Figure incontournable de la scène américaine et mondiale depuis plusieurs décennies, Donald Trump a marqué l'histoire en devenant le 45e président des États-Unis, avant de décrocher un second mandat non consécutif en tant que 47e président. Homme d'affaires fortuné, star de télé-réalité et leader populiste, il a su brouiller les frontières entre le divertissement, les affaires et la politique traditionnelle. Son retour au pouvoir en 2025, après une parenthèse de quatre ans hors de la Maison Blanche, confirme son influence durable sur le paysage politique américain, polarisant comme jamais l'opinion publique. Plongeons dans le destin singulier de celui qui a promis de rendre sa grandeur à l'Amérique.
Jeunesse et débuts dans l'immobilier

Né le 14 juin 1946 dans le quartier de Queens à New York, Donald John Trump grandit au sein d'une famille aisée. Son père, Fred Trump, a bâti une fortune considérable grâce à l'immobilier résentiel dans les quartiers new-yorkais de Brooklyn et Queens. Dès son plus jeune âge, Donald est immergé dans ce monde de chantiers et de négociations, développant une sensibilité pour le business et le spectacle. Très tôt, ses parents l'envoient à la New York Military Academy, espérant que la discipline rigoureuse de l'établissement canalisera son énergie débordante.
Formation et premiers pas
Après le lycée, Donald Trump entame des études supérieures, d'abord à Fordham University dans le Bronx, avant de rejoindre la prestigieuse Wharton School of Finance and Commerce de l'Université de Pennsylvanie. Il en sort diplômé en 1968 avec un licence en économie. Ces années de formation lui permettent d'acquérir les bases théoriques qui, couplées à l'expérience pratique de son père, vont servir ses ambitions futures.
À la mort de son père en 1999, Donald hérite d'une partie de l'empire familial, mais c'est bien plus tôt, en 1971, qu'il prend véritablement les rênes. Il obtient le contrôle de l'entreprise paternelle et la rebaptise la Trump Organization. Contrairement à son père qui se concentrait sur l'immobilier de classe moyenne dans l'extérieur de New York, Donald a une vision différente : il veut conquérir Manhattan.
La conquête de Manhattan
L'arrivée de Donald Trump sur la scène immobilière new-yorkaise se fait par des projets audacieux et prestigieux. L'un de ses premiers coups d'éclat est la transformation de l'hôtel Commodore, un vétuste complexe en bordure de Grand Central Terminal, en le Grand Hyatt New York. Ce projet, réalisé dans les années 1970, illustre sa capacité à naviguer dans les arcanes politiques et financiers de la ville pour obtenir des avantages fiscaux considérables.
Il poursuit son ascension avec la construction de la Trump Tower sur la Cinquième Avenue. Ce gratte-ciel de 58 étages, devenu le symbole de son empire, incarne le style flamboyant de l'homme : luxe, marbre et or. Au fil des années, il diversifie ses activités, s'aventurant dans les casinos à Atlantic City, les golf courses ou encore les hôtels de luxe à travers le monde. Cependant, cette expansion rapide n'est pas sans heurts, avec plusieurs faillites d'entreprises et des difficultés financières importantes dans les années 1990, bien qu'il parvienne toujours à maintenir son image de magnat invincible.
Une star médiatique avant tout
Au-delà des affaires, Donald Trump a très tôt compris le pouvoir des médias. Il ne se contente pas de faire parler de lui dans les pages économiques ; il devient une célébrité à part entière, fréquentant les soirées mondaines et les coulisses d'Hollywood. Son talent pour l'autopromotion atteint son apogée en 1987 avec la publication de son livre The Art of the Deal (L'Art de vendre). Co-écrit avec le journaliste Tony Schwartz, l'ouvrage se présente comme un manuel de réussite et devient un best-seller international, consolidant son image de négociateur génial.
L'apogée de The Apprentice
Au début des années 2000, Donald Trump troque la salle de réunion contre le plateau de télévision. En 2004, il devient le présentateur et producteur exécutif de l'émission de télé-réalité The Apprentice (L'Apprenti). Sur NBC, il incarne le patron impitoyable qui, chaque semaine, congédie un candidat d'une phrase devenue culte : "You're fired!" (Tu es viré !). L'émission connaît un succès colossal et permet à Trump de devenir un nom familier pour des millions d'Américains, bien au-delà des cercles d'affaires.
Cette popularité télévisuelle joue un rôle crucial lorsqu'il décide de se lancer en politique. Il utilise les codes de l'entertainment pour captiver les foules, transformant les meetings politiques en spectacles médiatiques. Sa notoriété, forgée par des décennies de présence dans les médias tabloïds et à la télévision, lui offre une caisse de résonance inégalée pour sa future campagne présidentielle.
La surprise de l'élection de 2016

Lorsque Donald Trump officialise sa candidature à l'investiture républicaine en juin 2015, peu d'observateurs lui donnent une chance face à des politiques chevronnés. Pourtant, son discours populiste et anti-establishment résonne profondément avec une partie de l'électorat américain lassé par la politique traditionnelle. Reprenant le slogan "Make America Great Again", il axe sa campagne sur la protectionnisme économique, l'immigration et la critique des élites de Washington.
Une campagne hors normes
Donald Trump bouleverse les codes de la communication politique. UtilisantTwitter comme arme principale, il contourne les médias traditionnels pour s'adresser directement aux Américains, multipliant les déclarations polémiques. Ses rassemblements, où il improvise longuement, rassemblent des foules immenses. Il défait ses rivaux républicains les uns après les autres, malgré les critiques du parti, et remporte l'investiture.
Face à Hillary Clinton, candidate du Parti démocrate et ancienne Secrétaire d'État, Donald Trump est donné perdant par la quasi-totalité des sondages. Le 8 novembre 2016, il crée la surprise en remportant la victoire grâce au Collège électoral, bien qu'il perde le vote populaire de près de trois millions de voix. Ce triomphe inattendu marque un tournant dans l'histoire politique américaine, illustrant une fracture profonde entre les grandes métropoles côtières et l'Amérique rurale et industrielle.
Le premier mandat (2017-2021)
Inauguré le 20 janvier 2017, Donald Trump entre à la Maison Blanche avec la volonté de tenir ses promesses de campagne. Son mandat se caractérise par une série de décisions radicales et un style de conduite présidentiel inédit, marqué par l'imprévisibilité et les affrontements constants avec la presse et les institutions.
Réformes et décisions marquantes
Dès ses premières semaines, il signe plusieurs décrets présidentiels controversés. L'un des plus médiatisés est l'interdiction temporaire d'entrée sur le territoire américain pour les ressortissants de plusieurs pays à majorité musulmane, une mesure qui provoque un tollé international et de nombreuses batailles juridiques. Sur le plan économique, son administration parvient à faire voter le Tax Cuts and Jobs Act, une vaste réforme fiscale réduisant significativement les impôts des entreprises et des ménages aisés, avec pour objectif de stimuler la croissance.
Sur le sujet de l'immigration, le président tient sa promesse de construire un mur à la frontière avec le Mexique pour endiguer l'immigration illégale, bien que le financement et l'ampleur du projet se heurtent à de nombreux obstacles législatifs.
Sur le plan de la politique étrangère, Donald Trump impose une rupture brutale avec les traditions internationales du Parti républicain, incarnée par sa doctrine de l'« America First » (L'Amérique d'abord). Il remet en cause les alliances historiques comme l'OTAN, jugeant que les alliés européens ne paient pas leur juste part, et se retire de plusieurs accords multilatéraux majeurs. C'est le cas de l'Accord de Paris sur le climat et de l'accord nucléaire iranien, signé sous l'administration Obama. Son approche transactionnelle des relations internationales le pousse à engager des guerres commerciales, notamment contre la Chine, instaurant des droits de douane élevés qui bouleversent le commerce mondial.
Parallèlement, Donald Trump tente une diplomatie personnelle et inédite avec les adversaires des États-Unis. Il devient le premier président en exercice à rencontrer un leader nord-coréen, Kim Jong-un, lors d'un sommet à Singapour en 2018. Si cette rencontre historique a médiatisé un "dénucléarisation" qui reste très limité sur le terrain, elle illustre la méthode Trump : privilégier le rapport de force direct et la mise en scène plutôt que les canaux diplomatiques traditionnels. Une autre décision majeure concerne le Moyen-Orient, où il rompt avec des décennies de politique américaine en reconnaissant Jérusalem comme capitale d'Israël et en y déplaçant l'ambassade américaine, un geste fort pour ses alliés évangéliques et conservateurs, mais vivement critiqué par la communauté internationale.
La révolution conservatrice de la Cour suprême
Au-delà des décrets et de la politique étrangère, l'action sans doute la plus durable de Donald Trump durant son premier mandat concerne la composition de la Cour suprême. Profitant d'une majorité républicaine au Sénat, il nomme trois juges conservateurs : Neil Gorsuch, Brett Kavanaugh et Amy Coney Barrett. Cette nomination de la juge Barrett, précipitée quelques jours avant l'élection de 2020, permet aux conservateurs de disposer d'une majorité solide (6 contre 3) au sein de la plus haute juridiction du pays.
Cette stratégie, portée par le vice-président Mike Pence, vise à satisfaire l'électorat chrétien évangélique, pilier de sa base. Bien que les effets concrets de ces nominations, comme l'annulation de l'arrêt Roe v. Wade (qui garantissait le droit à l'avortement) en 2022, n'aient eu lieu qu'après son départ, elles constituent le triomphe d'un projet politique de longue date de la droite américaine. Donald Trump a ainsi transformé la justice américaine pour plusieurs décennies.
La gestion de la pandémie de COVID-19
L'année 2020 marque un tournant brutal avec l'arrivée de la pandémie de COVID-19. La crise sanitaire devient le plus grand défi de sa présidence. L'administration Trump lance l'« Operation Warp Speed », un programme massif de financement public pour le développement et la fabrication de vaccins en temps record, une réussite scientifique et logistique indéniable.
Cependant, la gestion communicationnelle de la crise est fortement critiquée. Le président minimise souvent la gravité du virus, suggère des traitements non validés et s'oppose fréquemment aux recommandations de ses propres experts de la santé, comme le Dr Anthony Fauci. Son refus d'imposer des mesures fédérales strictes et son hostilité envers le port du masque cristallisent les divisions du pays. La pandémie provoque une récession économique brutale, mettant fin aux années de croissance soutenue qui avaient marqué le début de son mandat, et fragilise sa position pour l'élection à venir.
L'élection de 2020 et l'assaut du Capitole

L'élection présidentielle de novembre 2020 se joue dans un contexte anxiogène, marqué par le vote par correspondence à une échelle inédite à cause de la pandémie. Face à Joe Biden, ancien vice-président d'Barack Obama, Donald Trump multiplie les meetings dynamiques, contrastant avec la campagne plus sédentaire de son rival.
Le refus de concéder et la contestation
Dès le soir du scrutin, alors que le dépouillement des bulletins postal fait basculer des états clés en faveur de Biden, Donald Trump déclare la victoire frauduleuse et s'arroge le titre de vainqueur. Pendant plusieurs semaines, sans fournir de preuves tangibles étayant ses dires, il attaque en justice les résultats dans plusieurs États contestés et exerce des pressions sur des élus locaux et républicains pour qu'ils invalident les votes.
Cette campagne de "Stop the Steal" (Arrêtez le vol) culmine le 6 janvier 2021, jour où le Congrès doit certifier la victoire de Joe Biden. Donald Trump tient un meeting fervent à Washington, exhortant ses partisans à marcher vers le Capitole et à "se battre comme l'enfer". En fin de matinée, une foule de supporters envahit le siège du législatif américain, perçant les barrages de police, saccageant les bureaux et interrompant la session de certification pendant plusieurs heures. Les images de cet assaut, inédit dans l'histoire moderne des États-Unis, choquent le monde entier et marquent une rupture symbolique majeure dans la vie politique américaine.