Le canal Saint-Martin, lieu des méfaits présumés de Hamza F., avec ses bateaux et ses ponts pittoresques.
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Paris : Hamza F., dit « La Douane », interpellé à nouveau après un vol de téléphone

Paris : Hamza F., dit « La Douane », 14 ans, arrêté à nouveau 72 heures après sa dernière garde à vue pour vol aggravé.

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Mercredi 1er juillet 2026, vers 18 heures, Hamza F., 14 ans, alias « La Douane », a été arrêté une nouvelle fois près du canal Saint-Martin pour vol aggravé, outrage et rébellion. L'information, confirmée par une source policière, intervient seulement 72 heures après sa dernière garde à vue. Ce collégien, déjà connu pour une dizaine de faits depuis juin 2025, incarne un cas d'école de la récidive juvénile qui défie les dispositifs judiciaires et interroge la capacité de l'État à sécuriser l'espace public parisien. 

Le canal Saint-Martin, lieu des méfaits présumés de Hamza F., avec ses bateaux et ses ponts pittoresques.
Le canal Saint-Martin, lieu des méfaits présumés de Hamza F., avec ses bateaux et ses ponts pittoresques. — DiscoA340 / CC BY-SA 4.0 / (source)

« C'était écrit » : Hamza F. arrêté une nouvelle fois, 72 heures après sa dernière garde à vue

Le scénario semblait écrit d'avance. Samedi 27 juin, Hamza F. était interpellé pour violences en réunion et dégradations, puis relâché dès le lendemain. Le mercredi 1er juillet, il était de nouveau derrière les barreaux. Entre-temps, il avait eu le temps de s'afficher sur les réseaux sociaux, de donner des interviews aux chaînes d'information et de régner sur les berges du canal. La rapidité de cette récidive laisse pantois les observateurs les plus aguerris. 

Hamza F., dit « La Douane », interviewé dans les rues de Paris.
Hamza F., dit « La Douane », interviewé dans les rues de Paris. — (source)

« Volée, insultes, rébellion » : le récit d'une interpellation sous tension

L'arrestation du 1er juillet s'est déroulée dans des conditions tendues. Selon les informations recueillies, le vol d'un téléphone a été commis par une vingtaine de jeunes rassemblés près du canal. Lorsque les forces de l'ordre sont intervenues, Hamza F. aurait insulté les agents et tenté de prendre la fuite. Les outrages et la rébellion se sont ajoutés à la qualification de vol aggravé. L'ambiance de foule, avec des centaines de badauds et de baigneurs, a compliqué l'intervention. Les policiers ont dû faire preuve de sang-froid pour extraire le suspect du groupe qui tentait de le protéger. 

Le canal Saint-Martin, un lieu prisé des Parisiens, où Hamza F. est accusé d'avoir commis ses méfaits.
Le canal Saint-Martin, un lieu prisé des Parisiens, où Hamza F. est accusé d'avoir commis ses méfaits. — (source)

Sorti le 28 juin, interpellé le 1er juillet : les 72 heures qui sidèrent

Le laps de temps entre la première interpellation et la seconde est anormalement court. Relâché le dimanche 28 juin, Hamza F. n'a pas attendu une semaine avant de récidiver. Cette chronologie met en lumière les limites d'un système judiciaire qui, face à un mineur de 14 ans, privilégie les mesures éducatives et la liberté surveillée. Pourtant, le profil du garçon ne correspond pas à celui d'un simple perturbateur occasionnel. La question du suivi judiciaire se pose avec acuité : pourquoi aucun bracelet électronique, aucune obligation de pointage, aucun placement en centre éducatif fermé n'a-t-il été ordonné après la première arrestation ?

« Quand tu me donnes 2 euros, je te mouille pas » : comment un collégien est devenu « La Douane »

Le surnom « La Douane » n'est pas le fruit du hasard. Hamza F. l'a lui-même expliqué au micro de CNews le 30 juin : « Les douaniers, ils laissent passer les gens si tu les payes. Moi je fais la même avec les vélos. » Cette comparaison avec le contrôle aux frontières révèle une conscience aiguë de son propre pouvoir de nuisance. Le garçon a transformé l'incivilité en business, et le canal Saint-Martin en territoire de chasse. 

Scène au canal Saint-Martin : un jeune homme brandit un pistolet à eau géant, évoquant les agissements de « La Douane ».
Scène au canal Saint-Martin : un jeune homme brandit un pistolet à eau géant, évoquant les agissements de « La Douane ». — (source)

Un business de l'incivilité : le péage sauvage du canal Saint-Martin

Sur les berges du canal, Hamza F. a instauré une forme de péage informel. Armé d'un pistolet à eau, il aspergeait les passants à vélo, à trottinette ou à pied. Sa proposition était simple : « Quand tu me donnes 2 euros, je te mouille pas. » Ce système de racket à la petite semaine a fait sa renommée. Certains riverains, excédés, payaient pour éviter d'être trempés. D'autres, amusés, filmaient la scène et la partageaient sur les réseaux sociaux. Cette économie souterraine de la tranquillité a prospéré pendant plusieurs semaines, sans que les forces de l'ordre ne parviennent à l'endiguer durablement. 

Bateaux amarrés sur le canal Saint-Martin à Paris, lieu des méfaits présumés de Hamza F.
Bateaux amarrés sur le canal Saint-Martin à Paris, lieu des méfaits présumés de Hamza F. — DiscoA340 / CC BY-SA 4.0 / (source)

« Il est gentil » vs « terreur du quartier » : le déni parental en question

Le contraste entre l'image que renvoient les parents d'Hamza F. et la réalité de son casier judiciaire est saisissant. Son père, interrogé par Le Parisien, affirme : « Il est gentil, ne fait de mal à personne, il rigole avec les gens, ne reste pas enfermé. » Sa mère, auxiliaire de vie à La Courneuve, dénonce une « condamnation » des frasques de son fils qu'elle attribue à du racisme. Pourtant, le garçon cumule une dizaine de faits depuis juin 2025 : outrage à agents, détention de stupéfiants, extorsion avec arme par destination. Les parents, séparés entre Paris et la Seine-Saint-Denis, semblent avoir perdu le contrôle de leur enfant, ou refuser d'en voir la dérive.

Baignade, chaos et sentiment d'abandon : le canal Saint-Martin en ébullition

Depuis fin mai 2026, Paris connaît un épisode de forte chaleur précoce. Des centaines de jeunes investissent chaque jour le canal Saint-Martin, dans les 10e et 11e arrondissements. La baignade, officiellement autorisée dans une partie du canal à partir du 16 juin, n'a pas calmé les ardeurs. Au contraire, l'afflux massif de baigneurs a créé un terreau fertile pour les incivilités et les violences. 

La Porte Saint-Martin, monument parisien proche du canal Saint-Martin.
La Porte Saint-Martin, monument parisien proche du canal Saint-Martin. — Benutzer / CC BY-SA 3.0 de / (source)

« Ils sont vraiment trop nombreux » : le désarroi des policiers municipaux

Une policière municipale confiait au Parisien, fin mai, son sentiment d'impuissance : « On est là pour essayer de les empêcher de sauter depuis les ponts, mais ça n'est pas très efficace, ils sont vraiment trop nombreux. » Les opérations anti-plongeons, censées dissuader les sauts dangereux, absorbent une part considérable des effectifs. Résultat : les vols et les agressions passent au second plan. Les forces de l'ordre sont contraintes de prioriser la sécurité immédiate des baigneurs au détriment de la lutte contre la délinquance.

11 euros d'amende contre 150 euros de butin : une équation économique perdante

Le calcul est simple pour les jeunes délinquants. Un vol de téléphone rapporte en moyenne 150 euros à la revente. En face, le risque d'une amende pour baignade interdite est de 11 euros. Un adolescent verbalisé par les agents municipaux le reconnaissait sans détour : « Moi j'ai pris 150 euros une fois à Levallois mais ça vaut le coup ! » Cette équation économique défie toute logique répressive. Tant que le gain potentiel restera sans commune mesure avec la sanction encourue, les incivilités continueront de prospérer sur les berges du canal.

Un multirécidiviste de 14 ans en liberté : les failles de la justice des mineurs

Le cas d'Hamza F. met en lumière les limites de l'ordonnance de 1945 relative à l'enfance délinquante. Ce texte, qui privilégie l'éducatif sur le répressif pour les mineurs, semble inadapté face à des profils aussi endurcis que celui de « La Douane ». Le parquet de Paris se trouve pris entre la nécessité de protéger l'ordre public et l'obligation légale de considérer l'âge du suspect.

Une dizaine de faits en un an : la spirale de la récidive

Depuis juin 2025, Hamza F. a été impliqué dans une dizaine de faits : outrages, stupéfiants, extorsion avec arme. Cette spirale de la récidive démontre l'inefficacité des mesures éducatives classiques face à un mineur qui revendique ses actes et en tire une forme de gloire sur les réseaux sociaux. Le principe de primauté de l'éducatif, fondement de la justice des mineurs, s'effondre lorsqu'il se heurte à un adolescent qui refuse toute prise en charge et dont les parents minimisent les agissements.

Comparution immédiate, bracelet électronique, centre fermé : les leviers disponibles

Le parquet de Paris dispose pourtant d'outils juridiques pour répondre à ce type de délinquance. La comparution immédiate, le placement sous bracelet électronique ou l'enfermement en centre éducatif fermé sont des options prévues par la loi. Pourtant, elles sont rarement actionnées pour les mineurs de 14 ans, par crainte de les stigmatiser ou de les couper de leur environnement familial. Le coût d'un placement en centre fermé, estimé à plusieurs centaines d'euros par jour, pèse également dans la balance. Mais le coût du laisser-faire, lui, se mesure en victimes, en incivilités et en sentiment d'insécurité.

« Désarmer un mineur » : le calvaire des commerçants et la peur des riverains

Derrière les statistiques et les débats juridiques, il y a des vies bouleversées. Les commerçants du canal Saint-Martin subissent au quotidien les conséquences du « règne » d'Hamza F. et de sa bande. Leur témoignage dessine le portrait d'un quartier livré à lui-même.

« Il a arrosé ma terrasse en plein service » : le ras-le-bol des gérants du bord de l'eau

Un commerçant du quartier raconte avoir vu sa terrasse aspergée en plein service, sous les yeux des clients médusés. « C'est dérangeant de devoir désarmer un mineur », confie-t-il. L'impact économique est direct : les clients hésitent à s'attabler en terrasse, les réservations chutent, le chiffre d'affaires fond. Certains gérants envisagent de réduire leurs horaires d'ouverture ou d'embaucher du personnel de sécurité privée, une dépense supplémentaire qu'ils ne peuvent pas toujours assumer.

« Ça peut dégénérer assez vite » : l'inquiétude d'un été caniculaire

Un riverain, interrogé par CNEWS le 29 juin, décrit un « climat pesant » : « Plus il y a de monde, plus ça rameute de personnes de tout horizon… Ça peut dégénérer assez vite. » Le sentiment que l'État a abandonné le quartier aux mains de bandes de mineurs est largement partagé. Avec la canicule qui persiste et les vacances scolaires qui commencent, les semaines à venir s'annoncent tendues. Les habitants redoutent une escalade si les renforts de police ne viennent pas.

Mini-star ou symbole d'échec ? Éducation, réseaux sociaux et solutions concrètes

Le phénomène « La Douane » dépasse le simple fait divers. Il interroge le rôle des médias, des réseaux sociaux et de l'éducation dans la construction de l'image des jeunes délinquants. Faut-il taire ces affaires pour ne pas créer d'émulation, ou au contraire les exposer pour alerter sur les défaillances du système ? 

Emily à Paris - Affiche
Emily à Paris - Affiche — (source)

« Vous allez en avoir 10 » : l'effet de mode redouté par les enseignants

Fatima Aït-Bounoua, enseignante et chroniqueuse sur RMC, tire la sonnette d'alarme : « Rien ne va dans cette histoire : le traitement médiatique de ce garçon est catastrophique, vous en avez un pour l'instant, vous allez en avoir 10 en donnant l'idée à d'autres ados de devenir connus. » Elle rappelle que des « Hamza », elle en a « plein [sa] classe » et que les médias découvrent des adolescents que les enseignants côtoient tous les jours. La viralité des vidéos d'Hamza F. sur TikTok et Instagram crée un effet d'entraînement dangereux. D'autres jeunes, en quête de notoriété, pourraient être tentés d'imiter ses méthodes.

« Inversion des valeurs » : le regard de l'éducateur Abel Boyi

Abel Boyi, éducateur de rue, analyse le phénomène sur RMC : « Beaucoup de jeunes pour devenir n'importe qui sont prêts à faire n'importe quoi. Il y a une inversion des valeurs, à mon époque un enfant qui s'affichait comme ça le père lui mettait une torgnole. » Il pointe du doigt le rôle des réseaux sociaux, qui « sont en train de détruire les familles ». La question de la responsabilité parentale est posée frontalement : comment des parents peuvent-ils laisser leur enfant de 14 ans s'afficher en train d'asperger des passants, de menacer des commerçants et de défier la police ?

Police municipale renforcée et éducateurs de rue : ce que fait (et ne fait pas) la mairie

Face à la situation, la mairie de Paris a annoncé des mesures. Paul Simondon, adjoint à la sécurité, détaille le renforcement des patrouilles de police municipale aux abords du canal. Des éducateurs de rue sont également mobilisés pour tenter de dialoguer avec les jeunes. L'équilibre est difficile à trouver entre le droit à la fête, la baignade réglementée et le maintien de l'ordre. Le coût pour la collectivité est significatif : chaque agent municipal mobilisé représente une charge, sans garantie de résultat durable. La question sous-jacente reste celle de l'investissement dans la prévention et l'éducation, bien en amont des passages à l'acte.

Conclusion : Hamza F., un test pour la justice des mineurs à Paris

Le cas de « La Douane » dépasse le simple fait divers. Il questionne la capacité de l'État à sécuriser l'espace public et à adapter sa réponse pénale à une nouvelle forme de délinquance juvénile médiatique. Hamza F. n'est pas un délinquant ordinaire : il est le produit d'une époque où la notoriété virtuelle prime sur la sanction réelle, où l'impunité nourrit l'arrogance et où les parents peinent à exercer leur autorité. Les prochains mois diront si la justice des mineurs parviendra à sortir de l'ornière et à proposer des réponses à la hauteur des défis posés par cette génération connectée et désinhibée. En attendant, les riverains du canal Saint-Martin retiennent leur souffle, redoutant le prochain épisode de cette saga judiciaire hors norme.

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Questions fréquentes

Qui est Hamza F. dit « La Douane » ?

Hamza F., 14 ans, surnommé « La Douane », est un collégien multirécidiviste arrêté à plusieurs reprises pour des faits de vol, outrage et rébellion près du canal Saint-Martin à Paris. Il est connu pour avoir instauré un péage sauvage en aspergeant les passants avec un pistolet à eau.

Pourquoi Hamza F. a-t-il été arrêté en juillet 2026 ?

Il a été interpellé le 1er juillet 2026 pour vol aggravé d'un téléphone, outrage et rébellion, seulement 72 heures après sa dernière garde à vue. L'arrestation s'est déroulée dans une ambiance tendue avec une vingtaine de jeunes près du canal Saint-Martin.

Quel est le surnom d'Hamza F. et sa signification ?

Son surnom est « La Douane », qu'il a lui-même expliqué en comparant son action à celle des douaniers qui laissent passer les gens contre de l'argent. Il extorquait 2 euros aux cyclistes et piétons pour ne pas les asperger d'eau.

Quelles sont les failles de la justice des mineurs dans cette affaire ?

L'article souligne que malgré une dizaine de faits depuis juin 2025, aucune mesure comme un bracelet électronique ou un placement en centre éducatif fermé n'a été ordonnée. La justice privilégie l'éducatif sur le répressif, ce qui semble inefficace face à ce multirécidiviste de 14 ans.

Comment les commerçants du canal Saint-Martin réagissent-ils ?

Les commerçants dénoncent un climat pesant, avec des terrasses aspergées en plein service et une baisse de clientèle. Certains envisagent de réduire leurs horaires ou d'embaucher des agents de sécurité privée, tandis que d'autres redoutent une escalade des violences.

Sources

  1. lefigaro.fr · lefigaro.fr
  2. actu.fr · actu.fr
  3. cnews.fr · cnews.fr
  4. Histoire de la douane française · douane.gouv.fr
  5. Attentats du 13 novembre 2015 en France — Wikipédia · fr.wikipedia.org
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Hugo Lambot @fact-checker

Étudiant en journalisme à Lille, je passe mes journées à vérifier ce qui circule sur les réseaux avant de le partager. Les fake news, c'est mon ennemi juré : je préfère un fait vérifié à un buzz facile. Mon rêve, c'est de bosser dans une cellule de fact-checking d'un grand média.

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