Le chemsex désigne une pratique sexuelle associée à la consommation de produits psychoactifs, le plus souvent décrite chez des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes. Les produits, les quantités, les mélanges et la durée des épisodes varient : les risques ne sont donc pas les mêmes pour tout le monde. Ils ne sont pas non plus inévitables, et demander de l'aide n'oblige pas à se définir comme "dépendant".

Des risques liés aux produits et au contexte
Les effets peuvent aller d'une désinhibition recherchée à une urgence médicale. Selon les produits et les circonstances, il peut y avoir une intoxication aiguë, une perte de connaissance, un malaise ou des complications cardiovasculaires et neurologiques. Les mélanges rendent les effets plus difficiles à prévoir. Des épisodes répétés peuvent aussi s'accompagner d'anxiété, de dépression ou d'une perte de contrôle sur les consommations.
Le contexte sexuel compte également. Des rapports prolongés ou avec plusieurs partenaires peuvent exposer davantage aux infections sexuellement transmissibles (IST), notamment si la prévention est difficile à maintenir pendant une session. L'injection comporte, elle aussi, des risques spécifiques. Un dépistage, des conseils de réduction des risques ou un accompagnement en santé sexuelle peuvent être utiles, que l'on souhaite arrêter, faire une pause ou continuer autrement.
Ces risques ne résument pas les raisons pour lesquelles des personnes pratiquent le chemsex. Le plaisir, la recherche d'intimité ou de sociabilité peuvent coexister avec des difficultés. Réduire la pratique à une addiction ou à un mal-être ne permet pas de comprendre toutes les situations - et peut compliquer le dialogue avec les professionnels.
Consentement : vérifier, écouter, pouvoir changer d'avis
Le consentement doit être libre et peut être retiré à tout moment. Il est important d'en parler avant une session, puis de rester attentif aux limites exprimées et aux changements de situation. Une personne très intoxiquée, inconsciente ou incapable de communiquer ne peut pas donner un accord clair : dans ce cas, il faut interrompre les rapports et chercher de l'aide si nécessaire.
Si quelqu'un perd connaissance, respire mal, convulse ou présente un malaise grave, appelez le 15 ou le 112. Ne laissez pas la personne seule. Face à une urgence, la priorité est de décrire aux secours ce qui se passe et les produits connus, sans attendre que la situation s'aggrave.
Des indicateurs à ne pas confondre avec un taux de risque
Dans l'enquête française ERAS, menée en ligne et sur la base du volontariat auprès d'hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, 13 % des participants déclaraient avoir pratiqué le chemsex au cours des six mois précédant l'enquête de 2023. Pour la même période, l'indicateur était de 12 % en 2021. Santé publique France décrit les indicateurs suivis comme stables depuis 2017.
Ces chiffres ne représentent pas l'ensemble de la population : l'enquête porte sur un public précis et les personnes y participent volontairement. Une autre enquête française, plus large, montre que les usages de produits en contexte sexuel existent aussi dans d'autres groupes. Mais cette notion de "consommation sexualisée" est plus vaste que le chemsex : les deux ne sont pas interchangeables.
Les signalements de complications et de décès publiés dans certains rapports décrivent des cas graves pris en charge ou recensés. Ils ne permettent pas, à eux seuls, de calculer la probabilité qu'une personne subisse une complication, ni d'établir une hausse générale de la pratique.
Où demander de l'aide en France ?
Drogues Info Service propose gratuitement, par téléphone et sur son site, de l'information, du soutien et une orientation, dans un cadre annoncé comme anonyme, confidentiel et sans jugement. Son annuaire national permet aussi de rechercher des structures spécialisées en addictologie, notamment des CSAPA.
On peut également s'adresser à une association de santé sexuelle ou de réduction des risques, comme AIDES et ses dispositifs locaux, ou à un professionnel de santé. Il est possible de commencer par une question concrète - interactions, dépistage, sommeil, consommation ou perte de contrôle - sans avoir à tout raconter d'emblée. Une aide utile commence par une conversation, pas par un jugement.