Emmanuel Macron se rend mardi 21 juillet 2026 au centre Asterya, à l'hôpital Necker, premier établissement de santé en France entièrement dédié aux enfants confiés à l'Aide sociale à l'enfance (ASE). Cette visite intervient le jour même où l'Assemblée nationale vote en première lecture le projet de loi sur la protection des enfants. Elle est provoquée par un chiffre qui a secoué le gouvernement : moins de 10 % des près de 400 000 jeunes placés bénéficient d'un suivi médical suffisant, selon le rapport parlementaire d'avril 2026.

« 20 ans d'espérance de vie en moins » : le chiffre qui a forcé l'Élysée à agir
Le décor est planté depuis plusieurs mois, mais c'est le rapport parlementaire d'avril 2026 qui a transformé un constat alarmant en urgence politique. Les données sont accablantes : les jeunes confiés à l'ASE ont une espérance de vie en bonne santé inférieure de vingt ans à celle de la population générale. Un écart qui n'a rien d'une fatalité statistique. Il est le produit direct d'un abandon sanitaire systémique.
La visite présidentielle au centre Asterya, programmée le jour du vote solennel du projet de loi, n'est pas un hasard. L'exécutif veut montrer qu'il prend le problème à bras-le-corps. Mais le calendrier interroge : fallait-il attendre un rapport parlementaire pour que le chef de l'État se déplace dans une structure qui existe depuis plusieurs mois ? La réponse des associations est sans appel : ce déplacement est une réaction, pas une anticipation.

Le chiffre des vingt ans d'espérance de vie en moins a servi de détonateur. Il a été repris par la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, dans son discours à l'Assemblée nationale le 15 juillet 2026. « Leur espérance de vie en bonne santé est de vingt ans inférieure à celle de la population générale », a-t-elle déclaré. « Cela ne peut laisser personne insensible. » Une phrase qui résume le basculement : ce qui était un angle mort devient une priorité affichée.
« Moins de 10 % des jeunes bénéficient d'un suivi de santé suffisant »
Les statistiques du rapport parlementaire d'avril 2026, croisées avec les données de l'AP-HP, dessinent un tableau sans concession. Sur les près de 400 000 jeunes confiés à l'ASE, seuls 30 % bénéficient d'un bilan de santé à l'entrée dans le dispositif. Et moins de 10 % d'entre eux reçoivent un suivi continu, c'est-à-dire des consultations régulières, un accès à des soins spécialisés et une coordination médicale.
Ce chiffre de 10 % est devenu le symbole de l'échec. Il montre que l'immense majorité des enfants placés traversent leur parcours sans filet médical. Les pathologies somatiques passent inaperçues. Les troubles psychiques s'aggravent faute de prise en charge précoce. Les retards de développement ne sont jamais compensés.
Stéphanie Rist, en annonçant mi-novembre 2025 que « chaque enfant protégé aura un bilan de santé complet dès sa prise en charge », avait déjà tenté de répondre à cette carence. Mais l'arrêté du 21 avril 2026, qui crée le « parcours de soins enfance protégée », n'a pas suffi à rassurer les acteurs de terrain. Le décalage entre l'annonce et la réalité reste béant.
Asterya, la vitrine que Macron vient inaugurer à Necker
Le centre Asterya, situé au sein de l'hôpital Necker à Paris, est le premier établissement de santé en France entièrement dédié aux enfants confiés à l'ASE. Porté par l'association IM'PACTES et la professeure Céline Greco, cheffe du service de médecine de la douleur et palliative à Necker, il a ouvert ses portes en partenariat avec l'AP-HP et la Ville de Paris.

Le centre propose une prise en charge globale : bilans de santé, consultations spécialisées, suivi psychologique, coordination avec les services sociaux. Il se veut un modèle, une démonstration que le suivi sanitaire des jeunes placés peut être organisé efficacement. La visite d'Emmanuel Macron est censée incarner cette ambition.
Mais le risque est évident : qu'Asterya serve d'alibi. Une structure unique, même exemplaire, ne peut compenser l'absence de politique nationale. Les associations le rappellent : ce centre est une vitrine, pas une solution. Il traite quelques centaines de jeunes, alors que des centaines de milliers restent sans suivi. La visite présidentielle pourrait donner l'illusion que le problème est réglé, alors que tout reste à construire.
De la loi Taquet aux MDPH saturées : pourquoi 9 jeunes de l'ASE sur 10 restent sans soins
Comment en est-on arrivé là ? La réponse tient en un mot : l'écart. L'écart entre les textes de loi et leur application, entre les promesses politiques et les moyens alloués, entre les besoins des jeunes et l'offre de soins disponible. Les causes sont multiples, mais elles s'articulent toutes autour d'une même dynamique : l'empilement des réformes sans jamais les financer.
Loi Taquet, promesses Rist, arrêté 2026 : la valse des textes jamais appliqués
La chronologie des échecs législatifs est éloquente. La loi du 14 mars 2016 instaure déjà un bilan de santé obligatoire pour tout enfant entrant dans le dispositif de l'ASE. Elle reste lettre morte. La loi Taquet de mars 2022 renforce cette obligation, prévoyant un bilan complet et un suivi annuel. Le Dr Nathalie Vabres, du CHU de Nantes, confirme : « L'obligation de suivi médical, avec un bilan de santé annuel, était déjà inscrite dans la loi de 2016, mais c'était très peu ou mal appliqué. »
En novembre 2025, Stéphanie Rist promet que « chaque enfant protégé aura un bilan de santé complet ». L'arrêté du 21 avril 2026 crée enfin le « parcours de soins enfance protégée ». Mais les associations, comme la CNAPE et le GEPSo, dénoncent un même schéma : des textes qui s'accumulent sans moyens supplémentaires.
Pierre-Alain Sarthou, de la CNAPE, parle d'« occasion gâchée ». Il rappelle que « plus de 90 recommandations issues de la commission d'enquête parlementaire sur les dysfonctionnements de l'ASE n'ont pas été reprises » dans le projet de loi. Le constat est amer : on légifère pour légiférer, sans jamais se donner les moyens de l'application.
Bilans non réalisés, MDPH en crise, ITEP sous-dotés : la mécanique qui broie les jeunes
Le rapport Droit d'Enfance 2026, fruit d'une enquête d'un an auprès des professionnels, fournit des données précises sur l'état réel du système. Trois professionnels sur dix déclarent que le bilan de santé obligatoire n'est pas réalisé dans leur établissement. Ce n'est pas un oubli : c'est le résultat d'un manque de personnel, de temps et de coordination.
Les Maisons départementales des personnes handicapées (MDPH) sont saturées. Dans 63 % des cas, le temps de prise en charge d'un dossier atteint un an en moyenne. Parfois deux ans. Pour un enfant qui a besoin d'une orientation rapide, cette attente est une perte de chance.

Le nombre de places en Institut thérapeutique, éducatif et pédagogique (ITEP) est dramatiquement insuffisant. En Île-de-France, le ratio est de 4 places pour 10 000 enfants, contre 10 en moyenne nationale. Soit deux fois et demie moins. Les jeunes de l'ASE, déjà vulnérables, sont les premiers exclus de ces structures.
Le problème n'est donc pas le manque de textes. Il est le manque de moyens humains, administratifs et financiers. Les lois s'empilent, mais les bilans ne se font pas, les MDPH ne répondent pas, les ITEP n'ont pas de place. La mécanique broie les jeunes.
Santé mentale : 50 % des hospitalisations en pédopsychiatrie, l'urgence invisible des jeunes placés
Parmi tous les angles morts du suivi sanitaire, la santé mentale est le plus grave. Les chiffres parlent d'eux-mêmes : les jeunes confiés à l'ASE représentent la moitié des hospitalisations en pédopsychiatrie. Un taux qui révèle l'ampleur des souffrances psychiques non prises en charge en amont.
50 % des hospitalisations en pédopsychiatrie : pourquoi les jeunes de l'ASE sont en première ligne
Le rapport parlementaire d'avril 2026 a mis en lumière cette statistique sidérante. Les jeunes de l'ASE constituent 50 % des hospitalisations en pédopsychiatrie, alors qu'ils ne représentent qu'une infime fraction de la population générale. Ce déséquilibre n'est pas une coïncidence.

Les causes sont multiples. Les traumatismes liés aux maltraitances, aux négligences ou aux séparations parentales sont fréquents. Mais s'ajoute un facteur aggravant : les ruptures de placement. Le turn-over des éducateurs, les changements de familles d'accueil, les déménagements imposés créent une instabilité qui aggrave les troubles psychiques.
L'absence de suivi psychologique précoce transforme des difficultés gérables en pathologies lourdes. Faute de psychologue disponible, faute de séances remboursées, faute de coordination, les troubles s'installent. Quand l'hospitalisation devient nécessaire, elle est souvent tardive et plus longue. Le coût humain est immense.
Le « parcours de soins enfance protégée » : 18 séances de psy par an, est-ce suffisant ?
L'arrêté du 21 avril 2026, en créant le parcours de soins enfance protégée, reconnaît officiellement le besoin en santé mentale. Le dispositif prévoit jusqu'à 18 séances de psychothérapie par an, prises en charge par l'Assurance maladie, pour une durée de 12 mois renouvelable. Un entretien individuel est également organisé un an avant la majorité pour anticiper la continuité des soins.
Ces mesures sont un progrès. Mais l'association Droit d'Enfance pointe leurs limites. Le nombre de séances « demeure limité pour apporter une réponse efficace aux enfants souffrant de troubles », selon son rapport. Le tarif de 50 euros par séance est inférieur aux prix moyens pratiqués par les psychologues libéraux, ce qui risque de dissuader les professionnels de participer au dispositif.
Le soin psychique reste le grand oublié des politiques de protection de l'enfance. On soigne le corps, on néglige l'esprit. Pourtant, les traumatismes non traités laissent des séquelles durables, bien au-delà de la sortie du dispositif. Les 18 séances annuelles sont un premier pas, mais elles ne suffiront pas à combler des années d'abandon.
« Sans enveloppe budgétaire spécifique » : le grand absent du projet de loi du 21 juillet
Le projet de loi sur la protection des enfants, examiné à l'Assemblée nationale du 15 au 17 juillet 2026 et voté le 21 juillet, est présenté comme une refondation. Mais il comporte une absence remarquable : aucune enveloppe budgétaire supplémentaire n'est prévue.
Un projet de loi sans enveloppe budgétaire : le choix assumé du gouvernement
Le gouvernement le revendique sans détour : « sans ouvrir d'enveloppe budgétaire spécifique, le texte engage une transformation structurelle ». Cette phrase, reprise dans la présentation du projet de loi, résume la philosophie de l'exécutif. Les mesures prévues — bilan obligatoire, parcours de soins, médecin référent — sont pour l'essentiel des redéploiements ou des injonctions sans financement fléché.
Ce choix intervient dans un contexte budgétaire tendu. Les collectivités locales subissent une baisse de 5 milliards d'euros en 2026. Or, le budget départemental total de l'ASE est d'environ 11 milliards d'euros par an, représentant jusqu'à 20 % du budget de certains départements. Sans argent frais, les départements ne peuvent pas recruter les médecins, les psychologues et les coordinateurs nécessaires.
Le gouvernement mise sur une « transformation structurelle » qui reposerait sur une meilleure organisation, sans moyens supplémentaires. Les associations jugent cette approche irréaliste. On ne réforme pas un système en sous-effectif chronique en lui demandant simplement de mieux faire.
« Occasion gâchée », « mesures techniques » : le réquisitoire des associations contre la loi
Les acteurs de la protection de l'enfance sont unanimes dans leur critique. Pierre-Alain Sarthou, pour la CNAPE, parle d'« occasion gâchée ». Il regrette que « plus de 90 recommandations issues de la commission d'enquête parlementaire sur les dysfonctionnements de l'ASE n'aient pas été reprises ». Le texte est jugé trop timide, trop technique, trop éloigné des besoins réels.
Noémie Hervé, du GEPSo, est encore plus sévère. Elle qualifie le projet de loi d'« ensemble de petites mesures techniques ou de correction à la marge », pas « une véritable réponse à la crise structurelle ». La Fondation pour l'enfance, par la voix de Joëlle Sicamois, dénonce une « loi sans vision ».

La visite présidentielle au centre Asterya, le jour même du vote, est perçue par beaucoup comme un « cache-sexe ». Un coup de projecteur médiatique qui masque l'insuffisance du texte. Le symbole remplace la substance. Les associations redoutent que l'image d'un président à l'écoute ne serve à justifier un texte qui ne répond pas à l'urgence.
18 ans, l'âge de la rupture : que devient un jeune de l'ASE privé de suivi médical ?
La sortie du dispositif de l'ASE, à 18 ans, est un moment charnière. Pour les jeunes qui ont déjà subi un suivi sanitaire défaillant, c'est souvent la rupture totale. Les soins s'arrêtent, le filet de sécurité disparaît.
L'entretien des 17 ans et la continuité des soins : une mesure sur le papier qui ne tient pas face à la pénurie
Le parcours de soins enfance protégée prévoit un entretien individuel un an avant la majorité, destiné à anticiper la continuité des soins. Il permet aussi le maintien des soins jusqu'à un an après la fin de la prise en charge par l'ASE, soit jusqu'à 22 ans.
Sur le papier, la mesure est cohérente. Mais dans la réalité, elle se heurte à la pénurie généralisée. Beaucoup de jeunes sortant de l'ASE n'ont pas de médecin traitant. Les services de santé mentale pour adultes sont saturés. L'accompagnement juridique et administratif fait défaut. Le résultat est le même : une rupture de soins massive au moment de la majorité.
Les données des associations montrent que le taux de rupture de soins à la sortie de l'ASE est très élevé. Les jeunes se retrouvent seuls face à des pathologies non traitées, sans savoir vers qui se tourner. La promesse de continuité reste une coquille vide.
De l'ASE à l'hôpital général : le parcours du combattant des anciens enfants placés
La « double peine » est bien réelle. En perdant son statut de protégé, le jeune perd aussi son accès au soin. Les consultations chez le généraliste deviennent une question de moyens financiers. Les séances chez le psychologue ne sont plus remboursées. Les traitements commencés sous l'ASE sont interrompus.
L'hôpital public devient alors le seul recours. Mais c'est un recours tardif, coûteux et souvent inefficace. Les urgences hospitalières accueillent des jeunes en crise, sans antécédents médicaux transmis, sans coordination avec les services sociaux. Leur état s'est aggravé faute de suivi en amont.
Cette rupture de soins contribue directement à la statistique des vingt ans d'espérance de vie en moins. Les pathologies non traitées pendant l'enfance et l'adolescence se chronicisent à l'âge adulte. Les déserts médicaux aggravent encore la situation : pour un jeune qui sort de l'ASE sans médecin traitant, sans réseau, sans famille soutenante, l'accès aux soins devient un parcours du combattant.
Un « parcours de soins » national d'ici 2028 : les jeunes de l'ASE peuvent-ils vraiment y croire ?
Le gouvernement affiche un objectif : un « parcours de soins enfance protégée » déployé sur tout le territoire d'ici 2028. Mais l'histoire des réformes de la protection de l'enfance incite au scepticisme. C'est la quatrième tentative en un peu plus de dix ans.
Le test du déploiement 2028 : un horizon trop lointain pour une génération entière à l'ASE ?
Le calendrier est celui d'un déploiement progressif sur trois ans, avec une couverture nationale visée pour 2028. Concrètement, cela signifie que des milliers de jeunes passeront à travers les mailles du filet pendant la période de transition. Ceux qui entrent dans le dispositif aujourd'hui, ou qui en sortiront avant 2028, ne bénéficieront pas du parcours.
Les associations pointent le paradoxe : on annonce une réforme majeure, mais on la repousse dans un avenir lointain. Pour une génération entière, celle des 400 000 jeunes actuellement confiés à l'ASE, l'horizon 2028 est trop tard. Leurs besoins sont immédiats.
Le scepticisme est d'autant plus grand que les tentatives précédentes ont échoué. La loi de 2016, la loi Taquet de 2022, les promesses de 2025 : à chaque fois, l'application a buté sur le même obstacle, le manque de moyens. Rien ne garantit que la quatrième tentative sera la bonne.
La visite présidentielle, symbole ou trompe-l'œil face à la crise structurelle ?
La visite d'Emmanuel Macron à Asterya est un marqueur politique fort. Elle montre que le sujet est devenu une priorité présidentielle. Mais l'écart entre l'image et les faits est saisissant. D'un côté, un président à l'écoute, une « réponse structurelle » affichée, une loi votée. De l'autre, aucune enveloppe budgétaire, pas de recrutement massif de pédopsychiatres, pas de solution au turn-over des éducateurs.

Le rapport Droit d'Enfance 2026 révèle que 70 % des professionnels estiment être insuffisamment formés sur la santé mentale. Ce chiffre résume à lui seul le problème : on ne peut pas soigner les jeunes de l'ASE sans former ceux qui les encadrent. Or, le projet de loi ne prévoit pas de programme de formation obligatoire.
La visite présidentielle risque de rester un symbole, un trompe-l'œil qui masque l'absence de réponse structurelle. Le coup de projecteur médiatique ne remplace pas une politique publique. Les caméras s'éteindront, mais les 10 % de suivi suffisant resteront un plafond de verre.
Asterya ne suffira pas : les réformes qui manquent au projet de loi
Les solutions existent. Elles sont connues, documentées, réclamées par les associations depuis des années. Mais elles sortent du cadre du projet de loi actuel.
Un véritable financement fléché pour les bilans et les soins, d'abord. Sans argent dédié, les départements ne pourront pas mettre en œuvre les obligations légales. Le déploiement d'un médecin référent pour chaque enfant, ensuite, sans pression sur les effectifs. La formation obligatoire des éducateurs à la santé mentale, également. Le dégel des places en ITEP et l'accélération des procédures MDPH, enfin.
Sans ces mesures, les 10 % de suivi suffisant ne deviendront jamais 100 %. Le parcours de soins restera un texte de plus dans une longue liste de promesses non tenues. Les jeunes de l'ASE continueront de payer le prix de l'inaction politique.
Conclusion
La visite d'Emmanuel Macron au centre Asterya met soudainement sous les projecteurs un problème structurel ancien. Le chiffre des 10 % de suivi suffisant est un révélateur : il montre l'ampleur du désastre sanitaire qui touche les jeunes confiés à l'ASE. Mais le risque est grand que le gouvernement substitue le symbole à la solution concrète. Asterya est une vitrine, la loi est un texte. Ni l'une ni l'autre ne remplacent les recrutements, les formations et l'enveloppe budgétaire qui manquent.
Le vrai test sera le déploiement effectif du « parcours de soins » d'ici 2028, loin des caméras de l'Élysée. Si l'histoire des réformes de la protection de l'enfance nous apprend une chose, c'est que les promesses sans moyens restent des promesses. Une génération entière attend que les 10 % deviennent 100 %. Elle n'a pas les moyens d'attendre encore.