Prestianni, footballeur du Benfica Lisbonne, en maillot rouge et short blanc, dribblant le ballon sur un terrain vert devant les spectateurs des tribunes
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Courtois, homophobie et racisme : les règlements UEFA et FIFA placent les deux sur la même ligne

L'article 14 du règlement disciplinaire UEFA réunit racisme et homophobie dans une seule et même infraction, au même titre que le code disciplinaire FIFA 2019 : la déclaration de Thibaut Courtois correspond donc aux textes. En pratique, Prestianni a été suspendu six matchs dont trois avec sursis pour conduite homophobe, et la preuve reste le principal obstacle.

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Le 24 février 2026, en conférence de presse avant le match retour du barrage de Ligue des champions Real Madrid-Benfica, Thibaut Courtois a répondu à la défense de Gianluca Prestianni, accusé d'avoir injurié Vinicius Jr : "C'est tout aussi grave car ce sont des insultes homophobes." Le gardien du Real a ajouté : "le racisme, l'homophobie - toutes ces choses - on ne peut tout simplement pas les accepter, et l'insulte est tout aussi grave"

Prestianni, footballeur du Benfica Lisbonne, en maillot rouge et short blanc, dribblant le ballon sur un terrain vert devant les spectateurs des tribunes
Prestianni, footballeur du Benfica Lisbonne, en maillot rouge et short blanc, dribblant le ballon sur un terrain vert devant les spectateurs des tribunes - (source)

RMC Sport@RMCsport·Follow⚡️ "Les insultes homophobes sont tout aussi graves"

Courtois dézingue la défense supposée de Prestianni, accusé de propos racistes.
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La phrase a circulé comme un principe général. Elle mérite d'être vérifiée à l'épreuve des règlements et du dossier qui l'a provoquée. Le bilan est le suivant : sur le papier, Courtois a raison, et plus solidement qu'il ne le pensait peut-être. Dans la pratique disciplinaire, l'écart est réel, mais il ne va pas exactement dans le sens qu'on attend.

Une seule et même infraction dans le règlement UEFA

Le règlement disciplinaire de l'UEFA, édition 2026, ne consacre pas deux infractions distinctes au racisme et à l'homophobie. Il les réunit dans un seul et même article, l'article 14, intitulé "Racisme et autres conduites discriminatoires". Le racisme figure donc en tête d'un régime commun qui englobe l'orientation sexuelle parmi les motifs protégés.

C'est le meilleur appui textuel à la thèse de Courtois : les concepteurs du règlement n'ont pas jugé qu'une insulte raciste appartenait à une catégorie plus grave qu'une insulte homophobe. Les deux relèvent de la même qualification, devant le même organe, avec les mêmes mesures. Chez la FIFA, le code disciplinaire de 2019 a fait le même choix en écrivant explicitement l'orientation sexuelle parmi les motifs discriminatoires, après quinze ans sans réforme majeure du texte. Piara Powar, directeur exécutif du réseau Fare, observatoire de la discrimination dans le football, a alors salué "la référence claire à l'homophobie" en reconnaissant que les anciennes règles "n'étaient pas adaptées et ont été contestées devant le TAS dans plusieurs affaires".

Autrement dit : l'équivalence que défend Courtois n'est pas l'opinion isolée d'un gardien de but. C'est l'architecture même des deux principaux codes disciplinaires du football mondial.

Ce que Courtois a réellement dit

Reste à restituer la déclaration dans son contexte, parce qu'elle n'est pas la thèse abstraite que le titre Reuters a pu laisser croire.

Courtois parlait à chaud, après que Vinicius eut accusé Prestianni de l'avoir traité de "singe" lors du barrage aller du 17 février, au terme d'une interruption de dix à onze minutes. Prestianni avait nié, invoquant un malentendu. Et surtout, la défense de l'Argentin, relayée par ESPN, consistait à reconnaître devant l'UEFA une insulte homophobe en espagnol, mais pas une injure raciste.

La formule "c'est tout aussi grave" est donc une réponse à une manoeuvre de substitution : on échange la qualification raciste contre la qualification homophobe, comme si la seconde était nécessairement moins grave. Courtois refuse l'échange. Il ajoute un autre grief, les gestes de singe mimés dans les tribunes du Benfica, dont il dit ne pas savoir s'ils ont donné lieu à des sanctions, et rejette la justification de José Mourinho selon laquelle les supporters auraient été provoqués par la célébration de Vinicius : "On ne peut pas justifier un acte présumé de racisme par une célébration."

Il formule au passage une idée nette sur la procédure : le match aurait dû être arrêté, les auteurs des gestes expulsés, et un agent de sécurité placé à deux mètres des tribunes aurait dû réagir. "Il faut aussi arrêter d'être aussi naïfs", conclut-il.

La qualification retenue, et ce qu'elle empêche de comparer

La chambre disciplinaire de l'UEFA a rendu sa décision le 24 avril 2026 : six matchs de suspension, dont trois avec sursis, pour "conduite homophobe". La décision valide donc la ligne de défense de Prestianni. Aucune comparaison de peines entre racisme et homophobie n'est possible sur ce dossier, puisqu'une seule infraction a été retenue.

C'est une limite qu'il faut poser d'emblée : l'affaire Prestianni ne mesure pas la distance entre les deux infractions. Elle mesure la sévérité effective que le football réserve à une insulte homophobe reconnue, commise par un joueur de vingt ans, sans antécédent disciplinaire connu, lors d'un match télévisé.

Le décalage saute aux yeux. Le retentissement a été celui d'une "lourde suspension". Mbappé avait estimé que Prestianni ne "méritait pas de disputer la Ligue des champions". Le joueur lui-même a protesté, sur la chaîne argentine Telefe, avoir été sanctionné "sans preuves". Et pourtant : trois matchs ferme sur six. Une sanction suffisante, au fond, pour qu'il manque le barrage retour, mais qui n'a rien d'exemplaire une fois le comptage fait.

La question ouverte du plancher de dix matchs

Flashscore rapporte que le règlement de l'UEFA prévoit une suspension d'au moins dix matchs pour toute personne qui insulte la dignité humaine d'autrui, y compris pour des motifs incluant l'orientation sexuelle. La même formule figure dans les éditions antérieures du règlement et dans des décisions du TAS. La FIFA, elle, a porté son plancher de cinq à dix matchs avec le code de 2019.

Face à ce plancher, la peine effective de six matchs, dont trois avec sursis, surprend. Deux lectures sont possibles : soit le plancher de dix ne s'applique pas telle quelle à la configuration précise de ce dossier, soit la décision s'en écarte. Le paragraphe sanctionnel exact de l'article 14, tel qu'il s'applique à cette affaire, n'a pas été établi, et la décision disciplinaire originale n'a pas été consultée intégralement. Il serait malhonnête de trancher. La contradiction mérite d'être soulevée, pas d'être réglée par conjecture.

Le vrai obstacle n'est pas le texte, c'est la preuve

Là où l'argument de Courtois se heurte le plus durement à la réalité, ce n'est pas la hiérarchie des peines, c'est la preuve.

La FIFA le reconnaissait elle-même en 2019 : ces dernières saisons, FIFA et UEFA "ont clos des affaires allégeant des abus discriminatoires faute de preuves au-delà du témoignage des joueurs concernés". C'est exactement ce qui s'est passé ici. Vinicius a entendu "singe". Prestianni a dit avoir dit autre chose. Un joueur ne peut pas enregistrer l'insulte ; un commentateur non plus. L'arbitre interrompt, écoute, tranche provisoirement - et l'affaire se règle ensuite dans un bureau, avec des mots de joueurs opposés à d'autres mots de joueurs.

Le geste de Prestianni, couvrant sa bouche avec son maillot, a rendu cette tâche impossible. C'est ce geste qui a donné son nom à la règle adoptée par la FIFA pour le Mondial 2026 - carton rouge pour tout joueur qui se couvre la bouche lors d'une altercation verbale avec un adversaire - et il en est la conséquence la plus durable. Un geste d'interférence devient une infraction punie comme telle. La portée sportive de la suspension de Prestianni reste limitée : l'ailier compte quatre minutes en sélection argentine et sa présence au Mondial n'était pas assurée. La portée normative, elle, dépasse largement le cas.

Ce qu'il faut retenir

Courtois a formulé, en trois phrases de conférence de presse, ce que les textes écrivent noir sur blanc : le racisme et l'homophobie occupent la même ligne du règlement, sous la même qualification, avec la même échelle. Sur ce point, la thèse tient.

Ce qui tient moins bien, c'est l'autre moitié de l'équation : six matchs dont trois avec sursis pour une insulte homophobe reconnue, une preuve qui repose sur le souvenir de deux joueurs adverses. Le football traite les deux infractions à l'identique dans ses règlements, et de façon sélective dans ses procédures. La distance entre les deux tient moins à la gravité qu'à la procédure : qui prouve, avec quel moyen, devant quel organe. C'est là que se joue ce que la règle sur la bouche couverte tente de corriger - et c'est là que la déclaration de Courtois, prise au pied de la lettre, reste la plus utile.

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Questions fréquentes

Que dit le règlement UEFA sur le racisme et l'homophobie ?

Le règlement disciplinaire de l'UEFA, édition 2026, réunit le racisme et les autres conduites discriminatoires, y compris l'orientation sexuelle, dans un seul et même article, l'article 14 "Racisme et autres conduites discriminatoires". Les deux relèvent donc de la même qualification, devant le même organe, avec les mêmes mesures.

Qu'a dit Thibaut Courtois sur l'homophobie et le racisme ?

Le 24 février 2026, en conférence de presse avant le match retour du barrage de Ligue des champions Real Madrid-Benfica, Courtois a déclaré : "C'est tout aussi grave car ce sont des insultes homophobes", en réponse à la défense de Gianluca Prestianni, accusé d'avoir injurié Vinicius Jr. Il a ajouté que "le racisme, l'homophobie - toutes ces choses - on ne peut tout simplement pas les accepter".

Pour quelle infraction Prestianni a-t-il été sanctionné ?

Le 24 avril 2026, la chambre disciplinaire de l'UEFA a prononcé une suspension de six matchs, dont trois avec sursis, pour "conduite homophobe" et non pour injure raciste, validant ainsi la ligne de défense de Prestianni. La FIFA a ensuite étendu cette suspension au niveau international.

Pourquoi la sanction de Prestianni surprend-elle au regard du règlement ?

Flashscore rapporte que le règlement de l'UEFA prévoit une suspension d'au moins dix matchs pour toute personne qui insulte la dignité humaine d'autrui, y compris pour des motifs incluant l'orientation sexuelle. Face à ce plancher, la peine effective de six matchs dont trois avec sursis surprend, mais le paragraphe sanctionnel exact de l'article 14 n'a pas été établi et la décision disciplinaire originale n'a pas été consultée intégralement : la question reste ouverte.

Quel est le principal obstacle à la déclaration de Courtois dans la pratique ?

Selon l'article, l'obstacle principal n'est pas la hiérarchie des peines mais la preuve : la FIFA reconnaissait elle-même en 2019 avoir clos des affaires allégeant des abus discriminatoires faute de preuves au-delà du témoignage des joueurs. Ici, Vinicius a entendu "singe", Prestianni a dit avoir dit autre chose, et un geste de Prestianni couvrant sa bouche avec son maillot a rendu la tâche d'établissement des faits impossible.

Sources

  1. Incident avec Vinicius: Prestianni suspendu 6 matches pour conduite “homophobe” · 7sur7.be
  2. FIFA announces tougher sanctions on racism, homophobia | Football · aljazeera.com
  3. Artigo 14 - Racism, other discriminatory conduct and propaganda · bdjur.almedina.net
  4. Mondial 2026 et homophobie: la fable Gianluca Prestianni · blogs.mediapart.fr
  5. UEFA approves stricter sanctions against racism · de.uefa.com
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Rayan Corbot @court-side

Fan de basket et de foot depuis tout petit, j'ai grandi sur les terrains de Marseille. Aujourd'hui je coache des jeunes le week-end et je ne rate jamais un grand match. Pour moi, le sport, c'est avant tout des histoires humaines.

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