
À seulement vingt-neuf ans, Ludivine Reding affiche déjà un palmarès qui ferait pâlir d'envie bien des vétérans du métier. Née le 6 février 1997 à Montréal sous le nom complet de Vénutia-Ludivine Dubé Reding, la jeune femme porte en elle cette double identité qui la suivra tout au long de sa carrière : un prénom aussi original que mémorable, et un héritage artistique inscrit dans son ADN. Ce premier détail n'est pas anodin — dans un milieu où l'originalité est monnaie courante, sa mère a choisi un prénom qui sonne comme une promesse de distinction.

Les racines d'une vocation artistique précoce
Le parcours de Ludivine Reding ressemble à ces scénarios hollywoodiens où tout semble écrit d'avance, sauf que chez elle, rien n'est le fruit du hasard. De son enfance baignée dans les coulisses du spectacle à ses rôles marquants à la télévision québécoise, chaque étape s'enchaîne avec une logique implacable qui témoigne d'une vision claire de sa destinée. Ce qui frappe d'emblée, c'est cette précocité assumée qui la distingue des autres enfants stars de sa génération.
Une enfance bercée par les coulisses du spectacle
Dès ses premières années, Ludivine baigne dans un environnement où les discussions de table tournaient plus souvent autour des tournages, des doublages et des contrats que des banalités du quotidien. Grandir entre Laval et Montréal, deux pôles névralgiques de la culture québécoise, lui a offert un terrain de jeu idéal pour nourrir sa curiosité artistique. Sa famille élargie, installée en France, lui a également permis de tisser des liens précoces avec la francophonie d'outre-Atlantique — une ouverture qui se révélera stratégique dans ses ambitions internationales.
À un âge où la plupart des enfants s'essaient maladroitement à quelques activités périscolaires, elle a déjà compris que sa voie était tracée. Pas par obligation familiale, mais par une authentique passion transmise sans pression, comme un héritage qu'on accepte avec joie plutôt qu'un fardeau qu'on traîne malgré soi. Cette immersion précoce dans le monde du spectacle lui a permis de développer une aisance naturelle face aux caméras et une compréhension intuitive des codes du métier.
Le contraste saisissant d'une maturité précoce
Il y a quelque chose de fascinant à observer cette trajectoire : une jeune femme qui, avant même d'atteindre la trentaine, cumule plus de deux décennies d'expérience dans le milieu. Cette longueur d'avance, elle la doit à une immersion précoce mais jamais forcée. Contrairement à ces enfants stars poussées par des parents ambitieux, elle a su trouver son équilibre entre guidance familiale et volonté personnelle — un parallèle intéressant avec d'autres actrices francophones ayant grandi sous les projecteurs.
Le résultat se traduit par une carrière qui s'apparente à une longue marche tranquille vers la reconnaissance, plutôt qu'une ascension fulgurante suivie d'une chute tout aussi brutale. Cette maturité se manifeste également dans ses choix artistiques, toujours réfléchis et jamais précipités, comme si chaque rôle était une nouvelle pièce d'un puzzle soigneusement construit.
Un prénom prédestiné pour une vie sous les projecteurs
Vénutia-Ludivine. Ce prénom composé sonne comme une promesse d'unicité faite par ses parents dès le premier cri. Dans un milieu où se distinguer est une question de survie professionnelle, porter un nom qui ne s'oublie pas constitue déjà un atout stratégique. Sa mère, comédienne elle-même, a compris avant tout le monde que l'originalité commence à l'état civil.
Ce détail apparemment anecdotique révèle en réalité la profondeur de la réflexion familiale autour de la carrière future de l'enfant. Les Reding ne se contentent pas de transmettre leur passion — ils préparent activement le terrain pour que leur fille puisse s'épanouir dans un environnement compétitif. Ce prénom unique devient ainsi le premier acte de mise en scène d'une vie qui sera consacrée au spectacle.
Geneviève Dubé et Sébastien Reding : l'ADN artistique en héritage direct
Pour comprendre Ludivine Reding, il faut d'abord s'intéresser à ceux qui l'ont précédée sur les planches et derrière les micros. Geneviève Dubé, sa mère, n'est pas seulement comédienne — elle dirige également une boîte de gérance d'artistes, ce qui lui confère une double expertise, à la fois créative et stratégique. Côté paternel, Sébastien Reding apporte sa propre brique à l'édifice familial : comédien et directeur de plateau de doublage, il incarne cette technique de précision que requiert l'art de prêter sa voix à d'autres.
Une double culture comme fondation identitaire
Originaire de Belgique, le père de Ludivine introduit dans le foyer une touche européenne qui enrichit le bagage culturel de ses enfants. Cette dualité québécoise-belge n'est pas qu'une simple anecdote généalogique — elle façonne une sensibilité particulière, une ouverture aux différentes nuances de la francophonie. Pour une actrice dont les ambitions débordent largement des frontières du Québec, cette double appartenance constitue un atout inestimable.
La généalogie artistique ne s'arrête d'ailleurs pas aux parents. Godefroy Reding, le frère de Ludivine, a lui aussi choisi la voie de la comédie. Cette constellation familiale crée un écosystème unique où les discussions professionnelles se transforment naturellement en occasions d'apprentissage. Dans ce contexte, choisir le métier d'actrice n'est pas une rébellion ni une conformité — c'est simplement la continuation logique d'une tradition familiale réinventée par chaque génération.
Une mère gérante : le premier réseau de contacts
Le fait que Geneviève Dubé dirige une boîte de gérance d'artistes change considérablement la donne pour le développement de carrière de sa fille. Ludivine grandit avec une compréhension intime des réalités administratives et commerciales du métier, un avantage que peu de jeunes comédiens peuvent revendiquer. Les contrats, les négociations, les stratégies de positionnement — tout cela fait partie de son vocabulaire bien avant qu'elle ne signe son premier engagement professionnel.
Cette exposition précoce aux coulisses du show business explique en grande partie la maturité avec laquelle elle gère sa carrière. Elle connaît les pièges à éviter et les opportunités à saisir, ayant observé sa mère naviguer dans ces eaux parfois troubles depuis son enfance. C'est une formation informelle mais inestimable que peu de ses confrères et consœurs ont eu la chance de recevoir.
Un accompagnement bienveillant sans asphyxie
Ce qui distingue le parcours de Ludivine de celui de nombreuses enfants de comédiens, c'est l'équilibre subtil entre soutien et autonomie. Ses parents l'ont encouragée sans jamais la pousser, accompagnée sans jamais la diriger. Cette approche se lit dans la diversité de ses projets : du doublage à la télévision, du cinéma aux ambitions internationales, elle a su tracer sa propre route tout en puisant dans les ressources que son héritage lui offrait.
Cette liberté se manifeste dès ses premiers pas dans le métier. À neuf ans, elle commence à travailler dans le doublage et la postsynchronisation, devenant notamment la voix québécoise régulière de Chloë Grace Moretz. Elle prête également sa voix à Agnès dans la version québécoise des films Détestable moi 1 et 2. Ces expériences précoces derrière le micro forgent son oreille et sa technique, lui offrant une polyvalence rare chez les comédiennes de sa génération.
Premiers pas devant la caméra : le baptême du feu médiatique
L'histoire aurait pu s'arrêter aux conversations familiales et aux rêves d'enfant. Mais très tôt, Ludivine Reding fait ses premiers pas concrets dans l'univers médiatique. Ces expériences initiales, bien que modestes en apparence, posent les jalons d'une carrière promise à un bel avenir et révèlent une détermination précoce qui ne se démentira jamais.
À six ans déjà, face aux caméras de Marie-Mai
À seulement six ans, la petite Ludivine se retrouve projetée sous les projecteurs grâce à une apparition dans le vidéoclip d'« Encore une nuit » de Marie-Mai. Cette opportunité n'est pas le fruit du hasard ni d'un simple coup de chance — elle démontre l'ouverture des portes qu'offre son environnement familial. La fillette participe à un projet artistique d'envergure aux côtés d'une figure emblématique de la chanson québécoise, découvrant l'excitation des plateaux et le fonctionnement d'un tournage professionnel.
Cette expérience précoce plante les graines d'une vocation qui ne cessera de s'épanouir au fil des années. Marie-Mai, déjà une star incontournable de la scène québécoise, représente à ce moment-là un modèle vivant de réussite artistique. Partager l'écran avec elle, même brièvement, inscrit dans l'esprit de la jeune Ludivine une image concrète de ce à quoi elle peut aspirer. Ce n'est plus un rêve abstrait, mais une réalité tangible qu'elle a touchée du doigt.

Un coaching intensif avec Nancy Elms
En 2009, alors qu'elle n'a que douze ans, Ludivine bénéficie d'un programme de coaching en anglais dispensé par Nancy Elms, une formatrice réputée dans le milieu. Cette préparation méthodique démontre que, même à cet âge tendre, l'entourage de la jeune fille prend son développement artistique au sérieux. Il ne s'agit pas de gambader devant une caméra pour le plaisir, mais d'acquérir les bases d'un métier exigeant qui demandera polyvalence et adaptabilité.
Ce coaching en anglais révèle une vision à long terme de la part de ses parents. Ils comprennent que les frontières du Québec seront trop étroites pour les ambitions de leur fille, et que maîtriser la langue de Shakespeare constituera un avantage décisif dans sa quête d'une carrière internationale. Les actrices francophones ayant réussi à l'international prouvent que la maîtrise de l'anglais ouvre des portes indispensables.
L'apprentissage de la discipline de plateau
L'apparition dans le clip de Marie-Mai fonctionne comme un baptême du feu grandeur nature. Pour une enfant, se retrouver sur un plateau de tournage implique de respecter des horaires stricts, de suivre des directives précises et de maintenir son énergie devant des équipements intimidants. C'est une école de patience et de professionnalisme qui prépare le terrain pour les défis à venir.
Cette première exposition médiatique lui apprend également à gérer le regard des autres. Être reconnue dans la rue, subir les commentaires sur son apparence, naviguer entre admiration et critique — autant de réalités qu'elle découvre dès son plus jeune âge et qui forgeront sa résilience face à la notoriété. Le showbiz n'est pas que glamour : c'est aussi un univers exigeant qui demande une peau dure.
Du collège Notre-Dame aux États-Unis : une formation loin des sentiers battus
Le parcours éducatif de Ludivine Reding démontre une volonté manifeste de ne pas s'enfermer dans un moule unique. Adolescente, elle fréquente le collège Notre-Dame à Montréal, un établissement qui lui permet de mener de front études académiques et épanouissement personnel. C'est d'ailleurs dans ce cadre qu'elle excelle en badminton, prouvant que ses talents ne se limitent pas aux arts de la scène.
Championne de badminton : une discipline transférable
Cette pratique sportive intensive n'est pas qu'un simple loisir — elle inculque des valeurs de discipline, de persévérance et de gestion du stress qui se révéleront précieuses dans le monde impitoyable du spectacle. Le badminton, sport de rapidité et de précision, exige une concentration de chaque instant, qualité indispensable pour une comédienne appelée à enchaîner les prises sans perdre son fil émotionnel.
Au collège Notre-Dame, Ludivine ne se contente pas de briller sur les terrains de badminton. Elle tisse également des liens d'amitié durables avec des camarades qu'elle côtoie encore aujourd'hui. Cette stabilité sociale, dans un métier où les relations sont souvent éphémères, constitue un ancrage précieux qui la gardera enracinée dans la réalité québécoise malgré ses ambitions internationales.
Le camp Frenchwoods à New York : l'immersion américaine
Parallèlement à cette vie de collégienne active, Ludivine poursuit sa formation artistique avec une détermination remarquable. Elle se rend au camp Frenchwoods à New York pour y suivre un stage intensif sur les arts et le spectacle. Cette immersion dans un environnement anglophone et professionnel marque une étape décisive dans son développement personnel et artistique.
Le choix de New York n'est pas anodin. La ville qui ne dort jamais représente l'un des épicentres mondiaux de l'industrie du divertissement. S'y rendre adolescente, c'est accepter de sortir de sa zone de confort pour se confronter à des standards exigeants et à une concurrence redoutable. Cette expérience forge le caractère et nourrit des ambitions qui dépassent largement les frontières du Québec.
Un équilibre entre vie scolaire et passion artistique
Ce qui impressionne dans le parcours de Ludivine, c'est sa capacité à maintenir l'excellence sur plusieurs fronts simultanément. Trop de jeunes talents sacrifient leur éducation au profit de leur carrière, pour se retrouver démunis lorsque les rôles se raréfient. Elle a su éviter ce piège en cultivant ses talents sportifs et académiques parallèlement à ses projets artistiques.
Cette approche équilibrée témoigne d'une maturité exceptionnelle et probablement de l'influence de parents qui connaissent les aléas du métier. Ils lui ont transmis la conviction qu'une actrice épanouie est d'abord une personne épanouie, capable de s'intéresser à autre chose qu'au jeu d'acteur. Cette polyvalence se révèle aujourd'hui comme l'un de ses plus grands atouts.
Wolfe (2018) : Godefroy et la complicité fraternelle à l'écran
L'année 2018 marque un tournant dans la filmographie de Ludivine Reding avec sa participation au film Wolfe de Francis Bordeleau. Ce projet revêt une dimension particulièrement émotive puisqu'elle y partage l'affiche avec son frère Godefroy. Dans un beau coup de casting, les deux siblings incarnent à l'écran un frère et une sœur — faisant se rejoindre fiction et réalité dans une complicité naturelle qui transcende le simple jeu d'acteur.
Godefroy Reding : plus qu'un frère, un partenaire de jeu
Jouer avec un membre de sa famille présente des avantages uniques : une connaissance intime des réactions de l'autre, une confiance absolue et une authenticité difficile à reproduire avec un partenaire de jeu rencontré sur le plateau. Cette alchimie transparaît à l'écran, conférant aux scènes partagées une justesse émotionnelle qui touche profondément le spectateur.
Godefroy Reding, lui aussi comédien, comprend les exigences du métier et partage le même héritage culturel et artistique. Grandir ensemble dans le même milieu crée une alchimie naturelle impossible à simuler avec un inconnu. Cette complicité fraternelle devient un atout majeur pour le réalisateur Francis Bordeleau, qui peut s'appuyer sur une dynamique familiale authentique pour donner vie à son histoire.
Le film Wolfe de Francis Bordeleau : quand la fiction imite la réalité
Le réalisateur Francis Bordeleau a eu l'intuition géniale de caster les deux frère et sœur pour incarner... un frère et une sœur. Ce choix de casting permet à Ludivine de puiser dans sa propre histoire familiale pour servir le personnage, renforçant la crédibilité de sa performance. Les spectateurs ressentent cette authenticité, même s'ils ignorent le lien réel qui unit les deux comédiens.
Cette collaboration représente également une forme de consécration pour la famille Reding dans son ensemble. Trois générations d'artistes se croisent, s'influencent et se soutiennent, créant une dynastie du spectacle qui privilégie la qualité et l'authenticité sur le tapage médiatique. Wolfe devient ainsi bien plus qu'un simple film dans la filmographie de Ludivine — c'est une célébration discrète de l'héritage familial.
Une complicité qui traverse les âges
Au-delà de l'anecdote du tournage, cette expérience commune renforce les liens fraternels tout en ajoutant une ligne prestigieuse au cursus de chacun. Pour Ludivine, Wolfe s'inscrit dans une année charnière qui la voit également s'imposer dans le paysage télévisuel québécois grâce à Fugueuse. Son frère, de son côté, confirme sa place au sein du paysage artistique, prouvant que le talent familial n'est pas une légende urbaine mais une réalité tangible.
Cette capacité à jouer ensemble sans rivalité ni gêne témoigne d'une santé relationnelle remarquable. Là où d'autres frères et sœurs dans le même milieu pourraient développer des dynamiques de compétition malsaines, les Reding semblent avoir trouvé l'équilibre entre soutien mutuel et reconnaissance individuelle. Une leçon de famille qui mériterait d'être méditée.
Fugueuse et La Théorie du K.O. : la consécration télévisuelle
Si Ludivine Reding a accumulé les expériences depuis son plus jeune âge, c'est véritablement à la télévision qu'elle conquiert le cœur du grand public québécois. Des séries comme Tactik sur Télé-Québec et Marche à l'ombre sur Super Écran lui permettent de se faire les dents, mais c'est avec La Théorie du K.O., diffusée sur ICI Radio-Canada Télé, que le public la découvre véritablement.
Le rôle qui change tout : Fanny Couture
En 2018, Ludivine décroche le rôle principal de Fanny Couture dans la série Fugueuse diffusée sur TVA. Cette fiction audacieuse traite de la prostitution juvénile chez les jeunes filles — un sujet tabou que l'actrice aborde avec une maturité et une sensibilité remarquables. La série la fait connaître du grand public et marque un véritable tournant dans sa carrière, la propulsant du statut d'espoir à celui de star confirmée.
La performance de Ludivine ne passe pas inaperçue. La même année, elle reçoit sa première nomination aux Gémeaux ainsi qu'un premier prix Artis — des reconnaissances qui confirment que son talent dépasse largement le cercle des initiés. Ce rôle complexe lui permet de démontrer l'étendue de son registre, passant de l'adolescente insouciante à la jeune femme brisée par des épreuves innommables.
Une suite très attendue mais mitigée
En 2020, Ludivine reprend son personnage de Fanny Couture lors de la deuxième saison de Fugueuse. Cette suite, bien que bénéficiant de fortes audiences, reçoit un accueil critique plus mitigé. Peu importe — pour l'actrice, l'expérience confirme sa capacité à porter une série sur ses épaules et à maintenir un lien privilégié avec le public québécois qui s'est attaché à son personnage.
Parallèlement, elle continue d'explorer de nouveaux horizons. En 2019, elle participe à son premier court métrage en anglais, Fearfully and Wonderfully, tourné à Toronto. Cette incursion dans la production anglophone canadienne nourrit ses ambitions internationales et démontre sa volonté de ne pas s'enfermer dans le marché francophone.
Une reconnaissance critique méritée
Les prix et nominations reçus pour Fugueuse valident les années de travail silencieux accumulées depuis l'enfance. La nomination aux Gémeaux, en particulier, constitue une reconnaissance des pairs qui dépasse l'engouement populaire. Elle prouve que Ludivine Reding n'est pas seulement une actrice appréciée du public, mais aussi une artiste respectée par ses confrères et consœurs du milieu.
Cette double reconnaissance — populaire et critique — place l'actrice dans une position enviable pour la suite de sa carrière. Elle peut désormais choisir ses projets avec plus de discernement, sachant que son nom suffit à attirer l'attention des producteurs et des réalisateurs. Une place de choix qu'elle a su conquérir sans céder aux sirènes de la célébrité facile.
Antoine et la « Low-key Queen » : préserver sa vie privée à l'ère des réseaux
Dans un monde où les célébrités étalent leur intimité sur Instagram et TikTok, Ludivine Reding fait figure d'exception. La jeune actrice cultive une discrétion qui contraste singulièrement avec les codes de sa génération. En couple avec Antoine, un homme travaillant dans le domaine des finances, elle a fait le choix délibéré de séparer sa vie professionnelle de sa sphère privée.
Amour et finance : le couple formé par Ludivine et Antoine
Le choix d'un partenaire éloigné du monde du spectacle n'est probablement pas anodin. Après avoir grandi dans un environnement entièrement dédié aux arts, fréquenté des collègues qui sont aussi des amis et des membres de famille, s'entourer d'une personne ancrée dans une réalité différente apporte un équilibre salutaire. Antoine représente cette porte de sortie vers la normalité, ce rappel que l'univers du spectacle n'est qu'une facette de l'existence.
Cette relation illustre une maturité émotionnelle certaine. Plutôt que de chercher un partenaire qui comprendrait les exigences du métier parce qu'il les vit lui-même, Ludivine a privilégié la complémentarité. Résultat : une vie de couple préservée des compétitions professionnelles et des insécurités liées au statut de personnalité publique. Un choix réfléchi qui témoigne d'une sagesse précoce.
Pas de drama, pas de TikTok : une gestion de carrière hors norme
Les réseaux sociaux ont transformé les rapports entre stars et public. Aujourd'hui, une actrice qui ne partage pas chaque repas et chaque voyage sur Instagram semble presque suspecte. Pourtant, Ludivine Reding résiste à cette pression avec une élégance silencieuse. Elle apparaît dans les médias pour ses projets, accorde des interviews pour promouvoir ses œuvres, mais garde jalousement les clés de son jardin secret.
Cette stratégie porte ses fruits : en préservant un mystère autour de sa vie personnelle, elle maintient un intérêt authentique pour son travail plutôt que pour ses fréquentations ou ses tenues vestimentaires. Une approche « low-key » qui lui permet de traverser l'industrie sans s'y perdre et de rester maître de son propre récit médiatique. Dans le paysage québécois actuel, cette posture fait figure d'exception.
Un modèle de gestion de l'image à l'ère de l'oversharing
Dans une époque où le partage excessif est devenu la norme, la discrétion de Ludivine Reding apparaît presque révolutionnaire. Elle démontre qu'il est possible de construire une carrière médiatique sans sacrifier son intimité sur l'autel de l'engagement numérique. Les marques et les producteurs cherchent des personnalités authentiques — et quoi de plus authentique que quelqu'un qui refuse de jouer un rôle sur les réseaux sociaux ?
Cette approche pourrait bien inspirer une nouvelle génération d'artistes fatigués par l'obligation de constamment se mettre en scène. Ludivine prouve qu'on peut être célèbre sans être hyper-visible, qu'on peut réussir sans tout dévoiler. Une leçon de stratégie médiatique que beaucoup devraient méditer.
Des ambitions internationales bien ancrées
Malgré une carrière déjà bien remplie au Québec, Ludivine Reding ne cache pas ses ambitions au-delà des frontières de la Belle Province. Lors d'une interview, elle révèle son objectif de tenter une carrière internationale autant en France qu'aux États-Unis — un projet cohérent avec son parcours biculturel et sa formation new-yorkaise.
Une francophonie comme tremplin naturel
Sa famille élargie installée en France, ses racines belges par son père et son parcours québécois constituent un réseau de connexions naturelles dans l'espace francophone international. Le marché français, en particulier, représente une opportunité majeure pour les comédiens québécois qui cherchent à élargir leur audience et à se confronter à d'autres traditions de jeu.
Cette volonté d'ouverture s'inscrit également dans une tradition québécoise de conquête des marchés internationaux. De nombreuses comédiennes avant elle ont réussi à mener de front des carrières des deux côtés de l'Atlantique, prouvant que le talent québécois a sa place sur les scènes mondiales. Ludivine possède tous les atouts pour suivre cette voie avec succès.
L'appel d'Hollywood et le défi anglophone
Côté américain, le défi est d'une autre nature. La concurrence y est féroce et les opportunités pour les actrices francophones plus rares. Néanmoins, la formation reçue au camp Frenchwoods à New York et son expérience en doublage — où elle maîtrise l'art de jouer avec sa voix — constituent des atouts précieux pour qui veut percer dans l'industrie anglophone.
Son court métrage anglais Fearfully and Wonderfully, tourné à Toronto en 2019, représente un premier pas concret vers cette ambition. L'industrie canadienne-anglaise peut servir de passerelle vers les productions américaines, permettant aux talents émergents de se faire remarquer par les décideurs hollywoodiens. Une stratégie pragmatique qui maximise les chances de succès.
Une stratégie internationale réfléchie
Contrairement à certains artistes qui se lancent à l'aveuglette sur les marchés étrangers, Ludivine semble avoir une stratégie cohérente. Elle commence par le Canada anglais avant de viser les États-Unis, utilise ses connexions francophones pour aborder le marché européen, et multiplie les expériences dans différentes langues pour démontrer sa polyvalence.
Cette approche méthodique témoigne de l'influence de sa mère, gérante d'artistes, qui lui a probablement transmis les bases d'une gestion de carrière intelligente. Plutôt que de courir après la gloire immédiate, Ludivine construit patiemment les fondations d'une carrière internationale durable. La patience et la stratégie : deux qualités qui manquent cruellement à beaucoup de jeunes pousses du milieu.
Conclusion
Le parcours de Ludivine Reding offre un contrepoint rafraîchissant aux trajectoires chaotiques de nombreuses « nepo babies » — ces enfants de stars dont les carrières s'effondrent sous le poids des attentes et des privilèges mal gérés. Née dans une famille où l'art est une langue maternelle, elle a transformé cet héritage en tremplin plutôt qu'en béquille, démontrant que les avantages de naissance ne remplacent pas le travail et la détermination.
Son histoire démontre qu'un accès facilité au milieu ne garantit pas la réussite — il faut encore le talent, la discipline et la persévérance pour s'y maintenir. De ses premières minutes devant la caméra à six ans dans le clip de Marie-Mai jusqu'aux rôles complexes qui ont marqué le paysage télévisuel québécois, elle a bâti une carrière sur des fondations solides, sans jamais s'appuyer exclusivement sur son nom. La reconnaissance critique et populaire qu'elle a obtenue n'est donc pas un hasard, mais le fruit d'un travail acharné commencé dès l'enfance.
À l'heure où elle approche de la trentaine, Ludivine Reding incarne une voie médiane inspirante : honorer ses racines tout en traçant son propre sillon, embrasser sa notoriété sans s'y laisser enfermer, cultiver l'ambition internationale sans sacrifier l'authenticité. Une leçon de maîtrise pour toutes celles et tous ceux qui héritent d'un patronyme connu — le privilège n'est une malédiction que pour ceux qui refusent de travailler. L'avenir dira si elle parviendra à conquérir les marchés internationaux qu'elle vise, mais une chose est certaine : Ludivine Reding a déjà prouvé qu'elle possédait tous les atouts pour y parvenir.