Si tu as grandi devant la télé française dans les années 90 ou 2000, le visage de Véronika Loubry ne t'est sûrement pas étranger. Pourtant, ne t'y trompe pas : celle qu'on voyait il y a vingt ans aux côtés des plus grandes stars n'a absolument pas pris la poussière. Loin de se contenter d'être une « ancienne gloire » de la télévision, elle a opéré un come-back fulgurant là où personne ne l'attendait forcément : sur Instagram. De la digne épouse de chanteur à l'influenceuse trash qui assume le filtre « chat à moustaches » jusqu'au bout, elle a su se réinventer avec un talent rare. Retour sur le parcours incroyable d'une femme qui a toujours une longueur d'avance, de ses débuts modestes en Loire-Atlantique jusqu'à son empire de business woman digitale.

Des racines populaires à l'ambition débordante
Avant d'être la Véro qu'on scrolle en story tous les soirs, celle qui nous fait rire avec ses autodérisions sans complexes, il y a une Véronika qui vient de très loin. Et on ne parle pas de distance en kilomètres, mais de milieu social. Née le 22 juin 1968 à Saint-Brevin-les-Pins, en Loire-Atlantique, elle ne baigne pas dans le champagne et le tapis rouge dès sa naissance.
C'est une enfance simple, qu'elle décrit souvent avec nostalgie, partagée entre le bord de mer et la ferme de ses grands-parents située à Vue, non loin de Nantes. Ce double décor, entre l'océan sauvage et la campagne rustique, a sans doute forgé ce caractère trempé qu'on lui connaît aujourd'hui. Ce n'est pas une « Parisienne » de souche, loin de là. Elle a grandi les pieds dans le sable ou dans la boue, et cette authenticité-là, on la sent encore aujourd'hui dans ses contenus. Elle ne joue pas à la princesse ; elle est tombée dedans, mais elle n'a jamais oublié d'où elle vient.
Une jeunesse loin des projecteurs
Ceux qui ne connaissent que l'iconique blonde platine des années 2000 seraient surpris de la voir à ses débuts. Son enfance est marquée par une certaine rusticité. La vie à la ferme familiale, ce n'est pas exactement les terrasses du Café de Flore. Elle apprend très tôt la valeur du travail et l'importance de se débrouiller seule. C'est cette groundedness, cette connexion au réel, qui lui permettra plus tard de ne jamais se prendre la grosse tête quand la célébrité frappera à sa porte. Contrairement à certaines « it girls » qui ont eu le cordon ombilical coupé dans un quartier huppé de la capitale, Véronika a du vécu. Et ça se sent dans sa manière de raconter les choses, sans filtre, comme si elle te parlait d'égal à égal.
Le rêve américain à la française
À l'âge de 20 ans, alors que beaucoup de ses amis s'orientent vers des petits boulots stables en province, Véronika prend une décision radicale : elle part pour le Sud. Destination Saint-Tropez, la capitale mondiale du bling-bling et de la jet-set. Là-bas, ce n'est pas la promenade de santé. Elle débute comme serveuse, un job qui, selon elle, est la meilleure école de la vie. Tu apprends à gérer les humeurs, à tenir le coup et surtout, à observer les riches de près.
Mais elle ne compte pas rester à servir des verres toute sa vie. Très vite, elle pivote vers la vente de maillots de bain, faisant la navette entre la Guadeloupe et la Côte d'Azur. C'est là que tout se joue. Elle comprend les codes de la séduction, de la mode et de l'image. Elle développe son sens du commerce et son style inimitable. Saint-Tropez dans les années 80 et 90, c'est l'eldorado des mannequins et des producteurs. Véronika, avec sa beauté solaire et son humour tranchant, sait se faire remarquer. Elle n'est pas juste une jolie fille, c'est une fille qui a de la répartie et qui veut monter. Elle va utiliser ces années comme un tremplin, apprenant à se vendre elle-même avant de vendre quoi que ce soit d'autre.
L'ascension sociale par l'amour et la mode
L'histoire de Véronika, c'est un peu celle d'une femme qui a su saisir les opportunités quand elles se présentaient, et pas seulement à l'écran. Sa première grande entrée dans le monde de la haute société, elle la doit à une rencontre décisive : celle avec Patrick Lumbroso.
Si le nom ne te dit rien, sache que c'est un poids lourd dans la mode. C'est l'homme derrière les enseignes Jennyfer et Naf Naf. En l'épousant, Véronika ne fait pas juste un beau mariage, elle accède à la cour des grands. C'est le passage clé de son ascension sociale : elle quitte les plages de Saint-Tropez pour les bureaux parisiens, les défilés et les dîners mondains.
Comprendre les codes du luxe
Cette période est formatrice car elle affine son goût pour le commerce et l'image de marque. Ce n'est plus juste vendre des bikinis sur une plage ; c'est comprendre la stratégie marketing derrière une marque qui habille toute une génération de filles. Elle observe, elle apprend, et elle se construit un réseau. Même si leur mariage ne dure pas, Véronika sort de cette relation transformée. Elle a désormais le carnet d'adresses, le style et l'assurance d'une femme qui a vu comment fonctionne le « vrai » monde des affaires. Elle intègre les codes de la mode parisienne sans perdre son accent ni sa spontanéité. C'est ce mélange de sophistication et de popularité qui deviendra sa marque de fabrique.
Le « Power Couple » des années 2000
Si Patrick Lumbroso lui a ouvert les portes du business, c'est Pascal Obispo qui va la faire aimer du grand public. Leur rencontre, c'est un peu le scénario d'une comédie romantique française des années 90, mais en version glamour absolue. Lui, le chanteur au sommet des charts, l'artiste tourmenté au succès immense ; elle, la blonde solaire, pétillante et pleine de vie. Le contraste fonctionne, l'alchimie explose.

Leur mariage en 2000 à Saint-Tropez, c'est l'événement people de l'année. Les magazines « Voici » et « Public » s'arrachent les photos, et Véronika devient, de fait, l'une des femmes les plus photographiées de France. Être « Madame Obispo », c'est être sous haute surveillance constante. Chaque tenue est analysée, chaque sourire est interprété. Mais Véronika ne se laisse pas marcher dessus. Elle ne joue pas le rôle de la femme silencieuse qui reste à l'ombre. Elle accompagne son mari, elle assume sa médiatité, et surtout, elle en profite pour construire sa propre carrière télévisuelle.
Le couple aura deux enfants, Sarah et Billy, qui deviendront plus tard des stars des réseaux sociaux à leur tour. C'est drôle de voir comment la notoriété se transmet dans cette famille.
Mais ne crois pas qu'elle s'est contentée d'être la jolie potiche au bras de la star du rock. Véronika, c'est avant tout une femme de télévision dans l'âme. Si le grand public l'a découverte aux premières loges des concerts, c'est sur le petit écran qu'elle va véritablement asseoir sa popularité. On est dans les années 90 et 2000, l'âge d'or des émissions de divertissement français. Véronika ne manque pas une occasion de planter son décor. Elle devient l'une des invitées récurrentes de « Les Enfants de la télé », l'émission culte d'Arthur. À cette époque, avoir sa place sur le canapé vert, c'est être validé par la cour des rois du PAF. Elle ne s'y rend pas pour être muette ; elle y va pour taquiner, pour rire, pour montrer qu'elle a de la répartie.
Elle enchaîne ensuite les chroniques et les apparitions, devenant ce qu'on appellerait aujourd'hui une « personnalité médiatique » polyvalente. Elle a ce grain de folie qui plaît aux producteurs : elle n'a pas sa langue dans sa poche. Elle participe à « Télématon »Sur la chaîne TF1, elle anime à la fois des émissions de divertissement et des chroniques mode. Elle est devenue un visage connu, évoquant l'amie qui vient partager le samedi soir à la maison. Toutefois, penser que tout lui est servi sur un plateau serait inexact. Véronika a cerné avec célérité les mécanismes du petit écran. Elle sait se préparer à la perfection et a conscience que l'apparence constitue la moitié de l'échange. De cette manière, elle érige son image de« fatale » blonde, toujours impeccable, mais avec ce côté décalé qui la rend moins inaccessible que les autres top models de l'époque. C'est cette capacité à être à la fois une star et une « copine » qui va lui servir plus tard, bien plus tard, sur les réseaux sociaux.
Le virage dramatique de 2008 : la liberté à tout prix
En 2008, le conte de fées prend fin abruptement. La séparation avec Pascal Obispo fait la « Une » de tous les magazines people. C'est le divorce médiatique de l'année. Il y a les rumeurs, les accusations, les photos de stars en larmes en première page de « Closer ». La plupart des célébrités à sa place auraient claqué la porte, demandé le droit à l'oubli ou sombré dans la dépression médiatique.
Pas Véronika. Là où d'autres se seraient cachées, elle porte la tête haute. Elle refuse de jouer le rôle de la victime abandonnée. Au contraire, elle utilise ce moment charnière pour se réapproprier son identité. Elle ne veut plus être « Madame Obispo », elle veut redevenir Véronika, la femme d'affaires, la mère, la meuf qui a de l'humour. C'est un Reset total. Elle en profite pour reprendre goût à sa vie sociale, à ses sorties, et surtout, pour se concentrer sur ses projets personnels. On la voit plus souvent, elle lâche du lest, elle s'affiche. C'est comme si elle sortait d'une cocon doré pour respirer l'air frais de la liberté. Et cette liberté, elle va l'investir à fond.
L'explosion Instagram : la reine du « Trash & Chic »
C'est ici que l'histoire bascule et que Véronika devient une légende moderne de la sphère digitale. Alors que la plupart de ses contemporaines de la télé des années 90 peinent à comprendre Facebook, Véronika, elle, s'approprie Instagram comme une jeune Gen Z de 20 ans. Mais elle ne fait pas comme les autres. Elle ne poste pas des photos parfaitement ciselées, retouchées à l'extrême, avec des légendes philosophiques sur la vie. Non, Véro, c'est le chaos organisé.
Son feed, c'est un mélange détonnant de photos de mode haute couture prises par des pros, et de selfies flous pris dans sa salle de bain à 6 heures du matin. C'est ce contraste fou qui accroche l'œil. Une minute elle est en robe de soirée sur un tapis rouge, la minute d'après elle porte un masque en tissu ridicule et fait une grimace. Elle a compris une chose essentielle : en 2024, les gens ne veulent plus de stars sur des piédestaux inaccessibles. Ils veulent du « relatable ». Ils veulent voir que la star a aussi un peau grise ou des cernes. Et Véronika leur en donne, des cernes. Elle se moque d'elle-même avant que les autres ne le fassent. C'est une autodérision frontale, désarmante.
L'art du filtre « Chat à moustaches » et l'humour décalé
Si tu suis Véronika, tu connais le rituel du matin. Oublie les photos « I woke up like this » de Beyoncé. Chez Véro, c'est plutôt « I woke up like a raccoon ». Elle a popularisé l'utilisation de ces filtres d'Instagram qui déforment le visage, te donnant un gros nez, des moustaches de chat ou des oreilles de lapin. Là où une influenceuse classique horreur l'idée de se montrer « moche », Véronika s'en tape complètement.
Elle utilise ces filtres pour raconter sa vie, sa journée, ses états d'âme. Résultat : on a l'impression qu'elle te parle en face à face, qu'elle est ta copine rigolote qui te raconte ses galères. C'est ce qui crée ce lien si fort avec sa communauté. Elle brise le quatrième mur de la célébrité. En assumant ce côté un peu « trash », elle se rend plus humaine, plus proche. Elle dit ce que les autres pensent mais n'osent pas dire. C'est direct, cru, et terriblement efficace. C'est une stratégie de communication géniale : en baisissant le niveau de « perfection », elle augmente exponentiellement son niveau d'engagement. Les gens commentent, rient, s'identifient. C'est le « Véro effect ».
Une business woman redoutable dans l'air du temps
Ne te laisse pas berner par les filtres moustaches et les vidéos drôles. Derrière ce masque de « fêteuse », se cache une cerveau de business. Véronika Loubry a transformé son compte Instagram en une machine à cash redoutable, et elle le fait avec une intelligence rare. Elle ne fait pas de la pub « bateau ». Ses partenariats sont intégrés à son style de vie. Qu'il s'agisse de marques de lingerie, de montres de luxe ou de compléments alimentaires, elle sait vendre sans avoir l'air de vendre.
Elle a compris la puissance de « l'expérience utilisateur ». Quand elle recommande un produit, c'est parce qu'elle l'utilise vraiment (ou parce qu'elle est une très bonne comédienne, ce qui revient au même). Elle joue sur la confiance qu'elle a établie avec ses abonnés. « Si Véro le dit, c'est que ça doit être bien ». C'est du marketing d'influence pur, mais élevé au rang d'art. Elle est devenue une prescriptrice incontournable pour la tranche d'âge 40-60 ans, mais aussi pour les plus jeunes qui adorent son énergie. Elle a prouvé qu'à plus de 50 ans, on peut être une influenceuse top tier, si on accepte de ne pas se prendre au sérieux.
La « Loubry Team » : une famille en or sur les réseaux
On ne peut pas parler du succès digital de Véronika sans parler de sa tribu. Car l'autre force de frappe de Véro, c'est qu'elle ne voyage jamais seule dans l'aventure Instagram. Ses enfants, Sarah et Billy, sont devenus des stars à part entière de la plateforme. Mais attention, il ne s'agit pas de parents « stage moms » qui exploitent leurs gosses. C'est une dynamique de groupe, une « team » où tout le monde a sa place.
Sarah, devenue une chanteuse pop promise à un bel avenir, et Billy, qui a lancé sa propre marque de vêtements « L'Art Sans Prescrit »…sont souvent mis en exergue par leur maman. Néanmoins, cette relation est à double sens. Ils ne se bornent pas à jouer les figurants dans les stories de Véro ; ils évoluent dans leurs propres univers, soutenus par une mère inconditionnelle. On la fréquente souvent à l'affût de son appareil pour filmer les spectacles de Sarah ou pour pérenniser le style de Billy. Elle a constitué une famille« clash » où l'entraide est le maître-mot. Les générations se mélangent, se choquent parfois, mais surtout se complètent. C'est une image moderne de la famille recomposée, loin du modèle traditionnel poussiéreux. Les followers adorent ces interactions, ces petites tensions fraternelles filmées en live qui rendent la famille Loubry tellement attachante.
La transparence totale : chirurgie et vieillissement assumés
Dans un monde où les stars nient avoir eu recours à la médecine esthétique jusqu'à ce qu'elles deviennent méconnaissables, Véronika Loubry applique une politique de transparence brutale. Elle assume avoir eu recours au Botox, aux fillers et autres retouches. Elle le dit, l'explique, et assume totalement le choix de vouloir rester jeune et belle le plus longtemps possible.

Elle en parle comme on parlerait d'un rendez-vous chez le coiffeur. « J'ai mes rendez-vous Botox, c'est comme ça. » Cette honnêteté désarçonne. Elle supprime le jugement. En assumant ses artifices, elle désamorce les critiques. Elle ne prétend pas vieillir naturellement au milieu de la nature ; elle vit dans le réel, elle a les moyens de s'offrir le meilleur, et elle le clame haut et fort. C'est ce côté « vieille femme richissime et un peu folle » qu'elle joue à la perfection, et qui la rend fascinante pour ses followers.