
Voilà la lettre que j'aurais voulu t'écrire et que je ne peux pas te faire parvenir. Tu es la seconde personne que j'ai aimée, mais cet amour fut le plus sincère. Tu m'as appris la valeur de la vie et insufflé ce souffle de vie, de joie, de plaisir... Comment aurais-je pu penser que ton amour était passager ? Je t'aimais à en perdre la raison, et encore maintenant, un amour pour toi reste présent dans mon cœur.
Lorsque j'ai appris que tu aimais quelqu'un depuis six mois, la nouvelle m'a poignardé le cœur, elle me l'a arraché. J'aurais voulu mourir. Je me suis laissée mourir : à quoi bon vivre sans toi ? J'avais raté mes examens et je t'avais perdu pour me consacrer à mes études. Un jour, je me suis regardée dans le miroir et je n'étais plus celle qui t'aimait, je n'étais plus faite que d'os et de chair. La tristesse m'avait transformée en une morte-vivante, coupée de la réalité trop dure sans toi.
Je sais que tu es heureux et que je suis malheureuse sans toi, et ça, je ne peux le dire à personne. Tu me manques. Tu as une nouvelle vie sans moi alors que je vais avoir 20 ans et que j'ai l'impression que ma vie s'est arrêtée quand je me suis perdue dans tes yeux, que nos corps se sont frôlés. Mais je survivais pour mes études. Tu n'es plus là, le vide de ton absence m'a tuée. J'ai perdu le goût de vivre, mais surtout l'envie d'aimer et de me laisser aimer car c'est trop dur.

Une dépression liée à l'anorexie
Elle m'a aidée à m'enfermer chez moi, à oublier que la vie avait continué sans toi à mes côtés. Certains parleront de dépression due au P1, d'autres d'anorexie. Je me sentais tellement forte et en même temps tellement faible, un état où plus rien ne compte.
Je prends des habitudes : je mange toujours la même chose, je me lève et me couche à la même heure, tout est réglé comme une horloge, pas de place pour l'imprévu. Je vis par procuration, je survis comme une machine. Rien n'a plus d'importance. Enfin si : pouvoir repartir de chez moi à Lille et me laisser mourir, parce qu'ici, on veut m'obliger à reprendre du poids, à sortir, voir des personnes qui me jugent et me trouvent folle ou disent que c'est la faute de mes parents.
Ils me disent : « il faut te faire hospitaliser, si tu te voyais », mais ils ne comprennent pas que je ne veux pas me voir. Je me hais.
Comment survivre à un deuil amoureux ?
Tout est de ma faute : je t'aime et tu en aimes une autre. Je n'ai pas voulu profiter du temps que je pouvais passer avec toi, en préférant le consacrer à mes cours. C'est fou : tu as fait ta vie, tu ne m'as rien dit. Je l'apprends par une amie qui pensait que je le savais alors que non, je ne savais pas. Tu ne m'avais pas dit.
Personne ne sait que je t'aime à en mourir et que je ne peux pas me permettre de te perdre. Mon cœur, mon âme sont blessés. Au début, je pleurais, mais après je ne sais plus — non pas parce que je ne t'aime plus, mais parce que je n'y arrive plus. On me donne des médicaments et je ne veux pas en parler aux autres. Ils savaient que je t'aimais, mais ils pensaient que je savais que tu étais avec celle que tu aimais.
J'ai peur du vide de ton absence dans mon cœur, je veux revenir un instant avant. Avant que j'apprenne cette nouvelle terrifiante, avant que mon cœur soit blessé, avant que je me perde dans mes espoirs. Mais « avant » est passé et là, j'ai mal.
Apprendre à vivre sans l'être aimé
Le temps doit faire cicatriser les blessures, mais il ne fait rien. Un jour, une semaine, un mois, puis six mois : je pense encore à toi et à elle. Tu ne me donnes aucune nouvelle. Et pourtant, pendant ce temps, je dois me dire que des gens sont en train de mourir alors que je me tue toute seule. Je me laisse mourir pour ne plus souffrir et oublier.
Vivre est difficile, aimer est beaucoup plus dur, surtout quand cet amour est à sens unique. Mais il faut s'accrocher pour ceux qui n'ont pas la chance de pouvoir vivre, qui sont malades et trouvent le courage de surmonter la maladie. Je dois trouver la force pour pouvoir aider ceux qui n'ont pas ma chance, celle d'avoir une famille aimante, des amis...
Ton absence me manque, mais je ne peux rien y changer, c'est comme ça. Tu l'aimes, elle, et pas moi. Mon cœur doit battre sans le rythme du tien. Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort. Sois heureux, je ne peux te forcer à m'aimer et dois t'oublier, te laisser vivre ton amour à 100 %, m'effacer et en même temps t'effacer de ma mémoire.
Aujourd'hui, tu restes dans mon cœur comme le souvenir d'un bonheur passé, mais j'ai perdu toute confiance en toi et je ne peux plus t'aimer, même à moitié.