Les infections sexuellement transmissibles (IST) sont en constante augmentation en France depuis la fin de la pandémie, touchant de manière disproportionnée les jeunes adultes de 18 à 25 ans. Il est crucial de comprendre que le terme IST a remplacé celui de MST (maladies sexuellement transmissibles) pour mieux refléter le fait qu'une personne peut être infectée sans ressentir de symptôme, tout en restant contagieuse. La transmission se fait principalement lors de rapports sexuels oraux, génitaux ou anaux, mais aussi par simple contact peau à peau. Il est important de lever la culpabilité : attraper une IST n'est pas une honte ni un signe de négligence, c'est un risque inhérent à la vie sexuelle qui peut toucher tout le monde. Le véritable danger réside dans le manque de traitement et de dépistage. Pour protéger votre santé et celle de vos partenaires, voici les signes qui doivent vous alerter sans tarder.

Ça pique dans la culotte ? Ces signes qui doivent t'alerter
Face à la montée des infections en France, il est essentiel de savoir repérer les signaux que votre corps vous envoie. Trop souvent, les petits maux du quotidien sont ignorés ou minimisés, pensant à tort qu'ils disparaîtront d'eux-mêmes. Pourtant, certaines sensations inhabituelles au niveau des parties génitales sont des « drapeaux rouges » qu'il ne faut jamais négliger. Une IST non traitée peut évoluer vers des complications sérieuses, alors que la prise en charge est souvent simple et rapide si elle est faite à temps. Apprendre à écouter son corps est la première étape d'une sexualité responsable et épanouie.
Brûlures, écoulements, démangeaisons : quand aller consulter ?
Certains symptômes visibles doivent immédiatement vous pousser à consulter un professionnel de santé. Si vous ressentez une douleur, une brûlure ou une sensation de picotement intense lorsque vous urinez, ce n'est pas normal. De même, l'apparition d'écoulements inhabituels au niveau du pénis ou du vagin doit attirer votre attention : ces pertes peuvent être blanchâtres, jaunâtres ou verdâtres et parfois malodorantes. Observez attentivement votre peau : l'apparition de rougeurs, de boutons, de petites vésicules ou de verrues sur les organes génitaux, l'anus ou la cuisse est un signal d'alarme. Ces signes cliniques apparaissent généralement quelques jours après le rapport à risque, mais la période d'incubation varie. Par exemple, pour la chlamydia, les symptômes peuvent surgir entre 5 et 14 jours après l'exposition, tandis que pour la gonorrhée, elles se manifestent souvent entre 5 et 10 jours. Ne minimisez pas ces signes : même s'ils semblent supportables, ils indiquent une présence active de bactéries ou de virus.
Tu n'as rien vu ? C'est justement le piège des IST
Le danger le plus insidieux des IST réside dans leur capacité à évoluer « en sourdine ». C'est le fameux paradoxe de l'asympomatisme : on peut être porteur d'une infection et la transmettre à ses partenaires sans ressentir le moindre malaise. La chlamydia, par exemple, est tristement célèbre pour être une infection silencieuse, touchant de nombreuses personnes sans qu'elles ne le soupçonnent jamais. Chez les femmes, la gonorrhée est asymptomatique dans environ 70 % des cas, ce qui favorise une propagation silencieuse de la bactérie. Concernant le Papillomavirus humain (HPV), on estime que 90 % des infections sont invisibles et ne provoquent aucune manifestation clinique immédiate. C'est pourquoi l'absence de symptôme ne signifie absolument pas l'absence d'infection. Rien ne remplace le dépistage régulier pour être sûr de son statut sérologique. Attendre d'avoir mal pour aller se faire tester, c'est prendre le risque de contaminer autrui et de compromettre sa propre fertilité sur le long terme.
Chlamydia et gonorrhée : les deux infections qui explosent en France
La situation épidémiologique en France est préoccupante concernant les infections bactériennes. Selon les données de Santé Publique France, l'année 2023 a enregistré environ 55 500 cas de chlamydia et 23 000 cas de gonorrhée. Ces chiffres en hausse constante montrent que ces infections touchent désormais un large public. Bien que ces maladies se traitent efficacement par une simple cure d'antibiotiques, elles ne doivent pas être prises à la légère. Sans prise en charge médicale, elles peuvent entraîner des conséquences dramatiques et irréversibles, notamment sur la fertilité, avec des risques de grossesses extra-utérines ou d'infertilité tubaire. La gonorrhée a particulièrement explosé, avec une augmentation de 59 % des cas chez les hommes et de 46 % chez les femmes depuis 2021. Face à cette vague, la vigilance est de mise.
Chlamydia : l'infection invisible qui menace ta fertilité
La chlamydia est causée par la bactérie Chlamydia trachomatis et s'attaque souvent au col de l'utérus chez la femme et à l'urètre chez l'homme. Ce qui la rend redoutable, c'est sa discrétion. Lorsque des symptômes apparaissent chez l'homme, on remarque généralement une irritation de l'urètre accompagnée d'un écoulement clair et matinal. Chez la femme, les signes peuvent se limiter à des pertes vaginales inhabituelles, des saignements entre les règles ou des douleurs pelviennes légères. Le danger réel est la montée de l'infection vers les trompes de Fallope, provoquant une salpingite, une inflammation douloureuse qui peut laisser des cicatrices et mener à la stérilité. Heureusement, le dépistage est extrêmement simple : il se fait par prélèvement urinaire ou vaginal, indolore et rapide. Un traitement antibiotique suffit à éradiquer la bactérie, à condition de traiter aussi le ou la partenaire pour éviter l'effet « yo-yo » des réinfections.

Gonorrhée (chaude-pisse) : ce surnom qui parle de lui-même
La gonorrhée, causée par le gonocoque, porte bien son ancien nom populaire de « chaude-pisse ». Elle se manifeste chez l'homme par des brûlures intenses au moment d'uriner, accompagnées d'un écoulement purulent. Chez la femme, la situation est plus complexe car elle est majoritairement asymptomatique ou se résume à des leucorrhées (pertes blanches) purulentes. Il est crucial de savoir que cette bactérie ne se contente pas des organes génitaux. Elle peut infecter la gorge (pharyngite) suite à une fellation, ou l'anus après une sodomie, provoquant alors douleurs, démangeaisons ou écoulements rectaux. La gonorrhée se soigne avec des antibiotiques, mais certaines souches deviennent résistantes, rendant le traitement parfois plus délicat. C'est pourquoi toute suspicion doit mener à une consultation rapide pour éviter la transmission et prévenir les complications articulaires ou cardiaques, bien que rares.
Syphilis : l'infection qui revient fort depuis 2020
La syphilis, maladie vieille de plusieurs siècles, fait un retour inquiétant sur le territoire français. Les chiffres indiquent une progression de plus de 30 % des ces dernières années, rebondissant après une phase de stabilisation. Bien que les hommes ayant des rapports avec des hommes (HSH) représentent 77 % des cas recensés en CeGIDD (Centres gratuits d'information, de dépistage et de diagnostic des IST), cette infection bactérienne ne épargne personne, quel que soit l'orientation sexuelle. L'évolution de la syphilis en trois stades distincts la rend particulièrement trompeuse. Le patient peut croire à tort que le mal est guéri spontanément, alors que la bactérie continue de silencieusement endommager l'organisme. Le stade tertiaire, atteint parfois après des années de latence, peut être mortel en détruisant le cerveau, le cœur ou les gros vaisseaux.
Le chancre, l'éruption, puis plus rien : les trois visages de la syphilis
Comprendre l'évolution de la syphilis est vital pour la détecter à temps. Le stade primaire survient environ trois semaines après la contamination : une petite ulcération propre, appelée chancre, apparaît sur le sexe, l'anus ou la bouche. Ce bouton est indolore, ce qui fait que beaucoup de personnes ne le remarquent pas. Ensuite, le stade secondaire survient quelques mois plus tard : le patient ressent de la fièvre, une grande fatigue et voit apparaître une éruption cutanée (roséole) sur tout le corps, y compris les plantes des pieds et les paumes des mains. Puis, miracle apparent, tous les symptômes disparaissent spontanément. C'est le piège. Le malade se croit guéri, mais la bactérie est toujours là, entrée dans une phase de latence qui peut durer des décennies avant de basculer dans le stade tertiaire, destructeur pour les organes vitaux.
Syphilis et grossesse : un danger pour bébé
La syphilis ne menace pas seulement l'adulte, elle représente un risque majeur durant la grossesse. La transmission mère-enfant, ou syphilis congénitale, peut se produire in utero ou lors de l'accouchement. Les conséquences pour le fœtus sont dramatiques : risque de mortinatalité, de malformations sévères, d'insuffisance pondérale à la naissance ou de retard de développement. C'est la raison pour laquelle le dépistage de la syphilis est obligatoire en France lors du premier examen prénatal, et ce, même en l'absence de symptômes maternels. La bonne nouvelle, c'est qu'un traitement par pénicilline, administré suffisamment tôt durant la grossesse, permet de guérir la mère et de protéger quasi totalement l'enfant. Il est donc impératif de ne pas négliger ce dépistage sanguin simple.
HPV et herpès : ces virus qui restent à vie
Contrairement aux infections bactériennes vues précédemment, les IST virales comme le HPV et l'herpès ne se « guérissent » pas définitivement au sens où on élimine totalement le virus de l'organisme. On apprend à vivre avec, en gérant les symptômes et les poussées. Le Papillomavirus humain est l'IST la plus fréquente au monde : on estime que 80 % des femmes sexuellement actives seront infectées au cours de leur vie, et le chiffre est probablement similaire chez les hommes. L'herpès génital touche environ 20 % des personnes sexuellement actives en France. Ces virus exigent une approche différente, axée sur la prévention, la vaccination (pour le HPV) et la réduction de la contagiosité.
HPV (papillomavirus) : 80 % d'entre nous seront touchés
Le HPV est un virus extrêmement contagieux qui se transmet par simple contact peau à peau, ce qui signifie que le préservatif, bien qu'essentiel, n'offre qu'une protection partielle puisqu'il ne couvre pas toute la zone génitale. Dans la grande majorité des cas (environ 90 %), le système immunitaire élimine le virus spontanément en quelques mois sans que la personne ne s'en aperçoive. Cependant, dans les cas où l'infection persiste, les risques sont réels. Certains types de HPV, dits « à haut risque », peuvent provoquer des lésions précancéreuses qui évoluent vers des cancers, notamment du col de l'utérus, mais aussi de l'anus, de la gorge ou du pénis. D'autres types, « à bas risque », causent des condylomes, ces petites verrues génitales parfois inesthétiques et gênantes, mais bénignes.
Le vaccin Gardasil 9 : une protection avant ses premiers rapports
La vaccination contre le HPV est une avancée majeure en santé publique. Le vaccin Gardasil 9 protège contre les neuf souches les plus dangereuses du virus : celles responsables des cancers et celles causant la plupart des condylomes. La stratégie vaccinale recommandée en France vise les jeunes filles et garçons âgés de 11 à 14 ans, avec un schéma à deux doses. Un rattrapage est possible jusqu'à 19 ans révolus (avec trois doses). L'objectif est de vacciner avant le début de la vie sexuelle pour une efficacité maximale, lorsque le corps n'a pas encore rencontré le virus. Toutefois, même après le début de l'activité sexuelle, la vaccination reste utile car elle protège contre les souches que la personne n'aurait pas encore contractées. Pour les moins de 20 ans, ce vaccin est gratuit.
Herpès génital : ces boutons qui reviennent quand tu es fatigué
L'herpès génital est causé par le virus Herpes Simplex (HSV), de type 1 ou 2. Il se manifeste par l'apparition de petites vésicules douloureuses et groupées sur les organes génitaux, l'anus ou les fesses, souvent accompagnées de démangeaisons intenses. Une fois contracté, le virus reste à vie dans les ganglions nerveux, en sommeil. Il se réveille lors de « poussées », déclenchées par le stress, la fatigue, les règles, une fièvre ou une baisse de l'immunité. Le grand danger de l'herpès est la contagiosité : on peut transmettre le virus même en l'absence de symptômes visibles, par ce qu'on appelle l'excrétion virale asymptomatique. Bien qu'il n'existe pas de traitement curatif, des antiviraux permettent de raccourcir les poussées, de diminuer la douleur et de réduire significativement le risque de transmission au partenaire.
VIH, hépatite B : les infections graves qu'on peut éviter
Parmi les IST, certaines infections virales ont des conséquences systémiques potentiellement graves, touchant le système immunitaire ou les organes vitaux. Le VIH et l'hépatite B représentent les deux risques les plus sérieux, mais fort heureusement, nous disposons aujourd'hui d'outils de prévention et de traitement extrêmement efficaces. En France, environ 5 500 personnes découvrent leur séropositivité au VIH chaque année. La clé face à ces virus réside dans la combinaison de la prévention (vaccination, préservatifs), des stratégies de réduction des risques (PrEP) et d'un traitement précoce en cas d'exposition.
VIH : syndrome pseudo-grippal puis silence pendant des années
L'infection par le Virus de l'Immunodéficience Humaine (VIH) débute souvent par un syndrome pseudo-grippal survenant deux à quatre semaines après la contamination. Fièvre, courbatures, maux de gorge, fatigue intense et ganglions enflés sont des signes que le virus se multiplie activement dans l'organisme. Suite à cette phase aiguë, la maladie entre dans une phase chronique, souvent asymptomatique, qui peut durer de nombreuses années sans aucun signe apparent. C'est durant cette période silencieuse que le virus attaque insidieusement le système immunitaire en détruisant les lymphocytes T CD4. Sans traitement, l'évolution vers le SIDA (stade sida) survient généralement au bout d'une dizaine d'années, rendant le corps vulnérable aux maladies opportunistes. Aujourd'hui, les trithérapies antirétrovirales permettent aux personnes vivant avec le VIH d'avoir une espérance de vie quasi normale et, surtout, de ne plus transmettre le virus si la charge virale est indétectable.
Hépatite B : un vaccin qui protège à 100 %
L'hépatite B est un virus qui s'attaque directement au foie, provoquant une inflammation pouvant évoluer vers une hépatite chronique, une cirrhose ou un cancer du foie. Elle se transmet par le sang, le sperme et les sécrétions vaginales. La particularité de l'hépatite B, c'est qu'on dispose d'un vaccin extrêmement efficace et sûr. Ce vaccin protège à 100 % contre le virus et est recommandé pour tous les nourrissons depuis 1995, mais aussi pour les adultes et adolescents non vaccinés. Vérifier son statut vaccinal est un geste simple qui évite des complications hépatiques graves. Contrairement au VIH, le traitement de l'hépatite B chronique est complexe et ne permet pas toujours une éradication totale, d'où l'importance capitale de la prévention vaccinale.
PrEP et TPE : se protéger activement contre le VIH
La prévention du VIH a connu une révolution ces dernières années avec l'arrivée de la PrEP (Prophylaxie Pré-Exposition). Il s'agit d'un traitement médicamenteux pris par une personne séronégative mais très exposée au risque (personnes ayant des partenaires multiples, HSH, travailleurs du sexe), qui réduit drastiquement le risque de transmission. D'autre part, en cas d'accident (préservatif qui casse, oubli de pilule, rapport non protégé), il existe le TPE (Traitement Post-Exposition). C'est un traitement d'urgence qui doit être débuté dans les 48 heures suivant la prise de risque, idéalement dans les 4 premières heures, pour bloquer l'infection. Ces dispositifs sont disponibles gratuitement dans les hôpitaux et les CeGIDD.
Morpions, trichomonase : les petits tracas qu'on oublie souvent
Toutes les IST ne mettent pas la vie en danger, mais cela ne les rend pas pour autant agréables. Certaines infections, plus bénignes, causent un inconfort quotidien et nécessitent tout de même une prise en charge pour éviter de contaminer son entourage. Les morpions (phtiriase) et la trichomonase entrent dans cette catégorie. Bien que moins médiatisées que le VIH ou la chlamydia, elles restent fréquentes et peuvent être source de stress et de gêne physique. Leur traitement est généralement simple et rapide, ce qui permet de retrouver un confort rapide.
Morpions : ces parasites qui grattent (et se traitent en une semaine)
Les morpions, ou poux du pubis, sont des insectes parasites qui se nourrissent de sang et s'accrochent aux poils pubiens. Contrairement aux idées reçues, ils ne sautent pas et ne volent pas ; ils se transmettent par contact physique étroit, le plus souvent lors de rapports sexuels, mais aussi via le partage de draps ou de serviettes. Leur symptôme principal est une démangeaison intense, souvent pire la nuit, causée par la salive des poux lors de la piqûre. On peut parfois voir les lentes (œufs) collés à la base des poils ou les parasites eux-mêmes sur la peau. Heureusement, le traitement est très efficace et disponible sans ordonnance en pharmacie sous forme de crème, de lotion ou de shampoing. Il est indispensable de traiter tous les partenaires sexuels simultanément et de laver toute la literie et les vêtements à 60 °C pour éliminer les parasites.
Trichomonase : cette IST parasitaire que vous n'avez jamais entendue nommer
La trichomonase est une infection causée par un parasite unicellulaire appelé Trichomonas vaginalis. C'est l'IST curable la plus courante dans le monde, mais elle reste largement méconnue du grand public. Elle touche plus fréquemment les femmes que les hommes. Chez la femme, les symptômes typiques incluent des pertes vaginales abondantes, verdâtres ou jaunâtres, malodorantes (souvent décrites comme ayant une odeur de poisson), accompagnées de démangeaisons vaginales et parfois de douleurs lors des rapports sexuels ou de la miction. Chez l'homme, l'infection est le plus souvent asymptomatique, ce qui fait d'eux des réservoirs silencieux de transmission. Le traitement repose sur un antibiotique spécifique, le métronidazole, généralement administré en une seule prise. Le traitement des partenaires est impératif pour éviter les réinfections.
Dépistage gratuit, préservatifs, vaccins : ta boîte à outils prévention
La bonne nouvelle, c'est que se protéger et se faire dépister en France n'a jamais été aussi simple, surtout pour les jeunes. En 2025, la politique de santé sexuelle vise à réduire tous les obstacles financiers et géographiques pour lutter contre la propagation des IST. Une panoplie d'outils est à votre disposition : barrières mécaniques, vaccins, traitements préventifs et dépistages gratuits. La clé est d'intégrer ces réflexes dans sa routine pour aborder sa sexualité avec sérénité. La protection ne doit pas être vécue comme une contrainte, mais comme un acte de respect envers soi-même et envers les autres.
Depuis septembre 2024 : le dépistage gratuit sans ordonnance avant 26 ans
C'est une révolution dans l'accès aux soins : depuis septembre 2024, tous les jeunes de moins de 26 ans peuvent bénéficier d'un dépistage gratuit et sans avance de frais pour les quatre IST principales : le VIH, la chlamydia, la gonorrhée et la syphilis. Il n'est plus nécessaire d'avoir une ordonnance médicale. Il suffit de se rendre dans n'importe quel laboratoire de biologie médicale muni de sa carte Vitale. Pour les femmes de 18 à 25 ans, des kits d'autoprélèvement vaginal sont également disponibles en pharmacie gratuitement, permettant de se faire dépister pour la chlamydia et la gonorrhée dans l'intimité de son domicile. Ce dispositif vise à briser la barrière de la pudeur et à faciliter le dépistage régulier.
Préservatifs gratuits en pharmacie : comment en profiter
Le préservatif reste le seul moyen de contraception qui protège également contre les IST. Depuis le 1er janvier 2023, les préservatifs masculins externes et féminins sont disponibles gratuitement en pharmacie pour les mineurs et les jeunes adultes de moins de 26 ans, sans ordonnance. Pour les plus de 26 ans, ils restent accessibles gratuitement dans les centres de planification familiale, les CeGIDD ou les centres de santé sexuelle. Lors de l'utilisation, il est crucial de vérifier la norme CE ou NF sur l'emballage et la date de péremption. Une bonne utilisation implique de vérifier l'intégrité de l'emballage, de le mettre avant tout contact sexuel et d'utiliser un lubrifiant à base d'eau si nécessaire pour éviter les ruptures.
Parler IST avec son/ta partenaire : le préservatif avant le rapport
Aborder le sujet des IST avec un nouveau partenaire peut sembler gênant ou « tue-l'amour », mais c'est pourtant une preuve de maturité et de confiance. La communication est le meilleur rempart contre les infections. Il existe des façons simples d'introduire le sujet : « Quand as-tu fait ton dernier dépistage ? », « Est-ce qu'on se protège ce soir ? » ou « Je préfère qu'on utilise un préservatif pour qu'on puisse profiter sans s'inquiéter ». Ces phrases permettent de clarifier les attentes mutuelles sans accusation. N'attendez pas le feu de l'action pour en parler ; discutez-en à froid, lors d'un moment calme. Mettre le préservatif ne doit pas être vu comme une interruption, mais comme une étape érotique et sécurisante qui valide le consentement et la protection mutuelle.
Conclusion : une vie sexuelle épanouie, c'est aussi une vie sexuelle responsable
Pour conclure, les infections sexuellement transmissibles sont une réalité incontournable de la vie sexuelle, mais elles ne doivent pas être une source de peur. Nous avons vu que les symptômes peuvent être trompeurs, passant de brûlures évidentes à un silence total, comme dans le cas de la chlamydia ou du VIH. La clé réside dans la vigilance et la régularité des dépistages. Intégrer le test IST, au moins une fois par an et après chaque nouveau partenaire, doit devenir un réflexe aussi naturel que le brossage de dents. Se protéger, c'est se respecter soi-même et protéger les autres. N'oublions pas que la majorité de ces infections se traitent très bien si elles sont prises à temps. En utilisant les outils à votre disposition — vaccins, préservatifs, PrEP et dépistages gratuits — vous pouvez vivre une sexualité libre, joyeuse et sans culpabilité. N'attendez pas d'avoir un doute pour consulter, votre santé en dépend.