Boîte du vaccin antigrippal quadrivalent Efluelda pour la saison 2021/2022, fabriqué par Sanofi Pasteur, destiné aux personnes de plus de 60 ans
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Sanofi accusé d'avoir dénigré un vaccin concurrent : ce que révèle l'enquête européenne sur le marché des grippes

Sanofi soupçonné d'avoir dénigré un vaccin concurrent pour orienter les prescriptions médicales. L'enquête européenne révèle des enjeux majeurs pour la concurrence et les dépenses de santé publique.

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La Commission européenne a ouvert une enquête formelle contre Sanofi le 26 juin 2026. Le laboratoire français est soupçonné d'avoir utilisé une communication trompeuse pour discréditer un vaccin antigrippal concurrent auprès des médecins. Cette pratique, qualifiée de dénigrement, vise un marché spécifique et expose le groupe à des sanctions financières majeures.

Boîte du vaccin antigrippal quadrivalent Efluelda pour la saison 2021/2022, fabriqué par Sanofi Pasteur, destiné aux personnes de plus de 60 ans
Boîte du vaccin antigrippal quadrivalent Efluelda pour la saison 2021/2022, fabriqué par Sanofi Pasteur, destiné aux personnes de plus de 60 ans — (source)

Une enquête pour dénigrement ciblant les médecins

L'enquête (affaire AT.40998) porte sur un abus de position dominante sur le marché des vaccins antigrippaux renforcés. Ces produits sont destinés aux personnes de plus de 60 ans. Sanofi y détient une position dominante avec son vaccin Efluelda. Le vaccin concurrent visé est Fluad, commercialisé par CSL Seqirus.

Selon la Commission, Sanofi a mené une campagne de communication pour présenter Fluad comme inférieur à Efluelda. Cette campagne ciblait directement les professionnels de santé en France et en Allemagne. Elle aurait contredit les conclusions de l'ECDC (Centre européen de prévention et de contrôle des maladies) et les recommandations nationales de vaccination. En Allemagne, elle aurait suggéré que des objections médicales pesaient encore sur Fluad alors que ces objections avaient été levées.

Affiche de la campagne de vaccination française contre la grippe et le COVID-19 montrant une femme âgée avec lunettes de soleil et béret, faisant le signe de la victoire
Affiche de la campagne de vaccination française contre la grippe et le COVID-19 montrant une femme âgée avec lunettes de soleil et béret, faisant le signe de la victoire — (source)

Le marché est en jeu. Les deux vaccins, Efluelda et Fluad, sont disponibles en France pour la saison 2025-2026. Sanofi prévoyait de fournir 2,5 millions de doses d'Efluelda. Le dénigrement d'un concurrent vise à orienter les prescriptions des médecins vers son propre produit.

Des sanctions potentielles et des précédents lourds

En cas de condamnation, Sanofi encourt une amende pouvant atteindre 10% de son chiffre d'affaires mondial. Le CA du groupe en 2025 s'élevait à 43,63 milliards €. Le montant maximum de l'amende serait donc d'environ 4,36 milliards €. La Commission a cependant invité Sanofi à proposer des engagements. Si ceux-ci sont jugés suffisants, l'affaire pourrait se clore sans constat d'infraction ni amende.

Le précédent le plus direct concerne Sanofi lui-même. En septembre 2025, la cour d'appel de Paris l'a condamné à verser 150,7 millions € à l'Assurance maladie. La condamnation concernait des pratiques anticoncurrentielles similaires : le dénigrement de génériques du médicament Plavix entre 2009 et 2010. Plavix était alors le premier poste de remboursement de l'Assurance maladie.

Siège parisien de Sanofi, bâtiment moderne avec toit végétalisé et grandes baies vitrées, situé avenue de la Grande Armée
Siège parisien de Sanofi, bâtiment moderne avec toit végétalisé et grandes baies vitrées, situé avenue de la Grande Armée — (source)

La Commission européenne a déjà sanctionné des pratiques de dénigrement pharmaceutique. En octobre 2024, Teva a été condamné à une amende de 462,6 millions € pour abus de position dominante incluant du dénigrement. L'enquête avait montré qu'une fois le concurrent installé sur le marché, les prix avaient chuté de 80%. En juillet 2024, Vifor (du groupe CSL) avait accepté des engagements concernant un possible dénigrement d'un traitement concurrent. C'était la première décision de la Commission sur ce type de pratique.

Une affaire qui éclaire un problème structurel

Sanofi a nié toute malveillance et affirmé agir en conformité avec les lois et règlements, y compris le droit de la concurrence. L'issue de l'enquête reste incertaine.

L'affaire met en lumière un problème récurrent dans le secteur pharmaceutique. Les laboratoires disposent d'arguments de vente puissants auprès des prescripteurs. Le dénigrement d'un concurrent peut orienter les choix thérapeutiques, avec des conséquences directes sur les dépenses de santé publique. L'affaire Teva a montré que la réduction de la concurrence pouvait empêcher la baisse des prix. Celle de Plavix a montré que ces pratiques pouvaient durer des années avant d'être sanctionnées.

L'enquête contre Sanofi s'inscrit dans un mouvement de régulation accrue. La Commission traite désormais le dénigrement pharmaceutique comme une pratique anticoncurrentielle à part entière. Pour les patients et les systèmes de santé, l'enjeu est de s'assurer que les choix médicaux reposent sur des données scientifiques et non sur des stratégies commerciales.

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Questions fréquentes

Pourquoi Sanofi fait-il l'objet d'une enquête européenne ?

La Commission européenne soupçonne le laboratoire d'avoir utilisé une communication trompeuse pour dénigrer le vaccin antigrippal concurrent Fluad auprès des médecins en France et en Allemagne. Cette pratique viserait à orienter les prescriptions vers son propre vaccin, Efluelda.

Quelles sanctions Sanofi risque-t-il dans cette affaire ?

En cas de condamnation, Sanofi encourt une amende pouvant atteindre 10% de son chiffre d'affaires mondial, soit environ 4,36 milliards d'euros. La Commission a toutefois invité le groupe à proposer des engagements pour potentiellement clore l'affaire sans amende.

Quel précédent similaire Sanofi a-t-il déjà eu ?

En septembre 2025, la cour d'appel de Paris a condamné Sanofi à verser 150,7 millions d'euros à l'Assurance maladie pour des pratiques anticoncurrentielles similaires, notamment le dénigrement de génériques du médicament Plavix entre 2009 et 2010.

Quel vaccin concurrent est visé par les accusations de dénigrement ?

Le vaccin visé est Fluad, commercialisé par CSL Seqirus. Il est destiné aux personnes de plus de 60 ans, tout comme le vaccin Efluelda de Sanofi, et est disponible en France pour la saison 2025-2026.

Sources

  1. banquepopulaire.fr · banquepopulaire.fr
  2. bfmtv.com · bfmtv.com
  3. bfmtv.com · bfmtv.com
  4. concurrences.com · concurrences.com
  5. ec.europa.eu · ec.europa.eu
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Maxime Delbot @green-pulse

Ingénieur environnement à Grenoble et militant écolo discret, je suis l'actualité climatique et les transitions au quotidien. Je teste tout : vélo, compost, sobriété numérique. Je préfère les solutions concrètes aux grands discours catastrophistes.

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