Me Patrice Spinosi, avocat.
Actualités

Me Patrice Spinosi : « L'arrêt de la CEDH “Sarkozy contre France” fera jurisprudence »

Me Patrice Spinosi annonce que l’arrêt de la CEDH sur le recours de Nicolas Sarkozy contre sa condamnation dans l’affaire des écoutes fera jurisprudence.

As-tu aimé cet article ?

La déclaration de Me Patrice Spinosi dans les colonnes du Figaro n'est pas passée inaperçue. « L'arrêt de la CEDH “Sarkozy contre France” fera jurisprudence », affirme l'avocat de l'ancien président, alors que la Cour européenne des droits de l'Homme vient d'accepter d'examiner le recours de Nicolas Sarkozy contre sa condamnation dans l'affaire des écoutes. Cette annonce intervient après des années de procédure en France et pourrait marquer un tournant dans l'équilibre entre immunité présidentielle et droits fondamentaux. Décryptage d'un dossier qui dépasse largement le seul cas de l'ancien chef de l'État.

Me Patrice Spinosi, avocat.
Me Patrice Spinosi, avocat. — (source)

« Fera jurisprudence » : la déclaration de Me Spinosi n'est pas un effet d'annonce

Quand un avocat de la stature de Patrice Spinosi annonce qu'un arrêt fera jurisprudence, le monde judiciaire tend l'oreille. Son client, Nicolas Sarkozy, a été définitivement condamné en 2023 à trois ans de prison dont un an ferme sous bracelet électronique pour corruption et trafic d'influence dans l'affaire dite « Paul Bismuth ». Depuis, l'ancien président a purgé sa peine. Mais le combat juridique, lui, ne s'est jamais arrêté.

La CEDH a communiqué le recours au gouvernement français, une décision que Me Spinosi a apprise la semaine dernière. Cette communication signifie que la Cour a jugé la requête prima facie recevable. Ce n'est pas encore une condamnation de la France, mais c'est un signal fort : les griefs soulevés par Nicolas Sarkozy sont suffisamment sérieux pour mériter un examen approfondi.

De la condamnation française au recours européen : la chronologie d'un combat juridique

Le chemin vers Strasbourg a été long. Condamnation définitive en 2023, pourvoi en cassation rejeté, puis dépôt du recours devant la CEDH le 20 mars 2025. La requête a été enregistrée le 26 mars 2025, avant que la Cour ne décide, en juillet 2025, de la communiquer à la France. Chaque étape a été minutieusement préparée par l'équipe de défense.

Cette communication n'est pas anodine. Sur les milliers de requêtes individuelles que reçoit la CEDH chaque année, seule une minorité franchit ce filtre. Le fait que la Cour ait estimé que les arguments de Nicolas Sarkozy méritaient une réponse du gouvernement français en dit long sur la solidité juridique du recours.

Qu'est-ce qu'une « communication » de la CEDH ? Un filtre qui en dit long

La procédure devant la CEDH suit un schéma précis. Quand une requête individuelle est jugée non manifestement infondée, la Cour la communique à l'État défendeur pour recueillir ses observations. C'est une étape intermédiaire, entre la recevabilité et l'arrêt final.

Ce n'est pas un arrêt, mais c'est un signal que Me Spinosi ne manque pas de souligner. « La CEDH a décidé de communiquer à la France le recours de Nicolas Sarkozy », explique-t-il au Figaro. Derrière cette phrase technique se cache une réalité : la Cour estime que les questions posées méritent un débat contradictoire. Pour un avocat habitué des prétoires de Strasbourg, c'est une première victoire procédurale.

L'audience de Me Spinosi : pourquoi son avis compte dans le monde judiciaire

Patrice Spinosi n'est pas un avocat comme les autres. Membre du cercle très fermé des avocats aux Conseils d'État et à la Cour de cassation, il a déjà fait condamner la France à plusieurs reprises devant la CEDH. Son annonce n'est donc pas une simple déclaration d'avocat destinée à rassurer son client. Elle s'appuie sur une connaissance intime des rouages de la Cour et une expérience qui donne du poids à ses paroles.

Quand un tel avocat affirme qu'un arrêt fera jurisprudence, il ne bluffe pas. Il anticipe, analyse, prépare le terrain. Cette confiance justifie que l'on prête une attention particulière à ce dossier.

Nicolas Sarkozy en meeting à Belfort en 2016.
Nicolas Sarkozy en meeting à Belfort en 2016. — Thomas Bresson from Belfort, France / CC BY 2.0 / (source)

Affaire Bismuth : retour sur les écoutes qui ont fait tomber un ex-président

Pour comprendre les enjeux du recours, il faut revenir sur les faits. L'affaire dite « Paul Bismuth » tire son nom du pseudonyme sous lequel Nicolas Sarkozy et son avocat Thierry Herzog communiquaient via des téléphones portables dédiés. Ces écoutes téléphoniques, réalisées dans le cadre d'une autre enquête, ont révélé des échanges qui ont conduit à la condamnation de l'ancien président.

Le cœur du dossier repose sur un pacte de corruption présumé. Nicolas Sarkozy aurait promis d'intercéder en faveur de Gilbert Azibert, un magistrat à la Cour de cassation, pour obtenir un poste convoité à Monaco. En échange, Azibert aurait dû fournir des informations sur une autre procédure visant l'ancien président. Les écoutes téléphoniques ont été la pièce maîtresse de l'accusation.

3 ans de prison, 1 an ferme : la peine historique de 2023

Le 14 décembre 2023, la Cour de cassation rejette le pourvoi de Nicolas Sarkozy, rendant sa condamnation définitive. La peine est lourde : trois ans de prison, dont un an ferme sous bracelet électronique. Thierry Herzog écope de la même peine, tandis que Gilbert Azibert, décédé depuis, avait été condamné à trois ans avec sursis.

L'ancien président a purgé sa peine sous surveillance électronique, une première pour un ancien chef d'État français. Cette exécution de la peine clôt la procédure française, mais ouvre la voie au recours européen. Car pour la défense, la question centrale reste la légalité des preuves utilisées.

Les articles 6 et 8 de la Convention : le cœur juridique du recours

Le recours de Nicolas Sarkozy s'appuie sur deux piliers de la Convention européenne des droits de l'homme. L'article 6 garantit le droit à un procès équitable. L'article 8 protège le droit au respect de la vie privée.

La thèse de la défense est claire : les écoutes téléphoniques dites « Paul Bismuth » ont été obtenues dans des conditions irrégulières qui ont vicié l'ensemble de la procédure. Les conversations entre un avocat et son client bénéficient normalement d'une protection particulière. Le fait que ces échanges aient été interceptés et utilisés comme preuve pose une question fondamentale sur les limites de l'investigation judiciaire.

Ces articles sont régulièrement invoqués devant la CEDH. Mais leur application à un ancien chef d'État, dans un dossier où se mêlent vie privée, exercice du pouvoir et secret professionnel, est inédite.

La Cour européenne des droits de l'homme à Strasbourg.
La Cour européenne des droits de l'homme à Strasbourg. — Gzen92 / CC BY-SA 4.0 / (source)

Le précédent Paksas c. Lituanie : quand la CEDH a déjà limité l'immunité

L'arrêt Paksas c. Lituanie (2011) est souvent cité comme un précédent important. Dans cette affaire, la CEDH avait jugé contraire à la Convention l'immunité absolue dont bénéficiait un ancien président lituanien destitué. La Cour avait estimé que cette immunité violait le droit à un procès équitable.

Ce parallèle est intéressant pour l'affaire Sarkozy. Il montre que la CEDH n'hésite pas à poser des limites quand les droits fondamentaux sont en jeu, même face à des anciens chefs d'État. Mais il montre aussi que la Cour peut, dans certains cas, protéger ces mêmes droits contre des procédures qu'elle jugerait abusives.

Me Patrice Spinosi : l'avocat qui fait condamner la France à Strasbourg

Patrice Spinosi est une figure incontournable du barreau français. Avocat aux Conseils d'État et à la Cour de cassation, il est spécialiste des recours devant la CEDH. Son palmarès parle pour lui : il a obtenu plusieurs condamnations de la France pour des violations de la Convention européenne des droits de l'homme.

Sa crédibilité donne du poids à l'affirmation qu'un arrêt « fera jurisprudence ». Mais elle suscite aussi des critiques. Certains voient en lui un avocat au service des élites, capable de faire plier l'État au nom de ses clients les plus puissants. D'autres saluent son rôle dans la construction d'une Europe des droits de l'homme.

Medvedyev, Mennesson… ces affaires où Spinosi a fait plier la France

L'affaire Medvedyev (2010) est l'une de ses victoires les plus retentissantes. La CEDH avait condamné la France pour l'ingérence du parquet dans les procédures pénales, une décision qui a conduit à une réforme du statut du ministère public.

Dans l'affaire Mennesson (2014), Spinosi avait obtenu que la France soit condamnée pour avoir refusé de reconnaître des enfants nés par gestation pour autrui (GPA) à l'étranger. Cette décision a forcé la France à revoir sa position sur la transcription des actes de naissance.

Ces affaires montrent que Spinosi maîtrise les leviers pour faire évoluer le droit français à partir de Strasbourg. Il ne se contente pas de gagner des procès : il crée des précédents qui changent la loi.

Un avocat au cœur du système : la double casquette d'« avocat aux Conseils »

Le statut d'avocat aux Conseils est particulier dans le droit français. Ces avocats sont les seuls habilités à plaider devant la Cour de cassation et le Conseil d'État. Le cercle est restreint : une centaine de membres seulement.

Cette double casquette donne à Spinosi une connaissance intime du droit interne et européen. Il sait comment les juges français raisonnent, quels arguments les convainquent, et comment anticiper leurs réactions. C'est un atout considérable pour préparer un recours devant la CEDH, où il faut démontrer que les voies de recours internes ont été épuisées.

Les critiques : défenseur des puissants ou artisan de l'État de droit ?

Le débat est récurrent. Patrice Spinosi défend Nicolas Sarkozy, mais aussi des grandes entreprises et des personnalités politiques. Certains y voient un avocat au service des élites, capable d'utiliser les droits de l'homme pour protéger les puissants.

D'autres répondent que son travail contribue à renforcer l'État de droit. En faisant condamner la France pour des violations de la Convention, il oblige l'État à respecter les droits fondamentaux de tous les citoyens. Peu importe qui est le client : c'est le principe qui compte.

Cette nuance est importante. L'article ne prend pas parti, mais montre que le débat est légitime.

De Strasbourg à Paris : comment un arrêt de la CEDH s'impose aux juges français

La CEDH ne peut pas annuler une décision de justice française. C'est une idée reçue qu'il faut corriger. La Cour peut seulement constater une violation de la Convention et allouer une « satisfaction équitable » sous forme de dommages et intérêts.

Mais depuis la loi du 15 juin 2000, le mécanisme est différent. Si la CEDH constate une violation, le requérant peut demander le réexamen de son affaire devant la juridiction française qui a rendu la décision initiale. C'est ce qui donne tout son poids à un arrêt de la CEDH.

La loi du 15 juin 2000 : le réexamen d'une affaire après une condamnation européenne

Le mécanisme est simple. La CEDH rend son arrêt. Si elle conclut à une violation de la Convention, le justiciable dispose d'un an pour saisir la Cour de cassation ou le Conseil d'État, selon la juridiction qui a rendu la décision initiale.

La demande de réexamen doit démontrer que la violation constatée par la CEDH a eu un impact direct sur la condamnation. Si c'est le cas, la juridiction française peut annuler la décision et renvoyer l'affaire devant une nouvelle formation de jugement. Le casier judiciaire est alors effacé.

Depuis la loi de 2000, aucune demande de réexamen n'a été refusée quand la CEDH avait constaté une violation. C'est un mécanisme quasi automatique qui transforme une décision de Strasbourg en changement concret dans le droit français.

Quand la CEDH ne peut pas annuler mais peut tout changer

La subtilité est importante à comprendre. La CEDH n'a pas de pouvoir de cassation direct. Elle ne peut pas dire « la condamnation de Nicolas Sarkozy est annulée ». Mais son arrêt oblige la France à tirer les conséquences.

Si la CEDH constate une violation, la France doit prendre des mesures générales pour éviter que la même violation ne se reproduise. Cela peut passer par une modification de la loi, une réforme de la procédure, ou un changement de jurisprudence. Dans le cas de Nicolas Sarkozy, si la Cour estime que les écoutes étaient illégales, cela pourrait contraindre la France à revoir les règles d'interception des communications.

Des exemples de revirements après des arrêts CEDH : l'affaire Mennesson

L'affaire Mennesson est un exemple parfait. En 2014, la CEDH condamne la France pour avoir refusé de transcrire les actes de naissance d'enfants nés par GPA à l'étranger. La France résiste d'abord, mais la Cour de cassation finit par se plier à la jurisprudence européenne.

Aujourd'hui, les enfants nés par GPA à l'étranger peuvent obtenir la transcription de leur acte de naissance, même si la GPA reste interdite en France. C'est un revirement complet, imposé par la CEDH.

Cet exemple montre le pouvoir d'influence de la Cour. Il donne une perspective sur ce qui pourrait arriver dans l'affaire Sarkozy.

Immunité présidentielle : ce qui change vraiment pour les anciens chefs d'État

La question centrale soulevée par le recours de Nicolas Sarkozy est celle de l'immunité des anciens présidents. Le statut juridictionnel du président français est défini par les articles 67 et 68 de la Constitution. Mais l'équilibre entre protection de la fonction et droits des citoyens est fragile.

Le recours de Sarkozy touche à cet équilibre. Les écoutes téléphoniques qui ont servi à le condamner ont été réalisées dans le cadre d'une autre enquête, mais elles ont révélé des conversations privées. La question est de savoir si cette intrusion dans la vie privée d'un ancien président était proportionnée.

Me Patrice Spinosi en robe d'avocat.
Me Patrice Spinosi en robe d'avocat. — (source)

Pendant le mandat : un bouclier, pas une impunité

L'article 67 de la Constitution prévoit l'irresponsabilité du président pour les actes accomplis en cette qualité. L'article 68 prévoit la destitution par la Haute Cour pour manquement à ses devoirs.

Pendant son mandat, le président bénéficie d'une inviolabilité : il ne peut être convoqué par une juridiction pénale. Mais l'action publique est suspendue, pas éteinte. C'est un équilibre conçu pour préserver la continuité de l'État, sans pour autant offrir une impunité totale.

Cet équilibre est contesté. Certains estiment que l'inviolabilité est trop large et protège les présidents de toute poursuite, même pour des faits graves. D'autres jugent qu'elle est nécessaire pour garantir l'indépendance du chef de l'État.

Après l'Élysée : des présidents plus facilement inquiétés ?

L'immunité cesse à la fin du mandat. Les anciens présidents peuvent être poursuivis pour des faits antérieurs ou extérieurs à leurs fonctions. Mais dans les faits, peu d'anciens présidents ont été inquiétés en France.

La décision de la CEDH pourrait normaliser la possibilité de juger les anciens présidents pour des actes en lien avec leurs fonctions. Les écoutes Bismuth, qui mêlent vie privée et exercice du pouvoir, sont un cas d'école.

Si la CEDH donne raison à Sarkozy sur la légalité des preuves, cela pourrait signifier que les juges français ont violé la Convention en utilisant des écoutes trop intrusives. Mais si elle rejette son recours, cela conforterait la possibilité de poursuivre les anciens présidents sur la base de preuves obtenues dans le cadre d'autres enquêtes.

L'arrêt Sarkozy contre France : un test pour la séparation des pouvoirs

L'arrêt à venir est un test pour la séparation des pouvoirs. La question de l'équilibre entre investigation judiciaire et protection de la vie privée des dirigeants dépasse le seul cas Sarkozy.

Si la CEDH impose des règles plus strictes pour l'utilisation des preuves contre les anciens présidents, cela pourrait avoir des conséquences sur l'ensemble du système judiciaire français. Les juges devront être plus prudents dans l'utilisation des écoutes téléphoniques, surtout quand elles concernent des personnalités politiques.

Mais si la CEDH valide la procédure française, cela renforcera la possibilité de poursuivre les anciens dirigeants pour des faits commis pendant ou après leur mandat. C'est un enjeu démocratique fondamental.

Bygmalion, financement libyen : les autres dossiers qui guettent l'ex-président

Nicolas Sarkozy n'est pas qu'au cœur de l'affaire Bismuth. Il est aussi condamné dans l'affaire Bygmalion et mis en examen dans l'affaire du financement libyen. Ces trois dossiers forment un ensemble judiciaire sans précédent pour un ancien président français.

L'affaire Bygmalion concerne les dépenses excessives de la campagne présidentielle de 2012. Le pourvoi en cassation a été rejeté le 26 novembre 2025, rendant la condamnation définitive. Nicolas Sarkozy a écopé d'un an de prison ferme.

L'affaire du financement libyen, elle, est toujours en cours. Le procès en appel doit s'ouvrir à partir du 16 mars 2026. Nicolas Sarkozy est accusé d'avoir bénéficié de financements occultes de la part du régime de Mouammar Kadhafi pour sa campagne de 2007.

Écoutes, comptes de campagne, financement libyen : le parcours judiciaire de Sarkozy

Le tableau des affaires judiciaires de Nicolas Sarkozy est impressionnant. Trois dossiers, trois condamnations ou mises en examen, des peines de prison ferme. C'est un parcours judiciaire sans précédent pour un ancien chef d'État français.

L'affaire Bismuth est la première à avoir abouti à une condamnation définitive. L'affaire Bygmalion a suivi, avec un pourvoi rejeté en novembre 2025. L'affaire du financement libyen est en appel, avec un procès prévu pour mars 2026.

Chacune de ces affaires a ses spécificités. Mais elles posent toutes la même question : peut-on juger un ancien président comme un citoyen ordinaire ?

Si la CEDH casse la condamnation Bismuth, Bygmalion vacille-t-il ?

La question est légitime. Si la CEDH annule la condamnation dans l'affaire Bismuth, cela aura-t-il un impact sur les autres dossiers ?

La réponse est nuancée. Dans l'affaire Bygmalion, la preuve reposait sur des témoignages et des documents comptables, pas sur des écoutes téléphoniques. Donc un succès sur Bismuth n'annulerait pas automatiquement Bygmalion.

Mais la jurisprudence européenne sur la loyauté des preuves pourrait influencer indirectement. Si la CEDH impose des règles plus strictes sur l'utilisation des preuves, cela pourrait être invoqué dans d'autres affaires. À suivre avec prudence.

Les autres politiques dans le collimateur : Fillon, Le Pen, et l'effet de bord

L'arrêt Sarkozy contre France pourrait avoir des conséquences au-delà du seul cas de l'ancien président. D'autres politiques, comme François Fillon ou Marine Le Pen, font face à des procédures judiciaires où des questions de procédure ou de prescription se posent.

Si la CEDH donne raison à Sarkozy sur la question de la prescription des faits commis pendant un mandat, cela pourrait servir de référence pour contester d'autres décisions. L'effet de bord serait alors considérable.

À l'échelle européenne, l'arrêt pourrait aussi influencer d'autres démocraties confrontées à la question de l'immunité des dirigeants. C'est ce qui fait dire à Me Spinosi que cet arrêt fera jurisprudence.

Arrêt Sarkozy contre France : ce que la génération Z doit comprendre

Ce débat judiciaire peut sembler technique, mais il concerne directement les jeunes générations. La confiance dans la justice, le sentiment d'impunité des puissants, l'égalité devant la loi : ce sont des préoccupations qui traversent toute la société.

L'affaire Sarkozy cristallise ces questions. Avec ses rebondissements, ses condamnations et ses recours, elle donne l'impression d'un système judiciaire complexe où les puissants ont les moyens de se défendre plus longtemps que les autres.

Justice des puissants : le regard désabusé de la génération Z

Les enquêtes d'opinion montrent que les jeunes doutent de l'égalité devant la loi. Le baromètre de la justice 2024 indique que 60% des 18-25 ans estiment que la justice n'est pas égale pour tous.

L'affaire Sarkozy, avec ses multiples procédures et ses recours devant la CEDH, cristallise cette défiance. Beaucoup y voient la preuve que les puissants ont les moyens de contourner la justice. D'autres, au contraire, y voient la preuve que la justice fonctionne, même contre un ancien président.

La décision de la CEDH pourrait soit apaiser ce sentiment, soit le renforcer. Si la Cour donne raison à Sarkozy, certains crieront à l'impunité. Si elle rejette son recours, d'autres salueront la force de l'État de droit.

Un précédent qui peut restaurer la confiance dans les institutions

Si la CEDH impose des règles plus strictes pour l'utilisation des preuves contre les anciens présidents, cela peut être perçu comme une garantie pour les droits de tous, pas seulement des puissants.

L'idée est simple : si les règles sont claires et appliquées à tous, la justice est crédible. Si les règles sont contournées ou adaptées selon les personnes, la confiance s'effondre.

L'arrêt à venir est une occasion de clarifier ces règles. Qu'il donne raison à Sarkozy ou à la France, il créera un précédent qui s'appliquera à tous les citoyens. C'est en cela que la déclaration de Me Spinosi prend tout son sens.

Les leçons de l'affaire pour les futurs citoyens

L'affaire Bismuth enseigne plusieurs choses aux jeunes générations. D'abord, que les mécanismes de contrôle des dirigeants existent et fonctionnent. Ensuite, que les recours européens sont un filet de sécurité quand la justice nationale semble défaillante.

Enfin, que la vigilance démocratique est essentielle. Les citoyens ont un rôle à jouer dans le contrôle des dirigeants, que ce soit par le vote, par l'engagement associatif, ou par la surveillance des décisions de justice.

L'affaire Sarkozy contre France est un cas d'école pour comprendre comment fonctionne l'État de droit dans une démocratie européenne. C'est une leçon d'éducation civique en temps réel.

Conclusion : une jurisprudence qui dépasse le cas Sarkozy

Quel que soit le sens de l'arrêt final, le fait que la CEDH se penche sur le statut des anciens chefs d'État français crée un précédent. La déclaration de Me Spinosi prend tout son sens : l'affaire « Sarkozy contre France » deviendra une référence pour toutes les démocraties européennes confrontées à la question de l'immunité et des droits fondamentaux.

L'arrêt à venir ne concerne pas seulement Nicolas Sarkozy. Il concerne la définition même de l'État de droit, l'équilibre entre responsabilité et protection des dirigeants, et la confiance des citoyens dans la justice.

Le devoir de mémoire juridique

Une fois rendu, l'arrêt entrera dans les manuels de droit et servira de guide pour les affaires futures. Les juristes l'étudieront, les juges s'y référeront, les avocats l'invoqueront. Il ne s'agit pas seulement de Nicolas Sarkozy, mais de la définition même de l'État de droit.

Ce devoir de mémoire juridique est essentiel pour comprendre comment évolue notre système judiciaire. Chaque arrêt de la CEDH est une pierre dans l'édifice des droits de l'homme en Europe.

Ce que les jeunes doivent retenir

Cette affaire montre que personne n'est au-dessus des lois, mais aussi que les règles de procédure doivent protéger tout le monde, y compris les anciens présidents, pour que la justice soit crédible.

L'arrêt Sarkozy contre France, avec ou sans victoire pour l'ancien président, marque un tournant dans l'équilibre entre immunité et responsabilité des dirigeants. Il invite chaque citoyen à suivre l'évolution du dossier, car il s'agit d'un moment clé pour la démocratie européenne.

La génération Z a tout intérêt à s'y intéresser. Car c'est elle qui héritera de cette jurisprudence et qui devra, à son tour, veiller à ce que l'État de droit soit respecté.

As-tu aimé cet article ?

Questions fréquentes

Pourquoi la CEDH examine-t-elle le recours de Sarkozy ?

La CEDH a communiqué le recours au gouvernement français après avoir jugé la requête prima facie recevable. Les griefs de Nicolas Sarkozy, portant sur les articles 6 et 8 de la Convention (droit à un procès équitable et respect de la vie privée), ont été estimés suffisamment sérieux pour mériter un examen approfondi.

Que signifie une communication de la CEDH ?

C'est une étape intermédiaire entre la recevabilité et l'arrêt final. La Cour estime que les questions posées méritent un débat contradictoire et demande à l'État défendeur de fournir ses observations. Ce n'est pas une condamnation, mais un signal fort que la requête n'est pas manifestement infondée.

Quels articles de la Convention invoque Sarkozy ?

Le recours s'appuie sur l'article 6 (droit à un procès équitable) et l'article 8 (droit au respect de la vie privée). La défense soutient que les écoutes téléphoniques « Paul Bismuth » ont été obtenues dans des conditions irrégulières, violant notamment la protection des conversations entre un avocat et son client.

La CEDH peut-elle annuler la condamnation de Sarkozy ?

Non, la CEDH ne peut pas annuler directement une décision de justice française. Elle peut seulement constater une violation de la Convention et allouer des dommages et intérêts. Cependant, depuis la loi du 15 juin 2000, le requérant peut demander le réexamen de son affaire devant la juridiction française si la CEDH constate une violation.

Sources

  1. fr.wikipedia.org · fr.wikipedia.org
  2. fr.wikipedia.org · fr.wikipedia.org
  3. leclubdesjuristes.com · leclubdesjuristes.com
  4. leclubdesjuristes.com · leclubdesjuristes.com
  5. Me Patrice Spinosi : « L’arrêt de la CEDH “Sarkozy contre France” fera jurisprudence » · lefigaro.fr
campus-echo
Inès Colbot @campus-echo

Étudiante en sociologie à Toulouse, je m'intéresse à tout ce qui agite ma génération : précarité étudiante, santé mentale, engagement, façons de vivre. J'anime un petit podcast sur la vie de campus le week-end.

32 articles 0 abonnés

Commentaires (8)

Connexion pour laisser un commentaire.

Chargement des commentaires...

Articles similaires