Début août 2026, le mercato estival bat son plein et Crystal Palace s'active. Après avoir encaissé 52 millions de livres sterling pour le départ de Maxence Lacroix vers Chelsea, le club londonien cherche son successeur. Et il a jeté son dévolu sur un profil bien connu du football français : Axel Disasi, le défenseur de Chelsea, en quête de stabilité après une saison en dents de scie. Sous la houlette du nouveau coach tricolore Pierre Sage, Palace voit en lui bien plus qu'un simple remplaçant.

Le départ de Maxence Lacroix, un vide à combler
C'est le point de départ de tout ce dossier. En juillet 2026, Maxence Lacroix, 26 ans, a quitté Crystal Palace pour Chelsea contre environ 52 millions de livres sterling, soit près de 61 millions d'euros. Un transfert retentissant, officialisé alors que le défenseur français revenait tout juste de la Coupe du monde 2026, où il a disputé plusieurs matchs avec les Bleus, finalement quatrièmes après une défaite 6-4 contre l'Angleterre en petite finale.
Ce départ laisse un vide immense dans l'arrière-garde des Eagles. Palace, qui a terminé 15e de la Premier League 2025-26, doit se réinventer. Le club a déjà acté un changement majeur sur le banc : Oliver Glasner a quitté ses fonctions en juin et a été remplacé le 15 juin 2026 par Pierre Sage, l'ancien entraîneur du RC Lens, arrivé avec un contrat de trois ans. Sage, auréolé d'une deuxième place en Ligue 1 et d'une Coupe de France historique avec Lens, veut imprimer sa marque. Et pour cela, il a besoin d'un défenseur central d'expérience.
Le timing est d'autant plus serré que Chelsea, de son côté, ne compte pas s'arrêter en si bon chemin. Le club londonien, désormais entraîné par Xabi Alonso, a déjà dépensé plus de 500 millions d'euros en défense, un record qui illustre sa stratégie de recrutement agressive. Pour Palace, perdre Lacroix tout en regardant Chelsea s'offrir les meilleurs profils européens est une pilule difficile à avaler.
Axel Disasi, du gamin de Villiers-le-Bel au placard de Chelsea
Pour comprendre pourquoi Crystal Palace mise sur Disasi, il faut revenir sur le parcours singulier de ce joueur de 28 ans. Né le 11 mars 1998 à Gonesse, en banlieue parisienne, Axel Disasi a grandi à Villiers-le-Bel, dans la cité du Puits de la Marlière. Formé à l'académie du Paris FC, il a fait ses débuts professionnels en 2016 avant de rejoindre Reims, où il a connu la montée en Ligue 1 et une réputation de défenseur fiable.
Son passage à Monaco, à partir de 2020, l'a propulsé sur le devant de la scène. International français, il a participé à la Coupe du monde 2022 au Qatar, où la France a atteint la finale. Mais son transfert à Chelsea à l'été 2023 pour environ 38 millions d'euros a marqué le début d'une période plus compliquée.
Lors de sa première saison en Premier League, Disasi a disputé 31 matchs de championnat. Un temps de jeu conséquent, mais qui a fondu comme neige au soleil ensuite. Depuis la fin de la saison 2023-24, il n'a plus été utilisé qu'à environ 17 reprises par Chelsea. Mis à l'écart, placardisé, le défenseur a vu son nom circuler dans les rumeurs de départ dès l'été 2025. Un retour à Monaco a même été évoqué, mais Chelsea a bloqué l'opération.
L'anecdote du Canal Football Club, en novembre 2020, résume bien l'image que Disasi renvoie : après un large succès de Monaco contre Bordeaux, il devait passer sur le plateau de l'émission de Canal+, mais les caméras n'étaient pas là. Un fou rire collectif a saisi le vestiaire monégasque, chambré par son coéquipier Youssouf Fofana. Un joueur apprécié dans les vestiaires, mais qui a besoin de retrouver la confiance que Chelsea ne lui accordait plus.
La renaissance à West Ham, une preuve que le potentiel est intact
C'est justement cette confiance qu'Axel Disasi a retrouvée à West Ham. Prêté aux Hammers le 2 février 2026, il a enchaîné les titularisations : 16 en 17 matchs. Un retour en grâce spectaculaire, salué par la presse anglaise et française. RMC Sport titrait ainsi en avril 2026 : « West Ham : la renaissance d'Axel Disasi, grand artisan du redressement des Hammers en Premier League ». L'Équipe, de son côté, rapportait ses déclarations : « Je suis plus fort, surtout mentalement. »

Cette seconde partie de saison a changé la donne. Disasi a montré qu'il pouvait encore performer au plus haut niveau, dans un championnat qu'il connaît désormais parfaitement. Pour Crystal Palace, c'est une preuve tangible que le joueur n'est pas fini, bien au contraire. Il apporte de l'expérience, un profil de défenseur central droitier, solide dans les duels, et une connaissance de la Premier League qui manque parfois aux recrues venues d'autres championnats.
Les coulisses du mercato : prêt ou transfert sec ?
Reste la question épineuse des négociations. Selon RMC Sport, Crystal Palace a fait d'Axel Disasi sa priorité absolue pour remplacer Maxence Lacroix. Les discussions sont en cours entre les deux clubs, mais les positions divergent sur la formule.
Chelsea, de son côté, préfère une vente définitive. Le prix affiché serait d'environ 25 millions de livres sterling, bonus compris. Un montant raisonnable pour un joueur sous contrat jusqu'en 2029, mais que Palace aimerait négocier à la baisse. Le club londonien, qui a déjà investi massivement cet été, doit surveiller son fair-play financier. Un prêt avec option d'achat serait une solution plus souple, mais Chelsea semble déterminé à vendre pour récupérer des liquidités et alléger sa masse salariale.
Plusieurs clubs italiens suivraient également le dossier, ce qui pourrait faire grimper les enchères. Mais l'atout de Crystal Palace est double : la présence de Pierre Sage, un entraîneur français qui connaît bien Disasi pour l'avoir affronté en Ligue 1, et la promesse d'un temps de jeu important. Pour un joueur qui rêve de retrouver l'équipe de France, ces garanties pèsent lourd.
Le mercato n'est pas bouclé, mais tous les voyants semblent au vert pour un accord. Reste à savoir si Chelsea acceptera de lâcher du lest sur le montant, ou si Palace devra sortir le chéquier. En attendant, Axel Disasi, lui, n'attend qu'une chose : c'est de rejouer. Et Selhurst Park pourrait être le théâtre de sa véritable renaissance.