Skyline d'Abidjan, capitale économique de la Côte d'Ivoire, vue aérienne.
Sports

OM en Côte d’Ivoire : pourquoi ce stage de préparation cache un pari économique risqué pour le club

L'OM gagne 3-0 à Abidjan, mais derrière le sourire de la tournée ivoirienne se cache une dépendance risquée : 5 millions d'euros par an d'un État étranger, alors que la DNCG verrouille la masse salariale et que l'UEFA inflige 10 millions d'amende.

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Le 17 juillet 2026, sous le soleil d'Abidjan, l'Olympique de Marseille a disputé son premier match amical de la saison face au Yamoussoukro FC. Une victoire 3-0, des buts de Maupay, Lago et Moumbagna, et une première sortie réussie pour Bruno Genesio. Mais derrière les images souriantes de ce Summer Tour ivoirien de 72 heures se cache une réalité bien moins glamour. Ce stage, financé par le partenariat « Sublime Côte d'Ivoire » qui rapporte 5 millions d'euros par an au club, expose l'OM à une dépendance risquée vis-à-vis d'un budget d'État étranger. Pendant que les joueurs posent pour les selfies, la DNCG a verrouillé la masse salariale et l'UEFA a infligé 10 millions d'euros d'amende. Le contraste entre l'opération marketing et l'état des caisses n'a jamais été aussi frappant.

Skyline d'Abidjan, capitale économique de la Côte d'Ivoire, vue aérienne.
Skyline d'Abidjan, capitale économique de la Côte d'Ivoire, vue aérienne. — (source)

17 juillet 2026, Abidjan : un match, une première et l'ombre de la crise

Le Stade Félix-Houphouët-Boigny d'Abidjan affichait complet pour ce qui était bien plus qu'un simple match amical. Devant 35 000 spectateurs, l'OM s'est imposé 3-0 face au Yamoussoukro FC, club de première division ivoirienne. Neal Maupay a ouvert le score en première période, servi par le jeune Kelyann Bezahaf. Ange Lago et Faris Moumbagna ont alourdi la marque en seconde période. Bruno Genesio dirigeait son premier match depuis sa nomination, un moment symbolique pour l'entraîneur qui doit reconstruire une équipe en pleine tourmente financière.

Un joueur de l'OM en action lors d'un match en Côte d'Ivoire, devant un stade garni.
Un joueur de l'OM en action lors d'un match en Côte d'Ivoire, devant un stade garni. — (source)

L'ambiance était électrique, mais un détail a glacé les supporters marseillais. Pendant la rencontre, l'OM officialisait le départ de Pierre-Emerick Aubameyang au Deportivo La Corogne. Le Gabonais, meilleur buteur du club la saison passée, quitte Marseille sans tambour ni trompette, illustrant le virage vers une politique d'austérité que personne ne peut plus ignorer.

Maupay, Lago, Moumbagna : les buteurs du futur sans Aubameyang

Le match a offert un aperçu de ce que pourrait être l'attaque marseillaise version 2026-2027. Maupay, arrivé l'été dernier, a montré qu'il pouvait être le leader offensif. Bezahaf, 19 ans, formé au club, a délivré une passe décisive qui en dit long sur la confiance accordée aux jeunes. Lago et Moumbagna, entrés en seconde période, ont chacun trouvé le chemin des filets.

Photo d'équipe des joueurs de l'OM en maillot bleu.
Photo d'équipe des joueurs de l'OM en maillot bleu. — (source)

Ces buts racontent une histoire : celle d'un club qui doit désormais compter sur ses talents internes et ses recrues à moindre coût, faute de pouvoir aligner les chèques. Le départ d'Aubameyang, officialisé en direct pendant le match, n'est pas un hasard. Son salaire, estimé à 4 millions d'euros annuels, pesait trop lourd dans les comptes.

Un déplacement au coût politique et financier

La logistique de ce Summer Tour est impressionnante. Une délégation de 80 personnes a fait le voyage : joueurs, staff technique, dirigeants, partenaires et médias. Vols charter, hôtel cinq étoiles, sécurité renforcée, organisation du match : la facture se chiffre en centaines de milliers d'euros.

Conférence de presse avec un représentant du LOSC, devant un décor aux couleurs de l'OM.
Conférence de presse avec un représentant du LOSC, devant un décor aux couleurs de l'OM. — (source)

Mais le paradoxe saute aux yeux. Dix jours avant le départ, la DNCG annonçait un encadrement strict de la masse salariale. Le président Stéphane Richard promettait une « politique d'austérité » lors de sa conférence de presse. Et pourtant, le club débarque à Abidjan avec 80 personnes et une équipe de communication au complet. La tournée rapporte-t-elle plus qu'elle ne coûte ? Officiellement, oui. Mais l'image d'un club qui se serre la ceinture tout en organisant un déplacement fastueux interroge.

Le jackpot « Sublime Côte d'Ivoire » : 15 millions d'euros en trois ans sur le maillot

Signé en août 2023, le partenariat entre l'OM et le Ministère du Tourisme ivoirien a été renouvelé en avril 2026 pour trois années supplémentaires, jusqu'en 2029. Le montant total atteint 15 millions d'euros, soit environ 5 millions par an. Pour un club qui perd de l'argent, c'est une bouffée d'oxygène considérable.

Pablo Longoria, alors président, avait négocié ce contrat en personne lors d'une visite à Abidjan en février 2024, pendant la Coupe d'Afrique des Nations. Il avait été reçu par le Premier ministre Robert Beugré Mambé et le ministre du Tourisme Siandou Fofana. L'objectif était clair : utiliser la notoriété mondiale de l'OM pour promouvoir la destination Côte d'Ivoire.

Joueur de l'OM en stage estival, jonglant avec le ballon sur un terrain, arborant une veste 'SUBLIME COTE D'IVOIRE'.
Joueur de l'OM en stage estival, jonglant avec le ballon sur un terrain, arborant une veste 'SUBLIME COTE D'IVOIRE'. — (source)

Shorts, panneaux et selfies : le cahier des charges d'un sponsoring d'État

Les contreparties sont précises et visibles. Le logo « Sublime Côte d'Ivoire » apparaît sur les shorts des joueurs, sur le dos des tenues d'entraînement, sur les panneaux publicitaires du Stade Vélodrome. L'OM a même porté des maillots spéciaux aux couleurs des villes ivoiriennes lors d'un match contre Brest.

Accueil triomphal de l'OM à Abidjan : supporters en délire devant l'hôtel avec fumigène bleu et drapeaux français et ivoiriens.
Accueil triomphal de l'OM à Abidjan : supporters en délire devant l'hôtel avec fumigène bleu et drapeaux français et ivoiriens. — (source)

En échange, la Côte d'Ivoire mise sur la puissance des réseaux sociaux marseillais. L'OM compte 26 millions d'abonnés sur ses différentes plateformes. Chaque publication, chaque vidéo, chaque photo d'entraînement avec le logo ivoirien est une publicité gratuite pour la destination. Laetitia M'Bahia Blé, cheffe de cabinet au ministère du Tourisme, l'a confirmé : « Grâce au partenariat, depuis trois ans, nous enregistrons une amélioration de l'arrivée des touristes internationaux, notamment venant de France et de l'Europe. »

5 millions d'euros qui pèsent lourd dans des caisses vides

Pour comprendre l'importance de ces 5 millions annuels, il faut regarder les comptes de l'OM. La saison 2024-2025 s'est soldée par une perte nette de 105 millions d'euros. Les recettes de sponsoring, toutes marques confondues, avoisinent les 60 millions d'euros par an. Le contrat ivoirien représente donc près de 8 % de ce total.

Dans un contexte où chaque euro compte, où la DNCG surveille le moindre mouvement, ces 5 millions sont vitaux. Sans eux, l'équation financière deviendrait intenable. L'OM ne peut pas se permettre de perdre ce contrat. C'est là que réside le danger.

L'envers du contrat : quand la Côte d'Ivoire paie sans visibilité sur le retour

Du côté ivoirien, le discours officiel est positif. Siandou Fofana, ministre du Tourisme, justifie l'investissement par la notoriété : « Ce partenariat est une passerelle entre le sport et le tourisme. Il nous permet de raconter la Côte d'Ivoire à travers l'énergie de l'OM et de ses supporters. »

Joueurs de l'OM en survêtement bleu clair avec des enfants mascottes.
Joueurs de l'OM en survêtement bleu clair avec des enfants mascottes. — (source)

Mais les observateurs locaux sont plus sceptiques. Depuis la signature en 2023, aucun bilan public détaillé du retour sur investissement n'a été communiqué. L'État ivoirien dépense 3,275 milliards de francs CFA par an, soit environ 5 millions d'euros. Une somme considérable pour un pays qui doit aussi financer l'éducation, la santé et les infrastructures.

« Aucun bilan public détaillé du ROI » : le silence qui gêne

La question qui fâche est simple : le tourisme ivoirien bénéficie-t-il vraiment du maillot de l'OM ? Les chiffres avancés par le ministère restent vagues. On parle d'une « amélioration de l'arrivée des touristes internationaux », mais sans données précises. Combien de visiteurs supplémentaires ? Quel montant de dépenses touristiques généré ? Aucune étude d'impact publique n'a été publiée.

Pablo Longoria avait promis, lors de sa visite en 2024, que l'OM « contribuerait au développement du football en Côte d'Ivoire ». Des actions sur le terrain devaient accompagner le sponsoring. Mais trois ans plus tard, les observateurs pointent un manque de transparence qui pourrait, à terme, fragiliser le contrat.

Un budget d'État, une épée politique au-dessus de l'OM

Le risque principal pour Marseille est ailleurs. L'argent versé par la Côte d'Ivoire provient des caisses du Ministère du Tourisme. C'est un budget d'État, voté chaque année par le parlement ivoirien. Un changement de gouvernement, une crise économique, une réorientation stratégique, et le robinet peut se fermer.

L'OM n'a aucun contrôle sur cette décision souveraine. Contrairement à un sponsor privé avec qui un contrat commercial peut être négocié et renégocié, l'État ivoirien peut, en théorie, décider unilatéralement de ne pas renouveler l'accord. Ou de le réduire. Ou de le suspendre. Le club marseillais est pieds et poings liés à une décision politique qui ne dépend pas de lui.

DNCG, UEFA, 105 M€ de pertes : l'OM saigne, le pari ivoirien le maintient sous perfusion

Pour mesurer l'ampleur du pari ivoirien, il faut plonger dans les comptes de l'OM. Les chiffres donnent le vertige. Pertes nettes : 12,6 millions d'euros en 2022-2023, 39 millions en 2023-2024, 105 millions en 2024-2025. La courbe est exponentielle et inquiétante.

Banc de touche de l'OM avec le logo du club et le branding Ligue 1.
Banc de touche de l'OM avec le logo du club et le branding Ligue 1. — (source)

Le 17 juin 2026, l'UEFA a infligé une amende de 10 millions d'euros à l'OM pour non-respect du fair-play financier. Le club a échappé de justesse à une exclusion européenne, mais la menace plane. Six millions d'euros pour violation de l'accord de règlement signé en 2022, quatre millions supplémentaires pour dépassement du ratio coûts d'effectif, qui dépassait 70 % des recettes.

105 millions d'euros de pertes, un encadrement historique

Dix jours plus tard, le 26 juin, la DNCG a frappé. Pour la saison 2026-2027, le gendarme financier du football français impose un encadrement de la masse salariale et des indemnités de mutation. C'est la sanction la plus sévère jamais infligée à un club de Ligue 1. Frank McCourt a dû apporter des garanties personnelles pour éviter une relégation administrative en Ligue 2.

Le plan de relance présenté par Stéphane Richard et McCourt repose sur trois piliers : réduction drastique de la masse salariale, ventes de joueurs, et recherche d'un actionnaire minoritaire. L'OM doit vendre pour au moins 50 millions d'euros cet été. C'est une obligation, pas une option.

La tournée ivoirienne, vitrine médiatique ou cache-misère ?

Pendant que Bruno Genesio fait jouer ses recrues sous le soleil africain, les agents et les recruteurs savent que l'OM devra vendre. La tournée permet de rassurer les supporters, les partenaires et les créanciers. Regardez, tout va bien, l'OM est en Côte d'Ivoire, le stade est plein, les buts tombent.

Mais derrière le sourire des photos, la réalité est brutale. Le club cherche désespérément un repreneur minoritaire. Les discussions avec des fonds d'investissement américains et qataris n'ont pas abouti. McCourt, qui a déjà injecté 30 millions d'euros au printemps 2026, ne peut pas continuer à éponger les pertes indéfiniment. La tournée ivoirienne est une vitrine, mais elle ne cache pas les fissures.

Vue aérienne du Stade Félix Houphouët-Boigny à Abidjan, Côte d'Ivoire.
Vue aérienne du Stade Félix Houphouët-Boigny à Abidjan, Côte d'Ivoire. — Zenman / CC BY-SA 3.0 / (source)

Le danger de la dépendance : que se passe-t-il si l'État ivoirien coupe les vivres ?

Le scénario est angoissant pour les dirigeants marseillais. Le contrat court jusqu'en 2029. Mais rien ne garantit qu'il sera renouvelé. Si la Côte d'Ivoire décide de ne pas prolonger, l'OM perd 5 millions d'euros par an. Dans un budget où les marges sont inexistantes, c'est un trou béant.

La question se pose d'autant plus sérieusement que le contexte politique ivoirien n'est pas figé. L'élection présidentielle de 2025 a été serrée. Les priorités budgétaires peuvent changer. Un nouveau ministre du Tourisme pourrait estimer que l'argent est mieux dépensé ailleurs. L'OM n'a aucune prise sur cette décision.

L'OM, nouveau PSG du sponsoring d'État ? Similitudes et différences

Le parallèle avec le PSG et le Qatar est tentant, mais trompeur. Paris reçoit plusieurs centaines de millions d'euros par an de son actionnaire qatari, via des contrats de sponsoring artificiellement gonflés. Mais le Qatar est actionnaire du PSG. Il possède le club. La Côte d'Ivoire, elle, n'est qu'une cliente.

La différence est fondamentale. Le Qatar peut décider de maintenir son soutien même en cas de crise, parce que le PSG est un outil de soft power stratégique. La Côte d'Ivoire, elle, signe un contrat commercial. Si le retour sur investissement n'est pas au rendez-vous, elle peut se retirer sans état d'âme. L'OM dépend d'un contrat qu'elle ne maîtrise pas.

Absence de plan B : un club acculé qui mise tout sur une seule carte

Avec les restrictions DNCG et la baisse des droits TV, l'OM n'a quasiment pas d'alternative pour compenser une éventuelle perte du contrat ivoirien. Les autres sponsors ne se bousculent pas. Le marché français est saturé. Les droits TV se sont effondrés, passant de 624 millions d'euros par an à moins de 400 millions pour la Ligue 1.

Si le contrat n'est pas renouvelé en 2029, c'est un trou de 5 millions d'euros par an immédiat. Le club joue trop gros sur une seule relation. C'est un pari risqué, comparable à celui d'un joueur qui mise tout sur une seule carte.

Le piège de la dépendance : quand l'OM mise tout sur un seul sponsor

Le contrat « Sublime Côte d'Ivoire » est un succès commercial indéniable. Mais il expose l'Olympique de Marseille à un risque structurel rarement évoqué dans les conférences de presse. Le club dépend désormais d'un seul sponsor pour près de 8 % de ses recettes de sponsoring. Et ce sponsor n'est pas une entreprise privée, mais un État souverain.

La différence est de taille. Une entreprise comme CMA CGM ou Uber Eats peut renégocier un contrat, le prolonger ou le résilier selon des clauses commerciales. Un État, lui, obéit à des logiques politiques, budgétaires et électorales qui échappent totalement au club marseillais. Le ministre du Tourisme ivoirien, Siandou Fofana, a été clair lors de la prolongation d'avril 2026 : l'objectif est de « renforcer les flux touristiques France-Côte d'Ivoire ». Si cet objectif n'est pas atteint, le contrat peut être remis en cause.

Les précédents qui inquiètent : quand les États se retirent du sponsoring sportif

L'histoire du sponsoring d'État dans le football regorge d'exemples où la manne s'est brutalement tarie. Le sponsoring du PSG par l'Office du Tourisme du Qatar a été contesté à plusieurs reprises par l'UEFA, qui y voyait un artifice comptable. Plus proche de nous, le contrat de 4 millions d'euros par an entre le FC Barcelone et l'Office du Tourisme de Catalogne a été réduit de moitié en 2023, quand la Generalitat a dû faire des économies budgétaires.

La Côte d'Ivoire n'est pas à l'abri d'un tel scénario. Le pays a dépensé des sommes colossales pour organiser la CAN 2023, avec des stades flambant neufs et des infrastructures routières. Mais la facture a été lourde : plus de 1,5 milliard d'euros d'investissements publics. Aujourd'hui, l'État doit entretenir ces équipements tout en faisant face à des priorités sociales pressantes. Un nouveau gouvernement, après l'élection présidentielle de 2025, pourrait estimer que les 5 millions d'euros annuels du sponsoring OM seraient mieux employés dans les hôpitaux ou les écoles.

L'absence de diversification : un club qui mise tout sur une seule relation commerciale

Le problème de l'OM ne se limite pas au contrat ivoirien. C'est toute la stratégie commerciale du club qui manque de diversification. Les autres sponsors majeurs sont peu nombreux. Orange, partenaire historique, a réduit son engagement. Les marques de luxe, pourtant présentes dans d'autres grands clubs européens, boudent Marseille.

La faute, en partie, à l'instabilité sportive et financière du club. Un sponsor potentiel regarde les comptes, les sanctions DNCG, les résultats sportifs. Quand un club perd 105 millions d'euros sur une saison, quand il est sous encadrement de masse salariale, quand il frôle l'exclusion européenne, les marques hésitent. L'OM est un investissement risqué, et les candidats au sponsoring se font rares.

Dans ce contexte, le contrat ivoirien est une bouée de sauvetage. Mais une bouée qui ne peut pas être remplacée du jour au lendemain. Si la Côte d'Ivoire se retire, le club mettra des mois, voire des années, à trouver un sponsor équivalent. Pendant ce temps, les caisses se videront un peu plus.

Stages, sponsors, survie : le nouveau modèle économique du football français en question

L'OM n'est pas un cas isolé. La baisse des droits TV, confirmée par l'UEFA comme facteur aggravant pour tous les clubs français, pousse chaque équipe à chercher des marchés exotiques. L'Afrique devient un eldorado pour les stages de préparation et les sponsors.

Le phénomène est récent mais massif. Le PSG organise régulièrement des tournées au Qatar et en Chine. Monaco mise sur le marché asiatique. Lyon explore les États-Unis. Mais c'est l'OM qui a frappé le plus fort en Afrique, grâce à son histoire et à sa diaspora. Le club compte des millions de supporters sur le continent, héritage de l'époque où Marseille recrutait des joueurs africains et organisait des matches amicaux à Abidjan, Dakar ou Yaoundé.

Quand la baisse des droits TV force les clubs à tout miser sur les tournées

Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Avant l'effondrement des droits TV, un club de Ligue 1 pouvait compter sur 30 à 50 millions d'euros annuels de droits domestiques. Aujourd'hui, c'est moitié moins. Pour compenser, les clubs doivent trouver de nouvelles sources de revenus.

Les tournées estivales rapportent entre 2 et 5 millions d'euros chacune, selon les contrats. C'est peu comparé aux droits TV, mais dans le contexte actuel, c'est indispensable. L'OM a fait le choix de la Côte d'Ivoire parce que le pays offrait à la fois un sponsoring lucratif et une plateforme de promotion. C'est un modèle qui pourrait faire des émules.

L'Afrique, nouvel eldorado du football français ?

L'OM a des atouts solides sur le continent africain. Son histoire, marquée par des joueurs comme Basile Boli, Didier Drogba ou André Ayew, lui donne une crédibilité que d'autres clubs n'ont pas. La diaspora ivoirienne en France est également un vecteur puissant. La France reste le premier marché émetteur de touristes vers la Côte d'Ivoire, et la région PACA représente à elle seule 25 % des visiteurs français.

Mais la concurrence s'organise. Le PSG, avec son fonds qatari, investit aussi en Afrique. Monaco, Rennes, Lille regardent le continent avec intérêt. Le risque de saturation existe. Et surtout, le retour sur investissement n'est pas garanti. Comme le montre le cas ivoirien, sans bilan public du ROI, il est difficile de savoir si l'argent est bien dépensé.

Le vrai score du pari ivoirien : une bouffée d'oxygène ou un piège à retardement ?

Le stage sportif est un succès. Victoire 3-0, première de Genesio réussie, bonne image renvoyée. Le sponsoring rapporte 5 millions d'euros par an, somme vitale dans le rouge. Mais le club est désormais dépendant d'un budget d'État étranger, alors que les sanctions DNCG et UEFA enferment l'OM dans une spirale d'austérité.

Le vrai match ne se joue pas à Abidjan. Il se joue dans les comptes du club, où le deal ivoirien est à la fois la plus belle réussite commerciale et la plus grande faiblesse stratégique. Sans lui, l'équation financière devient impossible. Avec lui, l'OM s'expose à une épée de Damoclès politique.

La tournée ivoirienne est une victoire marketing indispensable à court terme, mais un symbole glaçant de la fragilité économique de l'OM, totalement dépendant d'un État aux priorités changeantes pour colmater les brèches d'une dette colossale. Dans un football français qui cherche désespérément un nouveau modèle, Marseille montre la voie. Mais c'est une voie étroite, où le moindre faux pas peut tout faire basculer.

Conclusion : la tournée ivoirienne, victoire marketing et symbole glaçant d'une fragilité économique

Le 17 juillet 2026 restera dans les mémoires comme le jour où l'OM a gagné 3-0 à Abidjan, où Bruno Genesio a dirigé son premier match, où Aubameyang est parti sans bruit. Mais cette date marque aussi le moment où le club a montré au monde entier sa dépendance à un seul contrat, à un seul État, à une seule stratégie.

La tournée ivoirienne est une victoire marketing indispensable à court terme. Elle rapporte 5 millions d'euros par an, elle offre une vitrine médiatique exceptionnelle, elle renforce les liens avec une diaspora passionnée. Mais elle est aussi un symbole glaçant de la fragilité économique de l'OM. Le club est totalement dépendant d'un État aux priorités changeantes pour colmater les brèches d'une dette colossale.

Pendant que les joueurs posent pour les selfies sous le soleil africain, la DNCG verrouille la masse salariale, l'UEFA réclame 10 millions d'euros d'amende, et le club cherche désespérément un actionnaire minoritaire. La réalité est brutale : l'OM n'a plus les moyens de ses ambitions. Le pari ivoirien est une bouffée d'oxygène, mais c'est aussi un piège à retardement.

Dans un football français qui cherche désespérément un nouveau modèle économique, Marseille montre la voie. Mais c'est une voie étroite, où le moindre faux pas peut tout faire basculer. Le vrai match ne se joue pas à Abidjan. Il se joue dans les comptes du club, où le deal ivoirien est à la fois la plus belle réussite commerciale et la plus grande faiblesse stratégique. Sans lui, l'équation financière devient impossible. Avec lui, l'OM s'expose à une épée de Damoclès politique. Et personne, à Marseille, ne semble avoir de plan B.

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Questions fréquentes

Pourquoi l'OM est-il dépendant de la Côte d'Ivoire ?

Le club a signé un partenariat de 15 millions d'euros sur trois ans avec le Ministère du Tourisme ivoirien, soit 5 millions par an. Cette somme représente près de 8 % des recettes de sponsoring et est vitale pour un club qui a perdu 105 millions d'euros sur une saison.

Quel est le montant du contrat Sublime Côte d'Ivoire ?

Le contrat de sponsoring rapporte 5 millions d'euros par an à l'OM, pour un total de 15 millions sur trois ans jusqu'en 2029. Le logo apparaît sur les shorts et les tenues d'entraînement du club.

Quelles sanctions financières l'OM a-t-il reçues ?

L'UEFA a infligé une amende de 10 millions d'euros pour non-respect du fair-play financier en juin 2026. La DNCG a imposé un encadrement strict de la masse salariale et des indemnités de mutation, la sanction la plus sévère pour un club de Ligue 1.

Quel est le risque du sponsoring d'État pour l'OM ?

L'argent provient du budget d'État ivoirien, qui peut être réduit ou suspendu après un changement de gouvernement ou une crise économique. Contrairement à un sponsor privé, l'OM n'a aucun contrôle sur cette décision souveraine.

Combien de pertes l'OM a-t-il accumulées en 2024-2025 ?

Le club a enregistré une perte nette record de 105 millions d'euros pour la saison 2024-2025. Les pertes étaient de 12,6 millions en 2022-2023 et 39 millions en 2023-2024.

Sources

  1. koaci.com · koaci.com
  2. koaci.com · koaci.com
  3. ledauphine.com · ledauphine.com
  4. leparisien.fr · leparisien.fr
  5. lequipe.fr · lequipe.fr
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Rayan Corbot @court-side

Fan de basket et de foot depuis tout petit, j'ai grandi sur les terrains de Marseille. Aujourd'hui je coache des jeunes le week-end et je ne rate jamais un grand match. Pour moi, le sport, c'est avant tout des histoires humaines.

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