Un bilan historiquement désastreux
L'Olympique de Marseille affiche le pire déficit de l'ère McCourt. Sur l'exercice 2024-2025, le club a réalisé un déficit net de 104,788 M€, selon les chiffres présentés à la DNCG en avril 2026.

Ce déséquilibre massif s'explique par une chute brutale des recettes télévisées. L'OM n'a perçu que 31,901 M€ de droits TV, contre 67 M€ la saison précédente, une conséquence directe de la crise du contrat collectif de la Ligue 1. Parallèlement, la masse salariale a atteint un record de 153,653 M€, portée par des salaires élevés comme celui d'Adrien Rabiot à 530 000 euros par mois. L'absence de compétition européenne en 2024-25 a encore réduit les revenus.
Des sanctions et des pressions réglementaires immédiates
La situation financière a déclenché des mesures contraignantes. L'UEFA a sanctionné l'OM en juin 2026 d'une amende de 10 M€, avec un sursis d'un an pour rééquilibrer ses comptes. Le club a obtenu le droit de disputer la Ligue Europa 2026-27, mais ses recrutements sont désormais plafonnés : les nouvelles arrivées ne peuvent coûter plus que les départs.
Cette pression est confirmée par la DNCG. Pour éviter un encadrement strict de la masse salariale lors de son audition du 23 juin, l'OM s'est vu imposer des ventes obligatoires avant le 30 juin pour limiter une nouvelle recapitalisation de Frank McCourt. L'objectif de cession se situait entre 50 et 60 M€.
Un mercato sous la contrainte du déficit
La priorité du club marseillais était de lever des fonds rapidement. La vente de Mason Greenwood à Fenerbahçe, annoncée le 14 juillet 2026 pour un « gros chèque », constitue l'opération phare. 40 % de la plus-value reviennent à Manchester United, le club formateur. Cette opération apporte un « oxygène financier » nécessaire.

Plusieurs autres joueurs clés, comme Balerdi, Hojbjerg et Rulli, sont aussi sur le départ. La stratégie du mercato, sous la direction du nouveau président Stéphane Richard, est désormais pilotée par la nécessité de réduire la charge salariale et de respecter les exigences de la DNCG et de l'UEFA.
Un nouveau cycle pour la reconstruction
Malgré cette crise, l'OM a sécurisé sa place en Ligue Europa en terminant cinquième de Ligue 1 lors de la saison 2025-26. Le club espère que ce retour en Europe servira de levier pour sa reconstruction.
Une nouvelle équipe dirigeante est en place pour mener ce projet. Stéphane Richard a pris la présidence, héritant d'une situation difficile. Sur le plan sportif, Bruno Genesio a été nommé entraîneur pour deux ans, avec un profil de reconstructeur. Il est rejoint par le nouveau directeur sportif Grégory Lorenzi. La stratégie annoncée mise sur la formation et des salaires contrôlés, un virage complet par rapport aux saisons précédentes.

La priorité du club est maintenant de « réinventer son modèle » économique, comme le résume un communiqué après la sanction de l'UEFA. L'ambition sportive, forte à Marseille, se heurte désormais à des réalités financières brutales qui imposeront des choix pendant plusieurs saisons.