La suspension de la réforme des retraites, votée le 12 novembre 2025 dans le cadre du PLFSS, a gelé l'âge légal à 62 ans et 9 mois et la durée de cotisation à 42,5 ans (170 trimestres). Mais cette trêve politique ne profite pas à tout le monde de la même manière. Pour un jeune né après 2000, l'horizon est plus flou que jamais, tandis que le simulateur officiel mis à jour en février 2026 promet d'y voir clair — à condition de savoir l'utiliser sans se faire piéger.

Le grand flou de la trêve : qui gagne du temps avec la suspension des 64 ans ?
La suspension votée à l'Assemblée nationale avec 63,6 % des suffrages n'est pas une abrogation. Le texte de 2023 reste dans les tuyaux, simplement mis en pause jusqu'au 1er janvier 2028. Concrètement, la hausse progressive de l'âge légal vers 64 ans et l'allongement de la durée de cotisation sont gelés. Mais cette trêve ne concerne pas tout le monde de la même manière.
Pour les générations les plus proches du départ, le bénéfice est immédiat et mesurable. Pour les plus jeunes, en revanche, la suspension crée une incertitude paradoxale : elle repousse une réforme inévitable sans offrir aucune visibilité sur les règles qui s'appliqueront dans vingt ou trente ans. Le système de retraite par répartition, où les actifs d'aujourd'hui financent les pensions des retraités, reste structurellement déficitaire. Le Conseil d'orientation des retraites alerte régulièrement sur ce point. La suspension ne fait que déplacer le problème.
1964‑1968 : les seuls à voir leur âge de départ reculer concrètement
Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Une personne née en janvier 1964 peut désormais partir à 62 ans et 9 mois, contre 63 ans et 3 mois sans la suspension. Un gain de trois mois. Pour les natifs de 1968, l'âge légal passe de 64 ans à 63 ans et 9 mois. Les personnes nées entre janvier et mars 1965 gagnent même six mois sur leur calendrier initial.
Le mécanisme est simple : la suspension bloque le compteur à son niveau actuel. La réforme Borne prévoyait une augmentation progressive de l'âge légal de 62 à 64 ans, avec un rythme d'environ trois mois par génération. En gelant ce processus, on permet aux générations 1964-1968 de partir avec un trimestre de moins que prévu. Au total, ce sont environ 3,5 millions de personnes qui pourraient prendre leur retraite entre 2026 et 2030 avec un délai réduit.
Mais ce gain n'est pas automatique. Il faut aussi avoir validé le nombre de trimestres requis. Pour les générations 1964 et 1965, la durée d'assurance nécessaire reste fixée à 170 trimestres (42,5 ans), alors que la réforme Borne prévoyait 171 puis 172 trimestres. Pour les natifs de 1966 à 1968, la durée reste à 172 trimestres, mais l'âge légal est inférieur à ce qui était programmé. Le site service-public.gouv.fr détaille ces ajustements génération par génération.
Pour les générations nées après 2000, le statu quo cache une bombe à retardement
Si vous avez 20 ans aujourd'hui, la suspension ne change rien à votre situation immédiate. L'âge légal reste à 62 ans et 9 mois, mais ce chiffre n'a aucune valeur pour vous. D'ici 2045, date probable de votre départ, les règles auront été réécrites plusieurs fois.
Le vrai problème est ailleurs. La suspension repousse la solution d'un système structurellement déficitaire. Le vieillissement de la population, avec l'arrivée à la retraite des générations nombreuses du baby-boom, creuse chaque année un peu plus le trou. Le COR estime que le déficit du système pourrait atteindre plusieurs dizaines de milliards d'euros à l'horizon 2035 si rien n'est fait.
Résultat pour les 16-25 ans : un horizon juridique vide. Aucune règle ferme pour 2040-2060, et un passif financier qui grossit. Les jeunes héritent d'une situation où les décisions difficiles sont repoussées, ce qui signifie que les ajustements seront probablement plus brutaux quand ils interviendront. Comme le souligne notre dossier sur la réforme des retraites, l'histoire récente montre que les gouvernements successifs n'ont cessé de reculer l'âge de départ et d'allonger la durée de cotisation.
Simulateur de retraite : pourquoi le vôtre vous ment (un peu) si vous avez 20 ans
Le simulateur officiel Mon estimation retraite, accessible sur info-retraite.fr, a été mis à jour le 9 février 2026 pour intégrer la suspension. C'est l'outil de référence pour estimer son âge de départ et le montant de sa pension. Mais son utilisation par un jeune sans carrière établie repose sur des hypothèses lourdes qui peuvent fausser les résultats.
Le problème fondamental, c'est que le simulateur projette dans l'avenir des règles actuelles. Il suppose que le cadre légal restera stable, ce qui est très improbable pour un jeune de 20 ans. Il fait aussi des hypothèses sur la linéarité de la carrière, le niveau de salaire, la durée des études. Autant de paramètres qui peuvent varier considérablement dans la réalité.
Paramétrage idéal vs réalité précaire : que valent vos trimestres étudiants ?
Le simulateur vous demande de renseigner votre année de naissance, votre situation professionnelle, votre salaire. Mais il ne peut pas anticiper les périodes de stage, les jobs étudiants, les CDD enchaînés, les périodes de chômage. Or, ces éléments ont un impact direct sur le nombre de trimestres validés et donc sur l'âge de départ.
Prenons un exemple concret : un étudiant qui travaille pendant l'été valide des trimestres, mais à un salaire souvent inférieur au plafond de la Sécurité sociale. Ces trimestres comptent, mais ils ne rapportent pas les mêmes droits qu'une année à plein temps. Le simulateur intègre ces données si vous les renseignez, mais il part par défaut d'une carrière standard.
La question du rachat de trimestres d'études supérieures est aussi cruciale. Un étudiant qui a fait cinq ans d'études peut racheter jusqu'à 12 trimestres, mais à un coût qui peut atteindre plusieurs milliers d'euros. Le simulateur ne vous proposera pas automatiquement cette option.
La vidéo ci-dessus explique les changements récents concernant la durée d'indemnisation chômage. Pour un jeune qui alterne emplois précaires et périodes sans travail, ces règles ont un impact direct sur sa capacité à valider des trimestres et à atteindre l'âge de départ à taux plein.
Pourquoi votre simulation 2026 sera caduque en 2030 (ou avant)
Le message central à retenir : le simulateur donne un instantané des règles actuelles. Il vous indique à quel âge vous pourriez partir si les règles restaient les mêmes jusqu'à votre départ. Or, une nouvelle réforme est politiquement inévitable d'ici la fin de la décennie.
L'échéance de 2028 est déjà dans tous les esprits. La suspension expire au 1er janvier 2028, et rien ne dit ce qui se passera après. Le gouvernement actuel a promis une nouvelle concertation, mais aucun calendrier ni aucune orientation précise n'ont été donnés. Les scénarios possibles vont du retour pur et simple à la réforme Borne jusqu'à une refonte plus profonde du système.
Pour un jeune de 20 ans, le simulateur est donc utile pour comprendre la mécanique du système : comment se calculent les trimestres, ce qu'est l'âge légal, la décote, la surcote. Mais il ne faut pas prendre le chiffre affiché comme une prédiction. L'outil est un support pédagogique, pas une boule de cristal.
Faites le test : l'âge de retraite de vos parents vous dira tout du vôtre
Un exercice concret permet de rendre le système tangible : utiliser le simulateur pour calculer l'âge de départ d'un parent. En entrant le profil d'une personne née en 1967 avec 40 ans de carrière, on découvre les notions clés qui s'appliqueront plus tard à vous.
Cette approche a un double avantage. D'abord, elle donne des résultats fiables, car les données de carrière sont connues. Ensuite, elle permet de visualiser concrètement l'impact des différents paramètres : âge légal, durée d'assurance, décote, surcote. Une fois ces mécanismes compris, il devient plus facile de projeter son propre avenir.
Scénario type : simulateur pour un parent né en 1967 avec 40 ans de carrière
Prenons l'exemple d'un parent né en 1967, qui a commencé à travailler à 20 ans et a eu une carrière continue dans le privé. Avec la suspension, son âge légal de départ est fixé à 63 ans et 9 mois. S'il a validé 170 trimestres (42,5 ans), il peut partir à taux plein à cet âge.
Sans la suspension, son âge légal aurait été de 64 ans. Il gagne donc trois mois. Mais ce gain n'est valable que s'il a effectivement cotisé suffisamment de trimestres. S'il lui en manque, il devra travailler plus longtemps ou accepter une décote.
Le simulateur permet aussi de visualiser l'impact de la surcote : chaque trimestre travaillé au-delà de l'âge légal augmente la pension d'environ 1,25 %. Un parent qui décide de travailler jusqu'à 65 ans gagnera donc environ 5 % de pension supplémentaire.
Le transfert générationnel : comment la trêve de vos parents creuse votre déficit
Chaque trimestre gagné par les générations 1964-1968 a un coût. La Caisse nationale d'assurance vieillesse (Cnav) anticipe 70 000 départs supplémentaires en 2026 grâce à la suspension. Ces départs plus précoces signifient des pensions versées plus longtemps, donc un coût supplémentaire pour le système.
Ce coût, ce sont les générations suivantes qui le paieront, sous une forme ou sous une autre. Soit via des cotisations plus élevées, soit via des pensions moins généreuses, soit via un âge de départ repoussé. C'est le principe même de la répartition : les actifs d'aujourd'hui paient les retraités d'aujourd'hui. Si on augmente le nombre de retraités sans augmenter les cotisations, le déficit se creuse.
La suspension est donc un transfert générationnel déguisé. Elle profite aux générations proches de la retraite, mais elle accroît le passif pour les plus jeunes. Notre analyse sur la réforme des retraites montre que ce mécanisme de report de charge est récurrent dans l'histoire des retraites françaises.
1,9 milliard d'euros : la facture de la trêve que vous paierez demain
Le coût de la suspension est loin d'être négligeable. Selon les estimations de la Cnav, rapportées par BFMTV, la mesure coûtera environ 400 millions d'euros en 2026, et jusqu'à 1,9 milliard d'euros en 2027. Ces chiffres correspondent aux pensions supplémentaires versées du fait des départs plus précoces.
D'où vient cet argent ? Il est prélevé sur le budget de la Sécurité sociale, qui est déjà déficitaire. Le PLFSS 2026 intègre ces dépenses supplémentaires, mais sans prévoir de recettes nouvelles. Le trou se creuse donc, et ce sont les générations futures qui devront le combler.
Un déficit qui se creuse, un âge qui se déplace : le report de charge inévitable
Le mécanisme est simple à comprendre. La réforme Borne avait pour objectif de réduire le déficit du système de retraite en repoussant l'âge de départ et en allongeant la durée de cotisation. Les économies attendues étaient de l'ordre de plusieurs milliards d'euros par an à l'horizon 2030.
En suspendant cette réforme, on stoppe ces économies. Le déficit se creuse à nouveau. Et comme personne ne propose de solution alternative, ce sont les générations futures qui hériteront de la facture.
Les 1,9 milliard d'euros de 2027 ne sont que le début. Si la suspension est prolongée au-delà de 2028, le coût cumulé pourrait atteindre des dizaines de milliards d'euros. C'est un passif que les jeunes d'aujourd'hui devront rembourser demain, soit via des cotisations plus élevées, soit via des pensions réduites.
64 ans, 65 ans ou baisse des pensions : quelles seront les prochaines variables d'ajustement ?
Trois leviers principaux peuvent être actionnés pour rétablir l'équilibre du système. Le premier est l'âge légal. Le passage à 64 ans est déjà dans les textes, simplement suspendu. Certains économistes évoquent même 65 ans pour tenir compte de l'allongement de l'espérance de vie.
Le deuxième levier est la durée de cotisation. La réforme Borne prévoyait 43 ans (172 trimestres) pour les générations nées à partir de 1965. Certains scénarios envisagent 44 ans, voire plus, pour les générations futures.
Le troisième levier est le niveau des pensions. La désindexation des pensions sur l'inflation, déjà pratiquée par le passé, est une option. La hausse des prélèvements sociaux sur les retraites aussi. Ces mesures sont politiquement sensibles, mais elles ont l'avantage de ne pas repousser l'âge de départ.
Les rapports du COR montrent que ces trois leviers ont des effets différents sur les générations. Un relèvement de l'âge légal pénalise surtout les travailleurs modestes, qui commencent leur carrière tôt. Une baisse des pensions touche davantage les retraités aisés. La combinaison des trois est probable.
Défiance record : pourquoi les 18‑25 ans se tournent massivement vers le PER et l'épargne

Face à cette incertitude, les jeunes générations adoptent une stratégie de survie : elles se tournent vers l'épargne privée. Les chiffres sont éloquents. Selon le baromètre Ipsos 2025, 77 % des Français sont inquiets pour l'avenir du système de retraite, et 58 % le sont pour leur propre retraite. Chez les moins de 35 ans, 60 % n'ont pas confiance dans le système par répartition.
L'enquête XTB France/Ipsos BVA de septembre 2025 est encore plus frappante : 72 % des 18-34 ans ne font pas confiance au système par répartition. Et 65 % d'entre eux ne savent pas combien ils doivent mettre de côté pour leur retraite. Ce double constat de défiance et d'ignorance est explosif.
Les chiffres du décrochage : 72 % des jeunes ne font plus confiance au système
Les statistiques du Cercle de l'Épargne confirment cette tendance. 62 % des 18-34 ans estiment que leur pension sera insuffisante. 61 % des 25-34 ans épargnent déjà pour la retraite, et 52 % des 18-24 ans aussi. Le Plan d'Épargne Retraite (PER) est plébiscité : 62 % des 18-24 ans et 56 % des 25-34 ans le jugent intéressant. 13 % des 18-24 ans ont déjà souscrit un PER, et 45 % envisagent de le faire.
Ces chiffres traduisent une rupture générationnelle profonde. Les jeunes ne croient plus que le système par répartition pourra leur garantir une retraite décente. Ils se tournent donc vers l'épargne individuelle pour prendre le contrôle de leur avenir.
Mais cette défiance a un coût. Épargner pour la retraite à 20 ans, c'est renoncer à une partie de son revenu disponible aujourd'hui. C'est aussi prendre des risques : les marchés financiers peuvent fluctuer, et le PER n'est pas garanti par l'État. Notre dossier sur le PER pour les jeunes détaille les avantages et les limites de cette solution.
Simulateur + PER : les deux armes pour reprendre le contrôle – et leurs limites
La méthode recommandée par les experts est simple : utiliser le simulateur pour estimer sa pension de base, puis calculer le gap entre cette pension et le revenu souhaité à la retraite, et enfin combler ce gap via un PER ou d'autres placements.
Concrètement, un jeune de 25 ans qui gagne 2 500 euros net par mois peut estimer sa future pension à environ 1 500 euros, soit 60 % de son salaire actuel. S'il souhaite maintenir son niveau de vie, il doit épargner pour combler les 1 000 euros manquants. Avec un PER, en épargnant 200 euros par mois pendant 40 ans, il peut espérer obtenir un complément de retraite substantiel.
Mais cette stratégie a ses limites. Les frais de gestion des PER peuvent réduire la performance. Les marchés financiers ne garantissent pas un rendement fixe. Et surtout, le biais comportemental est fort : beaucoup de jeunes sous-épargnent parce que la retraite leur semble trop lointaine.
Le simulateur reste l'outil de base pour établir un premier diagnostic. Il permet de se familiariser avec les notions clés et de fixer des objectifs réalistes. Mais il ne faut pas oublier qu'il ne prédit pas l'avenir. Les règles changeront, et il faudra ajuster sa stratégie en conséquence.
Comment utiliser le simulateur sans se faire piéger : le guide pratique pour les 18-25 ans
Le simulateur Mon estimation retraite est un outil puissant, mais son utilisation par un jeune sans carrière établie demande une méthode rigoureuse. Voici comment en tirer le meilleur parti sans tomber dans les pièges classiques.
Étape 1 : créer un scénario de base réaliste
Commencez par renseigner votre année de naissance et votre situation actuelle : étudiant, en emploi, en alternance, ou en recherche d'emploi. Le simulateur vous demandera votre salaire net mensuel. Si vous êtes étudiant sans revenus fixes, utilisez une estimation basse, par exemple 1 000 euros par mois si vous travaillez à temps partiel.
Ne sautez pas la section sur la durée d'études. Si vous avez fait cinq ans d'études supérieures, le simulateur en tiendra compte pour le calcul des trimestres. Mais attention : les années d'études ne valident pas automatiquement des trimestres. Vous devrez peut-être les racheter plus tard, à un coût qui peut atteindre plusieurs milliers d'euros.
Étape 2 : jouer avec les variables pour comprendre la mécanique
Le vrai intérêt du simulateur pour un jeune, ce n'est pas le chiffre final. C'est la compréhension des mécanismes. Testez différents scénarios :
- Que se passe-t-il si vous commencez à travailler à 22 ans au lieu de 25 ?
- Quel est l'impact d'un salaire plus élevé sur le montant de la pension ?
- Combien de trimestres gagnez-vous si vous travaillez jusqu'à 67 ans au lieu de 64 ?
Ces simulations vous donnent des ordres de grandeur et vous aident à visualiser l'impact de vos choix de carrière. Le site info-retraite.fr permet aussi de tester l'effet d'une retraite progressive ou d'un départ anticipé pour carrière longue.
Étape 3 : ne pas confondre simulation et prédiction
Le piège numéro un, c'est de prendre le résultat du simulateur comme une promesse. Pour un jeune de 20 ans, les règles actuelles n'auront probablement plus cours dans 40 ans. Le simulateur vous montre ce qui se passerait si les règles restaient les mêmes. Mais elles ne resteront pas les mêmes.
Utilisez plutôt le simulateur comme un outil de sensibilisation. Il vous permet de comprendre les notions clés : âge légal, durée d'assurance, décote, surcote, taux plein. Une fois ces concepts maîtrisés, vous pourrez suivre l'actualité politique et anticiper les changements à venir.
Le simulateur pour les carrières précaires : un cas particulier
Les jeunes qui alternent CDD, missions d'intérim et périodes de chômage doivent être particulièrement prudents. Le simulateur part par défaut d'une carrière linéaire, ce qui est rarement le cas dans la réalité.
Pour une estimation plus réaliste, renseignez manuellement vos périodes d'emploi et de chômage. Le simulateur prend en compte les trimestres validés pendant le chômage, mais seulement sous certaines conditions. Les règles d'indemnisation ont été modifiées récemment, comme l'explique la vidéo intégrée plus haut, et ces changements impactent directement votre capacité à valider des trimestres.
Le réflexe à adopter : refaire la simulation chaque année
Une bonne pratique consiste à refaire une simulation chaque année, ou à chaque changement majeur de situation (nouvel emploi, augmentation de salaire, période de chômage). Le simulateur s'enrichit au fil du temps avec les données réelles de votre carrière. À partir de 55 ans, vous pouvez même effectuer un correctif de votre relevé de carrière sur le site.
Cette régularité vous permet de suivre l'évolution de vos droits et d'ajuster votre stratégie d'épargne en conséquence. Le simulateur devient alors un outil de pilotage, pas une boule de cristal.
Conclusion : La suspension n'a rien réglé, elle a juste déplacé l'échéance
La suspension de la réforme des retraites est une trêve politique qui profite aux générations proches de la retraite, mais qui accroît l'incertitude et le passif pour les jeunes. Les 1964-1968 gagnent trois à six mois sur leur départ, mais les générations suivantes héritent d'un système structurellement déficitaire et d'un horizon juridique vide.
Le simulateur officiel est un outil utile pour comprendre la mécanique du système, mais il ne faut pas lui demander de prédire l'avenir. Pour un jeune de 20 ans, la simulation d'aujourd'hui sera caduque dans quelques années, quand une nouvelle réforme aura été adoptée.
L'heure est à l'action individuelle éclairée. Comprendre les règles, suivre le débat politique, diversifier sa préparation : voilà les trois piliers d'une stratégie réaliste face à l'incertitude. La suspension n'a rien réglé. Elle a juste déplacé l'échéance. À vous de prendre les devants.