Gros plan sur une batterie externe argentée posée sur une table en bois, avec un câble USB-C branché, éclairage naturel doux
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Les batteries à semi-conducteurs ne sont pas encore prêtes, mais les gels le sont

Découvrez pourquoi les batteries à électrolyte gélifié, déjà présentes dans des vélos, voitures et chargeurs, offrent sécurité, longévité et résistance au froid, bien avant l'arrivée des prometteuses batteries tout-solide.

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Depuis des années, les promesses de batteries « tout-solide » font la une des salons tech, repoussant sans cesse l'échéance d'une commercialisation de masse. Pendant ce temps, une technologie plus discrète mais bien réelle s'est glissée dans nos vies : les batteries à électrolyte gélifié. Moins spectaculaires que le « Saint Graal » annoncé, ces accumulateurs semi-solides équipent déjà des vélos électriques, des voitures chinoises et même des chargeurs portables. Alors que les géants de l'automobile peinent à industrialiser le tout-solide, le gel s'impose comme la solution pragmatique du moment — sans feu d'artifice, mais avec des bénéfices concrets pour l'utilisateur.

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Derrière le mot « solide », un cocktail bien réel de technologies

Avant de parler de produits, il faut démêler un sac de nœuds terminologique. Le terme « batterie solide » est devenu un fourre-tout marketing qui englobe des technologies radicalement différentes. Entre un gel pâteux et un électrolyte 100 % céramique, il y a le même écart qu'entre une purée et une brique. Pourtant, les constructeurs utilisent le même mot pour désigner l'un et l'autre, entretenant une confusion savamment entretenue.

Liquide, gel, solide : plongée dans la jungle des électrolytes

La réalité technique se mesure en pourcentage de liquide résiduel. Une batterie lithium-ion classique contient plus de 25 % d'électrolyte liquide en poids — c'est ce liquide inflammable qui provoque les incendies spectaculaires de trottinettes ou de smartphones. Une batterie semi-solide, ou « gel », descend entre 5 et 10 % de liquide. En dessous de 5 %, on parle de quasi-solide. À 0 %, c'est le tout-solide, celui des laboratoires.

La Kuxiu S2, présentée par The Verge en avril 2025 comme la première batterie externe semi-solide grand public, illustre parfaitement ce seuil. Avec ses 5 000 mAh et son format MagSafe Qi2, elle utilise un électrolyte mixte qui forme une consistance gélatineuse. Le magazine américain précise que le terme « semi-solide » n'est pas un argument marketing : la proportion de liquide y est effectivement réduite de 60 à 75 % par rapport à une batterie classique. Le résultat est une densité énergétique de 360 Wh/kg, contre 300 pour les meilleures cellules liquides.

Le problème, c'est que personne en dehors des spécialistes ne fait la différence. Les marques jouent de cette confusion en annonçant des « batteries solides » qui ne sont que des gels améliorés. Le spectre est large : du liquide presque pur au solide total, chaque fabricant fixe ses propres seuils et ses propres dénominations.

« Un mot unique pour désigner des inventions distinctes » : le casse-tête marketing

Le site Fiches-auto.fr frappe fort sur ce point : « Le vrai problème aujourd'hui n'est pas tant la technologie que le langage. À force d'utiliser le mot « solide » pour désigner des réalités très différentes, les constructeurs ont brouillé la compréhension du sujet. » Cette citation résume l'ampleur du problème.

Quand Nio annonce une batterie « solide » de 150 kWh pour son ET7, il s'agit en réalité d'un gel. Quand QuantumScape promet une révolution tout-solide, ses premières cellules de démonstration utilisent encore une petite quantité d'électrolyte liquide. L'amalgame dessert la compréhension du public et permet à des entreprises de faire passer des évolutions modestes pour des révolutions. Résultat : le consommateur moyen croit que les batteries tout-solide sont déjà dans les magasins, alors qu'elles n'ont même pas franchi le cap de la production industrielle.

Les exemples abondent. MG commercialise en Chine une MG4 avec une batterie annoncée comme « solide » — elle contient encore 5 % de liquide. C'est une excellente batterie, plus sûre et plus dense que la moyenne, mais ce n'est pas un tout-solide. Le terme « quasi-solide » serait plus honnête, mais il vend moins bien.

Le test du clou : pourquoi la sécurité des gels est un argument de vente massif

Là où le gel change vraiment la donne, c'est sur la sécurité. Le site Transition Vélo rapporte les propos de T&D, fabricant de batteries pour vélos électriques : « On peut littéralement percer la cellule avec un clou sans qu'elle ne s'enflamme. » Ce test, impossible à réaliser sur une batterie lithium-ion classique sans déclencher un incendie, devient banal avec un électrolyte gélifié.

Le mécanisme est simple : dans une batterie liquide, la perforation provoque un court-circuit interne qui échauffe l'électrolyte. Le liquide se vaporise, la pression monte, et l'emballement thermique transforme la cellule en torche. Avec un gel, la matière ne coule pas, ne se vaporise pas aussi facilement, et le court-circuit reste localisé. La batterie peut chauffer, mais elle ne prend pas feu.

Cet avantage est colossal pour les vélos électriques, les trottinettes et les voitures — tous ces appareils qui dorment dans nos garages ou nos salons. Les incendies de batteries lithium-ion classiques, régulièrement médiatisés, ont créé une méfiance légitime. Le gel répond à cette inquiétude sans attendre la promesse lointaine du tout-solide.

De la batterie externe au SUV : les gels sont déjà dans nos vies

Assez de théorie. La différence fondamentale entre le gel et le tout-solide, c'est que le premier existe déjà. Pas dans des prototypes de laboratoire, mais dans des produits que vous pouvez commander en ligne ou croiser dans la rue. Du petit chargeur portable au SUV électrique chinois, la technologie gélifiée a déjà franchi le mur de la commercialisation.

Kuxiu S2 : le premier test de la technologie à 79,99 €

La Kuxiu S2 n'est pas une batterie externe comme les autres. Vendue 79,99 dollars, elle offre 5 000 mAh en format MagSafe Qi2, mais ce n'est pas sa vraie valeur. Sa promesse, c'est la longévité : 1 000 cycles de charge avant que sa capacité ne descende sous 80 %, contre 300 à 500 cycles pour une batterie lithium-ion classique.

The Verge, qui l'a testée en conditions réelles, souligne que ce n'est pas un gadget : la batterie tient ses promesses de densité (360 Wh/kg) et de durée de vie. Pour un usage quotidien — recharger un iPhone ou des AirPods — la différence avec une batterie classique ne se voit pas au premier coup d'œil. Elle se mesure sur la durée : là où une batterie externe standard serait bonne pour le recyclage au bout de deux ans, la Kuxiu S2 peut tenir cinq à six ans.

Le surcoût est réel : 80 dollars contre 40 à 50 pour un modèle équivalent en lithium-ion classique. Mais rapporté au nombre de cycles, le gel devient moins cher. C'est le premier exemple concret d'une règle qui va s'appliquer à toute la gamme des batteries gel.

Ride1Up Revv1 et T&D : le vélo électrique accélère la transition

Le vélo électrique est un terrain d'expérimentation idéal pour les batteries gel. Les utilisateurs exigent de la sécurité (la batterie est souvent stockée dans un appartement), de l'autonomie en hiver, et une durée de vie qui justifie l'investissement.

Ride1Up a annoncé en mai 2026 le Revv1 EVO, premier vélo électrique grand public équipé d'une batterie semi-solide. Vendu 2 395 dollars (environ 2 035 euros), il propose une batterie de 1 040 Wh capable de 1 200 cycles de charge — soit 8 à 10 ans d'utilisation contre 3 à 4 pour un vélo classique. CleanRider, qui a relayé l'information, précise que la batterie conserve 70 % de sa capacité à -20 °C, un chiffre impressionnant pour les cyclistes nordiques ou montagnards.

Quelques mois plus tôt, à l'EICMA 2025, le fabricant T&D (ex-Bafang) présentait la première batterie semi-solide pour vélo électrique de série. Ses chiffres sont encore plus frappants : 1 500 cycles avant dégradation, densité de 250 à 350 Wh/kg, et le fameux test du clou qui ne déclenche aucun incendie. Transition Vélo, présent sur le salon, confirme que la production en série a déjà commencé.

Ces deux annonces montrent que le marché du vélo électrique sert de laboratoire grandeur nature pour la technologie gel. Les volumes sont plus faibles que dans l'automobile, les cycles de certification plus rapides, et les clients prêts à payer un premium pour la sécurité et la longévité.

Chine et Europe : Stellantis, Nio et MG en route vers le grand public

Côté automobile, la Chine a pris une longueur d'avance. Plusieurs modèles roulent déjà avec des batteries semi-solides : la Nio ET7 avec son pack de 150 kWh et 1 050 km d'autonomie, l'IM L6 avec 133 kWh et 1 000 km, la MG4 avec une batterie à 5 % de liquide seulement. InsideEVs dresse une liste qui s'allonge chaque trimestre.

En Europe, le partenariat entre Stellantis et la startup américaine Factorial est le plus avancé. Les cellules FEST (Factorial Electrolyte System Technology) affichent 375 Wh/kg avec une chimie lithium-métal, contre environ 200 Wh/kg pour les meilleures batteries lithium-ion actuelles. L'Argus précise que ces cellules de 77 Ah supportent une charge de 15 à 90 % en 18 minutes à température ambiante, et fonctionnent de -30 °C à +45 °C.

La première flotte de démonstration, composée de Dodge Charger électriques, doit être déployée en 2026 en Amérique du Nord. L'arrivée en Europe est attendue pour 2027-2028. Ce calendrier, bien que plus lent que les annonces chinoises, reste infiniment plus réaliste que les promesses tout-solide qui glissent chaque année d'un exercice fiscal au suivant.

Vélo électrique garé dans la neige, batterie visible sur le cadre, paysage hivernal en arrière-plan, ciel gris et arbres enneigés
Vélo électrique garé dans la neige, batterie visible sur le cadre, paysage hivernal en arrière-plan, ciel gris et arbres enneigés

Pourquoi les gels changent votre quotidien : froid, sécurité, longévité

Au-delà des chiffres de laboratoire, les batteries gel transforment l'expérience utilisateur de manière concrète. Trois domaines sortent du lot : la résistance au froid, la durée de vie et la charge rapide. Trois points faibles du lithium-ion classique que le gel corrige sans attendre la révolution tout-solide.

-20 °C : les batteries gel ne laissent pas tomber en hiver

Qui n'a jamais vu son smartphone s'éteindre brutalement lors d'une balade hivernale, ou son vélo électrique perdre la moitié de son autonomie dès que le thermomètre passe sous zéro ? Ce phénomène, lié à la viscosité croissante de l'électrolyte liquide par temps froid, est l'un des défauts majeurs des batteries lithium-ion classiques.

Les batteries gel changent la donne. CleanRider rapporte que la batterie du Ride1Up Revv1 conserve 70 % de sa capacité à -20 °C. Concrètement, sur une batterie de 1 040 Wh, cela représente 728 Wh disponibles par grand froid — là où une batterie classique peinerait à fournir 400 Wh. Pour un cycliste qui utilise son vélo toute l'année, la différence est énorme : pas besoin de surdimensionner la batterie pour compenser les pertes hivernales.

Cet avantage vaut aussi pour les voitures électriques. Les conducteurs scandinaves ou canadiens le savent : une Tesla peut perdre 30 à 40 % de son autonomie en hiver. Les batteries gel réduisent cette perte de moitié, sans nécessiter de préconditionnement énergivore.

1 500 cycles : dites adieu à la batterie « morte » au bout de 2 ans

Le deuxième avantage majeur, c'est la longévité. Un smartphone classique tient 300 à 500 cycles avant que sa batterie ne descende sous 80 % de capacité initiale. Au rythme d'une charge par jour, c'est bon pour un à deux ans. Ensuite, l'autonomie devient pénible, et on change d'appareil — ou on paie un changement de batterie.

Avec du gel, les chiffres grimpent en flèche. La Kuxiu S2 promet 1 000 cycles. Le Ride1Up Revv1 atteint 1 200 cycles. La batterie T&D pour vélo électrique monte à 1 500 cycles. Cela signifie 4 à 5 ans de fonctionnement quotidien sans dégradation notable, et 8 à 10 ans d'utilisation avant de remplacer la batterie.

L'impact sur le gaspillage électronique est énorme. Les batteries sont l'un des composants qui limitent la durée de vie des appareils. En les rendant deux à trois fois plus durables, le gel réduit mécaniquement le nombre d'appareils mis au rebut. C'est un argument écologique qui dépasse le cadre du simple « gadget » technologique.

Charge ultra-rapide sans dégradation : le nouveau standard de confort

Le troisième point fort, c'est la compatibilité avec la charge rapide. Les batteries lithium-ion classiques se dégradent plus vite quand on les charge à haute puissance. La chaleur générée par la charge rapide accélère le vieillissement de l'électrolyte liquide. C'est pourquoi les constructeurs recommandent souvent de limiter la charge rapide aux trajets longue distance.

Les cellules FEST de Factorial, destinées à Stellantis, changent la donne : 18 minutes pour passer de 15 à 90 % de charge, sans dégradation accélérée. L'Argus précise que le gel stabilise les réactions chimiques, permettant une absorption plus homogène du courant. Résultat : une charge aussi rapide que sur une borne ultrarapide, mais avec la longévité d'une charge lente.

Pour les utilisateurs de voitures électriques, c'est un avantage concurrentiel énorme. Fini le dilemme entre vitesse et durée de vie. On peut charger à fond sans se soucier de l'usure prématurée de la batterie.

Le « Saint Graal » tout-solide reste dans l'enfer de la production

Il serait malhonnête de ne parler que du gel sans évoquer l'éléphant dans la pièce : le tout-solide. Chaque année, une startup ou un constructeur annonce une percée. Chaque année, la date de commercialisation est repoussée. Le décalage entre les promesses et la réalité industrielle devient gênant.

IEEE Spectrum : « Production Hell », le défi industriel qui refroidit l'industrie

En janvier 2024, IEEE Spectrum publiait un article au titre sans équivoque : « Solid-State EV Batteries Now Face « Production Hell » ». Le constat est implacable : les batteries à électrolyte solide présentent de grandes promesses, mais des obstacles encore plus grands. Le problème n'est pas la performance en laboratoire — les cellules tout-solide fonctionnent, et plutôt bien. Le problème, c'est de les fabriquer à des millions d'exemplaires avec un rendement acceptable.

QuantumScape, pourtant considéré comme le leader du secteur avec le soutien de Volkswagen, illustre parfaitement cette difficulté. L'entreprise a montré des cellules de démonstration impressionnantes, mais peine à passer de quelques milliers de cellules à une production de masse. Les électrolytes solides sont fragiles, difficiles à manipuler, et le moindre défaut rend la cellule inutilisable. Le rendement de production reste trop faible pour atteindre des coûts compétitifs.

Donut Lab et les autres : ces annonces qui sentent le pétard mouillé

Le cas Donut Lab et Verge Motorcycles est un cas d'école. Au CES 2026, les deux sociétés annoncent la « première moto tout-solide de série » avec des chiffres à faire pâlir n'importe quel ingénieur : 400 Wh/kg, 100 000 cycles de durée de vie, 300 km d'autonomie récupérés en 10 minutes de charge, fonctionnement de -30 °C à +100 °C.

Le site Evdances, qui a enquêté sur l'affaire, rapporte que l'industrie a immédiatement réagi avec scepticisme. Aucune preuve de la chimie tout-solide n'a été fournie. Le YouTubeur Ziroth a mené sa propre investigation, pointant des incohérences dans les données techniques. Résultat : les livraisons ont glissé, les certifications n'avancent pas, et l'annonce sent le pétard mouillé.

Ce genre de communication entretient la confusion et nuit à la crédibilité des vraies avancées — comme les gels, justement. Quand une annonce trop belle se révèle fausse, c'est toute la filière qui en pâtit.

Toyota, QuantumScape, Samsung : pourquoi vos « batteries révolutionnaires » ne sont pas encore là

Faisons les comptes. Toyota promet une batterie tout-solide pour 2028-2030. Samsung SDI vise 2027. QuantumScape espère une production limitée en 2026, mais sans garantie de volume. Aucun constructeur n'a montré une cellule tout-solide viable produite à des millions d'exemplaires.

Le contraste avec les gels est frappant. Factorial livre déjà ses cellules FEST à Stellantis pour des flottes de démonstration. Nio, IM et MG vendent des voitures avec batteries semi-solides en Chine. Ride1Up et T&D expédient des vélos. Les gels sont industrialisés ; le tout-solide reste un exercice de R&D.

Comme le rappelle notre article sur le sujet, la date de 2028 est souvent citée comme l'horizon réaliste pour les premiers produits tout-solide grand public. Mais cet horizon recule chaque année, et rien ne dit qu'il ne reculera pas encore.

Le vrai prix des gels : investissement ou économie durable ?

Reste la question qui fâche : combien ça coûte, et est-ce que ça vaut le coup ? Les batteries gel sont plus chères à l'achat que leurs équivalents lithium-ion. Mais la donne change quand on regarde le coût total de possession.

60 % plus cher à l'achat… mais un coût par cycle divisé par deux

Prenons l'exemple de la Kuxiu S2. À 79,99 dollars, elle coûte 60 % de plus qu'une batterie externe classique de même capacité (environ 50 dollars). Mais avec 1 000 cycles contre 300 à 500, le coût par cycle tombe à 0,08 dollar contre 0,10 à 0,17 dollar pour une batterie classique. Sur la durée, le gel est moins cher.

Le même calcul s'applique aux vélos électriques. Le Ride1Up Revv1 coûte 2 035 euros, batterie comprise. Un vélo électrique équivalent avec batterie lithium-ion classique tourne autour de 1 600 euros. Mais la batterie gel tient 8 à 10 ans, contre 3 à 4 ans pour la batterie classique. En incluant le remplacement de la batterie au bout de 4 ans (environ 600 euros), le coût total sur 8 ans est de 2 035 euros pour le gel contre 2 200 euros pour le lithium-ion. Le gel gagne.

Le piège du prix au kWh : pourquoi les gels sont déjà compétitifs

Le prix des batteries lithium-ion a chuté de manière spectaculaire : environ 108 dollars par kWh en 2025, selon BloombergNEF. Les batteries gel démarrent plus cher, autour de 130 à 150 dollars par kWh. Mais l'écart se réduit vite.

Pourquoi ? Parce que les gels utilisent des lignes de production lithium-ion existantes, avec quelques modifications. Pas besoin de construire des usines entièrement nouvelles, comme ce serait le cas pour le tout-solide. Les économies d'échelle jouent donc en faveur du gel : plus on en produit, plus le coût baisse, et la baisse est rapide car l'outil industriel est déjà en place.

Les constructeurs chinois l'ont bien compris. CATL, le géant mondial des batteries, produit déjà des cellules semi-solides en série. Les volumes chinois font baisser les prix, et l'écart avec le lithium-ion classique se réduit trimestre après trimestre.

La leçon économique : investir dans une technologie industrialisable

Le véritable enseignement économique, c'est que les gels représentent un investissement plus rationnel que le tout-solide à court et moyen terme. Stellantis l'a compris en choisissant Factorial plutôt que de miser sur une startup tout-solide non éprouvée. Les constructeurs chinois aussi, en lançant des modèles équipés de gels dès 2024-2025.

Pendant ce temps, des milliards de dollars sont engloutis dans des promesses tout-solide qui n'arrivent pas à sortir des laboratoires. La situation rappelle étrangement celle des piles à combustible il y a vingt ans : une technologie séduisante, mais dont l'industrialisation se heurte à des obstacles insurmontables à court terme.

Comme le montre notre analyse de la situation des batteries françaises, les choix d'investissement dans la filière batterie ont des conséquences industrielles lourdes. Miser sur le gel plutôt que sur le tout-solide, c'est faire le choix du réalisable contre le spéculatif.

Conclusion : une révolution discrète déjà en marche

Le gel n'est pas une « semi-révolution » honteuse dont il faudrait s'excuser. C'est la meilleure technologie disponible aujourd'hui pour qui veut une batterie plus sûre, plus durable et plus résistante au froid. Le tout-solide arrivera un jour, mais en attendant, le gel fait le travail.

2026-2027 : ce qui nous attend concrètement en France

Concrètement, que peut espérer le consommateur français ? La flotte de démonstration Stellantis, avec des Dodge Charger électriques équipées de cellules Factorial, doit être déployée en 2026 en Amérique du Nord. L'Europe suivra en 2027-2028, probablement sur des modèles Peugeot ou Opel.

Côté vélos, le Ride1Up Revv1 est en commande et sera livré à partir d'août 2026. Le modèle T&D, présenté à l'EICMA, devrait arriver sur le marché européen courant 2027. Les batteries externes comme la Kuxiu S2 sont déjà disponibles à l'import, et des marques françaises commencent à s'y intéresser.

Le marché français n'est pas oublié, mais il faut être patient. La transition se fait d'abord en Chine et aux États-Unis, puis en Europe. C'est le schéma classique des innovations batteries, et le gel ne fait pas exception.

Marcher avant de courir : la leçon d'une industrie qui apprend

La leçon de cette histoire, c'est qu'il faut marcher avant de courir. Les gels ne sont pas un échec : ils sont le chemin le plus raisonnable vers le tout-solide. Chaque batterie gel vendue finance la R&D, fait baisser les coûts et prépare l'infrastructure industrielle qui servira un jour aux véritables batteries solides.

Les annonces tonitruantes de batteries révolutionnaires qui n'arrivent jamais ont lassé le public. Le gel, lui, arrive sans tambour ni trompette, mais il arrive vraiment. C'est une révolution discrète, une révolution qui se glisse dans nos chargeurs, nos vélos et bientôt nos voitures sans demander la permission. Et c'est très bien comme ça.

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Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une batterie semi-solide ?

Une batterie semi-solide, ou à électrolyte gélifié, contient entre 5 et 10 % de liquide, contre plus de 25 % pour une batterie lithium-ion classique. Cette consistance gélatineuse améliore la sécurité et la durée de vie, tout en offrant une densité énergétique supérieure.

Les batteries gel sont-elles déjà disponibles ?

Oui, elles équipent déjà des produits grand public comme la batterie externe Kuxiu S2, le vélo électrique Ride1Up Revv1, et des voitures chinoises (Nio, MG). Elles sont produites en série et commercialisées, contrairement aux batteries tout-solide encore en laboratoire.

Les batteries gel résistent-elles au froid ?

Oui, elles conservent 70 % de leur capacité à -20 °C, contre une perte bien plus importante pour les batteries lithium-ion classiques. Cela les rend idéales pour les vélos et voitures électriques en hiver.

Quelle est la durée de vie d'une batterie gel ?

Elle peut atteindre 1 000 à 1 500 cycles de charge avant de descendre sous 80 % de capacité, soit 4 à 10 ans d'usage selon l'appareil. C'est deux à trois fois plus que les batteries lithium-ion classiques.

Pourquoi les batteries tout-solide ne sont-elles pas prêtes ?

Leur production industrielle est trop complexe et coûteuse, avec des rendements faibles et des défis de fabrication. Les promesses de commercialisation sont régulièrement repoussées, tandis que les gels sont déjà industrialisés.

Sources

  1. Batteries à l'état solide et nouvelle technologie de la NASA - CTIF · ctif.org
  2. cleanrider.com · cleanrider.com
  3. Solid state batteries and new NASA technology: Are the days ... - CTIF · ctif.org
  4. evdances.com · evdances.com
  5. fiches-auto.fr · fiches-auto.fr
pro-gamer
Théo Verbot @pro-gamer

L'esport, c'est ma vie. Je suis tous les tournois, je connais les rosters par cœur, je peux t'expliquer la méta actuelle de n'importe quel jeu compétitif. Étudiant en marketing du sport à Paris, je rêve de devenir commentateur esport professionnel. En attendant, je cast des tournois amateurs sur Twitch et j'analyse les matchs comme d'autres analysent le foot. Le gaming, c'est du sport. Point.

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