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Désactiver les Shorts sur YouTube : le guide complet pour tuer le scroll infini

Perdez moins de temps grâce à la mise à jour d'avril 2026 permettant de désactiver les Shorts sur YouTube. Retrouvez le contrôle de votre feed et favorisez les contenus de qualité.

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Nous avons tous vécu ce moment de désillusion. On jette un œil à l'horloge et on réalise avec stupeur que l'heure qui venait de s'écouler n'était qu'un flou. Ce qui devait être une pause de cinq minutes s'est transformé en un marathon hypnotique de vidéos de quinze secondes. Le pouce continue de glisser vers le haut, mécaniquement, pendant que l'esprit se met en veille. Ce n'est pas un manque de volonté, mais une confrontation directe avec une ingénierie conçue pour nous garder captifs. Heureusement, l'époque où l'on subissait passivement ce rouleau compresseur est révolue. Une mise à jour majeure offre enfin les moyens de reprendre le contrôle.

Main tenant un smartphone avec le logo YouTube visible sur l'écran.
Main tenant un smartphone avec le logo YouTube visible sur l'écran. — (source)

Si vous êtes ici, c'est que vous avez probablement senti cette frustration monter, celle de perdre votre temps dans un océan de contenus éphémères qui ne vous apportent rien. L'addiction au scroll infini n'est pas un défaut de caractère, c'est une mécanique de conception sophistiquée exploitant les failles de notre cerveau. Nous allons explorer ensemble comment reprendre le contrôle de votre expérience YouTube, en utilisant les nouveaux outils mis à disposition par la plateforme pour enfin tuer ce rouleau compresseur numérique.

L'engrenage invisible : pourquoi 60 minutes de Shorts passent comme 60 secondes

Il est facile de se juger sévèrement en constatant que deux heures se sont évaporées à regarder des recettes de cuisine en accéléré ou des montages humoristiques. Pourtant, cette perte de repère temporel est le résultat d'une ingénierie psychologique précise. L'algorithme de YouTube, et plus spécifiquement celui des Shorts, est calibré pour maximiser la libération de dopamine, ce neurotransmetteur associé au plaisir et à la récompense, à chaque micro-interaction. Ce n'est pas un hasard si vous finissez par consommer des contenus qui ne vous intéressaient même pas quelques minutes plus tôt. La plateforme identifie les fils conducteurs qui maintiennent votre attention et transforme une session de cinq minutes en une absence prolongée sans que vous ne vous en aperceviez.

La preuve de cette emprise universelle se lit dans de nombreux témoignages en ligne, comme celui d'un utilisateur sur le subreddit r/youtube qui exprimait récemment son désarrois : « Les shorts sont addictifs, et il n'y a aucun moyen pour moi de les arrêter. » Ce sentiment d'impuissance face à un design piégeant son attention résonne chez des millions de personnes. Il ne s'agit pas d'un manque de volonté, mais d'une asymétrie flagrante entre un utilisateur cherchant du divertissement et une machine optimisée pour maximiser le temps de cerveau disponible. Face à ce constat, il devient impératif de comprendre les mécanismes en jeu pour mieux les déjouer.

Le piège du « juste encore un » : la mécanique psychologique du scroll infini

Le concept central qui rend les Shorts aussi captivants est celui du « scrolling compulsif », souvent nommé « doomscrolling » par les anglophones. Contrairement à une vidéo traditionnelle qui possède un début et une fin clairs, le flux des Shorts est perpétuel. Chaque vidéo qui se termine est instantanément remplacée par une autre, éliminant les « points d'arrêt » naturels qui permettent au cerveau de décider de s'arrêter. Cette fluidité mécanique supprime la friction : aucun clic n'est nécessaire pour passer au suivant, un simple balayage du pouce suffit. C'est une boucle de renforcement variable très proche de celle que l'on trouve dans les machines à sous. Vous ne savez jamais ce que la prochaine vidéo va vous apporter — peut-être sera-t-elle drôle, instructive ou excitante — et cette incertitude maintient le cerveau en état d'alerte constante.

Cette mécanique est redoutablement efficace car elle exploite notre curiosité innée et notre attente du plaisir. Une vidéo peut être médiocre, mais la suivante, à quelques millimètres de pouce, pourrait être celle qui change tout. Google lui-même a fini par reconnaître publiquement ce problème, comme le rapporte Android-mt et Ouest France, en admettant que la conception de ces flux pouvait mener à un comportement de « scrolling compulsif ». En intégrant cette terminologie dans leur communication officielle, les concepteurs de la plateforme valident ce que les utilisateurs ressentent depuis des années : l'interface est pensée pour nous faire perdre la notion du temps et de la quantité.

Modèle d'interface utilisateur YouTube Shorts sur un écran mobile.
Modèle d'interface utilisateur YouTube Shorts sur un écran mobile. — (source)

Des chiffres qui font vertige : 33 % de contenu « sans queue ni tête »

Au-delà de la psychologie, il y a la nature même du contenu qui nous est proposé. Si l'on perd autant de temps, c'est aussi parce que la qualité de l'information véhiculée par les Shorts est extrêmement variable, voire souvent médiocre. Selon une analyse approfondie de PCMag, une part considérable des Shorts serait constituée de ce qu'ils qualifient de contenu « sans queue ni tête » ou de faible qualité. Les chiffres sont édifiants : environ un tiers des vidéos courtes circulant sur la plateforme seraient dénuées de sens réel ou d'intérêt durable, servant uniquement à capter l'attention quelques secondes grâce à des visages choquants ou des sons accrocheurs.

L'automatisation a également envahi cet espace de manière massive. Les données indiquent que plus de 21 % de ces vidéos seraient générées par des outils d'intelligence artificielle, créant des contenus synthétiques parfois déroutants ou inutiles. Imaginez passer votre soirée à consommer un tiers de « bruit numérique » et un cinquième de contenus générés par des machines sans âme. Cela donne la mesure de ce qui est en jeu : ce n'est pas seulement une perte de temps, c'est une dégradation de la qualité de notre alimentation numérique. Nous nous nourrissons de calories vides audiovisuelles, ce qui explique le sentiment de fatigue et de vide qui suit souvent une longue session de Shorts. Face à cette invasion de contenu de basse qualité, la possibilité de couper le robinet devient une question non plus de confort, mais d'hygiène de vie numérique.

Le 15 avril 2026 : le jour où YouTube a enfin dit « stop » au rouleau compresseur

L'annonce a eu lieu le 15 avril 2026, marquant un tournant potentiel dans l'histoire de la plateforme de streaming. Jusqu'alors, les options pour limiter l'exposition aux vidéos courtes étaient rares, complexes, ou réservées aux comptes des enfants via le contrôle parental. Ce jour-là, Google a décidé de mettre à la disposition de tous les utilisateurs une option radicale : la possibilité de régler la limite du flux Shorts sur zéro. Cette nouvelle, relayée par des sites spécialisés comme PhoneArena, signifie concrètement que l'on peut désormais neutraliser l'algorithme addictif qui nous pousse à scroller indéfiniment, simplement en modifiant un paramètre dans l'application.

Ce changement n'est pas anecdotique dans la stratégie de YouTube. Pendant des années, la plateforme a poussé les Shorts de manière agressive, cherchant à rivaliser avec TikTok en mettant en avant ce format vertical partout : dans la barre d'onglets, dans les résultats de recherche, et même au milieu des abonnements. Permettre aux utilisateurs de désactiver ce flux revient, pour l'entreprise, à admettre que ce modèle possède des effets secondaires indésirables qui poussent une partie de son audience à délaisser la plateforme. C'est une reconnaissance officielle que le bien-être des utilisateurs, ou du moins la conservation de leur patience, peut passer avant la maximisation à tout crin du temps de visionnage publicitaire.

L'histoire de cette fonctionnalité est révélatrice de la manière dont les géants de la tech testent et déploient leurs outils de contrôle. Tout a commencé, comme souvent, par la sphère du contrôle parental. Début janvier 2026, des rapports, notamment relayés par TechMeme et RouteNote, indiquaient que YouTube expérimentait des limites de temps pour les Shorts via Family Link. Les parents pouvaient alors restreindre l'accès de leurs enfants à 15, 30 minutes, 1 heure ou 2 heures par jour. C'était une première réponse aux inquiétudes des parents concernant l'addiction des jeunes générations aux écrans, mais l'option pour bloquer totalement l'accès restait alors limitée à ce contexte précis.

Face à une demande massive et croissante, YouTube a dû accélérer les choses. Ce qui n'était conçu au départ que comme un outil pour protéger les enfants est rapidement devenu une nécessité pour les adultes eux-mêmes. La transition du contrôle parental vers les paramètres généraux de l'application montre que le problème du scrolling compulsif dépasse largement le cadre des mineurs. Les adultes aussi réclamaient une « ligne rouge » infranchissable. En ouvrant ce réglage à tous, YouTube officialise l'idée que les outils de « bien-être numérique » ne doivent pas être des babysitters électroniques réservés aux plus jeunes, mais des outils de maîtrise de soi accessibles à chacun.

Page de l'extension 'Masquer les Shorts pour YouTube™' et ses options de configuration.
Page de l'extension 'Masquer les Shorts pour YouTube™' et ses options de configuration. — (source)

Un aveu d'échec déguisé en « bien-être numérique » ?

Il est tentant de voir cette annonce comme une victoire totale des utilisateurs contre l'oppression algorithmique, mais il faut y regarder de plus près. En proposant un interrupteur pour éteindre les Shorts, YouTube ne fait-il pas un aveu implicite que la conception de ce format est intrinsèquement nuisible ? L'entreprise présente la chose sous l'angle du « bien-être numérique », une terminologie rassurante et éthique. Pourtant, en coulisses, la réalité est plus complexe. Les Shorts sont un vecteur publicitaire extrêmement rentable, car le taux de rétention y est souvent plus élevé que sur les vidéos longues.

C'est donc une tension économique majeure. D'un côté, YouTube sait que les Shorts gardent les gens sur l'application et génèrent des vues en masse. De l'autre, elle réalise que l'expérience utilisateur devient toxique pour une frange croissante de son public, qui risque de partir voir ailleurs. En offrant cette option, YouTube tente un équilibre précaire : apaiser les utilisateurs frustrés sans tuer la poule aux œufs d'or pour ceux qui choisissent de continuer à scroller. C'est un aveu d'échec partiel : le modèle du tout-court, tout-de-suite, a atteint ses limites en termes d'acceptabilité sociale.

Le tutoriel pas-à-pas : supprimer les Shorts en 3 clics dans les paramètres

Maintenant que nous comprenons l'enjeu et l'origine de cette nouvelle fonctionnalité, il est temps de passer à l'action. La bonne nouvelle, c'est que la procédure est remarquablement simple. YouTube a intégré cette option de manière native dans ses menus, sans avoir besoin de télécharger des applications tierces ou de bricoler des réglages obscurs. Que vous soyez sur Android ou iOS, le chemin d'accès est sensiblement le même. Voici comment procéder pour enfin retrouver la maîtrise de votre application et bloquer l'accès au flux infini.

Cette manipulation illustre la volonté de Google de fournir une solution immédiate, mais il est utile de la décrire pour s'assurer que chaque étape soit limpide. Une fois la modification effectuée, vous remarquerez un changement immédiat dans l'interface : l'onglet « Shorts », habituellement situé au centre de la barre de navigation inférieure, disparaîtra purement et simplement. Plus de notifications rouges intrusives, plus de clips verticaux qui s'imposent à vous. L'application redevient ce qu'elle était à ses débuts : un lecteur de vidéo complet, centré sur le contenu que vous choisissez et non sur ce que l'algorithme décide de vous injecter.

Le chemin exact : Paramètres > Gestion du temps > Limite du flux Shorts

Pour désactiver les Shorts, ouvrez l'application mobile YouTube et commencez par cliquer sur votre photo de profil, généralement située en haut à droite de l'écran d'accueil. Dans le menu qui se déroule, sélectionnez l'option « Paramètres ». Faites défiler la liste jusqu'à ce que vous trouviez la catégorie « Gestion du temps ». C'est ici que se trouve le levier de votre libération numérique. Vous y trouverez une nouvelle option intitulée « Limite du flux Shorts » ou une formulation similaire selon la langue de votre interface.

En cliquant dessus, un menu s'ouvre vous proposant différentes durées prédéfinies. C'est là que la magie opère : au lieu de choisir 15, 30 ou 60 minutes, sélectionnez l'option permettant de définir la limite sur zéro minute. Une fois validé, le système applique immédiatement la restriction. Si vous tentez d'accéder à l'onglet Shorts par la suite, vous serez accueilli par un message vous rappelant que vous avez atteint votre limite de temps autorisée. Notez que selon les versions de l'application et la vitesse de déploiement de la mise à jour sur votre appareil, il peut être nécessaire de fermer et rouvrir l'application pour que l'onglet disparaisse définitivement de la barre de navigation principale. Ce réglage fonctionne de manière identique sur les terminaux Android et iOS.

Interface du lecteur YouTube Shorts avec une vidéo en cours de lecture.
Interface du lecteur YouTube Shorts avec une vidéo en cours de lecture. — Mailer's Landing (@MailersLanding) / Public domain / (source)

Le filtre caché pour purger les Shorts des résultats de recherche

Bien que désactiver l'onglet principal soit un énorme pas en avant, ce n'est pas la seule source d'exposition. Les Shorts ont tendance à s'immiscer partout, y compris au milieu de vos recherches lorsque vous cherchez une information précise. Heureusement, YouTube a déployé un outil complémentaire signalé par PCMag : un filtre spécifique pour exclure ces vidéos des résultats.

Pour l'utiliser, lancez une recherche dans l'application (par exemple, « recette tarte aux pommes »). Une fois sur la page de résultats, regardez en haut de l'écran, juste sous la barre de recherche. Vous verrez une série de filtres comme « Date », « Type », « Durée », etc. Appuyez sur « Type ». Dans le menu qui s'affiche, vous pouvez choisir de ne voir que les vidéos longues. Cette action a pour effet de purger la page de résultats, ne conservant que les vidéos traditionnelles, lesquelles proposent habituellement une plus grande richesse d'informations et sont mieux adaptées à l'étude approfondie de sujets complexes.

Le bouton « ignorer » : pourquoi votre volonté reste le vrai rempart

Il est important de noter une nuance cruciale concernant ce nouveau système. Comme le précise le Support Google, lorsque vous atteignez la limite que vous avez fixée — que ce soit zéro ou une autre durée — un message d'avertissement apparaît à l'écran. Ce message bloque l'accès, mais il inclut généralement une option pour « Ignorer la limite » ou « Continuer quand même ».

Cela nous ramène à une réalité inévitable : la technologie peut nous aider, mais elle ne peut pas remplacer notre volonté. Le mécanisme de « friction » est là pour vous réveiller et vous faire prendre conscience de votre action, mais la porte de sortie reste ouverte. Si vous êtes en pleine phase d'addiction aiguë, votre cerveau pourrait automatiquement cliquer sur « Ignorer » sans même réfléchir. C'est pourquoi l'utilisation de ce paramètre doit s'accompagner d'une intention consciente. Voyez ce message non pas comme une punition, mais comme un signal d'alarme destiné à réengager votre cortex préfrontal, la partie de votre cerveau responsable de la prise de décision rationnelle.

Avant/après : ce qui change vraiment quand les Shorts disparaissent de votre feed

Une fois que vous avez fait le ménage et désactivé le flux, l'expérience de YouTube change du tout au tout. C'est un peu comme lorsqu'on retire les tentures dans une maison sombre : la lumière revient et l'espace semble plus grand. La différence la plus immédiate est psychologique. Cette anxiété sourde de « manquer quelque chose » (la fameuse FOMO) s'estompe. Plus d'urgence à vérifier l'application dès qu'on a une minute de libre. Le téléphone redevient un outil plutôt qu'une prothèse émotionnelle.

Mais concrètement, que regardez-vous maintenant ? Sans les Shorts, vous redécouvrez la richesse de la plateforme YouTube : le monde accessible en images. Vous vous rendez compte que l'appli regorge de créateurs de talent qui produisent des contenus approfondis, des documentaires fascinants et des tutoriels exhaustifs qui nécessitent plus de 60 secondes pour être assimilés. C'est un retour à une consommation plus lente, mais infiniment plus enrichissante. Les utilisateurs qui ont franchi le pas rapportent souvent un sentiment de « désintoxication », accompagné d'une baisse significative de leur temps d'écran global.

Écrans mobiles montrant l'interface YouTube Shorts et les vidéos.
Écrans mobiles montrant l'interface YouTube Shorts et les vidéos. — (source)

Le retour des vidéos longues : retrouver le plaisir de la profondeur

La disparition des Shorts force l'algorithme à s'adapter. Sans ce réservoir infini de contenus rapides pour capter votre attention, YouTube doit puiser dans votre historique et vos abonnements pour vous proposer des vidéos longues qui correspondent à vos centres d'intérêt réels. C'est le retour du « vrai YouTube », celui de la vidéo de 20 minutes sur l'histoire de l'Empire Romain, du guide détaillé pour réparer sa plomberie ou de l'analyse poussée d'un jeu vidéo.

On redécouvre le plaisir de l'immersion. Contrairement au Short qui gratte la surface de tout sans rien approfondir, la vidéo longue permet d'apprendre, de comprendre et de se construire une opinion. C'est la différence entre grignoter des snacks industriels et s'asseoir pour un bon repas équilibré. Cette transition vers une consommation intentionnelle est bénéfique pour la capacité de concentration. Notre cerveau, moins sollicité par des changements d'images frénétiques toutes les 15 secondes, se réaccoutume à suivre un fil narratif sur la durée. Ce n'est pas seulement un gain de temps, c'est un gain de qualité cognitive.

Keir Starmer, la politique et la pression mondiale contre l'addiction au scroll

Ce mouvement de fond ne se limite pas à YouTube. Il s'inscrit dans une reconnaissance mondiale des dangers des modèles d'attention basés sur le scroll infini. Récemment, le Premier ministre britannique Keir Starmer a appelé les plateformes de médias sociaux à supprimer les fonctionnalités de défilement infini pour les jeunes utilisateurs, soulignant les risques sérieux pour la santé mentale, comme en témoigne la discussion sur Slashdot.

Les gouvernements commencent à regarder ces fonctionnalités non plus comme des innovations technologiques sympathiques, mais comme des produits potentiellement toxiques, au même titre que le tabac ou l'alcool. En autorisant le désactivage des Shorts, YouTube se met peut-être en avance d'une phase future de réglementation stricte. C'est une manière pour la plateforme de dire « nous régulons nos utilisateurs avant que l'État ne le fasse pour nous ». Cette pression politique internationale ajoute une couche de légitimité au choix de l'utilisateur de se déconnecter. Ce n'est plus seulement une préférence personnelle, c'est un acte de santé publique que de refuser de participer à cette expérience de laboratoire à grande échelle.

Votre cerveau sans Shorts : et si vous redécouvriez pourquoi vous aimiez YouTube ?

Au-delà des statistiques de temps d'écran et des réglages techniques, l'expérience la plus profonde se vit dans la tête. Le sevrage des Shorts provoque une sorte de rééducation du cerveau. Les premiers jours, on peut ressentir un vide, une sorte d'ennui inhabituel lorsqu'on attend le bus ou fait la queue. C'est normal : le cerveau réclame sa dose de dopamine facile. Mais très vite, cet ennui se transforme en disponibilité. Des idées reviennent, l'observation de l'environnement reprend le dessus, et l'on redécouvre le plaisir de faire « rien » juste quelques minutes, sans avoir besoin de remplir chaque seconde de contenu.

On retrouve aussi la raison pour laquelle on a commencé à utiliser YouTube : la curiosité. On se met à chercher des vidéos parce qu'on a une question précise, non pas parce qu'on veut tuer le temps. Le contenu que l'on regarde devient utile, émouvant ou divertissant sur le fond, et non plus distrayant par sa forme uniquement. C'est une redécouverte de la plateforme comme une bibliothèque géante et vivante, plutôt que comme une machine à sous casino. En coupant le court-circuit des Shorts, on recâble notre propre circuit de la récompense, réapprenant à apprécier des gratifications qui demandent un peu plus d'effort, mais qui sont aussi plus durables.

Sevrage ou libération : les premiers retours de la communauté

Depuis l'annonce de la fonctionnalité et le début de son déploiement, les réactions sur les communautés en ligne sont majoritairement positives. Un sentiment de soulagement prédomine parmi les utilisateurs qui luttaient depuis longtemps contre cette habitude. Beaucoup témoignent avoir essayé de limiter leur consommation par le passé sans succès, faute d'outils adéquats. L'option de blocage total est vue comme le « bouton nucléaire » nécessaire pour ceux qui n'arrivent pas à modérer leur consommation.

Série de captures d'écran de la maquette YouTube Shorts sur Figma.
Série de captures d'écran de la maquette YouTube Shorts sur Figma. — (source)

Cependant, une minorité d'utilisateurs exprime certaines réserves. Certains avouent rechigner à l'idée de supprimer totalement les Shorts, arguant que certains créateurs talentueux utilisent ce format avec intelligence et créativité pour proposer des micro-tutoriels ou des sketchs percutants. Le débat s'installe progressivement : est-ce le format qui est mauvais, ou l'algorithme qui le distribue de manière compulsive ? Pour l'instant, la majorité des témoignages penche vers la deuxième option. Les gens ne détestent pas les vidéos courtes, ils détestent la manière dont le flux les piège. La possibilité de désactiver l'onglet principal est donc perçue comme une libération : on garde le choix d'aller voir un Short spécifique si on le souhaite, mais on reprend le contrôle de l'accès.

Du doomscrolling au slow watching : renverser le rapport au temps

Ce changement d'interface est le catalyseur d'un mouvement plus large que l'on pourrait appeler le « slow watching ». À l'image du mouvement « slow food » qui prône une alimentation consciente et de qualité, le slow watching consiste à consommer des images de manière réfléchie et choisie. Désactiver les Shorts, c'est refuser l'hyper-consommation visuelle qui caractérise notre époque pour revenir à une forme d'ascèse numérique.

Cela ne veut pas dire qu'il faut interdire les courtes vidéos ou cesser de rire devant un mème. Cela signifie redevenir le capitaine de son navire. Au lieu de subir le courant du scroll infini, on choisit la destination. Ce changement de paradigme a des répercussions positives au-delà de YouTube : on devient moins patient avec les autres applications qui utilisent les mêmes mécanismes toxiques. On commence à repérer les « dark patterns » ailleurs. C'est une première étape vers une alphabétisation numérique plus critique. En modifiant ses paramètres pour bloquer l'accès, on ne fait pas que gagner quelques heures par jour, on envoie un message silencieux mais puissant : mon temps est ma ressource la plus précieuse, et je refuse de le laisser gaspiller par un algorithme.

Conclusion : le pouvoir de dire « non » : votre attention vous appartient (enfin) à nouveau

Nous arrivons au terme de ce voyage au cœur de l'expérience YouTube et de sa transformation récente. Ce que nous avons exploré dépasse largement la simple manipulation de réglages techniques. C'est une question de souveraineté personnelle à l'ère numérique. L'introduction de la possibilité de désactiver les Shorts par YouTube en avril 2026 est une victoire symbolique importante pour les utilisateurs. Elle valide l'idée que notre attention est une ressource limitée qui mérite d'être protégée, et que nous avons le droit de tracer des limites infranchissables face aux géants de la tech.

Reprendre le contrôle demande un premier effort conscient : celui d'aller modifier les paramètres et de résister à l'appel de la facilité. Mais une fois franchie, cette étape ouvre la porte à une expérience de consommation des médias plus saine, plus riche et finalement plus satisfaisante. Vous avez désormais entre les mains le pouvoir de transformer votre téléphone d'une machine à distractions infinies en un outil au service de vos intérêts réels. C'est à vous de choisir quel type de relation vous souhaitez entretenir avec les écrans. N'hésitez pas à partager votre propre expérience de sevrage aux Shorts dans les commentaires ou autour de vous.

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Questions fréquentes

Comment désactiver les Shorts sur YouTube ?

Allez dans Paramètres, puis Gestion du temps, et sélectionnez l'option « Limite du flux Shorts » pour la régler sur zéro minute.

Pourquoi les YouTube Shorts sont-ils addictifs ?

Leur flux continu sans point d'arrêt naturel stimule la dopamine comme une machine à sous, provoquant un scroll infini et involontaire.

Quel pourcentage de Shorts est de faible qualité ?

Selon une analyse de PCMag citée, environ un tiers des vidéos courtes seraient constituées de contenu « sans queue ni tête ».

Peut-on bloquer les Shorts dans les recherches ?

Oui, utilisez le filtre « Type » dans les résultats de recherche et sélectionnez l'option pour ne voir que les vidéos longues.

Sources

  1. Quand les plateformes traduisent leurs contenus, qu’on le veuille ou non · lemonde.fr
  2. android-mt.ouest-france.fr · android-mt.ouest-france.fr
  3. lemonde.fr · lemonde.fr
  4. pcmag.com · pcmag.com
  5. phonearena.com · phonearena.com
indie-gems
Arthur Nerbot @indie-gems

Les gros studios me fatiguent, je préfère les petits. Développeur web à Grenoble le jour, chasseur de pépites vidéoludiques la nuit. Je suis toutes les game jams, je back les projets Kickstarter prometteurs, et je joue à des démos que personne ne connaît. Mon bonheur ? Découvrir un jeu indé génial six mois avant que les YouTubers en parlent. Le gameplay et les idées passent avant les graphismes, toujours.

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