde extérieur tout en nous emprisonnant dans notre propre détresse. Shinji Ikari n'est pas un héros traditionnel — c'est un adolescent dépressif, terrifié par l'intimité, qui pilote un robot géant parce qu'il n'a pas d'autre choix que de fuir ou d'affronter ses démons. NieR, de son côté, traite de la perte et du deuil à travers des mécanismes de gameplay : les fins multiples révèlent progressivement la profondeur de la tragédie, le cycle de la violence se matérialise par des boucles temporelles ou des reprises de New Game+ qui obligent le joueur à revivre les mêmes souffrances. Les deux œuvres transcendent leurs médias respectifs avec une profondeur philosophique rare — Evangelion a fait l'objet de 30 ans d'analyses académiques en psychologie, tandis que NieR est célébré pour la manière dont ses mécaniques de jeu elles-mêmes véhiculent ses thèmes narratifs. Cette convergence thématique n'est pas un hasard : Yoko Taro a absorbé les leçons d'Evangelion et les a traduites dans le langage interactif du jeu vidéo.
Des fins multiples à la fin unique : la question du format

Une tension fascinante émerge de cette collaboration : NieR est célèbre pour ses fins multiples pilotées par les choix des joueurs, tandis que les Rebuild of Evangelion ont conclu sur une fin unique et définitive, une apothéose narrative qui semblait refermer le livre Shinji Ikari pour toujours. Comment Yoko Taro va-t-il gérer cette contradiction fondamentale ? Le format série anthologique suggère une solution élégante : plutôt que de proposer des « fins alternatives » qui contrediraient 3.0+1.0, la série pourrait explorer des temporalités différentes, des perspectives alternatives, des histoires parallèles qui enrichissent l'univers sans invalider sa conclusion. On imagine des épisodes centrés sur d'autres personnages, d'autres époques, d'autres réalités au sein du multivers Evangelion — peut-être une exploration du passé de Gendo, des années avant le Second Impact, ou les aventures d'autres pilotes dans d'autres parties du monde. Cette approche permettrait à Yoko Taro d'appliquer sa philosophie narrative — chaque perspective révèle une nouvelle facette de la vérité — tout en respectant l'intégrité de l'œuvre d'Anno.
Anno avait raison : Evangelion devient-il le nouveau Gundam ?
Hideaki Anno avait formulé un souhait audacieux dans des interviews passées : voir Evangelion devenir une franchise collective comme Gundam, avec différents créateurs apportant leur vision personnelle à l'univers. Cette série marque-t-elle le début concret de cette ère ? L'absence notable d'Anno au poste de réalisateur — remplacé par son protégé Tsurumaki — suggère un passage de témoin intentionnel, une volonté de laisser la franchise évoluer au-delà de son créateur originel. C'est une transition risquée mais potentiellement historique pour l'animation japonaise, comparable au moment où Star Wars a passé le témoin à une nouvelle génération de créateurs.
L'absence d'Hideaki Anno : symbolique ou stratégique ?
Hideaki Anno ne figure pas au générique de cette nouvelle série en tant que réalisateur — une absence notable après sa présence omnipotente sur les Rebuild. Faut-il y voir un retrait volontaire, une étape naturelle après la conclusion de son arc narratif personnel avec Shinji ? Ou simplement une délégation stratégique à des créateurs qu'il juge capables de porter la franchise vers de nouveaux horizons ? Anno reste probablement impliqué en tant que producteur ou consultant via Studio Khara, mais son absence de la réalisation symbolise une ouverture de la franchise vers une ère post-Anno. C'est un parallèle intéressant avec ce que George Lucas a tenté avec Star Wars avant de revendre Lucasfilm à Disney — créer un univers suffisamment riche pour survivre à son créateur. La différence cruciale : Anno semble contrôler cette transition de l'intérieur, choisissant ses successeurs avec soin et conservant une influence via son studio. Cette transition pourrait définir le modèle pour d'autres franchises d'auteur qui cherchent à perdurer au-delà de leur créateur initial.

Une série anthologique sans Shinji ?
La question brûlante qui hante tous les fans : cette série suivra-t-elle Shinji Ikari ? La conclusion de 3.0+1.0 montrait un Shinji adulte, apaisé, s'éloignant définitivement du monde des EVA et reconstruisant sa vie dans une réalité où Evangelion n'existe plus littéralement — une méta-fin où le personnage « quittait » la franchise pour vivre sa propre vie. Faire revenir Shinji dans une nouvelle série contredirait ce message avec une brutalité qui semble incompatible avec le respect que Yoko Taro voue à l'œuvre d'Anno. L'approche anthologique offrirait une solution élégante : explorer d'autres personnages, d'autres périodes, d'autres lignes temporelles. Des histoires centrées sur Asuka, Rei, Kaworu, ou entièrement inédites dans l'univers Evangelion — peut-être des pilotes d'autres pays, d'autres organisations confrontées aux Anges. Cette liberté créative rappelle certaines approches narratives audacieuses où les créateurs construisent des univers suffisamment vastes pour accueillir des histoires multiples sans diluer leur essence. L'univers Evangelion est suffisamment riche pour supporter ces explorations sans perdre son identité.
Prime Video, date de sortie et ce qu'on sait vraiment
Au-delà de l'excitation légitime que provoque cette annonce, il est important de rassembler les informations concrètes disponibles. Que sait-on vraiment de cette série ? Quelles plateformes sont concernées ? Quand pouvons-nous espérer la découvrir ? La réponse courte à presque toutes ces questions est : on ne sait pas encore. Mais certains indices permettent d'esquisser des pronostics raisonnables basés sur les partenariats existants et les pratiques de l'industrie.
Prime Video : la plateforme qui mise tout sur Evangelion
Prime Video a organisé le livestream « Evangelion:30+ » et diffuse déjà les quatre films Rebuild of Evangelion dans la plupart des territoires internationaux. Cette position privilégiée en fait la plateforme la plus probable pour accueillir la nouvelle série, d'autant qu'Amazon a investi massivement dans l'animation japonaise ces dernières années avec des exclusivités comme Chainsaw Man — dont Toko Yatabe précisément a réalisé des séquences majeures. Cependant, aucune annonce officielle n'a été faite — Studio Khara pourrait tout aussi bien choisir Crunchyroll, Netflix, ou une diffusion télévisée traditionnelle au Japon avec distribution internationale distincte. L'absence d'annonce plateforme suggère que les négociations sont peut-être encore en cours, ou que Khara préfère laisser le temps au buzz de monter avant de communiquer sur ces aspects logistiques. Quoi qu'il en soit, la plateforme qui sécurisera cette série aura entre ses mains l'un des projets les plus attendus de la décennie.
Aucun titre, aucune date : le marketing du mystère
Récapitulons ce qu'on ne sait PAS : aucun titre officiel, aucune date de sortie, aucun nombre d'épisodes, aucun format confirmé. Série TV traditionnelle ? OVA ? Film divisé en épisodes ? Web-série ? Tout reste ouvert et les spéculations vont bon train. C'est typique de Yoko Taro et de Studio Khara — le mystère fait partie de l'expérience, et l'information sera distillée au compte-gouttes dans les mois à venir pour maintenir l'intérêt. On peut imaginer une sortie en 2027 ou 2028, le temps de produire une animation de qualité avec l'équipe annoncée, mais c'est pure spéculation. Ce qui est certain, c'est que chaque annonce ultérieure sera disséquée avec une intensité proportionnelle à l'importance culturelle d'Evangelion. Les fans attendront — ils ont attendu seize ans entre Evangelion 1.0 et 3.0+1.0, ils peuvent bien patienter quelques années de plus pour découvrir ce que prépare Yoko Taro avec cette Dream Team.
Conclusion : Faut-il préparer notre Lexomil ?
L'annonce de cette série Evangelion écrite par Yoko Taro a déclenché une vague d'excitation quasi-unanime dans la communauté francophone. Les réactions sur les réseaux sociaux, les articles de JV.com, les discussions sur les chaînes Twitch comme Solary ou chez Kameto — tous partagent le même mélange d'euphorie et de terreur anticipée. Euphorie parce que la « Dream Team » assemblée par Studio Khara a tout pour livrer une œuvre mémorable, avec des créateurs qui comprennent profondément l'essence d'Evangelion. Terreur parce que Yoko Taro a prouvé maintes fois sa capacité à détruire émotionnellement son audience avec une efficacité chirurgicale, transformant l'espoir en désespoix et les certitudes en questions existentielles.
Le crossover que personne n'osait espérer
Les tweets de Yoko Taro et Keiichi Okabe suite à l'annonce résument parfaitement l'esprit du projet : « Je vais faire de mon mieux… ! » pour le premier, « Je vais faire de mon mieux !! » pour le second. Cette modestie apparente cache probablement une ambition colossale — celle de créer le « NieR: Evangelion » inévitable, une œuvre qui fusionne les obsessions des deux créateurs en une expérience unique qui redéfinira peut-être ce qu'une série d'animation peut accomplir émotionnellement. Les fans de longue date d'Evangelion savent que la franchise les a déjà fait traverser des émotions extrêmes ; les fans de NieR savent que Yoko Taro a perfectionné l'art de la déception constructive, de la révélation qui vous brise avant de vous reconstruire différemment. Cette série pourrait redéfinir ce qu'est une « suite » Evangelion — ou nous détruire émotionnellement en essayant. Quoi qu'il en soit, Prime Video diffusera probablement cette série dans les années à venir, et nous serons tous là, prêts à souffrir, prêts à être émerveillés, prêts à remettre en question notre propre existence. C'est ça, l'héritage d'Evangelion, et Yoko Taro est peut-être le seul créateur capable de le porter vers de nouveaux sommets de détresse poétique.