Edgar Morin devant un drapeau de l'ONU, en veste noire.
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Hommage à Edgar Morin : Mélenchon, Gaza et la bataille mémorielle

La mort d'Edgar Morin déclenche une bataille mémorielle : Mélenchon l'instrumentalise sur Gaza, tandis que la droite et la gauche modérée tentent d'en faire un sage consensuel.

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Edgar Morin s’est éteint ce vendredi 29 mai 2026 à l’âge de 104 ans. Le sociologue, résistant et penseur de la complexité laisse derrière lui une œuvre immense et une mémoire déjà disputée. Dès le lendemain de sa mort, Jean-Luc Mélenchon a publié un hommage qui cristallise les tensions politiques autour de l’héritage de l’intellectuel. Le leader de La France insoumise salue celui qui « avait pris sa part dans la protestation contre le massacre des Palestiniens à Gaza », selon les termes rapportés par Le Figaro. Cette phrase courte mais lourde de sens révèle les fractures de la gauche française et les enjeux électoraux à venir.

Edgar Morin devant un drapeau de l'ONU, en veste noire.
Edgar Morin devant un drapeau de l'ONU, en veste noire. — (source)

Mélenchon hommage Edgar Morin Gaza : le message qui divise

Le message posté sur X par Jean-Luc Mélenchon le samedi 30 mai 2026 est bref mais très politique. Il qualifie Edgar Morin d’« antifasciste, résistant, théoricien de la complexité » avant de rappeler son travail sur La rumeur d’Orléans, une affaire de complotisme antisémite des années 1960. Puis vient la phrase qui fait débat : « Un exemple ne meurt jamais », en référence à l’engagement de Morin sur Gaza.

Cette formulation n’a rien d’anodin. En utilisant le mot « massacre », Mélenchon reprend le vocabulaire employé par une partie de la gauche radicale pour qualifier les opérations militaires israéliennes à Gaza depuis 2023. Il inscrit Morin dans une filiation politique directe avec son propre camp.

Une récupération qui brise l’image consensuelle

Mediapart, dans une analyse publiée le jour même, rappelle que la longévité d’Edgar Morin lui avait valu sur le tard une reconnaissance officielle qui avait occulté ses dissidences fondatrices. Le média d’Edwy Plenel alertait dès 2021 sur un « détournement de centenaire » : Morin était en train d’être statufié en sage consensuel, tandis que ses racines dissidentes étaient gommées.

L’hommage de Mélenchon vient donc briser cette image lisse. Il repolitise le personnage en rappelant que le penseur de la complexité n’a jamais cessé de prendre position sur les sujets brûlants de son époque, y compris le conflit israélo-palestinien. Pour les jeunes militants de La France insoumise, très mobilisés sur la question palestinienne, ce geste est perçu comme une légitimation intellectuelle de leur combat.

Edgar Morin sur le tournage de 'Edgar Morin, Chronique d'un regard'.
Edgar Morin sur le tournage de 'Edgar Morin, Chronique d'un regard'. — Lisaetwikipedia / CC BY-SA 4.0 / (source)

Un silence remarqué sur d’autres aspects

Ce qui frappe dans le message de Mélenchon, c’est ce qu’il ne dit pas. Il ne mentionne ni l’écologie politique, pourtant centrale dans la pensée tardive de Morin, ni son travail sur l’éducation, ni même son rôle dans la Résistance au-delà d’une simple étiquette. Le choix de mettre Gaza en avant est donc très sélectif.

D’autres figures politiques ont livré des hommages qui couvrent un spectre bien plus large. Emmanuel Macron a salué « un soldat de la Résistance, militant et affranchi, écrivain et penseur du siècle, défenseur de la nature et des peuples », selon les informations du Monde. François Hollande a évoqué un homme qui « a traversé le siècle en l’éclairant ». Valérie Pécresse a parlé de « l’intelligence à l’état pur, rayonnant, séduisant, engagé et ouvert ». Jean-Michel Blanquer, avec qui Morin avait coécrit Quelle école voulons-nous ? en 2020, a souligné leur complicité intellectuelle.

Le contraste est saisissant : là où les autres hommages cherchent à rassembler autour d’une figure consensuelle, Mélenchon choisit de diviser en rappelant une position polémique.

Edgar Morin et la Palestine : genèse d’un engagement contesté

Pour comprendre la portée de l’hommage de Mélenchon, il faut revenir sur les prises de position précises d’Edgar Morin concernant le conflit israélo-palestinien. Car l’intellectuel ne s’est pas contenté de quelques déclarations tardives.

L’appel de 2024 pour l’aide humanitaire

En 2024, Edgar Morin a cosigné un appel au gouvernement français aux côtés d’Annie Ernaux, Mona Chollet, Étienne Balibar et d’autres intellectuels, comme l’a rapporté Le Figaro. Le texte demandait à la France d’exercer une pression diplomatique pour permettre l’entrée de l’aide humanitaire à Gaza. Cet appel s’inscrivait dans un contexte de guerre totale entre Israël et le Hamas, avec un bilan humain très lourd côté palestinien.

Morin n’était pas un simple signataire de circonstance. Il avait déjà, tout au long de sa carrière, pris position sur la question palestinienne. Son engagement remonte aux années 1970, bien avant que le sujet ne devienne un marqueur politique aussi fort qu’aujourd’hui.

Edgar Morin en pull bleu, souriant.
Edgar Morin en pull bleu, souriant. — (source)

L’affaire du « cancer » : la polémique de 2002-2006

Le 4 juin 2002, Edgar Morin cosigne dans Le Monde un article intitulé « Israël-Palestine : le cancer ». Le texte utilise la métaphore du cancer pour décrire le conflit. Deux associations, Avocats sans frontières et France-Israël, l’attaquent en justice pour antisémitisme.

Le procès dure quatre ans. En juillet 2006, la Cour de cassation tranche définitivement : l’article est une « expression d’une opinion » protégée par la liberté d’expression au titre de l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme. Morin est relaxé. Mais l’affaire laisse des traces.

Ce précédent est crucial pour comprendre la réaction de Mélenchon. En rappelant le travail de Morin sur La rumeur d’Orléans — une affaire où des rumeurs antisémites visaient des commerçants juifs dans les années 1960 —, le leader insoumis semble anticiper les accusations qui pourraient lui être adressées. Il montre que Morin était un spécialiste du complotisme et de l’antisémitisme, et que ses positions sur Israël ne relèvent pas d’un préjugé mais d’une analyse politique.

Une cohérence intellectuelle contestée

Les détracteurs de Morin, à droite comme dans une partie de la gauche modérée, estiment au contraire que ses positions sur le conflit israélo-palestinien étaient parfois ambiguës, voire dangereuses. Ils pointent un certain aveuglement face à la complexité du conflit, ce qui est paradoxal pour un penseur de la complexité.

En 2024, après que Mélenchon et Dominique de Villepin eurent salué la position de Morin sur Gaza, de nouvelles accusations d’antisémitisme ont émergé, relayées par des sites pro-israéliens. L'Insoumission, un média proche de La France insoumise, a alors titré : « Après Mélenchon et de Villepin, Edgar Morin accusé d’antisémitisme pour avoir défendu la paix en Palestine ». Le pattern est clair : critiquer Israël expose à l’accusation d’antisémitisme, et Morin en a fait les frais à plusieurs reprises.

Edgar Morin en chapeau beige et veste en tweed.
Edgar Morin en chapeau beige et veste en tweed. — (source)

Réactions gauche mort Morin : unité de façade, fractures réelles

L’hommage de Mélenchon n’a pas fait l’unanimité à gauche. Derrière les déclarations polies de circonstance, des tensions anciennes refont surface.

La ligne dure de LFI : une légitimation du récit palestinien

Pour La France insoumise et ses alliés, Edgar Morin est une caution intellectuelle de premier ordre. Son statut de résistant, d’intellectuel mondialement reconnu et de penseur indépendant donne du poids à la cause palestinienne. En l’associant à la « protestation contre le massacre », Mélenchon cherche à ancrer son discours dans une tradition intellectuelle légitime, loin des accusations de populisme ou d’antisémitisme qui le visent régulièrement.

Cette stratégie est d’autant plus importante que Mélenchon prépare sa quatrième candidature à l’élection présidentielle de 2027. L’hommage à Morin s’inscrit dans une stratégie électorale plus large visant à mobiliser la jeunesse, très sensible à la question palestinienne.

Les socialistes et les écologistes : un malaise palpable

Du côté du Parti socialiste et des Verts, l’hommage de Mélenchon a été reçu avec gêne. François Hollande, dans son communiqué, a pris soin de ne pas mentionner Gaza. Il a préféré insister sur la Résistance, la liberté intellectuelle et la quête de sens. Une manière discrète de prendre ses distances avec la lecture mélenchoniste.

Certains cadres écologistes, interrogés en off, regrettent que la mémoire de Morin soit ainsi « confisquée » par un seul camp. Ils rappellent que le penseur était aussi un fervent défenseur de l’écologie politique, et que son concept de « politique de civilisation » a inspiré de nombreux courants, y compris au-delà de la gauche radicale.

Edgar Morin en pull gris et chemise bleue.
Edgar Morin en pull gris et chemise bleue. — (source)

La jeunesse militante : entre adhésion et malaise

Chez les jeunes militants, la réaction est partagée. Sur les réseaux sociaux, de nombreux comptes proches de LFI ont relayé l’hommage de Mélenchon avec enthousiasme. Pour eux, Morin est un « grand-père » intellectuel qui légitime leur combat, comme le décrit Euronews.

Mais d’autres, plus modérés ou proches du Parti socialiste, expriment leur agacement. « On ne réduit pas Edgar Morin à une seule cause », écrit un étudiant en sciences politiques sur X. « C’est un penseur de la complexité, pas un porte-drapeau de la Palestine. »

Le débat reflète une fracture générationnelle : les moins de 30 ans, très mobilisés sur Gaza, ont tendance à apprécier la lecture de Mélenchon, tandis que les militants plus âgés, marqués par l’histoire longue de la gauche, y voient une instrumentalisation.

La rumeur d’Orléans : le précédent qui éclaire la stratégie de Mélenchon

Dans son message, Mélenchon fait référence à La rumeur d’Orléans, une affaire qui a marqué la carrière d’Edgar Morin. En 1969, une rumeur infondée circule à Orléans : des jeunes femmes seraient enlevées dans des cabines d’essayage de magasins tenus par des commerçants juifs. Morin enquête et publie un livre, La rumeur d’Orléans, qui devient un classique de la sociologie du complotisme.

En rappelant cette affaire, Mélenchon fait deux choses. D’abord, il montre que Morin était un spécialiste reconnu de l’antisémitisme et du complot, ce qui rend difficile l’accusation d’antisémitisme à son encontre. Ensuite, il suggère que les accusations actuelles contre les militants propalestiniens relèvent du même mécanisme de rumeur infondée.

C’est un argument rhétorique puissant, mais qui a ses limites. Car si La rumeur d’Orléans dénonce un complot antisémite, les positions de Morin sur Israël sont parfois critiquées pour leur manque de nuance, notamment par des intellectuels juifs de gauche.

Bataille mémorielle Edgar Morin : chaque camp veut sa part

La mort d’Edgar Morin ouvre une bataille mémorielle. Chaque camp cherche à s’approprier sa figure, à en retenir l’aspect qui sert son discours.

L’instrumentalisation par la droite modérée

À droite, on insiste sur la Résistance et l’humanisme. Valérie Pécresse parle de « l’intelligence à l’état pur, rayonnant, séduisant, engagé et ouvert ». Dominique de Villepin évoque « l’espérance d’une politique de civilisation à même de reconstruire un monde effondré », selon Franceinfo. Ces hommages gomment les aspérités politiques de Morin, son passé communiste, ses ruptures, ses polémiques. Ils en font un sage universel, acceptable par tous.

La récupération par la gauche radicale

À l’inverse, Mélenchon met en avant la dissidence, l’engagement, la prise de risque. Il rappelle que Morin n’a jamais été un intellectuel consensuel, mais un homme de combat. En choisissant Gaza, il inscrit Morin dans le camp de ceux qui dénoncent la politique israélienne.

Cette récupération est d’autant plus efficace que Morin était effectivement un penseur indiscipliné, incapable de se ranger dans une case. Il a été communiste, puis anticommuniste, résistant, sociologue, philosophe, écologiste. Sa pensée est trop riche pour être réduite à une seule cause. Mais c’est précisément cette richesse qui permet à chacun d’y trouver ce qu’il cherche.

Edgar Morin en chapeau fedora et écharpe bleue.
Edgar Morin en chapeau fedora et écharpe bleue. — (source)

Le risque d’une mémoire tronquée

Le danger, c’est que la mémoire d’Edgar Morin soit tronquée, réduite à un slogan politique. Déjà, sur les réseaux sociaux, des comptes militants ne retiennent que la phrase de Mélenchon sur Gaza, sans mentionner le reste de son œuvre. Morin devient un hashtag.

Les jeunes qui découvrent sa pensée à travers cet hommage risquent d’en avoir une vision caricaturale. Or, la force de Morin était justement sa capacité à embrasser la complexité, à refuser les simplismes. En faire un étendard pour une cause particulière, c’est trahir sa méthode.

Ce que révèle la polémique sur l’héritage d’Edgar Morin

Au-delà du cas Morin, cet épisode éclaire la stratégie de Jean-Luc Mélenchon pour l’élection présidentielle de 2027. Le leader insoumis cherche à capter le vote jeune en se positionnant comme le défenseur le plus radical de la cause palestinienne.

Cette stratégie n’est pas sans risque. Elle lui attire les foudres de la droite et du centre, qui l’accusent de diviser la société française. Mais elle lui permet aussi de mobiliser une base militante très active, prête à descendre dans la rue et à faire du porte-à-porte.

Le duel avec Zemmour sur le terrain identitaire

Cette stratégie est aussi une réponse à Éric Zemmour, qui tente de capter l’électorat d’extrême droite en durcissant son discours sur l’islam et l’immigration. En s’affichant aux côtés d’Edgar Morin, figure de la Résistance et de l’antifascisme, Mélenchon cherche à se poser en héritier légitime de la tradition républicaine, face à un Zemmour qu’il présente comme un héritier de Pétain.

Le paradoxe du penseur de la complexité

Le paradoxe, c’est que Morin lui-même aurait probablement refusé d’être réduit à une seule de ses positions. Sa méthode, la « pensée complexe », consiste précisément à relier les choses entre elles, à refuser les découpages simplistes. En faire un symbole de la cause palestinienne, c’est prendre le risque de trahir sa pensée.

Mais c’est aussi, d’une certaine manière, lui rendre hommage. Car Morin n’a jamais été un intellectuel de salon. Il a toujours pris position, y compris sur les sujets les plus polémiques. Il a accepté les conséquences de ses engagements, jusqu’à être traîné en justice. En cela, il reste un modèle pour ceux qui pensent que l’intellectuel doit s’engager dans la cité.

Conclusion

La mort d’Edgar Morin a déclenché une bataille mémorielle qui dépasse largement la personne du sociologue. L’hommage de Jean-Luc Mélenchon, centré sur la « protestation contre le massacre des Palestiniens à Gaza », révèle les fractures profondes de la gauche française et les enjeux de la présidentielle à venir.

D’un côté, ceux qui veulent faire de Morin un sage consensuel, une figure rassembleuse au-delà des clivages. De l’autre, ceux qui rappellent qu’il fut un intellectuel engagé, polémique, et que sa pensée ne peut être réduite à une image lisse. Entre les deux, une jeunesse qui découvre son œuvre à travers le prisme du conflit israélo-palestinien.

Ce qui est certain, c’est qu’Edgar Morin n’aurait sans doute pas renié ce débat. Lui qui a passé sa vie à penser la complexité, à refuser les simplismes et à embrasser les contradictions, aurait probablement trouvé dans cette controverse un écho à sa propre méthode. Car la mémoire, comme la pensée, n’est jamais simple. Elle est faite de tensions, de choix, d’oublis et de rappels. Et c’est précisément cela, la complexité.

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Questions fréquentes

Pourquoi Mélenchon a-t-il rendu hommage à Morin sur Gaza ?

Jean-Luc Mélenchon a salué Edgar Morin pour avoir « pris sa part dans la protestation contre le massacre des Palestiniens à Gaza ». Il cherche ainsi à légitimer intellectuellement la cause palestinienne auprès des jeunes militants de La France insoumise, dans une stratégie électorale pour 2027.

Quelle est l'affaire du « cancer » impliquant Edgar Morin ?

En 2002, Edgar Morin a cosigné dans Le Monde un article intitulé « Israël-Palestine : le cancer ». Attaqué en justice pour antisémitisme, il a été relaxé en 2006 par la Cour de cassation au nom de la liberté d'expression. Mélenchon a rappelé cette affaire pour anticiper les accusations contre son propre camp.

Qui sont les autres personnalités ayant rendu hommage à Morin ?

Emmanuel Macron a salué « un soldat de la Résistance, militant et affranchi », François Hollande a évoqué un homme qui « a traversé le siècle en l'éclairant », et Valérie Pécresse a parlé de « l'intelligence à l'état pur ». Jean-Michel Blanquer a souligné leur complicité intellectuelle.

En quoi la référence à La rumeur d'Orléans est-elle stratégique ?

En rappelant ce livre d'Edgar Morin sur une rumeur antisémite des années 1960, Mélenchon montre que l'intellectuel était un spécialiste du complotisme. Cela lui permet de suggérer que les accusations d'antisémitisme contre les militants propalestiniens relèvent du même mécanisme de rumeur infondée.

Sources

  1. euronews.com · euronews.com
  2. fr.wikipedia.org · fr.wikipedia.org
  3. fr.wikipedia.org · fr.wikipedia.org
  4. franceinfo.fr · franceinfo.fr
  5. Mort d’Edgar Morin : «soldat de la Résistance», «théoricien de la complexité», «l’intelligence à l’état pur»... Pluie d’hommages du monde politique · lefigaro.fr
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Sarah Lebot @world-watcher

Journaliste en herbe, je synthétise l'actu mondiale pour ceux qui n'ont pas le temps de tout suivre. Étudiante en journalisme à Sciences Po Lille, je contextualise les événements sans prendre parti. Mon objectif : rendre l'info accessible et compréhensible, surtout pour ma génération. Pas de jargon, pas de sensationnalisme – juste les faits et leur contexte. Parce que comprendre le monde, c'est le premier pas pour le changer.

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