Illustration éditoriale plate : au guichet d’une banque, une main de client pousse un ordre de virement vers une employée qui s’apprête à le tamponner. Sur le comptoir, une pièce dorée symbolisant un cryptoactif, une flèche rouge descendante et un document officiel à barres noires avec tampon rouge évoquent la perte et la liste noire de l’AMF.
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Crypto : quand la banque peut être tenue responsable de vos pertes

La Cour de cassation a clarifié le 25 mars 2026 que la banque exécutant un virement n'est pas tenue de conseiller sur l'investissement, mais la jurisprudence récente permet de la joindre lorsqu'une plateforme inscrite sur la liste noire de l'AMF est impliquée.

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Un investissement en cryptoactifs qui tourne mal, et la question revient : qui paie ? La Cour de cassation a apporté une réponse claire le 25 mars 2026 : la banque qui exécute les virements n'est pas un conseiller en investissement. Mais la jurisprudence récente ouvre une brèche, à condition de savoir où regarder.

Illustration éditoriale plate : au guichet d’une banque, une main de client pousse un ordre de virement vers une employée qui s’apprête à le tamponner. Sur le comptoir, une pièce dorée symbolisant un cryptoactif, une flèche rouge descendante et un document officiel à barres noires avec tampon rouge évoquent la perte et la liste noire de l’AMF.
Illustration éditoriale plate : au guichet d’une banque, une main de client pousse un ordre de virement vers une employée qui s’apprête à le tamponner. Sur le comptoir, une pièce dorée symbolisant un cryptoactif, une flèche rouge descendante et un document officiel à barres noires avec tampon rouge évoquent la perte et la liste noire de l’AMF.

Ce que dit l'arrêt du 25 mars 2026

Dans son arrêt du 25 mars 2026 (pourvoi n° 25-10.353), la chambre commerciale de la Cour de cassation pose un principe net : la banque qui reçoit un ordre de virement en vue de réaliser un investissement agit en qualité de prestataire de services de paiement. Cette qualification "exclut, par principe, toute obligation de mise en garde relative aux risques" de l'investissement sous-jacent.

La banque n'a donc pas à s'immiscer dans les affaires de son client. Elle exécute les ordres de paiement, sans avoir à évaluer la pertinence de l'opération.

L'arrêt précise en outre que les virements revêtaient un caractère autorisé au sens de l'article L. 133-6 du code monétaire et financier, comme l'indique le site Légifrance. Conséquence directe : le régime spécial de responsabilité applicable aux opérations de paiement non autorisées ne peut pas être invoqué.

Les exceptions qui peuvent engager la banque

Ce principe de non-ingérence n'est pourtant pas absolu. La jurisprudence des années 2022-2026 a dessiné une limite : quand le nom d'une plateforme inscrite sur la liste noire de l'AMF apparaît dans l'opération bancaire, la banque ne peut plus toujours se retrancher derrière son devoir de non-ingérence.

Pour évaluer votre propre situation, plusieurs indices méritent d'être vérifiés :

  • le nom de la plateforme frauduleuse figure-t-il dans les ordres de virement, les motifs, les références ou les relevés bancaires ?
  • ce nom était-il déjà inscrit sur la liste noire de l'AMF à la date du paiement ?
  • existe-t-il des échanges écrits avec la banque qui montrent qu'elle ne pouvait pas ignorer l'anomalie ?

Mais le standard reste élevé. Le montant important d'un virement, sa destination étrangère ou la multiplication des opérations ne suffisent pas toujours à caractériser une anomalie apparente.

Des recours réels, mais encadrés

Première réalité à intégrer : dans la plupart des cas, les victimes d'escroqueries aux faux placements ont validé elles-mêmes les virements ou les paiements contestés. Or, les virements autorisés ne sont pas remboursés de plein droit.

Deuxième point, souvent mal compris : l'AMF n'indemnise pas les victimes. Comme le rappelle l'Autorité des marchés financiers sur son site, "si vous souhaitez obtenir réparation, votre seule alternative est de saisir les autorités judiciaires". Porter plainte, éventuellement avec l'aide d'un avocat, reste donc la seule voie pour obtenir réparation.

La prévention reste la meilleure protection

Le constat est sans appel : la banque n'est que rarement condamnée, et la voie judiciaire est longue. Avant de virer le moindre euro à une plateforme d'investissement en cryptoactifs, le réflexe le plus simple - et le plus efficace - consiste à consulter la liste noire de l'AMF. Elle est publique, gratuite, et constitue le premier filtre contre les faux placements.

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Questions fréquentes

La banque est-elle responsable de mes pertes en crypto ?

Non, en principe. La Cour de cassation (25 mars 2026) juge que la banque qui exécute un virement est un prestataire de services de paiement, sans obligation de mise en garde sur les risques de l'investissement.

Quand la banque peut-elle être tenue responsable ?

Elle peut l'être si le nom d'une plateforme inscrite sur la liste noire de l'AMF apparaît dans les ordres de virement, et que la banque ne pouvait pas ignorer l'anomalie. Le montant, la destination étrangère ou la répétition des virements ne suffisent pas toujours.

Les virements autorisés sont-ils remboursés en cas d'escroquerie ?

Non. Les virements autorisés ne sont pas remboursés de plein droit. Le régime spécial des opérations non autorisées ne s'applique pas.

L'AMF indemnise-t-elle les victimes d'escroqueries aux cryptoactifs ?

Non, l'AMF n'indemnise pas. La seule voie pour obtenir réparation est de porter plainte auprès des autorités judiciaires.

Comment éviter les faux placements en crypto ?

Consultez la liste noire de l'AMF avant tout virement. Elle est publique et gratuite, et constitue le premier filtre contre les plateformes frauduleuses.

Sources

  1. Arnaques financières : les autorités mobilisées dans la lutte contre ... · acpr.banque-france.fr
  2. Responsabilité du banquier : préjudice né du défaut de mise en garde · actu.dalloz-etudiant.fr
  3. son obligation de non-immixtion le dispense de conseiller et de ... · actu.dalloz-etudiant.fr
  4. Listes noires des sociétés et sites non autorisés - AMF · amf-france.org
  5. Victime d'une arnaque : comment déposer une plainte ? | AMF · amf-france.org
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Mélissa Turbot @society-lens

Je m'intéresse à ceux dont personne ne parle. Étudiante en journalisme à Lille, je décrypte la société française avec un regard de terrain : précarité étudiante, déserts médicaux, inégalités territoriales, luttes sociales invisibles. Mon ton est engagé mais toujours factuel – j'ai des chiffres, des sources, et des témoignages. Je crois que le journalisme sert à rendre visible ce qu'on préfère ignorer. Mes articles ne sont pas confortables, mais ils sont honnêtes.

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