Achraf Hakimi en costume lors d'un événement officiel.
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Achraf Hakimi jugé pour viol : la cour d’appel de Versailles confirme le procès

Le 19 juin 2026, la cour d’appel de Versailles confirme le procès d’Achraf Hakimi pour viol, plongeant le joueur du PSG et capitaine du Maroc dans un tourbillon judiciaire.

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Le 19 juin 2026 restera une date à double tranchant dans la carrière d'Achraf Hakimi. Alors que le Maroc s'apprête à affronter l'Écosse en phase de poules de la Coupe du monde, la cour d'appel de Versailles a rendu un verdict qui dépasse le cadre sportif : le défenseur du PSG sera bien jugé pour viol devant la cour criminelle départementale des Hauts-de-Seine. La décision, tombée en début de matinée, a provoqué une onde de choc dans le monde du football, mêlant l'excitation d'une compétition planétaire à la gravité d'une procédure judiciaire qui dure depuis plus de trois ans. 

Achraf Hakimi en costume lors d'un événement officiel.
Achraf Hakimi en costume lors d'un événement officiel. — (source)

Juin 2026 : quand la justice a rendez-vous avec le Mondial

Le timing de la décision judiciaire interroge. Ce 19 juin 2026, le Maroc affronte l'Écosse en soirée pour son deuxième match de Coupe du monde. Le premier s'était soldé par un nul prometteur contre le Brésil (1-1). Hakimi, capitaine des Lions de l'Atlas, doit mener son équipe sur le terrain quelques heures après avoir appris qu'il sera jugé pour viol.

Une pression psychologique écrasante

La pression psychologique est immense. D'un côté, il y a l'enjeu sportif : le Maroc, demi-finaliste du Mondial 2022, vise une nouvelle épopée. De l'autre, la confirmation judiciaire qui pèse sur les épaules du joueur. La Fédération royale marocaine de football se trouve dans une position délicate. Comment gérer l'annonce de cette décision auprès du public et des supporters sans compromettre la concentration de l'équipe ?

Le calendrier judiciaire indifférent au sport

Le timing interroge. La cour d'appel aurait-elle pu différer sa décision après la compétition ? Juridiquement, rien ne l'y obligeait. Le calendrier judiciaire suit sa propre logique, indifférente aux échéances sportives. Mais le symbole est fort : au moment où le monde du football a les yeux rivés sur les États-Unis, la justice rappelle que personne n'est au-dessus de la loi.

Le communiqué de la cour d'appel

Dans un communiqué sobre, la cour d'appel de Versailles a rejeté la demande de non-lieu formulée par la défense et confirmé le renvoi du joueur devant la cour criminelle. La décision était attendue depuis l'audience de mai 2026, où Hakimi avait comparu personnellement pour contester son renvoi en procès. Pour la justice, les charges sont suffisamment étayées pour justifier un procès. Le joueur, âgé de 27 ans, a débuté la compétition avec le brassard de capitaine et se trouve désormais confronté à une réalité judiciaire qui dépasse le cadre sportif. 

Achraf Hakimi en plan rapproché, regardant sur le côté.
Achraf Hakimi en plan rapproché, regardant sur le côté. — (source)

Instagram, VTC, Boulogne-Billancourt : le récit de la nuit du 25 février

Pour comprendre l'affaire, il faut remonter à la genèse des faits. Le 25 février 2023, une jeune femme de 24 ans se rend au domicile d'Achraf Hakimi à Boulogne-Billancourt. Ce qui devait être une rencontre entre deux adultes consentants va se transformer en une affaire judiciaire qui secoue le football français et international.

Un VTC commandé par le joueur, une rencontre sur Instagram

Tout commence en janvier 2023 sur Instagram. La jeune femme, alors âgée de 24 ans comme Hakimi, entre en contact avec le joueur via les messages directs du réseau social. Les échanges sont cordiaux, et une relation virtuelle s'installe pendant plusieurs semaines. Selon les éléments de l'enquête, c'est Hakimi lui-même qui propose une rencontre et organise le transport.

Le 25 février, le joueur commande un VTC pour faire venir la jeune femme à son domicile de Boulogne-Billancourt, une commune huppée des Hauts-de-Seine où il réside. Les enquêteurs ont pu retracer ce déplacement grâce aux données numériques : la réservation du véhicule, les échanges de SMS et les messages Instagram constituent un faisceau de preuves qui établissent sans contestation possible la présence de la jeune femme chez le joueur ce soir-là. La défense ne conteste pas la rencontre. Ce qui est en cause, c'est ce qui s'est passé une fois la porte refermée. 

Achraf Hakimi, international marocain du PSG, sur le terrain.
Achraf Hakimi, international marocain du PSG, sur le terrain. — (source)

« Attouchements, pénétration digitale, SMS à une amie » : la version de la plaignante

Le récit de la jeune femme, recueilli par les enquêteurs et rapporté par RMC Sport, est précis et circonstancié. Selon sa version, la soirée commence par des baisers, puis des attouchements qu'elle dit ne pas avoir consentis. La situation dégénère lorsque Hakimi aurait commis une pénétration digitale sans son accord.

La jeune femme raconte être parvenue à repousser le joueur et à s'extraire de la situation. Elle envoie alors un SMS à une amie, qui vient la chercher au domicile du footballeur. Ce message, conservé dans le dossier d'instruction, constitue un élément clé de l'accusation : il a été envoyé peu après les faits présumés et témoigne de l'état de détresse de la jeune femme. Après avoir quitté les lieux, elle se rend au commissariat de Nogent-sur-Marne, dans le Val-de-Marne. Mais sur place, elle ne dépose pas plainte. Elle se contente de rapporter les faits aux policiers. Ce n'est que plus tard, après avoir été entendue dans le cadre de l'enquête préliminaire ouverte le 27 février, que la procédure prendra une tournure plus formelle. 

Achraf Hakimi posant avec un drapeau marocain sur un terrain de football.
Achraf Hakimi posant avec un drapeau marocain sur un terrain de football. — (source)

Jeanne témoigne pour la première fois dans la presse

La jeune femme, qui utilise le prénom d'emprunt Jeanne, a accordé une interview à Mediapart la veille de la décision de la cour d'appel. Elle dit vouloir « un procès pour se défendre, pour être entendue ». Ses mots sont lourds de sens : « J'ai envie de me justifier. J'ai envie qu'on me croie. » Ce témoignage public, rare dans ce type d'affaires, montre une plaignante déterminée à ne plus rester dans l'ombre.

De la mise en examen à l'appel : trois ans d'une instruction sous haute tension

L'affaire Hakimi n'a pas connu le traitement judiciaire classique. Entre la rapidité de la mise en examen et la longueur de l'instruction, le dossier a suivi un parcours sinueux, marqué par des rebondissements et des interventions de personnalités du football.

La mise en examen express de mars 2023 et ses conditions

Les faits présumés datent du 25 février 2023. Deux jours plus tard, le 27 février, une enquête préliminaire est ouverte. Le 3 mars, soit à peine quatre jours après le début de l'enquête, Achraf Hakimi est mis en examen et placé sous contrôle judiciaire. Une rapidité qui contraste avec la durée de l'instruction qui suivra. Le contrôle judiciaire impose au joueur des obligations strictes : il doit notamment verser une caution et ne peut pas entrer en contact avec la plaignante. Le PSG, club employeur, choisit alors de maintenir sa confiance au joueur, tout en affirmant « faire confiance à la justice ». Hakimi continue de jouer et de s'entraîner normalement, comme si l'affaire n'existait pas. 

Achraf Hakimi, joueur marocain, en maillot rouge.
Achraf Hakimi, joueur marocain, en maillot rouge. — (source)

Les confidences de Kylian Mbappé en décembre 2023 : une pièce clé ?

Le 14 avril 2023, un témoin de poids est entendu par les policiers : Kylian Mbappé, alors coéquipier d'Hakimi au PSG. Selon les informations de RMC Sport, le champion du monde 2018 aurait été interrogé sur les « confidences » que lui aurait faites Hakimi au sujet de la soirée du 25 février. Le contenu exact de cette déposition n'a pas été rendu public, mais son existence même soulève des questions. Que peut apporter le témoignage d'un coéquipier dans une affaire de viol ? Juridiquement, il s'agit d'un élément parmi d'autres, qui vient s'ajouter au dossier. Mais symboliquement, l'implication d'une star comme Mbappé dans la procédure donne une dimension supplémentaire à l'affaire.

En décembre 2023, la confrontation entre Hakimi et la plaignante a lieu. La jeune femme maintient l'ensemble de ses déclarations. Hakimi, de son côté, confirme sa version et dément fermement les accusations. Les deux récits restent irréconciliables. 

Achraf Hakimi en tenue d'entraînement du PSG.
Achraf Hakimi en tenue d'entraînement du PSG. — (source)

La bataille juridique autour du renvoi en procès (2025-2026)

Le 1er août 2025, le parquet de Nanterre requiert le renvoi d'Hakimi devant la cour criminelle départementale des Hauts-de-Seine. La défense conteste cette décision et fait appel. Le 22 mai 2026, Hakimi comparaît personnellement devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Versailles pour demander un non-lieu. Pendant plusieurs heures, les avocats plaident. La défense argue que les accusations reposent sur la seule parole de la plaignante et que les éléments à décharge auraient dû conduire à un abandon des poursuites. La partie civile, elle, maintient que le dossier est suffisamment solide pour justifier un procès. Le 19 juin 2026, la cour d'appel rejette l'appel. Hakimi sera jugé.

PSG : le « total soutien » des ultras et le malaise d'un club en silence

L'affaire Hakimi dépasse largement le cadre judiciaire. Elle interroge le rôle du club, la réaction des supporters et la place de la présomption d'innocence dans le sport de haut niveau. Le PSG, club employeur du joueur, se trouve pris entre plusieurs feux.

La banderole « Achraf, total soutien » déployée au Parc des Princes

Le 25 février 2026, trois ans jour pour jour après les faits présumés et au lendemain de l'ordonnance de renvoi en procès, le Collectif ultras Paris déploie dans le virage Auteuil du Parc des Princes une banderole au message sans ambiguïté : « Achraf, total soutien ». Le geste des ultras intervient lors du match retour des barrages de Ligue des champions entre le PSG et Monaco. La banderole, immense et parfaitement visible, est accueillie par des applaudissements nourris dans le stade. Mais en dehors, elle provoque un tollé. Pour les associations féministes et les militantes des droits des femmes, ce message de soutien à un joueur accusé de viol est inacceptable. Il envoie un signal désastreux aux victimes d'agressions sexuelles et banalise des accusations graves. 

Achraf Hakimi lors du match Maroc contre Norvège le 7 juin 2026.
Achraf Hakimi lors du match Maroc contre Norvège le 7 juin 2026. — Bryan Berlin / CC BY-SA 4.0 / (source)

Alice Coffin et les associations féministes : « Le PSG a une responsabilité »

La conseillère de Paris Alice Coffin, élue écologiste, a été l'une des voix les plus critiques. Sur Instagram, elle a rappelé qu'elle avait été brutalisée par le service d'ordre du Parc des Princes en 2023, lorsqu'elle avait tenté de déployer une banderole de soutien à des footballeuses victimes d'agressions sexuelles. Le contraste est saisissant : d'un côté, une banderole autorisée pour un joueur accusé de viol ; de l'autre, une banderole empêchée pour des victimes présumées. Plusieurs associations féministes ont interpellé le PSG, lui demandant de prendre position publiquement et de condamner le message des ultras. Pour elles, le club ne peut pas se contenter de rester silencieux. Il a une responsabilité morale et sociale en tant qu'institution sportive majeure.

La position d'équilibriste du PSG : entre loi du silence et présomption d'innocence

Le PSG s'est retrouvé dans une position intenable. D'un côté, il défend un salarié présumé innocent, qui continue de porter le maillot du club et d'en être un cadre important. De l'autre, il doit composer avec l'indignation légitime d'une partie de l'opinion publique et des associations. La stratégie choisie par la direction du club a été celle de la discrétion. Pas de communiqué officiel pour condamner la banderole, mais pas non plus de soutien public aux ultras. Une position d'équilibriste qui, selon Le Monde, traduit le malaise d'un club pris entre ses obligations envers son joueur et sa responsabilité sociétale. Les joueurs, eux, sont restés silencieux. Aucun coéquipier d'Hakimi n'a pris la parole publiquement pour soutenir ou condamner la banderole. Un silence qui en dit long sur la difficulté de naviguer dans ces eaux troubles.

Au cœur du procès à venir : une cour criminelle, cinq juges, 15 ans de réclusion

Le procès d'Achraf Hakimi ne sera pas un procès comme les autres. Il se déroulera devant une cour criminelle départementale, une juridiction relativement récente qui juge les crimes sans jury populaire.

Cour criminelle départementale : cinq magistrats, pas de jury populaire

La cour criminelle départementale (CCD) des Hauts-de-Seine est compétente pour juger les crimes punis de 15 ou 20 ans de réclusion criminelle. Sa particularité ? Elle est composée exclusivement de magistrats professionnels : un président et quatre assesseurs, soit cinq juges au total. Pas de jury populaire, contrairement à la cour d'assises. Ce choix de juridiction n'est pas anodin. La CCD a été créée pour désengorger les cours d'assises et accélérer le traitement des affaires criminelles. Selon les statistiques du ministère de la Justice, 82 % des affaires jugées par les CCD en 2023 concernaient des crimes sexuels. Hakimi sera donc jugé par des professionnels du droit, rompus à ce type de dossiers. Le procès se déroulera à Nanterre, dans le département des Hauts-de-Seine. La durée exacte n'est pas encore connue, mais les procès pour viol devant une CCD durent généralement plusieurs jours, parfois une semaine entière.

15 ans de réclusion criminelle : la peine maximale qu'encourt le joueur du PSG

Le viol simple, défini à l'article 222-23 du Code pénal, est puni de 15 ans de réclusion criminelle. C'est la peine maximale qu'encourt Achraf Hakimi si les faits sont reconnus comme constituant un viol sans circonstances aggravantes. En pratique, les peines prononcées sont souvent inférieures au maximum légal. Selon les données du ministère de la Justice, la peine moyenne d'emprisonnement ferme pour les condamnations pour viol par des majeurs est d'environ 9,6 ans. Mais chaque affaire est unique, et le tribunal dispose d'une large marge d'appréciation. Des circonstances aggravantes pourraient porter la peine jusqu'à 20 ans de réclusion, voire la perpétuité dans les cas les plus graves. Mais pour l'instant, l'accusation porte sur un viol simple, sans circonstance aggravante retenue.

Pourvoi en cassation et procès en 2027 : le calendrier probable

La décision de la cour d'appel de Versailles n'est pas la fin du parcours judiciaire. La défense peut encore se pourvoir en cassation, mais uniquement sur des questions de droit, pas sur les faits. Un pourvoi en cassation pourrait retarder le procès de plusieurs mois, voire d'un an. Si aucun pourvoi n'est formé, le procès pourrait avoir lieu en 2027. L'impact sur la carrière du joueur serait alors considérable. Hakimi, qui sera âgé de 28 ou 29 ans à ce moment-là, devra concilier préparation du procès et obligations sportives. Le PSG, de son côté, devra décider s'il maintient sa confiance au joueur pendant toute la durée de la procédure.

« Enfin je vais parler » contre « trois ans de calomnies » : le duel des avocates

Le procès à venir sera avant tout celui de deux récits irréconciliables. D'un côté, la défense d'Hakimi, portée par Me Fanny Colin ; de l'autre, la partie civile, représentée par Me Rachel-Flore Pardo. Deux avocates, deux visions de l'affaire, deux vérités qui s'affrontent.

Me Fanny Colin (défense) : « La multitude des éléments à décharge aurait dû mener à un non-lieu »

Me Fanny Colin ne cache pas son amertume après la décision de la cour d'appel. Pour elle, son client est victime d'une exception judiciaire. « La multitude des éléments à décharge révélés par l'enquête et l'information judiciaire aurait, dans n'importe quelle autre affaire, conduit au prononcé d'un non-lieu », a-t-elle déclaré. La stratégie de la défense est claire : présenter Hakimi comme une victime de la machine judiciaire, un joueur célèbre qui paie le prix de sa notoriété. Me Colin avait déjà qualifié l'affaire de « tentative de racket » en 2023, une thèse que la partie civile conteste fermement. Pour la défense, le procès lui-même est une injustice. Hakimi attend ce moment « avec impatience », car il pourra enfin s'exprimer publiquement et, selon ses termes, « démontrer son innocence ». La défense mise sur un acquittement et sur la capacité du joueur à convaincre les magistrats.

Me Rachel-Flore Pardo (partie civile) : « Trois ans de combat, ma cliente attendait ce soulagement »

À l'opposé, Me Rachel-Flore Pardo défend une jeune femme qui, selon elle, a été « calomniée et traînée dans la boue » par la défense pendant trois ans. La décision de la cour d'appel est pour elle une victoire. « Ma cliente attendait ce soulagement depuis le début », a-t-elle déclaré. La plaignante, qui témoigne pour la première fois dans la presse, dit vouloir « un procès pour se défendre, pour être entendue ». Ces mots en disent long sur le sentiment d'invisibilité qu'elle a pu ressentir pendant l'instruction, éclipsée par la notoriété du joueur. Pour Me Pardo, le dossier est solide. Les éléments rassemblés par l'enquête, les SMS, les témoignages et la confrontation constituent un faisceau de preuves suffisant pour justifier un procès. Elle attend désormais que la justice fasse son travail.

Deux vies, deux versions : ce que le tribunal devra trancher

Au fond, le procès d'Achraf Hakimi se résume à une question : qui dit la vérité ? D'un côté, une jeune femme qui accuse un joueur de football célèbre de l'avoir violée. De l'autre, un sportif de haut niveau qui nie les faits et se dit victime d'une accusation mensongère. Les cinq magistrats de la cour criminelle départementale devront trancher. Ils disposeront d'un dossier d'instruction complet, comprenant les auditions, les expertises, les SMS et les témoignages. Mais au bout du compte, la décision reposera sur leur appréciation de la crédibilité des deux parties. C'est tout l'enjeu de ce procès : déterminer, sur la base d'éléments objectifs et subjectifs, quelle version des faits est la plus vraisemblable. Un exercice périlleux, mais au cœur de la mission de la justice.

Benzema, les joueurs du PSG, Hakimi : une décennie d'affaires judiciaires dans le foot français

L'affaire Hakimi ne surgit pas dans un vide juridique. Elle s'inscrit dans une longue série de procédures judiciaires impliquant des footballeurs de haut niveau en France. Un phénomène qui interroge le rapport du football professionnel à la justice.

De l'affaire Benzema à l'affaire des joueurs du PSG : des précédents qui éclairent le cas Hakimi

Les précédents sont nombreux. En 2015, Karim Benzema était mis en examen dans l'affaire de la sextape de Mathieu Valbuena, une procédure qui a abouti à une condamnation pour complicité de tentative de chantage. Un cas différent, mais qui montre combien les footballeurs sont exposés judiciairement. Plus proche de l'affaire Hakimi, l'affaire des joueurs du PSG mis en examen pour viol collectif en 2022 avait été classée sans suite en 2024, faute de charges suffisantes. Un dossier qui avait pourtant défrayé la chronique et placé le club parisien sous les projecteurs. En Angleterre, l'acquittement de Benjamin Mendy en 2023 après un procès retentissant pour viol et agressions sexuelles a montré que la justice pouvait aussi innocenter les sportifs accusés. Mais chaque affaire est unique, et les comparaisons sont hasardeuses.

Présomption d'innocence et pression médiatique : le défi du sportif de haut niveau devant la justice

Les footballeurs de haut niveau vivent sous le regard permanent des médias et des réseaux sociaux. Lorsqu'ils sont accusés de crimes graves, la pression est décuplée. La présomption d'innocence, principe fondamental du droit français, est souvent mise à rude épreuve. Pour Hakimi, le défi est double : il doit à la fois préparer sa défense et continuer à jouer au plus haut niveau. Le PSG et la sélection marocaine lui ont maintenu leur confiance, mais l'ombre du procès plane sur chaque match. Les sponsors, eux, observent. Une condamnation aurait des conséquences financières désastreuses pour le joueur et pour le club. Un acquittement, en revanche, pourrait lui permettre de tourner la page et de retrouver une carrière normale. Mais d'ici là, le chemin est long.

La réaction du joueur : « J'attends ce procès avec impatience »

La réaction du joueur ne s'est pas fait attendre. Sur les réseaux sociaux, Achraf Hakimi a publié un message qui en dit long sur son état d'esprit : « J'attends ce procès depuis le premier jour. Et je l'attends désormais avec impatience. Enfin, je pourrai parler. » Une déclaration qui contraste avec la stratégie de silence observée jusqu'ici par le joueur, qui s'était contenté de nier les faits par l'intermédiaire de ses avocats. Son conseil, Me Fanny Colin, a immédiatement réagi en dénonçant une décision qu'elle juge exceptionnelle. « C'est désormais avec impatience que M. Achraf Hakimi attend son procès pour pouvoir enfin s'exprimer publiquement sur l'accusation fausse dont il est l'objet », a-t-elle déclaré. 

Achraf Hakimi, footballeur marocain du PSG, lors d'un entraînement.
Achraf Hakimi, footballeur marocain du PSG, lors d'un entraînement. — (source)

Conclusion : le seul terrain qui compte désormais est celui de la justice

Le 19 juin 2026 restera comme un jour de vérité dans l'affaire Hakimi. La confirmation du renvoi en procès marque la fin d'une instruction de trois ans et le début d'une nouvelle étape, judiciaire celle-ci. Le joueur a obtenu ce qu'il disait vouloir : pouvoir parler. La plaignante a obtenu ce qu'elle attendait : être entendue.

Ce soir, le Maroc affronte l'Écosse en Coupe du monde. Hakimi portera le brassard de capitaine, comme si de rien n'était. Mais la parenthèse sportive ne durera qu'un temps. Le procès, lui, aura lieu. Devant cinq magistrats, deux récits s'affronteront. La justice tranchera. En attendant, le football continue. Mais pour Achraf Hakimi, le seul terrain qui compte désormais est celui de la cour criminelle départementale des Hauts-de-Seine.

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Questions fréquentes

Achraf Hakimi sera-t-il jugé pour viol ?

Oui, la cour d'appel de Versailles a confirmé le renvoi d'Achraf Hakimi devant la cour criminelle départementale des Hauts-de-Seine pour viol. La décision a été rendue le 19 juin 2026, rejetant la demande de non-lieu de la défense.

Quels faits sont reprochés à Achraf Hakimi ?

Les faits remontent au 25 février 2023 : une jeune femme accuse Hakimi de viol avec pénétration digitale à son domicile de Boulogne-Billancourt. La rencontre avait été organisée via Instagram et un VTC commandé par le joueur.

Quelle peine encourt Achraf Hakimi ?

Pour un viol simple, la peine maximale est de 15 ans de réclusion criminelle. La cour criminelle départementale, composée de cinq magistrats professionnels, jugera l'affaire sans jury populaire.

Pourquoi la banderole « total soutien » au PSG a-t-elle fait polémique ?

Le 25 février 2026, le Collectif ultras Paris a déployé une banderole « Achraf, total soutien » au Parc des Princes. Des associations féministes ont dénoncé ce message de soutien à un joueur accusé de viol, le jugeant inacceptable pour les victimes.

Quand aura lieu le procès d'Achraf Hakimi ?

Le procès pourrait avoir lieu en 2027 si aucun pourvoi en cassation n'est formé. La défense peut encore se pourvoir sur des questions de droit, ce qui retarderait l'audience de plusieurs mois.

Sources

  1. Le défenseur du PSG, Achraf Hakimi, sera jugé pour viol, confirme la cour d’appel de Versailles · lemonde.fr
  2. Accusé de viol, le footballeur marocain Achraf Hakimi sera bien jugé ... · europe1.fr
  3. justice.gouv.fr · justice.gouv.fr
  4. kohenavocats.com · kohenavocats.com
  5. Achraf Hakimi, le joueur marocain du PSG, devant la justice pour contester son renvoi en procès pour viol · lefigaro.fr
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Thomas Rabot @terrain-pro

Ancien handballeur en nationale 3, je vis le sport avec passion même si mon genou m'a dit stop. Coach sportif à Dijon, je regarde tout : foot, basket, tennis, sports de combat, e-sport. J'analyse les perfs avec un œil technique mais accessible. Les stats, c'est bien, mais je préfère raconter les histoires humaines derrière les résultats. Le sport, c'est pas que des chiffres – c'est des gens qui se dépassent.

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