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Pourquoi le P2P a déjà gagné la guerre contre les Majors

La lutte des majors contre le P2P est contre-productive. Elle accélère leur déclin et légitime l'échange de fichiers.

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Le P2P semble être à leurs yeux le mal incarné : le P2P et, par voie de conséquence, l'internet haut débit.

Le problème est que le cynisme de cette lutte pour l'argent facile a des effets collatéraux importants, comme la LCEN, qui nuisent cette fois-ci directement à tous les acteurs du secteur des nouvelles technologies, qu'ils soient « P2Peurs » ou non.

Mais, paradoxalement, cette stratégie d'intimidation et de combat contre l'échange de fichiers signera certainement, à terme, leur arrêt de mort définitif. Ils se retrouvent comme une armée engluée dans un conflit qu'elle ne peut que perdre.

Pourquoi les majors ont perdu la bataille du P2P

Loin de mettre un terme à l'échange de fichiers MP3, les actions des majors n'auront qu'un seul et simple effet : précipiter leurs propres pertes. Et ce pour plusieurs raisons :

L'anonymat des nouveaux protocoles

Le monde informatique a déjà réagi à l'agression des majors en commençant à sortir des protocoles d'échange qui garantissent la confidentialité des échanges, ruinant en cela tous les efforts de nos « Big Brother » culturels. Une nouvelle génération de Kazaa « anonyme » va voir le jour, avec laquelle il sera difficile de localiser précisément les internautes, sauf à mettre en place des systèmes, avec l'aide des FAI, encore plus coûteux et certainement rapidement dépassés.

La légitimation politique du P2P

Ils ont, en attaquant frontalement les réseaux d'échange, légitimé finalement leur utilisation. Ce qui n'était avant les épisodes de la LCEN en France qu'un simple choix économique (« pourquoi acheter quand je peux l'avoir gratuit ») est maintenant revendiqué comme un positionnement politique, voire moral, par rapport à l'attitude cynique de ces grandes industries. Le P2P a gagné ses lettres de noblesse en devenant aussi une forme de résistance à des lobbys puissants. L'effet escompté est donc, là encore, strictement opposé à l'effet voulu.

Les études infirment la baisse des ventes

Les majors ont aussi poussé des chercheurs à se pencher sérieusement sur leurs arguments associant P2P et baisse des ventes. Malheureusement pour eux, toutes les dernières études indépendantes prouvent exactement l'inverse (voir article de Libération) et certains politiques pensent d'ores et déjà à légaliser l'échange de fichiers MP3 (copyrighté ou non) entre particuliers au niveau Européen (voir article sur Tiscali).

La légalité juridique du partage

Ce n'est pas mieux du côté des juristes, qui se sont aussi engouffrés dans l'ouverture béante laissée par l'ogre culturel. Certaines études, comme celles de Jean Baptiste Soufron qui suit la ligue ODEBI au niveau juridique, démontrent que le P2P est d'ores et déjà légal.

L'inversion du rapport de force économique

Le haut débit, voire le très haut débit, va se développer de manière importante dans les années à venir et le chiffre d'affaires engendré par cette nouvelle économie va rapidement dépasser celui de nos industries culturelles, changeant le rapport de force des lobbys en présence. Nul doute que quand les FAI seront en position de force, ils exploiteront largement le filon de la diffusion de la vidéo et du son par Internet. Free a déjà commencé à grignoter le gâteau en commençant à proposer des offres de Télévision gratuite pour ses abonnés. Cette inversion du rapport de force est inévitable.

Conclusion : l'avenir passe par l'intégration

L'action des RIAA (USA), SNEP (France), SGAE (Espagne) ou autres lobbys culturels n'aura donc eu comme effet aucune baisse des pratiques déclarées illégales, mais aura certainement comme conséquence leur légalisation à terme (entre particuliers). Loin de tuer le P2P, elles n'auront eu comme effet qu'accélérer le dépérissement d'un secteur qui n'a pas voulu évoluer, les fragilisant un peu plus en termes financiers mais surtout en termes d'image.

Les Universal et compagnie ne disparaîtront pas, mais n'auront comme seule solution à l'avenir que d'intégrer le P2P dans leur plan marketing.

Site de Ridouan Aziz

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aziz @aziz
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