Max Roustan, maire d'Alès, en écharpe tricolore.
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Alès : le maire reçoit deux balles de 9 mm signées « DZ Mafia », que révèle cette menace ?

Le maire d'Alès a reçu deux balles de 9 mm signées « DZ Mafia », une menace de mort qui révèle l'escalade du narcotrafic dans les villes moyennes.

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La matinée du 14 juillet 2026 restera gravée dans la mémoire de Christophe Rivenq. En rentrant chez elle, son épouse découvre une enveloppe glissée dans la boîte aux lettres de leur domicile. À l'intérieur, deux balles de calibre 9 mm. Sur la clôture, des tags. Et partout, la même signature : « DZ Mafia ». Ce n'est pas un simple acte de vandalisme, mais une menace de mort explicite adressée au maire d'Alès, une ville de 46 000 habitants où le narcotrafic a déjà fait plusieurs morts depuis l'arrivée du cartel marseillais à l'été 2025. L'enquête pour menaces de mort et intimidation a été confiée au commissariat local, plongeant la cité cévenole dans une tension inédite. 

Max Roustan, maire d'Alès, en écharpe tricolore.
Max Roustan, maire d'Alès, en écharpe tricolore. — Julie30100 / CC BY-SA 4.0 / (source)

Deux balles dans la boîte aux lettres : la matinée qui a changé la donne pour le maire d'Alès

Le récit d'une découverte glaçante

C'est en ouvrant le courrier que l'épouse du maire a fait cette macabre découverte. Les deux balles de 9 mm, glissées dans une simple enveloppe blanche, portaient la mention manuscrite « DZ Mafia ». Sur le mur de la clôture, des tags reprenaient la même signature, comme un sceau apposé sur la menace. Dans cette ville du Gard habituée aux tensions dans ses cités, personne n'avait jamais imaginé qu'un élu puisse être directement visé de la sorte.

Le quartier résidentiel où réside Christophe Rivenq a été immédiatement bouclé par les forces de l'ordre. Les techniciens en identification criminelle ont passé la scène au peigne fin, à la recherche d'empreintes, d'ADN ou de tout indice permettant d'identifier les auteurs. Une atmosphère de stupeur a saisi les riverains, conscients que la ligne rouge venait d'être franchie. 

Véhicule de la Gendarmerie nationale illustrant la présence des forces de l'ordre à Alès.
Véhicule de la Gendarmerie nationale illustrant la présence des forces de l'ordre à Alès. — (source)

« Je n'avais jamais reçu de menaces de ce niveau » : la déclaration choc de Christophe Rivenq

Le maire, membre des Républicains, n'a pas attendu longtemps pour réagir. « Je n'avais jamais reçu de menaces de ce niveau, a-t-il déclaré. Cela montre que les actions que nous portons contre la DZ et le trafic de stupéfiants portent leurs fruits. » Une analyse qui en dit long sur le contexte local : depuis plusieurs mois, la municipalité d'Alès mène une politique de fermeté face à l'emprise croissante du narcotrafic.

« Je continuerai à faire mon travail et je ne me laisserai pas intimider », a ajouté l'édile, dans une posture de résistance assumée. Mais derrière cette détermination affichée, la dimension psychologique est lourde. La menace ne vise plus seulement la fonction, elle touche désormais le domicile privé, l'intimité familiale. Chaque jour, le maire et son épouse savent que leur adresse a été ciblée, que leur boîte aux lettres a servi de vecteur à un message de mort. 

Un policier national en tenue d'intervention, présent dans le cadre de l'enquête sur les menaces.
Un policier national en tenue d'intervention, présent dans le cadre de l'enquête sur les menaces. — (source)

L'enquête pour menaces de mort démarre sous pression

Le parquet de Nîmes a immédiatement ouvert une enquête pour « menaces de mort et intimidation », confiée au commissariat d'Alès. Les premières constatations techniques sont en cours : analyse des tags, de l'enveloppe, des balles. Chaque détail compte pour déterminer si la menace est l'œuvre du cartel lui-même ou d'un imitateur.

Pour l'appareil judiciaire local, c'est un choc. Les magistrats et enquêteurs d'Alès connaissent bien la DZ Mafia, qui a fait irruption dans la ville depuis l'été 2025. Mais recevoir une menace physique adressée directement à un élu, c'est une escalade qui interroge sur la capacité de l'État à protéger ses représentants locaux.

DZ Mafia : aux racines d'un cartel qui a professionnalisé le crime

Des cités marseillaises à la tête d'un empire : Tic, Tac et la naissance du gang

La DZ Mafia n'est pas née d'hier. Ses racines plongent dans la cité Bassens, dans le 15e arrondissement de Marseille, où les frères Lamine et Mehdi Laribi – surnommés « Tic et Tac » – ont posé les premières pierres de ce qui allait devenir l'un des cartels les plus puissants de France. L'organisation a véritablement émergé après les guerres de gangs qui ont secoué Marseille dans les années 2010, notamment à la suite de l'affaire du « barbecue marseillais » en 2011.

Le nom DZ renvoie au code alpha-2 de l'Algérie, « el-Djazaïr » en arabe, soulignant les origines des fondateurs. Mais là où d'autres gangs restaient cantonnés à leur quartier, les Laribi ont bâti une machine criminelle capable de s'étendre bien au-delà des frontières marseillaises. Aujourd'hui, la DZ Mafia est accusée de meurtres, d'assassinats à forfait, de trafics de stupéfiants, d'enlèvements et de racket. 

Mur tagué avec des références au trafic de stupéfiants, en lien avec l'univers de la DZ Mafia.
Mur tagué avec des références au trafic de stupéfiants, en lien avec l'univers de la DZ Mafia. — (source)

Une « franchise » criminelle : 40 000 euros par jour par point de deal

Ce qui distingue la DZ Mafia des autres organisations criminelles, c'est son modèle économique. Le journaliste Philippe Pujol, auteur de « Cramés : les enfants du monstre », la décrit comme une « ubérisation de l'économie de la drogue ». Concrètement, le cartel fonctionne comme une franchise : des semi-grossistes arrosent les vendeurs de terrain, qui reversent une partie de leurs bénéfices en échange d'une protection et d'un accès aux réseaux d'approvisionnement.

Les chiffres donnent le vertige. Selon les enquêteurs, un point de deal contrôlé par la DZ Mafia peut générer jusqu'à 40 000 euros par jour. En 2023, l'organisation était responsable de 80 % des homicides liés à la drogue à Marseille. Un dealer anonyme interrogé par TF1 résumait la logique implacable : « Chaque travailleur sait pourquoi il vient ici. Et il sait les risques qu'il encourt : soit tu vas finir en prison, soit tu vas prendre une balle. »

Quand la mafia met la tête d'un juge à prix

La menace contre le maire d'Alès n'est pas un acte isolé dans le répertoire de la DZ Mafia. En octobre 2025, deux hommes se revendiquant du cartel ont été mis en examen à Paris pour avoir publié un contrat sur la tête d'un magistrat francilien. Le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire pour « association de malfaiteurs terroriste criminelle », un signal fort sur la dangerosité de l'organisation.

Cette escalade montre que la DZ Mafia ne se contente plus de régler ses comptes avec les trafiquants rivaux. Elle s'attaque désormais directement aux représentants de l'État : magistrats, policiers, et maintenant élus locaux. La logique est implacable : en intimidant ceux qui incarnent l'autorité publique, le cartel cherche à créer un vide dans lequel il peut prospérer sans entrave. 

Max Roustan, maire d'Alès, de profil.
Max Roustan, maire d'Alès, de profil. — (source)

Pourquoi Alès ? Le Gard, nouvelle terre de conquête du narcotrafic marseillais

L'été 2025 : le jour où la DZ Mafia a débarqué dans le Gard

Jusqu'à l'été 2025, Alès était une ville moyenne du Gard, avec ses problèmes de cités sensibles mais sans la violence spectaculaire des grandes métropoles. Tout a basculé lorsque la DZ Mafia a décidé de s'implanter dans le quartier des Près-Saint-Jean. Le commissaire d'Alès, Emmanuel Dumas, ne mâche pas ses mots : la DZ Mafia « bouleverse le narcotrafic local » avec des méthodes d'une violence inouïe.

Les premières fusillades ont éclaté en octobre 2025. En janvier 2026, un adolescent de 15 ans venu de Paris a été blessé par balle à la kalachnikov. Un homme de 53 ans est mort après s'être trouvé « au mauvais endroit au mauvais moment ». En juin 2026, un jeune de 18 ans originaire de l'Hérault a été tué par balles dans le même quartier, comme le rapportait Le Figaro. Cette escalade rappelle celle observée dans la Drôme, où un jeune homme a été tué par balle à Valence sur fond de narcotrafic

Alès, ville de 46 000 habitants dans le Gard, ciblée par le narcotrafic depuis l'arrivée du cartel marseillais DZ Mafia

« Disparition du régulateur local » : la mainmise violente sur les points de deal

La méthode DZ Mafia est rodée. Le cartel arrive dans une ville, identifie les points de deal existants, et impose sa loi par la violence. « Il y a une disparition du régulateur local », explique le commissaire Dumas au Réveil du Midi. Là où les réseaux historiques fonctionnaient avec une certaine discrétion, la DZ Mafia déploie une « surface financière très importante » et une intimidation totale.

Les rivalités avec les réseaux locaux transforment les quartiers en champs de bataille. Des balles traversent les fenêtres d'appartements, des voitures de passage reçoivent des impacts, des séquestrations sont organisées. La population civile paie le prix fort de cette guerre de territoire.

Les chiffres de la guerre : 43 gardes à vue, kalachnikovs et 3 kg de cocaïne saisis

L'action policière est intense. En un mois au début de l'année 2026, la police d'Alès a placé 43 dealers en garde à vue, dont 34 ont été déférés et 12 écroués. Les saisies parlent d'elles-mêmes : 3 kg de cocaïne, 5 kg de cannabis et deux kalachnikovs. Des armes de guerre qui n'avaient rien à voir avec la délinquance locale d'avant.

Pourtant, malgré ces résultats, le flux de stupéfiants et d'armes ne tarit pas. La délinquance générale (cambriolages, vols) est en baisse à Alès, mais le narcotrafic reste un défi tenace. Chaque coup de filet semble créer un vide rapidement comblé par de nouveaux venus. 

Max Roustan (à droite) recevant la Légion d'honneur.
Max Roustan (à droite) recevant la Légion d'honneur. — (source)

Le mystère de l'enveloppe : la signature « DZ Mafia » est-elle authentique ?

« Ils ne préviennent pas, ils agissent » : le mode opératoire qui jette le doute

C'est l'élément qui intrigue le plus les enquêteurs. Selon un enquêteur de la police judiciaire cité par Objectif Gard, la DZ Mafia « n'a pas vraiment l'habitude d'avertir, ils agissent plutôt les armes à la main et sans prévenir ». Le modus operandi classique du gang repose sur des exécutions, des règlements de compte et des assassinats à forfait, pas sur des menaces écrites glissées dans une enveloppe.

Ce contraste saisissant entre la méthode présumée du cartel et la nature de la menace adressée au maire d'Alès jette un doute légitime sur l'authenticité de la signature. La DZ Mafia aurait-elle changé de stratégie au point d'envoyer des avertissements ? Ou assiste-t-on à autre chose ?

Les pistes des enquêteurs : imitation, provocation ou message d'une nouvelle cellule ?

Plusieurs hypothèses sont sur la table. La première est celle de l'imitation : un dealer local, un petit caïd ou même un déséquilibré aurait utilisé la marque « DZ Mafia » pour donner plus de poids à sa menace. Dans ce cas, le cartel lui-même n'est pas directement impliqué, mais son nom sert d'effet de terreur.

La deuxième hypothèse est celle d'une provocation : un réseau rival cherchant à faire porter le chapeau à la DZ Mafia tout en intimidant le maire. Une manière de semer la confusion et de fragiliser à la fois l'édile et le cartel.

La troisième hypothèse, plus inquiétante, est celle d'un message authentique émanant d'une nouvelle cellule de la DZ Mafia implantée à Alès. L'organisation a montré sa capacité à s'adapter et à innover. Peut-être assiste-t-on à un tournant stratégique, où la menace directe contre les élus devient un outil de pression supplémentaire.

Un flou qui renforce la pression psychologique sur l'édile

Quelle que soit la vérité, l'effet est immédiat. Le maire et sa famille vivent sous protection renforcée. Les patrouilles de police autour de son domicile sont accrues. L'édile doit adapter son emploi du temps, renoncer à certaines sorties, accepter une présence policière constante.

L'intimidation fonctionne, que la menace soit authentique ou non. Elle sème le trouble dans l'exercice du mandat, oblige l'élu à consacrer du temps et de l'énergie à sa sécurité plutôt qu'à la gestion de la ville. C'est exactement l'effet recherché par ceux qui ont envoyé ces balles.

Balles, tags et menaces : quand les trafiquants ciblent les maires de France

Le narcotrafic, première menace pour les élus locaux ?

Les chiffres de la Police Nationale sont éloquents. En 2024, 617 atteintes visant des élus ont été recensées en zone police nationale, contre 739 en 2023, soit une baisse globale de près de 17 %. Mais derrière cette statistique encourageante se cache une tendance plus inquiétante : les menaces liées au narcotrafic sont en augmentation et prennent une dimension nouvelle.

Il ne s'agit plus seulement d'insultes ou de tags. Les intimidations deviennent physiques : balles envoyées par courrier, incendies de véhicules de fonction, explosifs déposés devant les domiciles. Le narcotrafic est identifié comme le principal vecteur de cette escalade. Les trafiquants comprennent que pour protéger leur business, il faut faire taire ceux qui les combattent.

L'onde de choc : de Marseille à Échirolles, des maires en première ligne

Le cas de Christophe Rivenq n'est pas isolé. À Marseille, Benoît Payan reçoit régulièrement des menaces de mort. À Échirolles, Amandine Demore a vu son véhicule de fonction incendié. À Chenôve, Thierry Falconnet a été confronté à des exécutions en pleine rue. Tous refusent de céder à l'intimidation, mais le coût est lourd.

Pour les communes, la facture est significative : protection rapprochée, aménagement des emplois du temps, impact sur la vie de famille. Les maires deviennent des cibles, et leur fonction, autrefois perçue comme un service de proximité, se transforme en mission à haut risque. Comme le résume un élu dans Ouest-France : « Il ne faut pas lâcher devant eux. » 

Christophe Rivenq, nouveau maire d'Alès.
Christophe Rivenq, nouveau maire d'Alès. — (source)

Un maire d'Alès sous haute protection : quel impact sur la gestion de la ville ?

Pour Christophe Rivenq, la menace a des conséquences concrètes. Impossible de mener une vie normale. Chaque déplacement est un calcul de risques. Chaque apparition publique est un défi. L'exemple donné à ses administrés est celui d'un homme qui refuse de plier, mais à quel prix ?

Le message politique est clair : « Je ne me laisserai pas intimider », répète le maire. Mais cette posture de résistance a un coût personnel et professionnel. La gestion de la ville, déjà complexe face à la montée du narcotrafic, devient un combat permanent. L'édile doit à la fois rassurer la population, maintenir l'ordre républicain et protéger sa propre vie.

« Chair à canon » : comment les jeunes d'Alès sont aspirés par les réseaux du trafic

Snapchat, messageries cryptées et billets faciles : l'usine à recrutement

Le commissaire Dumas l'a révélé au Réveil du Midi : les recrutements se font via les réseaux sociaux auprès de jeunes de 15 à 20 ans venant de toute la France. Snapchat, Telegram, Signal : les messageries cryptées sont devenues le principal outil de recrutement des trafiquants. Un adolescent à Paris, à Lyon ou à Lille peut être contacté en quelques clics, se voir proposer de l'argent facile pour un « job » de guetteur ou de vendeur.

L'aveuglement sur les risques est total. Les promesses d'argent rapide, de statut social, de reconnaissance dans le quartier font miroiter un avenir que l'école et les institutions ne proposent pas. Mais la réalité est tout autre : ces jeunes deviennent des pions interchangeables, sacrifiables au premier conflit.

« Prison ou balle » : le choix impossible des jeunes dans l'engrenage

Le dealer anonyme interrogé par TF1 ne prend pas de gants : « Chaque travailleur sait pourquoi il vient ici. Et il sait les risques qu'il encourt : soit tu vas finir en prison, soit tu vas prendre une balle. » Une lucidité glaçante qui contraste avec l'insouciance des jeunes recrutés.

Le piège est redoutable. Une fois entré dans le réseau, il est presque impossible d'en sortir. La dette, la peur des représailles, la pression des pairs : tout concourt à maintenir ces jeunes dans l'engrenage. Certains deviennent rapidement les victimes des réseaux qu'ils ont intégrés ou de bandes rivales, subissant des violences parfois mortelles.

Le cri d'alarme du procureur : des mineurs transformés en chair à canon

Le procureur d'Alès, Abdelkrim Grini, a exprimé son inquiétude face au jeune âge des personnes impliquées. « Il n'est pas normal que des mineurs tombent dans ces réseaux de narcotrafic, a-t-il déclaré à France 3. Pour beaucoup d'entre eux ce sont de la chair à canon. »

Des mots forts qui résonnent comme un appel à la responsabilité collective. Car l'embrigadement des mineurs n'est pas seulement un problème judiciaire : c'est un échec éducatif, social et familial. Les trafiquants exploitent la vulnérabilité des jeunes, leur besoin d'appartenance, leur désir d'argent facile. Et la société dans son ensemble doit répondre à ce défi.

Conclusion : Alès, symbole d'une guerre du narcotrafic qui a changé de dimension

Une réponse judiciaire massive, mais une hydre qui renaît

L'État n'est pas resté les bras croisés. En mars 2026, 41 membres présumés de la DZ Mafia ont été interpellés dans une vaste opération nationale. Trente ont été mis en examen et quinze placés en détention provisoire. Un coup dur pour l'organisation, mais pas un coup fatal.

Car la DZ Mafia fonctionne en réseau décentralisé, comme une franchise. Décapiter une tête ne suffit pas : d'autres cellules prennent le relais, d'autres points de deal s'ouvrent. Le défi est structurel : comment démanteler une organisation qui a professionnalisé le crime au point d'en faire un business model reproductible ?

Cette réalité rappelle celle observée à Marseille, où des explosions criminelles ont soufflé deux halls d'immeubles en une nuit. La violence n'épargne plus personne, et les villes moyennes comme Alès deviennent les nouvelles cibles du grand banditisme.

Le symbole Rivenq : un maire qui ne cède pas, mais à quel prix ?

L'incident des balles de 9 mm, qu'il soit l'œuvre du cartel ou d'un imitateur, révèle la porosité grandissante entre grand banditisme et vie locale. Il souligne le défi direct à l'autorité publique dans les villes moyennes et la nécessité d'une réponse multidimensionnelle.

Christophe Rivenq a choisi la résistance. Mais sa détermination ne suffira pas. La réponse ne peut être que systémique : action judiciaire ferme, protection renforcée des élus, prévention auprès des jeunes, et surtout, une volonté politique de ne jamais normaliser la menace. Car chaque balle envoyée, chaque tag tracé, chaque vie perdue est une défaite pour la République.

Le narcotrafic a changé de dimension en France. Alès en est l'un des symptômes les plus récents et les plus frappants. Et la guerre, comme le rappelle le procureur Grini, se gagne aussi dans les têtes : en offrant aux jeunes un avenir qui ne passe pas par la prison ou par une balle.

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Questions fréquentes

Qui a reçu deux balles de 9 mm dans sa boîte aux lettres ?

Le maire d'Alès, Christophe Rivenq, a reçu deux balles de calibre 9 mm dans une enveloppe glissée dans sa boîte aux lettres, accompagnées de la signature « DZ Mafia ».

Pourquoi la DZ Mafia vise-t-elle Alès ?

Le cartel marseillais DZ Mafia s'est implanté dans le quartier des Près-Saint-Jean à Alès à l'été 2025. Il impose sa loi par une violence inouïe pour prendre le contrôle des points de deal locaux, transformant la ville en champ de bataille.

La signature DZ Mafia sur les balles est-elle authentique ?

Les enquêteurs doutent de l'authenticité de la signature, car la DZ Mafia a plutôt l'habitude d'agir sans avertir. Les pistes incluent une imitation par un dealer local, une provocation d'un réseau rival, ou un message d'une nouvelle cellule du cartel.

Comment la DZ Mafia recrute-t-elle des jeunes ?

La DZ Mafia recrute des jeunes de 15 à 20 ans via les réseaux sociaux comme Snapchat, Telegram et Signal. Les adolescents sont attirés par des promesses d'argent facile, mais deviennent souvent de la « chair à canon » selon le procureur.

Quel est le modèle économique de la DZ Mafia ?

La DZ Mafia fonctionne comme une franchise criminelle : des semi-grossistes arrosent les vendeurs de terrain, qui reversent une partie de leurs bénéfices. Un point de deal peut générer jusqu'à 40 000 euros par jour.

Sources

  1. Gard : un homme de 18 ans tué par balles à Alès sur fond de narcotrafic · lefigaro.fr
  2. actu.fr · actu.fr
  3. fr.wikipedia.org · fr.wikipedia.org
  4. france3-regions.franceinfo.fr · france3-regions.franceinfo.fr
  5. lereveildumidi.fr · lereveildumidi.fr
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Sarah Imbot @street-voice

Originaire de Saint-Denis, je raconte la société française telle que je la vis : les quartiers, les galères du quotidien, mais aussi les solidarités qu'on ne montre jamais à la télé. Bénévole dans une asso d'aide aux devoirs, je crois au pouvoir des histoires de terrain.

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