Le ministre français du Commerce extérieur Nicolas Forissier a fait une annonce qui secoue le secteur des métaux critiques : le projet conjoint entre la société française Carester et le groupe minier malaisien Malaco pourrait couvrir 15 à 20 % de la demande mondiale de terres rares. Cette déclaration, prononcée début juillet 2026 à l'ambassade de France à Kuala Lumpur, marque une rupture radicale avec la situation actuelle où la Chine contrôle environ 90 % du raffinage mondial. Les accords signés entre les Premiers ministres François Bayrou et Anwar Ibrahim, avec le Japon comme troisième partenaire financier, dessinent une coalition inédite pour briser le monopole chinois.

« 20 % de la demande mondiale » : la promesse qui change la donne
Le chiffre est le personnage principal de cette histoire. Alors que la dépendance européenne vis-à-vis de la Chine atteint des niveaux critiques, Nicolas Forissier a lâché une bombe lors d'une conférence de presse organisée à l'ambassade de France à Kuala Lumpur. « Ce partenariat stratégique peut couvrir 15 à 20 % des besoins mondiaux en terres rares », a-t-il déclaré, entouré de l'ambassadeur Marc Abensour et des représentants des deux entreprises.
La promesse est d'autant plus frappante que le contexte géopolitique s'est brutalement tendu. En octobre 2025, Pékin a resserré ses licences d'exportation sur cinq terres rares, en représailles aux sanctions américaines sur les semi-conducteurs. L'Europe, qui dépend à 98 % de la Chine pour ces matériaux, s'est retrouvée en état d'alerte. L'annonce de Forissier n'est donc pas une simple déclaration commerciale : c'est une réponse politique directe à la mainmise chinoise.
Sur le fond, le projet repose sur un équilibre subtil entre trois acteurs. La France apporte la technologie de séparation via Carester, la Malaisie met à disposition ses gisements estimés à 274 144 tonnes de terres rares, et le Japon finance la moitié de l'usine française de Lacq, avec l'intention de rejoindre l'aventure malaisienne. Ce qui était un accord bilatéral se transforme en une coalition anti-monopole.
Un ministre français fait le pari de la souveraineté
Nicolas Forissier n'a pas mâché ses mots. Le 6 juillet 2026 — ou le 8 juillet selon certaines sources, un écart qui montre l'urgence des annonces successives —, il a qualifié le projet de « pas de souveraineté » pour la France et l'Europe. La date exacte importe moins que le signal envoyé : Paris ne compte plus laisser Pékin dicter les règles du marché des métaux critiques.
La conférence de presse s'est tenue à l'ambassade de France, en présence de l'ambassadeur Marc Abensour, qui a rappelé le suivi de la visite du Premier ministre Anwar Ibrahim à Paris en juillet 2025. Le contexte géopolitique était dans toutes les têtes : les restrictions chinoises d'octobre 2025 ont agi comme un électrochoc. Les entreprises européennes, incapables de s'approvisionner sans passer par la Chine, ont réalisé que la dépendance était devenue une vulnérabilité stratégique.
Forissier a insisté sur le fait que ce projet n'est pas une simple opération commerciale, mais une réponse à une « guerre des minerais » qui ne fait que commencer. La France, historiquement pionnière dans la maîtrise des terres rares, entend reprendre sa place.
Carester-Malaco : la signature qui cache une guerre d'influence
Le joint-venture entre Carester et Malaco Mining Sdn Bhd a été officialisé en janvier 2026, mais le protocole d'accord remonte au 4 juillet 2025, signé à Paris sous les yeux des Premiers ministres François Bayrou et Anwar Ibrahim. Ce délai de six mois entre le MoU et la signature définitive montre la complexité des négociations : transfert de technologie, partage des bénéfices, normes environnementales, tout a été âprement discuté.
Le Japon, lui, a joué un rôle discret mais décisif. Tokyo finance la moitié de l'usine Caremag à Lacq et espère rejoindre le volet malaisien du projet. Si cela se concrétise, le partenariat deviendrait tripartite, avec trois puissances économiques unies contre le monopole chinois. Pour Pékin, c'est un signal inquiétant : la coalition qui se forme n'est pas idéologique, elle est pragmatique et déterminée.

Votre smartphone, votre console et la trottinette du quotidien
Les terres rares ne sont pas un concept abstrait réservé aux géopoliticiens. Elles sont dans vos poches, sur vos bureaux, sous vos pieds quand vous montez sur une trottinette électrique. Chaque fois que vous activez le mode vibreur de votre iPhone, que vous sentez le retour haptique de votre manette PS5 ou que vous écoutez de la musique avec vos AirPods, vous utilisez des métaux issus de cette filière.
Le néodyme, le dysprosium, le praséodyme : ces noms barbares cachent des aimants permanents d'une puissance inouïe. Sans eux, pas de moteur de vibration dans un smartphone, pas de haut-parleur capable de produire un son clair, pas de stabilisation optique pour les photos de nuit. Un téléphone moderne contient entre 1 et 3 grammes de terres rares. Multiplié par les 1,5 milliard de smartphones vendus chaque année dans le monde, le volume devient colossal.
Les petits aimants qui font bouger le monde
Les aimants en néodyme-fer-bore sont les héros méconnus de l'électronique grand public. Chaque gramme de ces alliages permet de créer un champ magnétique dix fois plus puissant qu'un aimant ferrite classique. C'est ce qui explique la miniaturisation des appareils : sans terres rares, un smartphone aurait l'épaisseur d'un dictionnaire.
Dans une manette DualSense de PlayStation 5, les moteurs à retour haptique utilisent des bobines et des aimants en terres rares pour créer des sensations tactiles ultra-précises. Dans un drone grand public, les moteurs brushless tournent grâce à des aimants au néodyme. Dans les écouteurs sans fil, la membrane du haut-parleur est actionnée par un micro-aimant en dysprosium. Bref, la vie connectée des 16-25 ans repose sur ces minerais.
Des éoliennes aux voitures électriques, la dépendance invisible
La transition écologique est un gouffre à terres rares. Une éolienne offshore de 3 MW nécessite environ 600 kg d'aimants permanents, soit l'équivalent de 200 000 smartphones. Une voiture électrique comme la Tesla Model 3 en utilise environ 1,5 kg pour son moteur synchrone à aimants permanents. Les trottinettes électriques, les vélos à assistance électrique, les bus électriques : tous dépendent de ces métaux.
Le problème, c'est que l'Europe importe 98 % de ses terres rares de Chine. Le recyclage, bien que nécessaire, ne suffira pas à combler les besoins. Le projet Carester-Malaco vise justement à créer une filière alternative, capable d'alimenter l'industrie européenne sans passer par Pékin. Pour les jeunes qui militent pour le climat, c'est une question existentielle : peut-on être écologiste sans dépendre d'un régime autoritaire ?

La machine de guerre chinoise : 90 % des usines au même endroit
Pour comprendre pourquoi un projet capable de couvrir « seulement » 20 % de la demande mondiale est un événement, il faut mesurer l'ampleur du monopole chinois. Pékin ne domine pas seulement l'extraction minière — environ 70 % de la production mondiale —, il contrôle surtout le raffinage. Plus de 85 % des capacités mondiales de séparation des terres rares sont concentrées en Chine, et le chiffre monte à 90 % pour les étapes les plus complexes.
Cette concentration n'est pas le fruit du hasard. Depuis les années 1990, la Chine a mis en place une stratégie méthodique : subventionner massivement ses industries, casser les prix pour éliminer la concurrence, puis verrouiller l'accès aux technologies de raffinage. Résultat : les mines françaises ont fermé, les usines américaines ont disparu, et le monde s'est retrouvé dépendant d'un seul fournisseur.
Le jour où Pékin a serré la vis (et pourquoi l'Europe a tremblé)
Octobre 2025 restera dans les annales de la géopolitique des ressources. La Chine a imposé des licences d'exportation sur cinq terres rares — le néodyme, le dysprosium, le terbium, le samarium et l'yttrium — en réponse aux restrictions américaines sur les semi-conducteurs. L'effet a été immédiat : les prix ont flambé, les industriels européens se sont retrouvés en panne d'approvisionnement, et les gouvernements ont réalisé que la dépendance était devenue une arme.
Le « 20 % » promis par Nicolas Forissier prend tout son sens dans ce contexte. Si le projet Carester-Malaco tient ses promesses, il réduirait la part chinoise de 90 % à environ 70 % du raffinage mondial. Ce n'est pas encore un équilibre, mais c'est une brèche significative dans le monopole.
Pourquoi la France n'a pas rouvert ses propres mines
La France a une histoire avec les terres rares. Dans les années 1980, le site de Lacaune, dans le Tarn, exploitait des gisements de terres rares légères. Mais face à la concurrence chinoise — prix cassés, normes environnementales quasi inexistantes —, l'exploitation est devenue non rentable. La mine a fermé, et la France a perdu son savoir-faire minier.
Aujourd'hui, rouvrir des mines en France est politiquement et écologiquement difficile. Les coûts d'extraction sont élevés, l'acceptabilité locale est faible, et les normes environnementales sont strictes. Le choix stratégique de Carester est donc double : recycler les aimants usagés en France (à Lacq) et traiter les minerais bruts en Malaisie (à Perak). C'est un compromis entre souveraineté industrielle et réalité écologique.
Lacq et Perak : les deux poumons du projet Carester
Le projet Carester-Malaco repose sur deux sites industriels complémentaires. D'un côté, l'usine Caremag à Lacq, dans les Pyrénées-Atlantiques, spécialisée dans le recyclage des aimants et le traitement des concentrés minéraux. De l'autre, la future usine de séparation dans l'État de Perak, en Malaisie, qui traitera la matière brute extraite des gisements locaux. Ensemble, ces deux sites doivent produire les 15 à 20 % de la demande mondiale annoncés.
Chaque site a un rôle précis, une taille, un budget, des emplois. Leur complémentarité est la clé du succès : Lacq apporte la technologie de pointe, Perak fournit la matière première et la main-d'œuvre locale. Le transfert de compétences entre les deux sites est au cœur du partenariat.
Caremag, l'usine française qui recycle vos vieux moteurs
Caremag, c'est l'usine qui transforme vos vieux aimants en terres rares neuves. Située à Lacq, sur le site d'une ancienne usine de chimie, elle a commencé sa construction en mars 2025 et devrait entrer en service à l'automne 2026. Le budget total est de 216 millions d'euros, avec 92 emplois directs créés sur place.
Le process est innovant : Caremag traite 2 000 tonnes d'aimants usagés recyclés (provenant de moteurs électriques, d'éoliennes, de disques durs) et 5 000 tonnes de concentrés minéraux importés. L'innovation clé, c'est le « recyclage en boucle longue » : au lieu de broyer les aimants pour en récupérer la poudre (ce qui dégrade la qualité), Carester a développé un procédé qui permet de réutiliser les aimants sans perte de performance. C'est un argument fort pour l'acceptabilité écologique du projet.
Perak, le maillon malaisien qui traite la matière brute
La Malaisie possède des réserves estimées à 274 144 tonnes de terres rares, principalement dans l'État de Perak, sur la côte ouest de la péninsule. Le joint-venture avec Malaco prévoit un transfert de technologie complet : Carester forme les ingénieurs malaisiens aux techniques de séparation, les plus complexes et les plus polluantes de la filière.
L'usine de Perak sera spécialisée dans la séparation des oxydes de terres rares, une étape actuellement trustée à 90 % par la Chine. Le Japon, qui finance la moitié de l'usine de Lacq, a déjà fait savoir qu'il souhaitait entrer dans le capital de l'usine malaisienne. Si cela se concrétise, le triangle France-Malaisie-Japon deviendrait une véritable alternative au monopole chinois.
180 millions d'euros : qui paie l'indépendance stratégique ?
Le Plan de résilience français sur les terres rares, présenté le 5 mai 2026 à Lacq par les ministres Roland Lescure et Sébastien Martin, prévoit 180 millions d'euros de soutien public pour les projets de Lacq, La Rochelle et Grenoble. Sur cette enveloppe, 106 millions d'euros sont directement alloués à Caremag. L'objectif affiché est ambitieux : couvrir 100 % des besoins français et 25 % des besoins européens en terres rares légères d'ici 2030.
Mais 180 millions d'euros, est-ce un investissement rentable ou un puits sans fond ? Pour le comprendre, il faut regarder le marché mondial des terres rares, évalué à plusieurs milliards de dollars, et le coût de l'inaction : sans alternative à la Chine, l'Europe paiera le surprix imposé par Pékin et subira un embargo en cas de conflit.
Le plan de résilience Lescure-Martin : un chèque de l'État pour briser le monopole
« La France a été pionnière dans la maîtrise des terres rares et dispose aujourd'hui de tous les atouts pour le redevenir », a déclaré Roland Lescure lors de la présentation du plan. La phrase n'est pas anodine : elle rappelle que la France a été, dans les années 1980, l'un des leaders mondiaux de la recherche sur les terres rares, avant d'abandonner face à la concurrence chinoise.
Le plan de résilience prévoit 180 millions d'euros répartis sur trois sites : Lacq (106 millions pour Caremag), La Rochelle (recyclage des aimants) et Grenoble (recherche et développement). L'objectif est de créer une filière complète, de l'extraction au recyclage, en passant par la séparation et la fabrication d'aimants. Les 92 emplois directs de Caremag ne sont que la partie émergée de l'iceberg : le plan vise à recréer tout un écosystème industriel.
Un pari économique risqué ou un investissement d'avenir ?
Mettre 180 millions d'euros publics dans un projet industriel est un pari. Le marché des terres rares est volatile, les technologies évoluent vite, et la concurrence chinoise reste féroce. Mais le coût de l'inaction est bien plus élevé : sans alternative, l'Europe continuera à payer le surprix imposé par Pékin et restera vulnérable à un embargo.
La question sous-jacente est celle des trade-offs : cet argent aurait-il été mieux employé ailleurs ? Dans le recyclage des batteries ? Dans les énergies renouvelables ? Le choix du gouvernement est clair : sans terres rares, la transition écologique est impossible. Investir dans cette filière, c'est investir dans la souveraineté énergétique et industrielle.
Radioactive dust, acides et déchets : le revers de la médaille
L'extraction et le raffinage des terres rares ne sont pas des activités propres. Les minerais contiennent souvent des éléments radioactifs comme le thorium et l'uranium, et les procédés de séparation utilisent des acides forts et des solvants toxiques. La célèbre mine de Bayan Obo, en Chine, est associée à une pollution radioactive massive, et les rivières environnantes sont contaminées.
En Malaisie, la controverse autour de l'usine Lynas est un signal d'alarme. Implantée depuis 2012, cette usine est la seule grande unité de traitement de terres rares hors de Chine. Mais son exploitation a été entachée par des accusations de pollution radioactive, des manifestations de riverains et des renouvellements de licence sous tension. Carester promet une usine « propre », mais la réalité des procédés chimiques est implacable.
Lynas, l'autre usine malaisienne qui fait peur aux riverains
Lynas Rare Earths opère en Malaisie depuis 2012. C'est la plus grande usine de traitement de terres rares en dehors de la Chine, et elle a été au centre d'une controverse environnementale majeure. Le problème, c'est le thorium : un déchet radioactif présent dans les minerais de terres rares, que Lynas stocke sur place faute de solution de traitement.
Les autorités malaisiennes ont renouvelé la licence de Lynas sous conditions, exigeant des modifications de process pour limiter les déchets radioactifs. En 2023, l'action Lynas a bondi de 15 % après une prolongation de licence, signe que les investisseurs misent sur la poursuite de l'activité. Mais les riverains, eux, restent inquiets : le précédent Lynas montre que l'exploitation des terres rares en Malaisie est un sujet sensible.
Carester promet une usine « propre » : utopie ou révolution technologique ?
Carester met en avant des arguments environnementaux solides : zéro effluent liquide, recyclage du CO₂ sur site, faible consommation d'eau, recyclage « longue boucle » des aimants. Sur le papier, l'usine de Lacq serait l'une des plus propres au monde.
Mais la réalité est plus nuancée. Les procédés de séparation des terres rares utilisent des acides forts et des solvants organiques, dont le recyclage est complexe et coûteux. Carester promet de capter et recycler ces effluents, mais aucune étude d'impact indépendante n'a encore été publiée pour le site de Perak. Le risque de greenwashing est réel.
Le dilemme des jeunes : consommer sans détruire
C'est le paradoxe central de la transition écologique : les technologies vertes — éoliennes, voitures électriques, panneaux solaires — nécessitent des terres rares, mais leur extraction pollue. Le projet franco-malaisien peut-il briser ce cercle vicieux ?
Le recyclage et les normes strictes de Carester sont une piste, mais ils ne résolvent pas tout. Le recyclage ne peut pas couvrir l'ensemble des besoins, et l'extraction minière aura toujours un impact environnemental. Pour les jeunes qui militent pour le climat, la question est politique : faut-il accepter une pollution localisée en Malaisie pour réduire la dépendance à la Chine et accélérer la transition énergétique en Europe ?
Des jobs high-tech (et pas un bac à sable) pour la génération Z
Le projet Carester-Malaco n'est pas qu'une affaire de géopolitique et d'environnement. C'est aussi une opportunité concrète pour les jeunes qui cherchent leur voie. L'usine de Lacq va créer 92 emplois directs, et le centre d'excellence visité par Benjamin Gallezot à l'Université de Malaya forme déjà des ingénieurs locaux aux techniques de séparation.
Les métiers des terres rares sont variés : chimiste, ingénieur en génie des procédés, technicien de maintenance, chercheur en recyclage, spécialiste en géopolitique des ressources. C'est une filière industrielle renaissante, avec des débouchés concrets pour les étudiants d'aujourd'hui.
Ingénieur en recyclage : le nouveau métier qui monte
Les 92 emplois de Caremag ne sont que le début. L'usine recrute des chimistes pour développer les procédés de séparation, des opérateurs pour faire tourner les lignes de production, des techniciens de maintenance pour entretenir les équipements, et des ingénieurs R&D pour améliorer le recyclage des aimants.
En Malaisie, le centre d'excellence visité par Benjamin Gallezot forme des ingénieurs locaux aux techniques de transfert de technologie. L'objectif est de créer un vivier de compétences capable de faire fonctionner l'usine de Perak sans dépendre des experts français. Le transfert de technologie est aussi un transfert de compétences.
Un secteur qui recrute (et qui forme) : pourquoi les écoles d'ingénieurs doivent s'y intéresser
Le plan de résilience français prévoit des soutiens à la R&D à Grenoble et La Rochelle, en complément de Lacq. Ces pôles de recherche vont avoir besoin de jeunes diplômés en génie chimique, en matériaux, en métallurgie et en géopolitique des ressources.
Pour les étudiants d'aujourd'hui, c'est une filière à suivre de près. Les terres rares sont au cœur des enjeux de demain : transition écologique, souveraineté industrielle, compétition géopolitique. Les écoles d'ingénieurs qui proposent des spécialisations dans ces domaines offrent à leurs diplômés des débouchés concrets et bien rémunérés.
Conclusion : Le pacte France-Malaisie peut-il vraiment dessiner la carte des métaux critiques de demain ?
Le projet Carester-Malaco est un équilibre fragile entre ambition industrielle, financement public massif, promesse écologique et pari géopolitique. D'un côté, il offre une alternative crédible au monopole chinois, avec des objectifs chiffrés (15 à 20 % de la demande mondiale) et un calendrier précis (mise en service de Lacq en automne 2026). De l'autre, il soulève des questions environnementales non résolues, notamment sur le site de Perak, et repose sur un financement public dont la rentabilité n'est pas garantie.
Pour les 16-25 ans, l'enjeu est double. D'abord, ce pacte décide si leur génération aura accès aux technologies vertes — smartphones, voitures électriques, éoliennes — sans dépendre de Pékin. Ensuite, il pose la question de l'acceptabilité environnementale : peut-on exploiter des terres rares sans sacrifier l'environnement ?
La balle est dans le camp de l'acceptabilité locale, de la transparence environnementale et de la volonté politique. Carester promet une usine propre, mais les précédents — comme Lynas en Malaisie — montrent que les promesses ne suffisent pas. Si le projet tient ses engagements, il pourrait devenir un modèle pour la souveraineté industrielle européenne. S'il échoue, il restera comme une tentative ambitieuse mais trop risquée. Pour les jeunes, l'avenir des métaux critiques se joue maintenant.