L'OMS déclare l'urgence sanitaire mondiale le 17 mai 2026
L'OMS a déclaré le 17 mai 2026 une urgence de santé publique de portée internationale pour l'épidémie d'Ebola en RDC et en Ouganda OMS. La souche en cause est le Bundibugyo. Le directeur général de l'OMS, Tedros, a précisé que l'événement ne répond pas aux critères d'une pandémie. Des cas avaient déjà franchi les frontières : deux cas à Kampala les 15 et 16 mai, un cas à Kinshasa chez un retour de l'Ituri.

Plus de 5 000 cas et 2 300 morts en trois mois
L'épidémie a dépassé 5 000 cas confirmés et 2 320 morts au 18 août 2026 Al Jazeera. Le 14 août, l'ONU indiquait que la maladie tuait une personne toutes les 30 minutes Le Monde. La RDC a déclaré la 17e flambée le 15 mai en Ituri, mais le séquençage montre un début réel en février.
C'est la plus meurtrière de l'histoire de la RDC. L'épidémie 2018-2020 avait fait 2 299 morts. C'est aussi la plus rapide de l'histoire d'Ebola : environ 2 000 morts en moins de trois mois, contre près de cinq mois pour atteindre 1 000 morts lors de la crise d'Afrique de l'Ouest 2014-2016 Al Jazeera.
La souche Bundibugyo est rare. Elle n'a causé que deux épidémies antérieures, en 2007 et 2012. Aucun vaccin ni traitement approuvé n'existe contre elle à ce jour Guardian. Le taux de létalité d'Ebola avoisine 50 %.

Conflit, désinformation et sous-détection freinent la riposte
La riposte sanitaire affronte des obstacles lourds. L'épidémie s'est étendue aux zones tenues par les rebelles M23 dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, régions riches en minerais et instables, avec le soutien présumé du Rwanda. Environ un million de déplacés en Ituri compliquent le traçage des contacts.
La désinformation nourrit la méfiance envers les soignants, parfois attaqués. L'OMS estime que le nombre réel de cas pourrait être deux à quatre fois supérieur aux chiffres officiels RTS. La première victime suspectée, un homme de 59 ans, est morte le 27 avril ; les autorités n'ont été alertées que le 5 mai via les réseaux sociaux, alors que 50 morts étaient déjà dénombrés.

Aucun vaccin n'est approuvé, mais deux candidats sont à l'essai BBC. Un premier volontaire a reçu un vaccin expérimental au Royaume-Uni en juillet 2026. Des centaines de milliers de doses fabriquées en Inde sont prêtes pour un usage immédiat si les essais réussissent.
La France et la communauté internationale mobilisées
La France a enregistré son premier cas confirmé d'Ebola : un médecin humanitaire de retour de mission en zone active en RDC, pris en charge dans un établissement de santé de référence spécialisé (Ebola : Chambre à double flux, isolement strict… Quel protocole pour le premier patient testé positif en France ?). Les modélisations de l'INSERM et de Santé publique France jugent le risque d'importation en métropole « très faible », faute de liaison aérienne directe avec les zones touchées. Mayotte renforce sa surveillance et ses précautions (Ebola : mesures de précaution à Mayotte et risque « très faible » pour la France) info.gouv.fr.
La communauté internationale a engagé des fonds. Les pays donateurs ont versé environ 300 millions de dollars à un fonds de lutte. Le chef humanitaire de l'ONU a alloué 30,5 millions de dollars supplémentaires d'un fonds d'urgence, s'ajoutant à 24 millions déjà débloqués Le Monde. L'OMS recrute des chauffeurs de moto-taxi comme agents de surveillance dans les zones reculées.