Diagramme anatomique en coupe du bassin féminin montrant la structure interne du clitoris, avec les bulbes et les piliers entourant le canal vaginal, illustrant comment la stimulation vaginale agit en réalité sur le clitoris interne.
Sexualité

Orgasme vaginal ou clitoridien : ce que l'anatomie nous dit vraiment

Mythe dépassé : il n'existe qu'un seul orgasme, le clitoridien. Découvrez l'anatomie du clitoris à 10 000 terminaisons, pourquoi 80 à 95% des femmes ont besoin de sa stimulation et comment se libérer du mythe freudien de l'orgasme mature.

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On entend encore partout qu'il y aurait deux types d'orgasmes chez les femmes : le clitoridien, un peu rapide et superficiel, et le vaginal, plus profond, plus mature. Si tu t'es déjà demandé pourquoi tu ne ressens pas cet orgasme vaginal dont tout le monde parle, ou si tu as eu l'impression que ton plaisir ne fonctionnait pas comme il le devrait, tu n'es pas seule. Cette distinction met une pression énorme, et bonne nouvelle : elle ne tient pas du tout d'un point de vue anatomique.

Diagramme anatomique en coupe du bassin féminin montrant la structure interne du clitoris, avec les bulbes et les piliers entourant le canal vaginal, illustrant comment la stimulation vaginale agit en réalité sur le clitoris interne.
Diagramme anatomique en coupe du bassin féminin montrant la structure interne du clitoris, avec les bulbes et les piliers entourant le canal vaginal, illustrant comment la stimulation vaginale agit en réalité sur le clitoris interne.

Ce que la science et l'anatomie nous disent aujourd'hui est beaucoup plus rassurant et simple. Faisons le tri ensemble, mythe par mythe.

Mythe 1 : Il existerait deux orgasmes différents, le vaginal et le clitoridien

C'est l'idée la plus ancrée, et c'est aussi la plus fausse. Il n'y a pas un orgasme du vagin et un autre du clitoris. Il n'y a que l'orgasme clitoridien.

Comme l'expliquait Rachel Baxter le 9 novembre 2022, en réalité le vagin possède peu de terminaisons nerveuses, de sorte que sa stimulation ne peut pas à elle seule provoquer l'orgasme. Ce que l'on appelle orgasme vaginal est en fait lié à la stimulation du corps interne du clitoris qui entoure le canal vaginal.

Au moment de la pénétration, le pénis ou un sextoy stimule par voie interne les bulbes vestibulaires qui font partie du clitoris. Les orgasmes dits vaginaux seraient donc en réalité des orgasmes clitoridiens obtenus de l'intérieur. Comprendre cela change tout : ce n'est pas ton vagin qui serait peu sensible, c'est ton clitoris qui est stimulé différemment.

Mythe 2 : Le vagin serait une zone très sensible et érogène

On imagine souvent le vagin comme un organe tapissé de capteurs de plaisir. Anatomiquement, c'est l'inverse.

Le véritable centre du plaisir est le clitoris. Selon Rachel Baxter, le clitoris est l'organe sexuel féminin qui fait partie de la vulve. Connu comme le centre du plaisir de la vulve, le clitoris possède plus de dix mille terminaisons nerveuses. D'autres sources évoquent plus de 8 000.

Surtout, ce que l'on voit à l'extérieur, le petit gland, n'est que la partie émergée. Le clitoris comprend une partie interne étendue, avec des bulbes et des piliers qui entourent le canal vaginal. C'est pour cela que la pénétration peut procurer du plaisir : elle vient appuyer sur ces structures internes du clitoris, et non sur les parois vaginales elles-mêmes.

Pour en comprendre l'anatomie en détail, orgasme clitoridien ou vaginal : la vérité anatomique qui change tout explique très bien pourquoi tout plaisir vaginal est en fait clitoridien.

Mythe 3 : La plupart des femmes jouissent grâce à la seule pénétration

C'est une croyance qui crée beaucoup de complexes et de non-dits dans les couples. Les chiffres racontent une toute autre histoire.

Selon une étude scientifique menée à l'université d'Indiana aux États-Unis en 2005, 18,4% des femmes interrogées disaient pouvoir jouir juste avec la pénétration, et 36% indiquaient que leurs orgasmes étaient meilleurs lorsque le clitoris était stimulé pendant la pénétration.

D'autres travaux confirment cette tendance. La sexologue Emily Nagoski, en s'appuyant sur des études scientifiques, rappelle que c'est un mythe que la plupart des femmes ont un orgasme par pénétration : seulement 25% d'entre elles y parviennent, les autres y parviennent parfois, rarement ou jamais.

Graphique circulaire abstrait représentant visuellement la proportion de femmes (80 à 95%) ayant besoin d'une stimulation clitoridienne pour atteindre l'orgasme, selon les données scientifiques.
Graphique circulaire abstrait représentant visuellement la proportion de femmes (80 à 95%) ayant besoin d'une stimulation clitoridienne pour atteindre l'orgasme, selon les données scientifiques.

D'ailleurs, les synthèses scientifiques estiment que 80 à 95% des femmes ont besoin d'une stimulation clitoridienne pour atteindre l'orgasme. Avoir besoin de cette stimulation n'est pas une exception, c'est la norme. Si la pénétration seule ne suffit pas, ton corps fonctionne exactement comme celui de la grande majorité des femmes.

Mythe 4 : L'orgasme vaginal serait plus mature et plus intense que l'orgasme clitoridien

Cette hiérarchie entre un bon et un mauvais orgasme vient directement de la psychanalyse. Selon shs.cairn.info, Freud soutenait que l'orgasme clitoridien était infantile et que, après la puberté, dans les rapports hétérosexuels, le centre de l'orgasme s'était transféré au vagin. Le vagin, prétendait-on, était le lieu d'un orgasme parallèle, plus complet que le clitoris.

Cette théorie n'a jamais reposé sur l'anatomie. Elle a pourtant marqué des générations de femmes en laissant entendre que rester attachée au plaisir clitoridien serait un signe d'immaturité sexuelle. Aujourd'hui, on sait que cette distinction n'a aucune base biologique. Un orgasme est un orgasme, quelle que soit la manière dont le clitoris a été stimulé pour y parvenir. Il n'y en a pas de plus adulte ou de plus valable qu'un autre.

Mythe 5 : Le clitoris se résume à un petit bouton externe

Pendant très longtemps, même la médecine s'est désintéressée du clitoris. Il a été historiquement sous-étudié et incompris.

Comme le soulignait Rachel Baxter le 9 novembre 2022, la professeure Helen O'Connell, chirurgienne urologue australienne, a été la première personne à cartographier correctement la structure anatomique du clitoris en 1998.

1998, c'est extrêmement tard. Cela explique pourquoi le mythe vaginal a pu persister aussi longtemps : on enseignait mal un organe que l'on ne connaissait qu'à moitié. On sait maintenant que le clitoris comprend une partie interne étendue, avec des bulbes et des piliers qui entourent le canal vaginal. Le réduire à sa partie visible, c'est passer à côté de l'essentiel.

Se libérer de la pression pour mieux écouter son plaisir

Au fond, ce que disent toutes ces données, c'est une chose très douce : il n'y a pas de mauvaise façon de jouir.

Savoir que tout orgasme féminin est clitoridien, que le vagin a peu de terminaisons nerveuses et que la grande majorité des femmes a besoin d'une stimulation du clitoris pour atteindre l'orgasme permet de relâcher une énorme pression de performance. Tu n'as pas à courir après une norme qui n'existe pas.

Le plaisir n'est pas une compétition entre vaginal et clitoridien, ni une case à cocher pendant la pénétration. C'est une exploration de ce qui fonctionne pour toi, avec ton corps tel qu'il est. Et ton corps, avec ses plus de dix mille terminaisons nerveuses dédiées au plaisir, est déjà parfaitement équipé.

Si tu veux aller plus loin pour comprendre l'écart de plaisir et dialoguer avec ton ou ta partenaire sans tabou, clitoris et orgasme féminin : ce que les hommes ignorent encore peut t'aider à mettre des mots simples sur ces réalités anatomiques.

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Questions fréquentes

L'orgasme vaginal existe-t-il vraiment ?

Non, il n'existe qu'un seul type d'orgasme : le clitoridien. Le vagin possède peu de terminaisons nerveuses et ne peut pas provoquer seul l'orgasme. Ce qu'on appelle orgasme vaginal correspond à la stimulation interne des bulbes vestibulaires du clitoris qui entourent le canal vaginal.

Pourquoi le vagin est-il peu sensible ?

Le vagin est peu innervé, tandis que le clitoris est le centre du plaisir avec plus de dix mille terminaisons nerveuses, plus de 8 000 selon certaines sources. Le gland visible n'est que la partie émergée : bulbes et piliers internes entourent le canal vaginal. La pénétration procure du plaisir en appuyant sur ces structures internes, non sur les parois vaginales.

Combien de femmes jouissent par pénétration seule ?

Très peu : 18,4% selon une étude de l'université d'Indiana de 2005, et seulement 25% selon la sexologue Emily Nagoski. 36% indiquent que leurs orgasmes sont meilleurs avec une stimulation clitoridienne pendant la pénétration. Au total, 80 à 95% des femmes ont besoin d'une stimulation clitoridienne pour atteindre l'orgasme, c'est la norme.

L'orgasme vaginal est-il plus mature ?

Non, cette hiérarchie vient de Freud qui jugeait l'orgasme clitoridien infantile et le vaginal plus mature et complet après la puberté. Cette théorie n'a jamais reposé sur l'anatomie et n'a aucune base biologique. Tout orgasme est clitoridien, sans orgasme plus adulte ou plus valable qu'un autre.

Le clitoris se limite-t-il au gland externe ?

Non, le gland visible n'est que la partie émergée. Le clitoris possède une partie interne étendue avec des bulbes et des piliers qui entourent le canal vaginal. Sa structure complète n'a été correctement cartographiée qu'en 1998 par la chirurgienne urologue Helen O'Connell.

Sources

  1. Orgasme simultané : mythe ou réalité - ame fauve par sarah zerbib · amefauve.com
  2. Orgasm gap : pourquoi les femmes jouissent-elles moins ... - Baûbo · baubo.fr
  3. Orgasme : "C'est un mythe que la plupart des femmes atteignent l'orgasme par la pénétration", Emily Nagoski - BBC News Afrique · bbc.com
  4. 7 Clitoris Myths Women Wished Men Would Stop Believing · carlynbeccia.substack.com
  5. LE POINT G N'EXISTE PAS - Centre d'urologie Prado Louvain · centredurologiepradolouvain.fr
heart-to-heart
Manon Guillebot @heart-to-heart

J'étudie la psychologie à Lyon et je suis passionnée par les relations humaines. Ici, je parle d'amour, d'amitié, de famille – tout ce qui fait qu'on se connecte (ou pas) aux autres. Mon approche ? Bienveillante mais honnête. Je ne juge personne, on a tous nos galères. Parfois je partage mes propres expériences, parce que j'ai aussi eu mon lot de relations compliquées. Si t'as besoin de conseils ou juste d'un point de vue extérieur, je suis là.

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