La NRC a délivré un permis de construction Part 50 pour la centrale Natrium à Kemmerer, dans le Wyoming. Le permis, approuvé début mars 2026, n'est pas une licence combinée. Une licence d'exploitation séparée restera requise avant toute mise en service. C'est la première approbation de la NRC pour un réacteur commercial non-LWR depuis plus de 40 ans. La dernière autorisation à l'échelle commerciale était Turkey Point-7 en 2018 via une COL Part 52.

Un permis inédit sous un cadre allégé
La demande de TerraPower a été déposée en mars 2024 et enregistrée en mai 2024. La NRC a achevé l'examen de sûreté en décembre 2025, avec 11 % de budget en moins et environ cinq mois d'avance. Les travaux ont démarré le 23 avril 2026. L'achèvement est visé en 2030, soit trois ans derrière l'objectif initial de 7 ans du DOE.
Kemmerer est la première demande de réacteur de puissance à utiliser une base d'autorisation entièrement fondée sur le risque et la performance (RIPB, LMP/NEI 18-04). Cette approche réduit le fardeau réglementaire par rapport aux examens traditionnels.
Les États-Unis explorent par ailleurs d'autres voies nucléaires, comme l'installation de réacteurs en mer (/actualites/nucleaire-etats-unis-envisagent-installer-reacteurs-mer/).
Co-partage fédéral et capital privé sans contrat d'achat
Le projet Natrium est financé par le partage de coûts 50/50 du programme ARDP du DOE, jusqu'à 2 Md$ fédéraux. Le DOE prévoyait environ 3,2 Md$ pour l'ARDP couvrant Natrium et X-energy. Aucune garantie de prêt fédéral confirmée n'existe pour l'unité 1.
TerraPower a clôturé une levée de fonds privée de 650 M$ en juin 2025, avec NVentures/NVIDIA, Bill Gates et HD Hyundai. Le financement privé total dépasse 1,4 Md$. La société reste privée.
En avril 2026, PacifiCorp n'avait pas annoncé de contrat d'achat d'électricité (PPA) finalisé pour Kemmerer Unit 1. La centrale avance sans acheteur engagé, alors que PacifiCorp/Rocky Mountain Power est l'acheteur prévu.

L'estimation de coût de 1 Md$ publiée par TerraPower en 2021 est obsolète. Aucun coût actualisé du nivelé (LCOE) ferme n'a été publié. La comparaison économique avec Vogtle, NuScale ou les renouvelables reste non résolue.
Les sceptiques arguent que Natrium n'est pas aussi petit, modulaire ou peu coûteux en usine que revendiqué. Ils soulignent que c'est un surgénérateur avec des risques de prolifération, et que l'éolien et le solaire sont moins chers, plus rapides et plus sûrs.
D'autres jeunes entreprises misent aussi sur le nucléaire à grand coût, comme Valar Atomics et son pari de 6 milliards (/tech/valar-atomics-pari-fou-start-up-nucleaire-6-milliards/). Les dépassements de coûts plombent déjà des chantiers comme Hinkley Point C (/actualites/hinkley-point-chantier-nucleaire-coute-fortune-edf/).
Technologie, emplois et accord Meta
Natrium est un réacteur rapide refroidi au sodium de 345 MWe. Il inclut un stockage par sel fondu permettant un boost à 500 MWe pendant plus de 5,5 heures. Le confinement est fonctionnel. Le combustible métallique HALEU U-10Zr crée une dépendance à une supply rare de HALEU.

Le projet crée environ 1 600 emplois de pointe en construction et 250 équivalents temps plein permanents. C'est la première centrale nucléaire commerciale du Wyoming, remplaçant une centrale à charbon en retraite. Le Wyoming Industrial Siting Council a approuvé les travaux non-NRC en janvier 2025.
En janvier 2026, TerraPower a signé un accord avec Meta pour jusqu'à 8 unités Natrium d'ici 2035, les deux premières d'ici 2032. Ce signal montre une commercialisation de flotte au-delà de la centrale de démonstration du DOE.