Exterior view of Donald Trump's Mar-a-Lago residence, where the summit took place.
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Trump World Liberty Financial : le sommet crypto de Mar-a-Lago et ses liens sulfureux

Plongée dans les coulisses sulfureuses du sommet crypto de Mar-a-Lago. Entre la présence intrigante d'un émissaire pakistanais, des investissements émiratis secrets de 500 millions et des accusations de corruption au Congrès, découvrez comment la...

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Tout le monde le sait, la crypto n'est plus juste une question de code, c'est devenu une question de politique. Mais quand on voit un entrepreneur pakistanais de haut vol débarquer au club privé de Donald Trump pour discuter de « l'avenir de la finance », on a le droit de se poser des questions. Ce qui se passe à Mar-a-Lago en ce moment ressemble moins à une conférence technologique qu'à une réunion de famille où les invités paient une entrée à prix d'or. Entre les potins de corridors et les milliards de dollars qui changent de main, tentons de décrypter ce que la famille Trump est vraiment en train de monter avec World Liberty Financial. 

Exterior view of Donald Trump's Mar-a-Lago residence, where the summit took place.
Exterior view of Donald Trump's Mar-a-Lago residence, where the summit took place. — (source)

L'invité surprise : Bilal Bin Saqib

Parmi la foule des happy few conviés à ce forum ultra-exclusif organisé par les fils Trump, une figure attire particulièrement l'attention. Bilal Bin Saqib n'est pas n'importe qui. Cet entrepreneur londonien, titulaire d'un diplôme de la Queen Mary University et de la London School of Economics, s'est imposé comme le visage incontournable de la crypto au Pakistan. Mais son invitation à Mar-a-Lago n'est pas anecdotique, elle signale un pivot stratégique majeur. 

Bilal Bin Saqib, Pakistan’s Minister for Crypto and Blockchain and Chairman of PVARA, representing Pakistan’s emerging digita
Bilal Bin Saqib, Pakistan’s Minister for Crypto and Blockchain and Chairman of PVARA, representing Pakistan’s emerging digita — (source)

Un parcours impressionnant

Bilal Bin Saqib cumule les casquettes impressionnantes : il est le CEO du Pakistan Crypto Council, le président de la Securities and Exchange Commission of Pakistan (SECP) et préside aussi l'autorité de régulation des actifs virtuels du pays (PVARA). En 2025, il a même été nommé Special Assistant to the Prime Minister on Blockchain and Crypto. En gros, c'est l'homme qui écrit les règles du jeu crypto dans l'une des nations les plus peuplées au monde. Sa présence en Floride suggère que le Pakistan ne se contente plus de suivre la tendance, mais veut s'asseoir à la table des grands.

Ce qui est fascinant, c'est la trajectoire de ce jeune entrepreneur. Ancien élève brillant devenu « Angel Investor », il a su tisser des liens avec les plus gros noms de la TechFinance. Il y a quelques mois à peine, il rencontrait Michael Saylor, le patron de MicroStrategy, pour discuter de Bitcoin. Aujourd'hui, c'est avec l'entourage direct de Trump qu'il fraye. Il est d'ailleurs conseiller stratégique chez World Liberty Financial, un poste qui lui offre une vue imprenable sur les projets de la famille Trump. 

Bilal Bin Saqib, who attended the exclusive Trump-linked World Liberty Financial Summit.
Bilal Bin Saqib, who attended the exclusive Trump-linked World Liberty Financial Summit. — Qqsmm / CC BY-SA 4.0 / (source)

Connections diplomatiques et technologiques

Sa connexion avec le pouvoir américain est telle qu'il a multiplié les rendez-vous avec des officiels US, y compris l'ambassadrice Natalie Baker, pour explorer des collaborations sur la blockchain et l'intelligence artificielle. Le Pakistan représente l'un des marchés crypto à la croissance la plus rapide au monde, et Bilal Bin Saqib est devenu l'interface privilégiée entre cet écosystème émergent et les grandes puissances financières. Sa nomination comme MBE (Member of the British Empire) témoigne également de sa reconnaissance internationale.

Le 26 avril 2025, il a reçu à Islamabad une délégation complète de World Liberty Financial, comprenant Zachary Folkman, Chase Herro et Zach Witkoff. Cette rencontre a posé les bases d'une collaboration stratégique entre le Pakistan et l'entreprise de la famille Trump, dont nous verrons les implications un peu plus loin. 

Scenic view of Mar-a-Lago, the location of the exclusive financial summit.
Scenic view of Mar-a-Lago, the location of the exclusive financial summit. — (source)

Le sommet de Mar-a-Lago : qui était vraiment là ?

Goldman, Nasdaq CEOs to headline Mar-a-Lago crypto 'forum' hosted by Don Jr. and Eric Trump
Goldman, Nasdaq CEOs to headline Mar-a-Lago crypto 'forum' hosted by Don Jr. and Eric Trump — (source)

Le décor est planté : Mar-a-Lago, le « Winter White House », résidence privée devenue le QG de la diplomatie informelle (et lucrative) de Donald Trump. Ce forum de crypto n'était pas une simple réunion de fans de Bitcoin sur Twitter. Les invités listaient comme qui vous voulez, avec des poids lourds de la finance traditionnelle venus toucher du doigt la « révolution ». On y trouvait notamment les PDG de Goldman Sachs et de Nasdaq. C'est tout de même un signal fort quand les gardiens du temple de la Wall Street classique viennent écouter les fils Trump parler de DeFi et de stablecoins.

Une ambiance électrique et politique

L'ambiance ? Probablement un mélange détonnant de networking agressif et de flatterie politique. Donald Trump Jr et Eric Trump ont joué les hôtes parfaits, vendant une vision où la dollarisation numérique sauverait l'économie américaine. Le message clé martelé aux participants était simple : le dollar américain a besoin d'une modernisation, et c'est au secteur privé de mener l'innovation. Les stablecoins, selon le discours officiel, aideraient même les contribuables en créant une demande structurelle pour les obligations gouvernementales américaines. 

Official portrait of Donald Trump, linked to the World Liberty Financial Summit.
Official portrait of Donald Trump, linked to the World Liberty Financial Summit. — Shealeah Craighead / Public domain / (source)

Pour l'auditoire, composé d'investisseurs fortunés et de dirigeants étrangers, le sous-entendu était clair : mettez-vous dans le train Trump maintenant, ou restez au quai. La présence simultanée de dirigeants de Goldman Sachs et Nasdaq aux côtés de la famille Trump en dit long sur la normalisation de ces alliances entre pouvoir politique et finance décentralisée.

L'impact financier immédiat

Il est crucial de noter que cet événement intervient dans un contexte où la richesse de la famille Trump a explosé grâce à ses aventures crypto. Le jour même du forum, le jeton WLFI a pris plus de 22%, augmentant la « paper wealth » du clan Trump de plus d'un milliard de dollars en quelques heures. C'est suffisant pour donner le vertige, même pour des habitués des marchés financiers. Ce sommet n'était donc pas une conférence, c'était une démonstration de force où les frontières entre politique, business et spéculation ont complètement disparu.

World Liberty Financial : la machine à cash opaque

Alors, qu'est-ce que World Liberty Financial exactement ? À l'origine, le projet se présentait comme une plateforme de finance décentralisée (DeFi) destinée à « révolutionner la finance ». Mais derrière ce discours marketing un peu creux, se cache une machine à générer des revenus pour le clan Trump. Fondée par les fils Trump avec des partenaires comme Zachary Folkman, Chase Herro et Zach Witkoff, la société est loin d'être l'utopie libertarienne que prônent les puristes de la crypto.

Une gouvernance ultra-centralisée

La structure de gouvernance est, pour le dire poliment, très « centralisée ». Une entité liée à la famille Trump contrôle 60 % de la propriété de WLF et a droit à 75 % des revenus générés par son jeton. C'est loin de l'esprit « DeFi » où le pouvoir est censé être distribué entre les utilisateurs. Ici, on est face à une structure opaque où les décisions sont prises par un cercle restreint d'initiés. Pour faire simple, c'est une boîte privée où les investisseurs extérieurs paient pour donner du pouvoir à Trump. 

Portrait of Donald Trump, the key figure at the Mar-a-Lago summit.
Portrait of Donald Trump, the key figure at the Mar-a-Lago summit. — DonkeyHotey / CC BY-SA 2.0 / (source)

Selon les documents officiels, Donald Trump himself est listé sur le site de l'entreprise comme son « Chief Crypto Advocate ». Les revenus auraient déjà atteint 400 millions de dollars pour la famille Trump. Cette concentration de pouvoir et de profits va à l'encontre de tous les principes fondateurs de la DeFi, où les plateformes sont censées appartenir à leurs utilisateurs.

Le jeton qu'on ne peut pas revendre

Pire encore pour les puristes, le jeton de gouvernance $WLFI a une caractéristique unique : il ne peut pas être revendu. Oui, vous avez bien lu. Ce n'est pas un bug, c'est une « fonctionnalité ». Cela limite drastiquement la liquidité et empêche les premiers investisseurs de prendre leurs bénéfices sur le marché secondaire. Cela transforme l'actif en une sorte de membre de club coûteux, sans valeur réelle de marché, mais avec un coût d'entrée très élevé.

Le token WLFI n'est pas une cryptomonnaie au sens conventionnel. C'est un jeton de gouvernance qui donne aux détenteurs des droits de vote sur les décisions de la plateforme, mais qui manque d'utilité comme moyen d'échange ou réserve de valeur. Cette conception positionne WLFI davantage comme un outil symbolique de participation que comme un actif financier fonctionnel.

Les relations dangereuses avec les Émirats

Si la présence de Bilal Bin Saqib est intrigante, c'est parce qu'elle s'inscrit dans une tendance plus large : l'argent étranger qui afflue vers World Liberty Financial. Le scandale le plus retentissant concerne les Émirats arabes unis. Il a été révélé que des lieutenants d'un prince d'Abu Dhabi ont secrètement signé un accord pour acheter 49 % des parts de l'aventure crypto de la famille Trump pour la somme colossale de 500 millions de dollars. L'investissement a été finalisé juste avant l'investiture présidentielle, une coïncidence qui a fait grimper les sourcils de plus d'un observateur.

L'accord secret de 500 millions

Cet argent n'est pas sans conditions. Des rapports suggèrent que cet investissement massif pourrait avoir influencé les politiques américaines, notamment concernant l'exportation de puces IA avancées vers les Émirats. Les critiques craignent que ces technologies ne finissent par atterrir entre les mains de la Chine via des pays tiers. C'est un problème de sécurité nationale classique, mais amplifié par l'implication personnelle du président des États-Unis dans une entreprise privée qui reçoit des fonds de gouvernements étrangers.

Le Wall Street Journal a révélé que cet investissement émirati a été suivi par d'autres arrangements problématiques entre WLF, la famille du président et les Émirats. L'argent étranger ne serait pas simplement un deal commercial, mais un paiement direct au président américain en exercice dans le but d'obtenir des faveurs et de l'influence au sein de la Maison Blanche.

Le deal MGX-Binance de 2 milliards

L'éthique d'une telle situation est pour le moins douteuse. Comment un Président peut-il prendre des décisions objectives sur la politique étrangère ou la régulation des crypto-monnaies quand sa famille reçoit des centaines de millions de dollars d'un État étranger ? Le 1er mai 2025, WLF a annoncé que MGX utiliserait l'USD1 pour financer un investissement de 2 milliards de dollars dans Binance, une firme qui a admis avoir violé les lois américaines contre le blanchiment d'argent et les sanctions.

Ce transaction représente un exemple troublant de la façon dont le capital soutenu par un gouvernement étranger et une plateforme crypto compromise pourrait canaliser de l'argent directement vers Trump et ses associés. Les sénateurs Warren et Merkley ont qualifié ce montage de « véhicule stupéfiant de corruption ».

La connexion Pakistan : stratégie ou désespoir ?

Bilal Bin Saqib at the World Liberty Financial Summit at Mar-a-Lago.
Bilal Bin Saqib at the World Liberty Financial Summit at Mar-a-Lago. — (source)

C'est ici que Bilal Bin Saqib redevient central. Le Pakistan semble vouloir jouer gros avec World Liberty Financial. Il y a des rumeurs persistantes selon lesquelles Islamabad prévoirait de s'associer à une filiale de l'entreprise Trump pour lancer un stablecoin adossé au dollar. Pour un pays qui cherche désespérément à moderniser son économie et attirer des investissements, l'attrait est évident. S'associer à la marque Trump, c'est s'assurer une visibilité mondiale et un accès potentiel aux capitaux américains.

Le Strategic Bitcoin Reserve du Pakistan

Cependant, c'est un pari risqué. Bilal Bin Saqib, en tant que conseiller stratégique, tente sans doute de naviguer dans ces eaux troubles, mais il tient aussi une corde raide politique. D'un côté, il doit rassurer sa base sur les avantages de la blockchain et de la crypto pour le Pakistan. De l'autre, il doit composer avec les scandales qui éclaboussent ses partenaires américains. 

Mar-a-Lago, the venue for the Trump-linked World Liberty Financial Summit in Palm Beach, Florida.
Mar-a-Lago, the venue for the Trump-linked World Liberty Financial Summit in Palm Beach, Florida. — Jud McCranie / CC BY-SA 4.0 / (source)

On a vu le Pakistan annoncer son premier « Strategic Bitcoin Reserve » gouvernemental, un mouvement audacieux qui place le pays sur la carte mondiale de la crypto. Le Premier ministre Shehbaz Sharif a personnellement nommé Bilal Bin Saqib comme conseiller spécial sur la blockchain et les cryptomonnaies, signalant l'importance stratégique de ce dossier pour Islamabad.

Les risques géopolitiques

Mais s'appuyer sur World Liberty Financial pour développer ces infrastructures revient à inviter une figure controversée de la politique américaine dans le système financier pakistanais. Si la maison Trump s'effondre ou si l'opprobre internationale devient trop forte, Islamabad pourrait se retrouver avec des œufs sur le visage. La blockchain et les cryptomonnaies représentent une opportunité réelle de modernisation financière pour le Pakistan, mais le choix de partenaires aussi controversés comporte des risques politiques considérables.

Le Pakistan doit également naviguer entre ses relations avec la Chine, allié traditionnel, et cette nouvelle ouverture vers l'écosystème crypto américain. L'équilibre est d'autant plus délicat que les enquêtes américaines sur WLF incluent des questions sur les implications pour la compétition stratégique avec Pékin.

L'enquête qui menace tout le château de cartes

Il ne faut pas croire que tout le monde applaudit ce mélange des genres. De l'autre côté du Potomac, les sénateurs Elizabeth Warren et Jeff Merkley sont sur le pied de guerre. Ils ont récemment envoyé une lettre cinglante à Zachary Witkoff, le co-fondateur de WLF (et fils de l'envoyé spécial de Trump au Moyen-Orient). Leur demande ? Des documents et des communications sur l'usage du stablecoin USD1 et les interactions avec les agences fédérales.

Les accusations de corruption éhontée

Les législateurs démocrates dénoncent une « corruption éhontée ». Ils soulignent que le lancement d'une stablecoin directement liée à un président en exercice qui en profite financièrement est un conflit d'intérêts sans précédent. Ils sont particulièrement inquiets de l'utilisation de l'USD1 pour financer des investissements massifs, comme le deal de 2 milliards de dollars impliquant MGX et Binance. Rappelez-vous, Binance a plaidé coupable à des violations des lois américaines contre le blanchiment d'argent et les sanctions.

La représentante Maxine Waters a lancé ce qu'elle appelle une « Anti-Crypto Corruption Week », consacrant plusieurs journées à dénoncer les activités de World Liberty Financial. Elle souligne que l'entreprise a levé plus de 550 millions de dollars, avec 75% des revenus des ventes de tokens allant directement à la famille Trump.

Les implications constitutionnelles

Le Congrès américain semble déterminé à creuser sous les tapis de Mar-a-Lago. Des enquêtes sont lancées non seulement sur les conflits d'intérêts financiers, mais aussi sur les implications de sécurité nationale liées aux investissements étrangers. Les démocrates du House Select Committee on the Strategic Competition Between the United States and the Chinese Communist Party ont également ouvert une investigation sur les activités apparemment corrompues et leur impact sur les politiques gouvernementales.

Si ces enquêtes aboutissent, elles pourraient mettre en lumière des mécanismes que la famille Trump préférerait garder dans l'ombre. Les législateurs craignent que ces arrangements ne représentent une violation de plusieurs lois et même de la Constitution des États-Unis.

Un flop technique qui cache un succès politique

En tant qu'observateurs des réseaux sociaux, on se souvient du lancement désastreux du projet fin 2024. La vente du jeton $WLFI s'était transformée en une farce technique : le site web était inaccessible par intermittence, empêchant les investisseurs de donner leur argent. Le résultat avait été un échec retentissant en termes de levée de fonds (seulement 13 millions d'euros sur un objectif de 300 millions), laissant planer de sérieux doutes sur les capacités techniques de l'équipe derrière le projet.

L'échec initial retentissant

Le lancement de World Liberty Financial avait ouvert la vente de son jeton aux investisseurs préenregistrés, qui devaient passer une procédure d'identification et justifier de leurs revenus pour pouvoir acheter. Mais dès l'ouverture de la vente, le site Internet du projet est tombé en panne et est resté inaccessible par intermittence. Au-delà de ces difficultés techniques, le projet suscitait une grande méfiance jusque dans le milieu des cryptoactifs.

Les observateurs notaient déjà l'opacité du projet et les limitations du jeton. Les ventes privées limitées sont généralement un élément-clé pour jauger le succès à venir d'un cryptoactif : les projets à succès parviennent le plus souvent à vendre 100% du stock en quelques heures. Pour WLFI, c'était un flop complet.

Le renversement de vapeur

Pourtant, un an plus tard, la musique a changé. Grâce à des partenariats controversés et des investissements étrangers massifs, la boîte semble avoir renversé la vapeur. Ce qui ressemble à un flop technique pour les développeurs est en réalité un succès politique phénoménal pour Trump. Il a réussi à transformer une plateforme de trading médiocre en un outil d'influence géopolitique. La communauté crypto traditionnelle, férue de code et de décentralisation, est méfiante, mais Trump ne s'adresse pas à elle. Il s'adresse aux investisseurs qui cherchent un accès direct au pouvoir américain.

Le milliardaire crypto Justin Sun a investi 30 millions de dollars dans WLF, portant finalement sa participation à 75 millions, ce qui en fait le plus gros investisseur dans le token. Peu après, WLF a annoncé qu'il utiliserait la technologie de Sun pour alimenter son stablecoin. Le SEC a ensuite mis en pause son enquête pour fraude contre Sun et ses entreprises, en cours depuis 2023. C'est la définition même du quid pro quo.

Ce que cela signifie pour les jeunes investisseurs

Pour la génération Z, élevée au dogme de la décentralisation et de la résistance aux élites, la situation est paradoxale. D'un côté, la crypto devient mainstream, validée par des géants comme Goldman Sachs et Nasdaq. De l'autre, elle est capturée par l'une des familles les plus puissantes du monde. Le message envoyé est brutal : la crypto n'est plus une rébellion, c'est un nouveau levier de pouvoir pour ceux qui ont déjà le pouvoir.

Opportunité ou piège à rats ?

Est-ce une opportunité ou une menace ? Pour ceux qui cherchent à faire un « quick buck », suivre les mouvements de WLFI peut être tentant, surtout quand on voit les montées en flèche du cours du token. Mais c'est un jeu extrêmement dangereux. Avec un jeton non échangeable et une gouvernance centralisée, vous ne possédez rien de tangible. Vous êtes simplement un sponsor du lifestyle Trump.

Les risques de « rug pull » (disparition des développeurs avec les fonds) sont élevés dans n'importe quel projet crypto, mais ici, le risque est politique. Si la régulation change aux États-Unis, ou si l'opinion publique bascule contre ces conflits d'intérêts, l'édifice peut s'effondrer très vite.

Les leçons pour les investisseurs

Investir dans WLF aujourd'hui, c'est parier sur la longévité politique de Trump et sur la tolérance des institutions américaines face à des pratiques qui, dans n'importe quel autre contexte, seraient qualifiées de corruption présumée. Les jeunes investisseurs doivent comprendre que la crypto n'est plus l'eldorado libertarien des débuts. Elle est devenue un terrain de jeu pour les puissants, où les règles sont écrites par ceux qui ont déjà le pouvoir.

Le Congrès envisage actuellement des législations comme le GENIUS Act et le CLARITY Act qui, si elles sont adoptées, élargiraient l'échelle et la portée d'USD1 et permettraient au président de continuer à profiter d'un produit financier qu'il supervise. Les investisseurs auraient intérêt à suivre ces débats législatifs de près avant d'engager leur argent.

Conclusion

Au final, cette saga World Liberty Financial ressemble à un remake moderne de « Le Prince », mais en version blockchain. Donald Trump a compris que dans le nouveau monde numérique, la devise n'est pas seulement de l'argent, c'est de l'influence. En invitant des personnages comme Bilal Bin Saqib à Mar-a-Lago, il tisse une toile qui relie le Pakistan, les Émirats et la Chine au cœur même de l'économie américaine.

Ce qui se joue là dépasse largement la simple spéculation sur le Bitcoin. C'est une redéfinition des alliances mondiales à travers le prisme des actifs numériques. Pour les jeunes investisseurs et les citoyens concernés, la vigilance est de mise. L'histoire nous rappelle que l'entourage du Président a toujours eu un goût pour les alliances sulfureuses et les opportunités financières douteuses. World Liberty Financial n'est que le dernier avatar en date de cette histoire. La différence, c'est qu'aujourd'hui, tout le monde peut voir la transaction en temps réel sur la blockchain.

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Chloé Jabot @buzz-tracker

Je vis sur TikTok comme d'autres vivent sur Terre. À 22 ans, j'ai déjà prédit trois tendances virales avant qu'elles n'explosent – dont un challenge dance que j'ai vu naître dans un live à 3h du matin. Étudiante en communication digitale à Paris, je stage dans une agence qui surveille les réseaux sociaux pour des grandes marques. Mon feed For You est tellement bien calibré que mes amis m'envoient des screenshots pour savoir si c'est « encore tendance » ou « déjà cringe ». Réponse en moins de 10 secondes, toujours.

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