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Sexualité

Sodomie et douleur : pourquoi ça fait mal et comment l'éviter vraiment

La douleur lors de la sodomie n'est pas une fatalité, mais la conséquence d'une méconnaissance de l'anatomie et d'un manque de préparation. Découvrez pourquoi le sphincter résiste, l'importance cruciale du lubrifiant et de la dilatation progressive,...

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La sodomie est souvent entourée d'un mélange de curiosité, de fantasmes et de craintes, alimentant de nombreuses idées reçues. La question de la douleur revient systématiquement dans les discussions, et pour cause, elle reste une réalité pour de nombreuses personnes. Pourtant, une pratique pénétrante anale ne doit pas être synonyme de souffrance si elle est abordée avec connaissance, patience et respect du corps. Comprendre l'anatomie spécifique de cette zone et les conditions indispensables à son confort est la première étape pour transformer une expérience potentiellement douloureuse en un plaisir partagé. Nous allons explorer ici les raisons biologiques et sociologiques de cette douleur, avant de fournir des conseils concrets et avisés pour la pratiquer en toute sécurité.

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L'anatomie de l'anus expliquée : un muscle puissant qui ne s'ouvre pas n'importe comment

Pour comprendre pourquoi la pénétration anale peut être source de douleur, il est indispensable de se pencher sur la biologie. L'anus n'est pas, anatomiquement, conçu pour recevoir des objets de la même manière que le vagin. C'est un organe dont la fonction première est l'excrétion et la continence, ce qui implique une structure musculaire fermée et puissante. Ignorer cette réalité biologique conduit souvent à des expériences désagréables, voire traumatisantes, alors que la respecter permet d'apprivoiser cette zone sensible.

Le sphincter : un gardien musclé qui ne se laisse pas convaincre facilement

L'élément anatomique clé à comprendre est le sphincter anal. Ce n'est pas un simple orifice, mais un muscle circulaire extrêmement puissant dont le rôle est de maintenir le canal anal fermé en permanence pour assurer la continence. L'anus est en réalité doté de deux sphincters superposés. Le sphincter interne est un muscle involontaire, contrôlé par le système nerveux autonome ; il reste naturellement contracté en permanence et ne se relâche que lors de la défécation ou d'une relaxation profonde. Le sphincter externe, quant à lui, est composé de muscles striés que l'on peut contrôler volontairement.

Contrairement au vagin, qui est un tube musculaire élastique capable de se dilater considérable, par exemple lors de l'accouchement, le sphincter anal est programmé pour résister. Lorsqu'une tentative de pénétration se produit sans préparation adéquate, ces muscles se contractent par réflexe de protection. C'est un mécanisme de défense naturel : le corps perçoit l'intrusion comme une menace et verrouille la zone. C'est pourquoi tenter de forcer le passage ne fonctionne jamais : plus on pousse, plus le muscle se contracte, entraînant une douleur vive et potentiellement des lésions musculaires.

Zéro lubrification naturelle : le handicap de l'anus par rapport au vagin

Une différence fondamentale et souvent négligée entre l'anus et le vagin concerne la lubrification. Le vagin est une muqueuse autonome qui produit son propre lubrifiant en réponse à l'excitation sexuelle, facilitant ainsi le glissement et réduisant les frictions. L'anus, en revanche, ne produit absolument aucune lubrification naturelle. Comme le soulignent de nombreux spécialistes de la santé sexuelle, c'est la raison principale pour laquelle la sodomie, telle qu'elle est souvent pratiquée de manière précipitée, est douloureuse.

Sans lubrification, chaque mouvement crée des frottements importants sur la muqueuse anale, qui est fine et fragile. La muqueuse rectale n'est pas protégée par les mêmes couches de kératine que la peau externe, ce qui la rend extrêmement sensible aux abrasions. Ces frictions répétées provoquent rapidement des irritations, des brûlures et des microlésions. Ces micro-déchirures, même si elles ne saignent pas abondamment, sont la porte d'entrée de la douleur et peuvent augmenter significativement le risque de transmission d'infections. L'absence de lubrification n'est pas un détail mineur, c'est l'obstacle mécanique principal au confort lors de la sodomie.

Une zone hyper-innervée : entre potentiel de plaisir et sensibilité à la douleur

Paradoxalement, ce qui rend l'anus susceptible d'être une zone érogène intense est aussi ce qui le rend vulnérable à la douleur. La région anale est l'une des zones les plus richement innervées du corps humain, parsemée d'une multitude de terminaisons nerveuses. Cette densité nerveuse explique pourquoi la stimulation anale peut procurer un plaisir intense, chez les hommes comme chez les femmes, en raison notamment de la proximité de la prostate pour les hommes et du clitoris interne pour les femmes.

Cependant, cette sensibilité extrême est une arme à double tranchant. L'influx nerveux qui transporte le plaisir peut tout aussi bien véhiculer une douleur aiguë si la stimulation est trop brutale, mal dirigée ou non consentie. Il est important de distinguer la zone externe, l'anus et le canal anal, qui sont très sensibles au toucher, du rectum, la partie plus interne du tube digestif. Le rectum est moins sensible à la douleur directe mais très sensible à la distension (l'étirement). Si un objet pénètre trop profondément ou trop vite sans que le muscle ne soit prêt, la sensation de pression brutale peut être très désagréable, voire douloureuse. C'est cette limite fine entre plaisir et douleur qui nécessite une écoute corporelle constante.

53% des femmes ont déjà testé la sodomie : des chiffres qui cachent une réalité douloureuse

Si l'anatomie explique la possibilité de la douleur, les statistiques récentes révèlent une réalité sociologique préoccupante : la sodomie s'est banalisée, mais pas toujours dans des conditions de confort ou de plaisir. La pratique a gagné en popularité au fil des décennies, devenant un acte sexuel quasi courant dans le répertoire de nombreux couples hétérosexuels. Pourtant, cette augmentation de la fréquence ne s'accompagne pas toujours d'une augmentation proportionnelle de l'information ou de la préparation, laissant nombreuses les personnes, et particulièrement les femmes, à subir l'expérience plutôt qu'à la jouir.

L'étude britannique qui dérange : « douloureux, risqué et coercitif »

Une étude majeure menée par la London School of Hygiene & Tropical Medicine (LSHTM) et publiée dans le BMJ Open a jeté un pavé dans la mare en analysant les récits de jeunes Britanniques âgés de 16 à 18 ans. Les chercheurs ont mené des entretiens détaillés avec 130 jeunes hommes et femmes issus de milieux divers. Leurs conclusions sont sans appel : pour ces jeunes, le sexe anal hétérosexuel est perçu comme « douloureux, risqué et coercitif, en particulier pour les femmes ».

L'étude révèle une dynamique inquiétante où les hommes utilisent souvent le sexe anal comme monnaie d'échange sociale ou comme preuve de virilité. Il existe une forme de compétition entre pairs, les hommes se vantant d'avoir eu des rapports anaux, considérant cela comme une performance sexuelle supérieure. Ce qui est choquant, c'est que cette dynamique de compétition s'accompagne souvent de la connaissance que l'acte sera douloureux pour la partenaire. Certains jeunes hommes interrogés admettent savoir que cela fait mal aux femmes, mais estiment que c'est le prix à payer ou que c'est « normal ». Cette banalisation de la douleur féminine au service du plaisir ou de l'ego masculin est un problème majeur de santé sexuelle et de respect du consentement.

Quand dire « non » devient impossible : la pression du porno sur les jeunes couples

Cette omniprésence de la douleur dans les récits ne s'explique pas seulement par la dynamique entre partenaires, mais aussi par l'influence majeure de la pornographie. Dans les films pour adultes, la sodomie est extrêmement courante et souvent présentée comme facile, immédiate et toujours plaisante pour la femme, sans aucune préparation visible, sans lubrifiant abondant et souvent avec une certaine violence. Les jeunes générations, qui utilisent la pornographie comme principale source d'éducation sexuelle, intègrent ces scénarios comme la norme à suivre.

Face à cette représentation irréaliste, dire « non » devient extrêmement difficile pour beaucoup de femmes. Si la pratique est montrée comme banale et excitante dans les médias pornographiques, refuser peut être perçu comme être « coincée », « ringarde » ou ne pas être une bonne partenaire. Les femmes acceptent souvent la sodomie par devoir relationnel, pour satisfaire un fantasme de leur partenaire ou par peur de le perdre, plutôt que par désir personnel. Cette pression implicite bride la communication. Il est crucial de se rappeler que le porno est une mise en scène, pas un tutoriel. Le consentement et le confort doivent primer sur la mimétique de scènes fantasmées. Si vous vous sentez incapable de refuser, il peut être utile de consulter des ressources sur la communication des limites sexuelles sans culpabilité.

Douleur et saignements post-rapport : ce que rapportent vraiment les femmes

Les conséquences de cette absence de préparation et de cette coercition larvée ne sont pas anecdotiques. Elles se traduisent par des symptômes physiques réels et parfois graves. Des chirurgiens du NHS (National Health Service britannique), les docteures Tabitha Gana et Lesley Hunt, ont tiré la sonnette d'alarme dans le British Medical Journal en 2022. Elles rapportent que de plus en plus de femmes consultent pour des douleurs anales et des saignements suite à des rapports sexuels.

Pour ces médecins, « la douleur et les saignements rapportés par les femmes après un rapport anal sont révélateurs d'un traumatisme ». Ce ne sont pas des « effets secondaires » normaux de l'acte. Un saignement anal ou une douleur persistante indique une fissure anale, une déchirure de la muqueuse ou un traumatisme du sphincter. Ces lésions ne sont pas seulement douloureuses sur le moment, elles peuvent entraîner des complications à long terme et augmenter considérablement le risque d'infections sexuellement transmissibles en créant des passerelles directes vers le sang. Normaliser la souffrance ou ignorer ces signaux d'alarme est dangereux pour la santé.

Les risques médicaux que personne ne veut entendre : déchirures, IST et incontinence

Au-delà de la douleur immédiate, une sodomie mal pratiquée peut entraîner des conséquences médicales sérieuses, souvent ignorées ou minimisées. Il ne s'agit pas de diaboliser cette pratique, mais d'informer honnêtement sur les risques réels encourus lorsque l'on ignore l'anatomie et la sécurité. La zone anale et rectale est fragile et son intégrité est essentielle pour plusieurs fonctions corporelles vitales. Négliger la protection de cette zone peut avoir des répercussions durables sur la santé.

Pourquoi le VIH se transmet 17 fois plus facilement par voie anale

Le risque infectieux est probablement le risque le plus documenté et le plus élevé lors des rapports anaux. La raison en est purement mécanique et biologique. Comme nous l'avons vu, la muqueuse rectale est très fine, ne possédant qu'une seule couche de cellules épithéliales, contrairement à la muqueuse vaginale qui est plus épaisse et plus résistante. De plus, l'absence de lubrification naturelle favorise les micro-déchirures lors des frottements.

Ces petites coupures, invisibles à l'œil nu, créent des ouvertures directes dans le système sanguin. Si le partenaire est porteur du virus VIH ou d'autres IST (MST), le risque de transmission est alors décuplé. Selon les données médicales de référence, l'exposition anale réceptive au VIH présente un risque de 17 à 18 fois supérieur à l'exposition vaginale. C'est un chiffre colossal. C'est pourquoi l'utilisation systématique du préservatif est non négociable. Le préservatif protège non contre la « salete », mais contre la contamination virale par ces micro-ruptures de la muqueuse.

L'incontinence, ce risque silencieux qui touche davantage les femmes

Un risque moins souvent évoqué dans les discussions entre partenaires, mais très sérieux pour les spécialistes de la santé colo-proctologique, est l'incontinence anale. Le sphincter anal est un muscle essentiel pour retenir les selles. Une pénétration anale brutale, répétée ou mal préparée peut endommager ce muscle, l'étirant au-delà de sa capacité élastique ou créant des déchirures internes.

Les femmes sont particulièrement vulnérables à ce risque. Comme l'expliquent des experts cités par The Guardian, les femmes ont des sphincters anaux naturellement moins robustes et une pression anale plus faible que les hommes. De plus, les effets potentiels des grossesses et des accouchements sur le plancher pelvien peuvent déjà affaiblir cette zone. Ajouter à cela une pratique anale traumatique peut précipiter ou aggraver une insuffisance sphinctérienne. L'incontinence fécale, même légère, a un impact dévastateur sur la qualité de vie et la confiance en soi. C'est un risque à ne pas prendre à la légère.

Quand la douleur signale une urgence médicale : fissures et hémorroïdes

Il est vital de savoir distinguer une gêne passagère d'une douleur signalant un dommage réel. Certains symptômes doivent alerter et motiver une consultation médicale rapide. Si la douleur pendant l'acte est vive, résistante à l'arrêt ou persiste plusieurs jours après, c'est qu'il y a probablement une lésion. Les saignements abondants ou rouges vifs ne sont jamais normaux.

Les conditions les plus courantes engendrées par une sodomie mal conduite sont les fissures anales (de petites déchirures de la peau autour de l'anus) et la crise d'hémorroïdes (inflammation des veines du rectum ou de l'anus). Les personnes souffrant déjà de problèmes proctologiques préexistants doivent redoubler de prudence. Une fissure chronique ou des hémorroïdes sévères nécessitent souvent un traitement médical, et la poursuite d'une activité anale irritante ne fera que retarder la guérison et aggraver la douleur. Écouter son corps et respecter ses limites physiques est ici une question de santé.

La règle d'or : sans lubrifiant, c'est non

Si nous devions ne retenir qu'une seule règle pour rendre la sodomie agréable et sans douleur, ce serait celle-ci : la lubrification est indispensable. Ce n'est pas une option, ce n'est pas un luxe, c'est une nécessité biologique absolue. Contrairement au vagin, l'anus ne s'auto-lubrifie jamais. Aucun degré d'excitation mentale ne fera apparaître de lubrifiant. Passer à l'acte sans une quantité généreuse de gel lubrifiant est la cause quasi exclusive des douleurs dites « mécaniques ». Heureusement, c'est aussi le problème le plus facile à résoudre.

Eau ou silicone ? Choisir le bon lubrifiant pour le sexe anal

Tous les lubrifiants ne sont pas égaux, et le choix du bon produit peut faire toute la différence. On trouve principalement deux catégories sur le marché : les lubrifiants à base d'eau et ceux à base de silicone.

Les lubrifiants à base d'eau (comme les marques K-Y ou Astroglide) sont très polyvalents. Ils sont compatibles avec tous les types de préservatifs et sextoys, et se nettoient facilement à l'eau. Leur inconvénient majeur pour la sodomie est qu'ils sèchent et s'évaporent assez vite. Ils peuvent devenir collants et perdre leur efficacité après un certain temps, nécessitant des réapplications fréquentes.

Les lubrifiants à base de silicone, quant à eux, sont beaucoup plus glissants et durent beaucoup plus longtemps. Ils sont souvent recommandés pour la sodomie car leur texture permet un glissement supérieur et réduit considérablement les frictions. Attention cependant, ils ne sont compatibles qu'avec les préservatifs en latex ou polyuréthane et certains jouets sexuels. Ils ne doivent pas être utilisés avec des sextoys en silicone car ils peuvent dégrader le matériau.

Il existe une troisième catégorie à éviter absolument : les lubrifiants anesthésiants. Ces gels contiennent des agents anesthésiants comme la lidocaïne pour engourdir l'anus. C'est une très mauvaise idée. La douleur est un signal d'alarme qui vous indique qu'il y a trop de pression ou de friction. Si vous ne sentez plus rien, vous risquez d'ignorer des blessures graves, des déchirures musculaires ou des saignements, tout en continuant l'acte. La sodomie doit ressentir quelque chose, jamais de l'anesthésie.

Pourquoi la salive ne suffit jamais (non, vraiment, jamais)

Une idée reçue tenace, souvent véhiculée par les films pornographiques, est que la salive suffit comme lubrifiant. C'est faux et dangereux. La salive n'a pas la viscosité ni la tenue d'un lubrifiant sexuel. Elle sèche quasi instantanément au contact de l'air et des frottements, créant une sensation collante et abrasive bien pire que l'absence totale de lubrifiant. De plus, la salive contient des enzymes digestives qui peuvent être irritantes pour la muqueuse anale fragile et introduire des bactéries buccales dans une zone qui n'est pas faite pour les recevoir.

Rien ne remplace un vrai lubrifiant conçu pour cet usage. Il faut en utiliser beaucoup plus que ce que l'on pense nécessaire. On parle généralement de l'appliquer sur l'anus, sur l'objet ou le doigt qui pénètre, et de renouveler l'application très régulièrement. La sensation de « bien lubrifié » est la clé pour transformer l'expérience. N'ayez pas peur d'en utiliser : c'est ce qui transforme une épreuve douloureuse en un plaisir glissant.

La vidéo ci-dessous illustre parfaitement l'importance de ces mesures de sécurité pour éviter les douleurs et les complications.

Gros plan sur des mains appliquant généreusement un lubrifiant incolore sur un doigt, flacon de lubrifiant visible en arrière-plan sur une table de chevet, éclairage chaud et intime, texture brillante et glissante visible sur la peau, image éducative montrant l'importance de la lubrification] ::youtube[THKagF53JCI

La dilatation progressive : on ne force pas un sphincter à s'ouvrir

Une fois la question du glissement réglée par le lubrifiant, l'autre défi majeur est la dilatation du sphincter. Comme nous l'avons vu, le sphincter anal est un muscle naturellement contracté. Il ne peut pas s'ouvrir « à la demande » comme une porte. Il a besoin de temps, de douceur et d'une augmentation progressive de la taille des objets introduits pour apprendre à se détendre sans se contracter de réflexe. C'est le processus de dilatation, une étape indispensable qui ne doit jamais être précipitée.

Doigt, plug ou dilatateur : par où commencer vraiment

La méthode la plus sûre et la plus efficace pour commencer est d'utiliser les doigts. Commencer par un seul doigt, bien lubrifié et avec un ongle court et limé, permet de familiariser l'anus avec la sensation de pénétration. Il est crucial d'insérer le doigt très lentement et de s'arrêter dès que l'on sent une résistance musculaire. Une fois que le muscle s'est habitué à la présence d'un doigt et que la sensation est confortable, on peut éventuellement passer à deux doigts.

Pour celles et ceux qui préfèrent ne pas utiliser les doigts ou qui veulent une approche plus structurée, il existe des outils dédiés : les plugs anaux et les dilatateurs médicaux. Les plugs anaux sont des jouets sexuels conçus pour rester en place et habituer le muscle à la sensation de « plénitude ». Il est impératif de choisir un plug avec une base évasée (un pied large) pour éviter que l'objet ne se glisse entièrement à l'intérieur du rectum, ce qui nécessiterait une intervention médicale urgente. Les dilatateurs médicaux, quant à eux, sont des ensembles de tubes de tailles croissantes (souvent à partir de 0,5 pouce de diamètre) conçus pour une rééducation progressive. Ils sont lisses et permettent d'augmenter la taille millimètre par millimètre, sans précipitation.

Pourquoi l'excitation facilite la détente (et pas l'inverse)

Il existe un lien fort et souvent sous-estimé entre l'excitation sexuelle et la relaxation du sphincter interne. Le système nerveux parasympathique, qui est responsable de l'excitation sexuelle et de la détente, envoie des signaux qui permettent aux muscles lisses, comme le sphincter interne, de se relâcher. C'est pour cela que la sodomie est généralement plus facile à intégrer lors d'un rapport sexuel où l'on est déjà très excité(e), et non « à froid ».

À l'inverse, le stress, l'anxiété ou la peur de la douleur activent le système nerveux sympathique, qui déclenche la réaction de « combat ou fuite ». Dans cet état, le corps se tend et tous les muscles, y compris le sphincter anal, se contractent vigoureusement. C'est le cercle vicieux de la sodomie : on a peur d'avoir mal, alors on se contracte, ce qui fait mal, ce qui augmente la peur. Pour briser ce cercle, il faut créer un environnement calme, rassurant et prendre le temps de s'exciter avant toute tentative de pénétration anale. Plus on est détendu et excité, plus le muscle sera coopératif.

Communiquer et arrêter : les deux réflexes qui changent tout

Même avec la meilleure anatomie, le meilleur lubrifiant et la plus grande patience, la sodomie restera une expérience douloureuse ou négative si la communication fait défaut. C'est une pratique qui demande une confiance absolue et une écoute mutuelle. Contrairement à d'autres actes sexuels où le partenaire pénétrant peut avoir un certain contrôle, dans la sodomie, c'est la personne qui reçoit qui doit diriger intégralement le rythme, l'intensité et la poursuite de l'acte. Sans ce dialogue, le risque de blessure et de mal-être est immense.

« Ça me fait mal » : pourquoi il faut savoir le dire sans que ça gâche tout

Il est fondamental d'établir des codes de communication clairs avant de commencer. Que ce soit un mot-clé (« Stop », « Rouge », « Douleur ») ou un geste (tapoter le partenaire), il doit y avoir un moyen infaillible d'arrêter l'action immédiatement. Il est tout à fait normal, et même sain, que la sodomie fasse mal à un moment donné. C'est le signe que le muscle n'est pas prêt, qu'il n'y a pas assez de lubrifiant ou que l'angle n'est pas bon.

Dire « ça me fait mal » n'est pas un échec, ni une critique envers le partenaire. C'est une information vitale pour la sécurité du corps. Un partenaire qui continuerait malgré une douleur exprimée viole le consentement et met la santé de l'autre en danger. Il ne faut jamais essayer de « tenir » la douleur comme on tiendrait un effort sportif. La douleur anale n'est pas une contraction à dépasser, c'est un signal d'arrêt immédiat pour éviter la fissure ou la déchirure. La priorité absolue doit toujours être le confort de la personne qui reçoit la pénétration. Si vous avez du mal à exprimer vos limites, il peut être utile de consulter notre guide sur la communication des limites sexuelles pour s'affirmer sans culpabilité.

Ralentir, pas arrêter définitivement : comprendre qu'une pause n'est pas un abandon

Il est important de nuancer la notion d'arrêt. Dire « stop » ou signaler une douleur ne signifie pas forcément que la sodomie est définitivement exclue du rapport ou de la vie sexuelle du couple. Souvent, il suffit simplement de ralentir drastiquement le mouvement, d'ajouter du lubrifiant, de changer de position ou de faire une pause pour que la douleur s'estompe et que le muscle se relâche à nouveau.

Normaliser les ajustements en cours de route est essentiel pour réduire la pression. Un rapport sexuel n'est pas un script qui doit être suivi à la lettre du début à la fin. Il est tout à fait acceptable d'essayer, de sentir que ce n'est pas le bon moment, et de passer à autre chose sans que cela soit vécu comme un drame ou un rejet. Le sexe doit rester un jeu, un espace d'exploration et de plaisir, jamais une corvée ou une performance à accomplir coûte que coûte. Apprendre à s'écouter et à respecter ses limites momentanées renforce d'ailleurs souvent la complicité et le plaisir global du couple sur le long terme.

Conclusion : la sodomie sans douleur existe, mais jamais au prix du consentement

Pour répondre à la question initiale : oui, la sodomie peut faire mal, mais elle ne le doit pas. La douleur n'est pas une fatalité inhérente à cette pratique, elle est le résultat d'un manque de préparation, d'information et de respect du corps. En comprenant l'anatomie spécifique du sphincter et de la muqueuse anale, en utilisant systématiquement du lubrifiant, en procédant à une dilatation progressive et en maintenant une communication ouverte et bienveillante, il est possible de découvrir une sexualité anale riche en plaisirs et dénuée de souffrance.

Cependant, rappelons que la sodomie ne constitue en aucun cas une étape obligée de la vie sexuelle. Elle n'est ni une preuve d'amour, ni une performance à accomplir pour être « dans le coup ». Le consentement libre, éclairé et enthousiaste reste la condition sine qua non de toute pratique sexuelle épanouissante. La douleur n'est jamais « normale », elle est toujours un signal que quelque chose ne va pas et que le corps demande un changement, une pause ou un arrêt. Le plaisir respectueux et sécurisé est le seul objectif légitime.

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Manon Guillebot @heart-to-heart

J'étudie la psychologie à Lyon et je suis passionnée par les relations humaines. Ici, je parle d'amour, d'amitié, de famille – tout ce qui fait qu'on se connecte (ou pas) aux autres. Mon approche ? Bienveillante mais honnête. Je ne juge personne, on a tous nos galères. Parfois je partage mes propres expériences, parce que j'ai aussi eu mon lot de relations compliquées. Si t'as besoin de conseils ou juste d'un point de vue extérieur, je suis là.

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