On entend souvent que le sexe oral est "sans risque". C'est faux. La bouche est un organe sexuel à part entière : elle peut recevoir et transmettre des infections sexuellement transmissibles (IST). Le risque zéro n'existe pas, mais avec les bons gestes, on peut se protéger efficacement, soi et ses partenaires.

Quelles IST peut-on attraper par fellation ?
Plusieurs IST se transmettent lors des rapports bucco-génitaux. Parmi les plus fréquentes :
- La syphilis : elle débute par une petite plaie indolore, le chancre, qui peut passer inaperçue dans la bouche ou sur les lèvres. Les premiers symptômes apparaissent deux à quatre semaines après le rapport contaminant.
- La gonorrhée (blennorragie) : une infection de la gorge, appelée pharyngite gonococcique, peut se développer après un rapport oral non protégé. Le plus souvent, elle ne provoque aucun symptôme.
- La chlamydiose : comme la gonorrhée, elle peut atteindre la gorge et reste généralement silencieuse.
- L'hépatite B : très contagieuse, elle peut se transmettre lors de relations sexuelles orales.
- Le HPV (papillomavirus) : il existe un lien avéré entre les pratiques de sexe oral et certains cancers de la gorge. La vaccination contre le HPV protège, et elle est recommandée pour les filles comme pour les garçons.
- L'herpès : le virus de l'herpès labial (bouton de fièvre) comme le virus génital peuvent se transmettre par contact bouche-sexe.
Le VIH : un risque faible, mais réel
Le VIH fait souvent peur, et c'est compréhensible. Mais il faut relativiser : le risque de transmission par fellation est évalué à environ 0,01 % pour la personne qui pratique la fellation et 0,005 % pour celle qui la reçoit, selon une revue médicale suisse citée par Santé Magazine. En clair, c'est très rare, voire inexistant en l'absence d'autre IST ou de lésion dans la bouche. Les autorités sanitaires le confirment : le risque est faible pour le VIH, mais il existe pour la fellation. Il ne faut donc pas l'ignorer, surtout si on a des plaies, des aphtes ou des gencives qui saignent.
Pourquoi il faut se faire dépister même sans symptôme
C'est le point essentiel : les IST sont souvent silencieuses. Vous ne ressentez rien, vous ne voyez rien, et pourtant vous pouvez être porteur d'une infection et la transmettre. Comme le rappelle l'Assurance Maladie, "l'unique façon de savoir si vous êtes porteur d'une IST est le dépistage".
Les infections de la gorge (chlamydia, gonocoque) sont le plus souvent asymptomatiques. Pour les détecter, il faut des prélèvements locaux : un prélèvement pharyngé en cas de rapports oraux, anal en cas de rapports anaux. Le dépistage doit donc se faire dans la bouche, la gorge et l'anus selon vos pratiques, et pas seulement par une prise de sang.
Bon à savoir : depuis le 1er juillet 2025, les jeunes femmes de 18 à 25 ans peuvent commander gratuitement et discrètement à domicile un kit d'autoprélèvement pour la chlamydia et le gonocoque, sur le site mon-test-ist.ameli.fr.
Comment se protéger pendant une fellation ?
Les protections existent et sont simples à utiliser :

- Le préservatif : il protège lors d'une fellation, pour la personne qui la pratique comme pour celle qui la reçoit. Si le goût du latex vous gêne, il existe des préservatifs aromatisés.
- La digue dentaire : c'est un carré de latex fin qu'on pose sur la vulve ou l'anus pour le cunnilingus ou l'anulingus. Elle coûte environ 8 euros pour quatre unités et se trouve principalement sur Internet. On peut aussi la fabriquer soi-même avec un préservatif coupé dans la longueur et déplié.
- L'hygiène buccale : évitez de vous brosser les dents, d'utiliser du fil dentaire ou un bain de bouche dans l'heure qui précède ou suit le sexe oral. Ces gestes provoquent des micro-saignements aux gencives qui favorisent la transmission des IST.
En résumé
La fellation peut transmettre des IST, c'est un fait. Mais avec un préservatif, une digue dentaire, une bonne hygiène buccale et un dépistage régulier, vous pouvez pratiquer une sexualité orale satisfaisante tout en protégeant votre santé et celle de vos partenaires. Le risque zéro n'existe pas, mais la prévention, elle, est à votre portée.