Un jeune n'a pas à révéler son orientation sexuelle ou son identité de genre pour que celles-ci soient légitimes. En parler peut faire du bien, mais le bon moment, les personnes à qui le dire et la décision de le faire lui appartiennent.

Le coming out peut se faire par étapes : à un ami, à un membre de la famille, puis à d'autres personnes - ou pas du tout. SOS homophobie le définit comme une révélation volontaire et distingue ce choix de l'outing, qui consiste à dévoiler l'identité d'une personne sans son accord.
Soutenir sans pousser à parler
Un proche qui soupçonne qu'un jeune est LGBT+ peut vouloir le rassurer. Mais lui demander de "l'assumer", de le dire à sa famille ou de s'expliquer risque de transformer le soutien en pression. Mieux vaut lui faire comprendre qu'il peut parler s'il le souhaite, sans avoir à se justifier.
Quelques gestes simples peuvent aider :
- écouter sans chercher à obtenir une réponse ou une étiquette ;
- dire clairement que l'affection et le respect ne dépendent pas de ce qu'il confie ;
- lui demander ce qu'il souhaite garder privé et auprès de qui ;
- ne pas révéler son identité à d'autres personnes sans son accord, même avec de bonnes intentions.
L'orientation sexuelle et l'identité de genre sont deux aspects distincts de la personne. Un jeune peut aussi être en questionnement, changer les mots qu'il emploie pour se décrire ou ne pas vouloir en employer. Il n'a pas à arrêter une définition pour mériter d'être entendu.
La sécurité compte autant que le soulagement
Parler peut rapprocher un jeune de personnes qui le soutiennent. Mais la réaction de l'entourage n'est pas toujours prévisible, et les conséquences varient selon la situation. Une revue clinique souligne l'importance de l'acceptation ou du rejet familial pour le vécu et la santé des jeunes LGBT+. Un chapitre de synthèse publié par Cambridge University Press décrit lui aussi la révélation aux parents comme une décision complexe, dont les effets sur le bien-être et les relations peuvent différer. Une part importante des recherches porte sur les jeunes lesbiennes, gays et bisexuels cisgenres ; les connaissances sur les jeunes trans restent plus limitées.
Avant de parler à un adulte, un jeune peut réfléchir à quelques questions concrètes : cette personne est-elle susceptible de respecter sa confidentialité ? Existe-t-il un risque de violence, de mise à la porte ou de perte d'un soutien matériel ? Y a-t-il un autre adulte de confiance ou un lieu sûr vers lequel se tourner si la réaction est mauvaise ? Ces questions ne signifient pas qu'il faut renoncer à parler. Elles permettent de choisir le moment et les personnes en tenant compte de sa situation.
S'il ne se sent pas prêt à répondre, un jeune peut aussi dire simplement : "Je ne veux pas en parler maintenant" ou "Je préfère que tu ne le répètes pas". Il n'a pas à se dévoiler pour faire cesser les interrogations.
À l'école, la protection ne dépend pas d'un coming out
Un élève ne devrait pas avoir à révéler son identité pour demander de l'aide face à des insultes, au harcèlement ou à des violences. Le guide de la DILCRAH destiné aux établissements scolaires rappelle que l'école a une mission de protection et d'inclusion et qu'elle doit réagir aux agissements LGBT+phobes. Un jeune peut demander à parler à un adulte de confiance de ce qu'il subit sans donner plus d'informations sur lui-même qu'il ne le souhaite.
Pour les adolescents qui veulent s'informer ou échanger, SOS homophobie recommande C'est comme ça, un site destiné aux jeunes LGBTI+ qui propose notamment des informations, des témoignages et des ressources culturelles. L'association présente également LÉIA EST LÀ comme un dispositif d'information et de soutien anonyme, confidentiel et gratuit contre les LGBT+phobies et pour la prévention du comportement suicidaire. CONTACT accompagne les familles et les proches qui souhaitent mieux comprendre et accepter l'orientation sexuelle ou l'identité de genre d'un proche.
Le soutien le plus utile n'est pas de convaincre un jeune de parler. C'est de lui laisser le choix, de respecter sa confidentialité et de rester disponible, qu'il se confie aujourd'hui, plus tard ou jamais.