La Nintendo Switch rouge dans son socle, avec la boîte du système en arrière-plan.
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De la NES à la Switch 2 : la grande histoire des consoles Nintendo

De la NES à la Switch 2, découvrez l'histoire complète des consoles Nintendo : krach de 1983, guerre du 16-bit, triomphe hybride, échecs et records. Une rétrospective avec chiffres clés et photos.

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Quarante-deux ans séparent la première Famicom de la Switch 2, et pourtant le fil conducteur reste le même : Nintendo n'a jamais fabriqué une simple machine à jouer, mais des terrains de jeu inédits. Des cartouches grises de 1983 aux Joy-Con magnétiques de 2025, chaque console a raconté une histoire de renaissance, d'échec ou de triomphe. Cette rétrospective parcourt toutes les consoles grand public de Nintendo, de la NES à la Switch 2, avec les chiffres clés et les photos qui les accompagnent.

La Nintendo Switch rouge dans son socle, avec la boîte du système en arrière-plan.
La Nintendo Switch rouge dans son socle, avec la boîte du système en arrière-plan. — KK IN HK / CC BY-SA 4.0 / (source)

1983 : la cartouche grise qui sauva le jeu vidéo

L'industrie du jeu vidéo n'était pas née en 1983, mais elle faillit bien y mourir. Le krach nord-américain de cette année-là avait vidé les rayons des magasins de jouets, laissé des milliers de cartouches invendues et convaincu les parents que les consoles étaient une mode passagère. C'est dans ce chaos que Nintendo, alors surtout connu pour ses bornes d'arcade Donkey Kong, lança au Japon la Family Computer — la Famicom — le 15 juillet 1983. Deux ans plus tard, rebaptisée Nintendo Entertainment System (NES), elle arrivait aux États-Unis pour ressusciter un marché en cendres.

Le krach de 1983 et le pari de Masayuki Uemura

Le crash avait des causes multiples. L'Atari 2600, console reine de la fin des années 1970, s'était noyée sous un déluge de jeux médiocres — E.T. l'extra-terrestre reste le symbole de cette dégringolade. Les éditeurs tiers publiaient sans contrôle, et les consommateurs, lassés, avaient cessé d'acheter. En 1982, le marché pesait encore 3 milliards de dollars ; en 1985, il en pesait à peine 100 millions. Dans ce contexte, le pari de Nintendo tenait de l'inconscience.

Masayuki Uemura, ingénieur chez Nintendo R&D2, reçut la mission de concevoir une console capable de faire tourner une version fidèle de Donkey Kong à la maison. Il analysa les entrailles des concurrents. — Atari 2600, Magnavox Odyssey, ColecoVision — et s'inspira surtout du hardware d'arcade de Galaxian (Namco, 1979), qui utilisait des sprites matériels animés sur un fond défilant. Le projet, nom de code GAMECOM, devait être moins cher que ses rivaux tout en offrant des performances inégalées pendant au moins un an. La rencontre entre Uemura et les ingénieurs de Coleco, qui lui montrèrent leur prototype de ColecoVision, scella l'ambition technique du projet.

61,91 millions d'unités et une armée de licences

La NES s'imposa par un verrouillage astucieux de son écosystème. La puce lock‑out (le fameux « 10NES ») empêchait toute cartouche non autorisée de fonctionner, et Nintendo imposait un sceau de qualité aux éditeurs tiers. — Capcom, Konami, Tecmo — qui devaient passer par des quotas de titres par an. Ce contrôle strict rassurait les parents après le crash et garantissait un niveau de finition rare. !PROTECTED_1

Avec 61,91 millions d'unités vendues dans le monde, la NES devint le socle des franchises qui portent encore Nintendo aujourd'hui. Super Mario Bros. (1985) redéfinit le platformer. The Legend of Zelda (1986) inventa l'aventure en monde ouvert sur console. Metroid (1986) imposa l'exploration non linéaire. La NES ne sauva pas seulement le jeu vidéo : elle lui donna son vocabulaire moderne.

Packaging de la NES Action Set, avec console, manettes, Zapper et jeux.
Packaging de la NES Action Set, avec console, manettes, Zapper et jeux. — (source)
!NES

Ensemble de consoles rétro (NES, SNES, Game Boy) et accessoires sur une table en bois.
Ensemble de consoles rétro (NES, SNES, Game Boy) et accessoires sur une table en bois. — (source)

Super Nintendo : le règne du 16‑bit face à la tornade Sega

Si la NES avait reconstruit l'industrie, la Super Nintendo la fit entrer dans l'âge d'or du jeu 2D. Sortie au Japon le 21 novembre 1990, puis aux États-Unis en 1991 et en Europe en 1992, la SNES affrontait un adversaire coriace : la Mega Drive de Sega, lancée deux ans plus tôt avec une communication agressive (« Genesis does what Nintendon't »). La guerre des consoles battait son plein, et Nintendo tenait bon grâce à un hardware supérieur sur plusieurs points clés.

La guerre des consoles : le processeur et la couleur

Techniquement, la SNES et la Mega Drive utilisaient toutes deux un processeur 16-bit, mais leurs priorités différaient. La Mega Drive misait sur la vitesse (processeur Motorola 68000 à 7,6 MHz) tandis que la SNES privilégiait la richesse visuelle : 32 768 couleurs affichables contre 512 pour Sega, et un mode graphique révolutionnaire, le Mode 7, qui permettait des rotations et des zooms de décors en 2D — donnant l'illusion de la 3D. La puce audio Sony SPC700 offrait huit canaux de son stéréo, bien supérieure au chip Yamaha de la Mega Drive.

Au final, la SNES s'est vendue à 49,10 millions d'unités, contre 30,75 millions pour la Mega Drive. Nintendo avait gagné la guerre du 16-bit, mais Sega avait gagné la bataille de l'image auprès des adolescents — un clivage qui annonçait les fractures à venir.

Infographie des consoles et périphériques Super Nintendo.
Infographie des consoles et périphériques Super Nintendo. — (source)

Super Mario World, Zelda, DKC : le hit‑parade du 16‑bit

La SNES bénéficia d'un line‑up first‑party inégalé. Super Mario World, livré avec la console, reste l'un des meilleurs platformers jamais conçus. The Legend of Zelda: A Link to the Past (1991) fixa le cahier des charges du jeu d'aventure pour les décennies à venir. Super Metroid (1994) poussa l'exploration et l'ambiance à un niveau que peu de jeux ont égalé depuis.

Publicité Super Metroid pour Super Nintendo.
Publicité Super Metroid pour Super Nintendo. — (source)

Mais le coup de génie vint de Rare, studio britannique qui utilisa des rendus pré‑calculés sur stations Silicon Graphics pour créer Donkey Kong Country (1994). Les graphismes, bien que 2D, semblaient presque 3D. La puce Super FX, intégrée dans la cartouche de Star Fox (1993), permit pour la première fois des polygones texturés en temps réel sur une console Nintendo. La SNES n'était pas seulement belle : elle était visionnaire. !SNES

Nintendo 64 : quand la cartouche était plus forte que le CD

La Nintendo 64 marque un point d'inflexion stratégique dans l'histoire de Nintendo. Refusant d'abandonner la cartouche au profit du CD, la firme de Kyoto perdit des alliés majeurs. — Square et Enix partirent sur PlayStation — mais imposa une vision radicale de la 3D polygonale. Sortie au Japon le 23 juin 1996, puis en France le 1er septembre 1997, la N64 s'est vendue à 32,93 millions d'unités.

Le jour où Nintendo a dit non à Sony

En 1991, Nintendo et Sony travaillaient ensemble sur un add‑on CD‑ROM pour la SNES, le « Nintendo PlayStation ». Mais les désaccords sur le partage des revenus et le contrôle des licences firent capoter l'accord. Sony, furieux, transforma son prototype en PlayStation, qui devint la console la plus vendue de l'histoire (plus de 102 millions d'unités). Nintendo, de son côté, misa sur la cartouche : temps de chargement nul, robustesse, et impossibilité de copier les jeux. Les inconvénients — coût de fabrication élevé, capacité limitée (64 Mo maximum) — furent jugés acceptables.

Le partenariat avec Silicon Graphics, sous le nom de code Project Reality, donna naissance à une machine 64-bit capable d'afficher des polygones texturés avec un lissage que la PlayStation ne pouvait pas égaler. La manette à trois branches, avec son stick analogique central, changea à jamais la manière de jouer.

Illustration pixel art de l'histoire de Nintendo.
Illustration pixel art de l'histoire de Nintendo. — (source)

Ocarina of Time, Mario 64, GoldenEye : le trio qui a défini la 3D

Super Mario 64 (1996) ne fut pas seulement le premier grand jeu 3D de la série : il inventa le contrôle de caméra libre, le stick analogique comme outil de précision, et un level design qui reste une référence. The Legend of Zelda: Ocarina of Time (1998) introduisit le Z‑targeting, système de verrouillage des ennemis qui allait devenir la norme des jeux d'action en 3D. GoldenEye 007 (1997) prouva qu'un jeu de tir à la première personne pouvait fonctionner sur console, avec une précision et une profondeur que même les PC peinaient à atteindre.

GameCube et manettes multicolores.
GameCube et manettes multicolores. — (source)

La N64 n'eut pas la bibliothèque la plus riche — moins de 400 titres — mais elle eut les jeux les plus influents. Et ses quatre ports manette intégrés firent du multijoueur local une expérience sociale unique. !N64

Game Boy et GameCube : le roi du portable et le cube méconnu

Deux destins opposés se jouent dans cette section. D'un côté, la Game Boy et ses dérivés ont conquis plus de 118 millions de joueurs avec un écran monochrome et une puce 8-bit. De l'autre, la GameCube, pourtant techniquement brillante, n'a séduit que 21,74 millions d'acheteurs, loin derrière la PlayStation 2.

Gunpei Yokoi et la Game Boy : 118 millions de consoles monochromes

Gunpei Yokoi, génie de Nintendo R&D1, appliqua sa philosophie du « lateral thinking with withered technology » — utiliser des composants éprouvés et bon marché de manière créative plutôt que de chercher la puissance brute. La Game Boy, sortie au Japon le 21 avril 1989, utilisait un processeur Z80 8-bit et un écran LCD sans rétroéclairage. Ses concurrentes (Game Gear, Lynx) étaient techniquement supérieures, mais la Game Boy tenait 15 heures avec quatre piles AA.

Le bundle avec Tetris fit mouche : le jeu de puzzle, simple et addictif, séduisit autant les joueurs que les non-joueurs. En France, la console se vendait 590 francs avec le jeu, le câble Link, les écouteurs et quatre piles. Pokémon Rouge et Bleu (1996) relança les ventes de manière spectaculaire : 31,37 millions de jeux vendus sur la plateforme.

Console portatili degli anni '80 e '90, Gameboy, Game & Watch, Atari Lynx e Game Gear con sintonizzatore TV.
Console portatili degli anni '80 e '90, Gameboy, Game & Watch, Atari Lynx e Game Gear con sintonizzatore TV. — A7N8X / CC0 / (source)

La Game Boy évolua en Pocket (1996, 30 % plus petite), Light (1998, avec écran rétroéclairé, Japon seulement), puis Color (1998). La Game Boy Advance (2001), avec son processeur 32-bit et son format horizontal, poussa le portable à 81,51 millions d'unités. Le SP (2003) ajouta un écran rétroéclairé et un format clamshell ; le Micro (2005) se vendit à 2,42 millions d'exemplaires.

Évolution des consoles portables Nintendo de 1980 à 2012 en pixel art.
Évolution des consoles portables Nintendo de 1980 à 2012 en pixel art. — (source)

GameCube : le cube violet qui méritait mieux

La GameCube, sortie le 14 septembre 2001 au Japon, fut la première console Nintendo à utiliser des disques optiques — des mini‑DVD de 8 cm, d'une capacité de 1,5 Go, bien inférieure au DVD standard de la PlayStation 2 (4,7 Go). Ce choix technique, couplé à l'absence de lecteur DVD, limita son attrait auprès du grand public. Le design violet et la poignée intégrée en faisaient pourtant une console charmante.

Sous le capot, le processeur PowerPC « Gekko » (IBM) et le GPU « Flipper » (ArtX/ATI) offraient des performances supérieures à celles de la PS2. Les jeux first‑party furent remarquables : Super Mario Sunshine, The Legend of Zelda: The Wind Waker (avec son cel‑shading magnifique), Metroid Prime (FPS d'exploration), et Super Smash Bros. Melee (encore joué en compétition aujourd'hui). La version Panasonic Q, sortie uniquement au Japon, ajoutait un lecteur DVD — une rareté aujourd'hui collectionnée.

Collection de consoles Nintendo rétro.
Collection de consoles Nintendo rétro. — (source)
!GameCube

DS et Wii : 255 millions de consoles qui ont conquis le monde

Après la GameCube, Nintendo changea radicalement de cap. Finie la course à la puissance : la firme de Kyoto se lança dans l'océan bleu, ces marchés inexplorés où la concurrence ne jouait pas. La DS (154,02 millions d'unités) et la Wii (101,63 millions) devinrent les deux consoles les plus vendues de leur génération, et deux des plus vendues de tous les temps.

La DS : le tactile et les deux écrans pour régner

La Nintendo DS, sortie le 21 novembre 2004 aux États-Unis, puis le 11 mars 2005 en Europe, était une machine étrange : deux écrans, dont un tactile, un stylet, un micro, et une connectivité Wi‑Fi intégrée. Le nom « DS » signifie « Dual Screen ». Rétrocompatible avec la Game Boy Advance, elle attirait à la fois les nostalgiques et les curieux.

Le succès vint des jeux non traditionnels. Nintendogs (2005) vendit 23,96 millions d'exemplaires en transformant le soin d'un chien virtuel en phénomène de société. Brain Training (2005) séduisit les adultes avec ses exercices mentaux quotidiens. Mario Kart DS (2005) devint le jeu multijoueur Wi‑Fi le plus populaire de la console. La DS Lite (2006), plus fine et plus lumineuse, pulvérisa les records : 93,84 millions d'unités à elle seule.

La DSi (2008) ajouta deux appareils photo et la DSi XL (2009) un écran géant. La DS reste la console la plus vendue de Nintendo, avec 154,02 millions d'unités — un record qui tiendra jusqu'à la Switch.

La Nintendo Switch avec des Joy-Con aux couleurs de The Legend of Zelda.
La Nintendo Switch avec des Joy-Con aux couleurs de The Legend of Zelda. — Fotografie und Bildbearbeitung von PantheraLeo1359531 😺 (talk) / Konsolenhardware von Nintendo / CC BY 4.0 / (source)

La Wii : le détecteur de mouvement au service du jeu familial

Nom de code « Revolution », la Wii sortit le 19 novembre 2006 aux États-Unis, puis le 8 décembre 2006 en Europe, au prix de 249 €. Sa manette Wii Remote, dotée d'un accéléromètre et d'un capteur infrarouge, détectait les mouvements dans l'espace. Le Nunchuk, connecté par fil, ajoutait un stick analogique et des gâchettes.

Le jeu inclus, Wii Sports, devint la killer‑app ultime : simple, intuitif, jouable par tous. Les seniors, les familles, les non‑joueurs se mirent à jouer au bowling, au tennis ou à la boxe dans leur salon. Les ruptures de stock durèrent des mois. Nintendo avait touché un public que Sony et Microsoft ignoraient.

Avec 101,63 millions d'unités, la Wii devint la console la plus vendue de la septième génération, devant la PlayStation 3 (87,4 millions) et la Xbox 360 (84 millions). Pour en savoir plus sur cette période, consultez notre dossier complet sur les consoles septième génération. !Wii

Wii U et 3DS : la leçon des consoles mal comprises par le marché

Après l'euphorie de la DS et de la Wii, Nintendo connut deux revers. La 3DS, malgré un démarrage catastrophique, se redressa pour atteindre 75,94 millions d'unités. La Wii U, en revanche, ne se remit jamais du brouillard marketing qui l'entourait : 13,56 millions d'unités, l'échec le plus cuisant de Nintendo depuis le Virtual Boy.

3DS : un démarrage catastrophe, une vie en triomphe

La Nintendo 3DS sortit le 26 février 2011 au Japon, puis le 25 mars 2011 en Europe. Sa principale innovation : un écran auto‑stéréoscopique qui affichait la 3D sans lunettes. Mais le prix de lancement, 249 €, était trop élevé. Les ventes déçurent, et Nintendo réagit rapidement : en août 2011, le prix chutait à 169 €, et les premiers acheteurs recevaient 20 jeux gratuits via le programme Ambassadors.

Cette baisse de prix relança la console. Les modèles se multiplièrent : 3DS XL (2012, écran plus grand), 2DS (2013, format plat sans 3D, moins cher), New 3DS (2014, processeur plus puissant, second stick C‑Pad). Le line‑up first‑party fit le reste : Pokémon X/Y (2013) vendit 16,44 millions d'exemplaires, Mario 3D Land (2011) 12,64 millions, Fire Emblem Awakening (2012) sauva la série de l'annulation.

Wii U : pourquoi le GamePad n'a pas sauvé la console

La Wii U, sortie le 18 novembre 2012 aux États-Unis, puis le 30 novembre 2012 en Europe, était techniquement en avance. Son GamePad, une tablette avec écran tactile et sticks analogiques, permettait de jouer sur l'écran du pad même quand la télé était éteinte — une fonctionnalité que la Switch reprendra.

Mais la communication fut désastreuse. Beaucoup de consommateurs crurent que le GamePad était un accessoire de la Wii, non une nouvelle console. Le nom « Wii U » n'aidait pas. Les éditeurs tiers boudèrent la plateforme, et les jeux first‑party arrivèrent trop tard : Mario Kart 8 (2014) et Splatoon (2015) étaient excellents, mais la console était déjà condamnée.

Pourtant, la Wii U laissa un héritage précieux : ses meilleurs jeux — Mario Kart 8 Deluxe, Splatoon 2, Super Mario 3D World + Bowser's Fury — furent portés sur Switch et devinrent des succès phénoménaux. L'échec de la Wii U avait semé les graines du triomphe à venir. !WiiU

Switch et Switch 2 : le triomphe de l'hybride, de l'échec au record absolu

La Nintendo Switch, sortie mondialement le 3 mars 2017, réalisa ce que la Wii U n'avait pas réussi : fusionner les divisions portable et salon en une seule console hybride. Avec 146,04 millions d'unités vendues, elle devint la deuxième console la plus vendue de l'histoire, derrière la PlayStation 2. La Switch 2, lancée le 5 juin 2025, prolonge le concept avec des ventes record au lancement.

De l'échec de la Wii U à la Switch : la renaissance hybride

Le concept était simple mais génial : une console que l'on peut utiliser dans trois modes — docké (sur la télé), portable (comme une Game Boy), ou sur table (avec le kickstand). Les Joy‑Con, manettes détachables, se fixent sur les côtés de l'écran ou se tiennent à deux mains. Le dock relie la console à la TV et la recharge.

Le line‑up de lancement incluait The Legend of Zelda: Breath of the Wild, unanimement salué comme l'un des meilleurs jeux jamais créés. Suivirent Super Mario Odyssey (2017), Animal Crossing: New Horizons (2020), et Super Smash Bros. Ultimate (2018). La Switch toucha tous les publics : hardcore gamers, familles, collectionneurs de jeux indépendants.

Trois modèles se succédèrent : la Switch originale (2017), la Switch Lite (20 septembre 2019, portable uniquement, plus petite, moins chère), et la Switch OLED (8 octobre 2021, écran OLED 7 pouces, meilleur son, pied ajustable). Le prix de lancement de 329 € descendit rapidement à 299 € en France.

Infographie des ventes des consoles Nintendo de salon.
Infographie des ventes des consoles Nintendo de salon. — (source)

La vidéo officielle de Nintendo montre la première utilisation de la Switch : on y voit le geste de détacher les Joy‑Con, de glisser la console dans le dock, et de passer du salon au métro sans couper le jeu. Ce geste, anodin en apparence, était une révolution.

Switch 2 : la suite logique d'un concept parfait

La Nintendo Switch 2, sortie le 5 juin 2025, ne réinvente pas la roue. Elle améliore ce qui marchait déjà : écran plus grand, Joy‑Con magnétiques (plus faciles à fixer et à retirer), rétrocompatibilité totale avec les jeux Switch, et un prix de 469,99 €. Le jeu phare du lancement, Mario Kart World, exploite le nouveau hardware avec des circuits plus vastes et des effets visuels améliorés.

Les chiffres parlent d'eux-mêmes : 5,8 millions d'unités écoulées au lancement, un record pour Nintendo. La Switch 2 confirme que le concept hybride n'était pas un feu de paille mais la nouvelle norme. Et comme le rappelle notre analyse sur la batterie remplaçable de la Switch 2, Nintendo a aussi écouté les retours des joueurs sur la durabilité et la réparabilité. !Switch

La bande-annonce officielle de la Switch, publiée par IGN, résume en une minute trente l'essence de la console : un joueur qui lance Zelda sur sa télé, attrape la console, la glisse dans son sac, et continue sa partie dans le train. Ce message de liberté a touché des millions de personnes.

Conclusion : 40 ans de leçons, de la Famicom au futur

De la cartouche grise de 1983 aux Joy‑Con magnétiques de 2025, Nintendo a traversé quatre décennies en suivant une ligne directrice constante : inventer de nouvelles façons de jouer, pas seulement des machines plus puissantes. Chaque échec — Virtual Boy, Wii U — a été un tremplin vers le succès suivant. Chaque triomphe — Wii, Switch — a redéfini ce que le jeu vidéo pouvait être.

Nintendo a vendu plus de 870 millions de consoles et plus de 6 milliards de jeux vidéo à travers le monde, selon les chiffres officiels de la firme. Derrière ces chiffres, il y a une philosophie : le gameplay prime sur la technique, l'innovation sert l'accessibilité, et les licences — Mario, Zelda, Pokémon — sont traitées comme un patrimoine culturel, pas comme des produits jetables.

Le Musée du Jeu Vidéo ouvert par l'association MO5 à Arcueil, près de Paris, expose aujourd'hui ces machines comme des œuvres d'art. Sur 1 200 m², des centaines de consoles, des Famicom aux Switch 2, racontent l'histoire d'une industrie qui a grandi avec ses joueurs. Des créateurs comme Michel Ancel, Frédérick Raynal ou des figures de Nintendo ont salué ce projet, rappelant que préserver ces machines, c'est préserver la mémoire d'un art né au XXe siècle.

Et si l'histoire de Nintendo nous apprend quelque chose, c'est que la prochaine surprise est déjà en préparation dans les laboratoires de Kyoto.

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Questions fréquentes

Quelle console Nintendo a sauvé le jeu vidéo ?

La NES (Nintendo Entertainment System), lancée en 1983 au Japon sous le nom Famicom, a ressuscité le marché du jeu vidéo après le krach de 1983. Elle s'est vendue à 61,91 millions d'unités et a introduit des franchises majeures comme Super Mario Bros. et The Legend of Zelda.

Pourquoi Nintendo a-t-il refusé le CD pour la N64 ?

Nintendo a refusé le CD au profit de la cartouche pour la Nintendo 64 en raison de désaccords avec Sony sur le partage des revenus et le contrôle des licences. Ce choix a conduit Sony à lancer sa propre PlayStation, qui est devenue la console la plus vendue de l'histoire avec plus de 102 millions d'unités.

Combien de consoles Nintendo Switch ont été vendues ?

La Nintendo Switch, sortie en 2017, s'est vendue à 146,04 millions d'unités, ce qui en fait la deuxième console la plus vendue de tous les temps, derrière la PlayStation 2. Son succès repose sur son concept hybride, mêlant jeu portable et salon.

Quelle est la console Nintendo la plus vendue ?

La Nintendo DS est la console la plus vendue de Nintendo, avec 154,02 millions d'unités écoulées. Lancée en 2004, elle a séduit grâce à ses deux écrans, son écran tactile et des jeux grand public comme Nintendogs et Brain Training.

Quand la Switch 2 est-elle sortie ?

La Nintendo Switch 2 est sortie le 5 juin 2025. Elle améliore le concept hybride avec des Joy-Con magnétiques, un écran plus grand et une rétrocompatibilité totale, atteignant 5,8 millions d'unités vendues au lancement.

Sources

  1. Le musée du jeu vidéo · museedujeuvideo.org
  2. Full text of "Joystick (France) 017" · archive.org
  3. Key Success Factors Study of Nintendo Switch in Gaming Console ... · bcpublication.org
  4. History of the Nintendo Entertainment System - Wikipedia · en.wikipedia.org
  5. en.wikipedia.org · en.wikipedia.org
game-master
Maxime Aubot @game-master

Je joue à tout, je critique tout, je n'épargne personne. Gamer depuis la GameBoy de mon grand frère, j'ai aujourd'hui une collection qui ferait pâlir un musée. AAA, indés, mobile, retrogaming : si ça a des pixels ou des polygones, j'y ai touché. Mon avis ? Toujours honnête, parfois salé. Je défends les consommateurs contre les DLC abusifs et les microtransactions prédatrices. Si t'aimes les critiques complaisantes, passe ton chemin.

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