Gros plan sur un smartphone affichant une interface de trading avec des graphiques boursiers et des boutons Oui et Non, posé sur une table à côté d'un marteau de juge en bois
Actualités

Coinbase et Gemini poursuivis à New York : le trading crypto devient un casino illégal

New York frappe fort : Coinbase et Gemini risquent 3,4 milliards $ d'amendes pour avoir transformé le trading en casino. Entre marchés de prédiction et risques d'addiction, découvrez les enjeux de ce bras de fer juridique.

As-tu aimé cet article ?

L'État de New York a lancé une offensive juridique massive contre Coinbase et Gemini. La procureure générale Letitia James accuse ces plateformes d'opérer des marchés de prédiction sans licence, transformant des applications financières en casinos clandestins. Ce bras de fer juridique soulève des questions sur la frontière entre l'investissement numérique et le jeu d'argent.

Gros plan sur un smartphone affichant une interface de trading avec des graphiques boursiers et des boutons Oui et Non, posé sur une table à côté d'un marteau de juge en bois
Gros plan sur un smartphone affichant une interface de trading avec des graphiques boursiers et des boutons Oui et Non, posé sur une table à côté d'un marteau de juge en bois

Le choc Letitia James : 3,4 milliards de dollars d'amendes pour Coinbase et Gemini

L'annonce a frappé le secteur avec violence. Letitia James a déposé des plaintes pour stopper les activités de marchés de prédiction sur Coinbase et Gemini. Elle réclame des sommes astronomiques pour sanctionner des opérations de jeu illégales. Pour l'administration new-yorkaise, ces entreprises ont contourné les lois sur les jeux de hasard pour augmenter leurs profits.

Un ticket salé : 2,2 milliards pour Coinbase et 1,2 milliard pour Gemini

Le montant total des réclamations s'élève à 3,4 milliards de dollars. L'État de New York demande au moins 2,2 milliards de dollars à Coinbase et 1,2 milliard de dollars à Gemini. Ces chiffres regroupent des amendes civiles, la confiscation des profits illégaux et des restitutions pour les clients.

Le problème central est l'absence de licence de la New York State Gaming Commission. En proposant des paris sur des événements futurs, les deux plateformes ont agi comme des casinos sans payer les taxes obligatoires. Ces revenus fiscaux servent normalement à financer les écoles publiques, les programmes sportifs pour les jeunes défavorisés et les centres de traitement des addictions.

L'argument de la protection des jeunes New-Yorkais

Letitia James place la santé publique au centre de son action. Elle dénonce l'accès aux marchés de prédiction pour les résidents de New York dès 18 ans. La loi de l'État impose pourtant un âge minimum de 21 ans pour participer aux paris sportifs mobiles.

Le bureau de la procureure s'appuie sur des données médicales pour justifier cette rigueur. Une étude des National Institutes of Health montre qu'une exposition précoce aux jeux d'argent augmente les risques de dépression, d'anxiété, de sautes d'humeur et de stress financier. Parallèlement, une recherche de l'American Psychological Association indique que 32 % des personnes souffrant de troubles du jeu ont déjà éprouvé des idées suicidaires.

Le non-respect des règles sur le sport universitaire

La plainte ajoute un grief spécifique concernant le sport local. Gemini et Coinbase auraient permis des paris sur des matchs impliquant des équipes universitaires de New York. Cette pratique est formellement interdite par la législation locale. En mélangeant Bitcoin et résultats sportifs, les plateformes ont ignoré les garde-fous juridiques protecteurs.

Anatomie d'un « marché de prédiction » : comment transformer une élection en action boursière

Un marché de prédiction n'est pas un pari classique avec une cote fixe. C'est un système de contrats binaires qui imite une bourse. L'utilisateur achète une part d'un résultat possible plutôt qu'un ticket de loterie.

Le mécanisme du « Oui/Non » : quand le prix devient une probabilité

Chaque événement futur dispose de deux contrats : un contrat « Oui » et un contrat « Non ». Le prix de ces parts oscille entre 0 et 1 dollar. Ce montant indique la probabilité que le marché attribue à l'événement.

Si une part « Oui » pour la victoire d'un candidat coûte 0,75 $, le marché estime qu'il y a 75 % de chances que ce candidat gagne. L'acheteur réalise un profit si l'événement se produit, car la part vaut alors 1 $. Si l'événement échoue, la part tombe à 0 $ et l'investissement est perdu. Ce système permet de spéculer sur l'évolution des probabilités en temps réel.

De la pop culture aux urnes : sur quoi peut-on réellement parier ?

L'offre de Coinbase et Gemini dépasse les analyses financières. Les utilisateurs misent sur des matchs de sport, des cérémonies comme les Oscars ou des scrutins politiques. L'application devient un centre de divertissement spéculatif.

L'utilisation de cryptomonnaies facilite ces transactions rapides. En associant le trading de Bitcoin à des paris sur la télé-réalité, les plateformes brouillent la ligne entre gestion de patrimoine et jeu pur. Pour comprendre les risques de ces systèmes, on peut consulter notre analyse sur Paris sur l'actualité : Polymarket et les risques des marchés de prédiction.

La structure technique des contrats binaires

Ces contrats reposent sur une issue binaire. L'événement arrive ou il n'arrive pas. Il n'y a pas de nuance ou de résultat partiel. Cette simplicité attire les utilisateurs qui ne maîtrisent pas les produits dérivés complexes. Ils sont attirés par le gain rapide.

L'illusion de l'investissement : trading financier ou casino déguisé ?

Les plateformes utilisent le concept de « Price Discovery » (découverte du prix) pour se défendre. Elles affirment que leurs marchés sont des outils d'analyse. En agrégeant les mises, elles créeraient un indicateur plus fiable que les sondages pour prévoir l'avenir.

Le mythe de la « Price Discovery » face à la réalité des paris sportifs

L'idée de mesurer le risque géopolitique est séduisante. Cependant, les chiffres montrent une réalité différente. Sur Kalshi, un autre acteur du secteur, environ 85 % du volume d'échanges en 2025 provenait de paris sportifs.

L'usage de termes comme « contrat » ou « marché » sert de vernis. On ne parle plus de parier sur un match, mais de prendre position sur un contrat d'événement sportif. Le résultat reste le même. Un utilisateur mise de l'argent sur un événement incertain et hors de son contrôle. C'est la définition du jeu de hasard.

Le piège psychologique de l'interface « Trading »

L'intégration de ces marchés dans des applications de crypto crée un biais cognitif. L'utilisateur perçoit ces paris comme une extension de sa stratégie d'investissement. L'interface, avec ses graphiques et ses carnets d'ordres, normalise l'acte de parier.

Ce camouflage rend l'addiction invisible. Une application de crypto se présente comme un outil de gestion financière moderne. Elle diffère d'un casino physique. Le sentiment de risque diminue car l'utilisateur a l'impression de maîtriser un outil technique.

La confusion entre actif et mise

L'utilisateur confond souvent la valeur du jeton avec la valeur du pari. Dans un investissement classique, on achète un actif qui peut croître. Ici, on achète un droit sur un résultat. Si le résultat est négatif, la valeur tombe à zéro instantanément. Il n'y a aucune possibilité de récupération.

L'effet domino : de Polymarket à Kalshi, la fin de l'impunité

De nombreux marchés de prédiction ont grandi dans une zone grise réglementaire. Ils ont profité de la rapidité technologique face à la lenteur des lois. Les régulateurs américains coordonnent désormais leurs actions.

La bataille judiciaire de Kalshi et le précédent d'octobre 2024

Kalshi a obtenu une victoire partielle devant une cour fédérale en octobre 2024. Le tribunal a autorisé la plateforme à proposer des contrats liés aux élections américaines. Le juge a estimé que cela relevait de la gestion du risque.

Cette décision fédérale ne protège pas l'entreprise contre les lois des États. Le Nevada et l'Arizona contestent toujours ces activités. Le droit local sur les jeux de hasard prime souvent sur les interprétations de la CFTC (Commodity Futures Trading Commission).

La stratégie de contournement de Polymarket via QCX

Polymarket a tenté une approche différente pour s'implanter aux États-Unis. La plateforme a racheté QCX, un exchange déjà régulé par la CFTC. L'objectif est d'utiliser une licence existante pour légitimer ses marchés.

Cette stratégie prouve que même les acteurs disruptifs acceptent la fin du Far West réglementaire. Pour survivre, ils doivent accepter la surveillance, la déclaration fiscale et la vérification d'identité (KYC). Coinbase et Gemini ont tenté d'éviter ces contraintes.

La pression croissante des régulateurs fédéraux

La SEC et la CFTC surveillent de près l'évolution de ces outils. Certains litiges sont en cours de résolution. Coinbase a vu certaines poursuites de la SEC s'atténuer sous l'influence politique. Le volet jeu d'argent reste une priorité pour les procureurs d'État.

Alerte rouge pour les utilisateurs français : ce que disent l'ANJ et l'AMF

Les utilisateurs français s'interrogent sur la légalité de ces plateformes. La réponse est claire. Ces sites opèrent hors du cadre légal français. S'y connecter expose à des risques importants.

Pourquoi l'ANJ et non l'AMF gère ces plateformes

Une confusion existe entre l'Autorité des marchés financiers (AMF) et l'Autorité nationale des jeux (ANJ). Comme ces marchés utilisent des cryptomonnaies, on pourrait penser qu'ils relèvent de l'AMF et du règlement européen MiCA.

Le régulateur français précise que c'est la nature de l'opération qui compte. Parier sur un événement futur est une activité de jeu. L'ANJ détient donc la compétence juridique. L'AMF supervise la valeur du jeton, mais l'ANJ supervise l'usage du jeton comme mise.

Le statut d'illégalité de Polymarket et Kalshi en France

En France, Polymarket et Kalshi sont des sites de jeux illégaux. Ils n'ont aucune licence délivrée par l'ANJ. Ils ne respectent pas les normes françaises sur la protection des mineurs ou la lutte contre le blanchiment.

L'utilisation de ces sites est risquée. En cas de gel des fonds ou de fraude, l'utilisateur n'a aucun recours légal. L'absence de contrôle sur l'équité peut mener à des manipulations de prix par de gros acteurs. Pour plus d'informations, consultez le site de l' ANJ.

Les sanctions possibles pour les opérateurs

L'État français peut bloquer l'accès à ces sites via les fournisseurs d'accès internet. Les opérateurs qui ciblent activement le public français sans licence s'exposent à des sanctions pénales. L'utilisateur perd toute garantie de sécurité sur ses fonds.

Conclusion : Vers un encadrement strict des paris sur l'actualité

Le marché des prédictions devrait atteindre 325 milliards de dollars d'ici 2026. Cette expansion se heurte à un mur juridique. L'affaire Coinbase et Gemini prouve que la blockchain ne remplace pas les lois sur les jeux de hasard.

L'époque où l'on transformait une application financière en casino sans licence se termine. Les outils de prédiction deviennent précis, mais leur cadre légal devient restrictif. Le vocabulaire du trading ne transforme pas un pari en investissement. Les régulateurs, de New York à Paris, veulent éradiquer cette confusion pour protéger les épargnants et les jeunes adultes.

As-tu aimé cet article ?

Questions fréquentes

Pourquoi Coinbase et Gemini sont-ils poursuivis à NY ?

L'État de New York les accuse d'opérer des marchés de prédiction sans licence, transformant ainsi leurs applications financières en casinos clandestins. La procureure Letitia James réclame 3,4 milliards de dollars d'amendes pour ces activités de jeu illégales.

Qu'est-ce qu'un marché de prédiction ?

C'est un système de contrats binaires où l'utilisateur achète des parts 'Oui' ou 'Non' sur un événement futur. Le prix de la part, compris entre 0 et 1 dollar, représente la probabilité que l'événement se produise.

Les marchés de prédiction sont-ils légaux en France ?

Non, des plateformes comme Polymarket et Kalshi sont considérées comme des sites de jeux illégaux en France. Elles ne possèdent pas de licence délivrée par l'Autorité Nationale des Jeux (ANJ), ce qui expose les utilisateurs à des risques financiers sans recours légal.

Quel est le risque des marchés de prédiction pour les jeunes ?

L'exposition précoce aux jeux d'argent est liée à des risques accrus de dépression, d'anxiété et de stress financier. C'est pourquoi New York dénonce l'accès à ces marchés dès 18 ans, alors que les paris sportifs mobiles y sont interdits avant 21 ans.

Sources

  1. Attorney General James Sues Coinbase and Gemini for Running Illegal Gambling Platforms in New York · ag.ny.gov
  2. anj.fr · anj.fr
  3. coinmarketcap.com · coinmarketcap.com
  4. editorial_brief · editorial_brief
  5. forbes.com · forbes.com
world-watcher
Sarah Lebot @world-watcher

Journaliste en herbe, je synthétise l'actu mondiale pour ceux qui n'ont pas le temps de tout suivre. Étudiante en journalisme à Sciences Po Lille, je contextualise les événements sans prendre parti. Mon objectif : rendre l'info accessible et compréhensible, surtout pour ma génération. Pas de jargon, pas de sensationnalisme – juste les faits et leur contexte. Parce que comprendre le monde, c'est le premier pas pour le changer.

764 articles 0 abonnés

Commentaires (12)

Connexion pour laisser un commentaire.

Chargement des commentaires...

Articles similaires