L'histoire du mannequinat français porte des cicatrices profondes, et aucune n'est plus sombre que celle laissée par Jean-Luc Brunel. Figure centrale de la mode parisienne dans les années 1980 et 1990, cet agent de talent reconnu a vu sa carrière s'effondrer sous le poids d'accusations aussi graves que récurrentes. Proxénétisme, agressions sexuelles et trafic de mineures : les charges à son encontre ont fini par le rattacher inextricablement au dossier sulfureux de Jeffrey Epstein. Retrouvé mort dans sa cellule en 2022, il a emporté nombre de ses secrets dans la tombe, laissant derrière lui un flot de victimes en quête de vérité et de justice.
Les débuts dans le monde du luxe

Né le 18 septembre 1946 à Neuilly-sur-Seine, Jean-Luc Brunel ne vient pas d'un milieu modeste. Il débute sa carrière professionnelle dans les années 1970, une époque dorée pour l'industrie du loisir et du voyage en France. Attaché de presse chez Air Tour, une filiale du célèbre voyagiste Jet Tours, il acquiert rapidement une première expérience dans la gestion de l'image et des relations publiques. Ce poste lui permet de naviguer dans des milieux aisés et fréquentables, tissant des liens qui se révéleront précieux pour la suite de son ascension.
Cependant, c'est le secteur de la mode qui exerce sur lui une fascination irrésistible. Il rejoint l'agence Karin Models à Paris, où il ne tarde pas à se faire remarquer. On le surnomme bientôt le « découvreur français de mannequins », une étiquette flatteuse qui masque parfois des méthodes controversées. Dès 1978, il prend la direction de l'agence, affirmant son emprise sur un secteur ultra-concurrentiel. Son œil pour repérer le potentiel est indéniable, mais son approche des jeunes femmes qui rêvent de gloire laisse déjà présager des dérives dangereuses.

Le lien avec Claude François
Durant cette période florissante, Jean-Luc Brunel fréquente des cercles très fermés de la nuit parisienne. Il met notamment en relation de nombreuses jeunes filles avec Claude François, le chanteur populaire de l'époque. Ce dernier dirigeait des séances photos pour le magazine de charme Absolu, qu'il avait fondé. Ce partenariat illustre la facilité avec laquelle Brunel circulait entre le monde du spectacle et celui de la photographie érotique, utilisant son carnet d'adresses pour acheminer des mannequins vers des projets qui n'avaient parfois rien de conventionnel.
Cette proximité avec les puissants de l'époque n'est pas anecdotique. Elle forge le réseau de l'agent, lui offrant une protection et une aura d'invincibilité. Alors que Luc Besson et d'autres commencent à façonner le paysage culturel français, Brunel, de son côté, bâtit un empire personnel fondé sur l'image de la jeunesse et de la beauté, sans se soucier des limites éthiques.

La découverte de futures stars
Il est impossible de nier l'impact professionnel qu'a eu Jean-Luc Brunel sur l'industrie. Il est considéré comme un découvreur de talent, ayant recruté des mannequins qui deviendront des icônes mondiales. Parmi ses trouvailles, on compte des noms prestigieux comme Christy Turlington, Sharon Stone ou encore Milla Jovovich. Ces succès ont longtemps servi de paravent, lui conférant une crédibilité inébranlable aux yeux de ses pairs et du public.
Pourtant, derrière ces réussites éclatantes, une réalité plus sombre se dessinait déjà. La pression exercée sur ces jeunes femmes, souvent mineures et loin de leur famille, était immense. Brunel savait instrumentaliser leurs rêves de carrière pour les placer dans des situations de vulnérabilité, inaugurant une dynamique abusive qui ne ferait que s'aggraver avec le temps et l'expansion de ses activités internationales.
L'ascension et la création de Next Management
À la fin des années 1980, l'ambition de Jean-Luc Brunel dépasse les frontières de l'Hexagone. En 1988, il fonde la Next Management Corporation avec son frère, Arnaud Brunel. L'année suivante, ils s'associent à Faith Kates pour créer Next Management Company. Cette nouvelle structure bouleverse le paysage du mannequinat international. Les frères Brunel détiennent 25 % de la société, et Jean-Luc impose sa marque de fabrique : une recherche effrénée de nouveaux visages combinée à une expansion géographique agressive.
L'agence se positionne rapidement comme un acteur incontournable, capable de rivaliser avec les géants historiques du secteur. Cependant, la collaboration entre les associés est tumultueuse. En avril 1996, Jean-Luc Brunel quitte la société de manière brutale, emmenant avec lui une partie des mannequins du bureau de Miami. Ce départ déclenche une bataille juridique, Next Management Company intentant un procès contre les frères Brunel pour pratiques déloyales.

La stratégie d'indépendance
Entre-temps, Jean-Luc Brunel ne reste pas inactif. En 1995, il avait déjà fondé Karin Models of America, tentant de décliner son succès parisien outre-Atlantique. Karin est alors liée à la toute-puissante agence Ford, ce qui lui confère une légitimité immédiate sur le marché américain. Cette stratégie d'indépendance lui permet de contourner les conflits l'opposant à ses anciens associés européens et de consolider sa position aux États-Unis, là où l'argent et les opportunités sont les plus abondants.
Cette période marque un tournant dans la gestion de ses affaires. Moins encadré par ses partenaires historiques, et s'éloignant de son frère Arnaud ainsi que d'Étienne des Roys, ses soutiens traditionnels, Brunel se met en quête de nouvelles sources de financement. C'est à ce moment précis que son chemin croise celui d'un milliardaire américain dont le nom deviendra synonyme de scandale planétaire : Jeffrey Epstein.
Des premières accusations médiatiques
Malgré sa réussite apparente, l'ombre des accusations commence à planer sur la carrière de l'agent. Dès la fin des années 1990, des voix s'élèvent pour dénoncer ses agissements. Il est mis en cause, avec Claude Haddad, dans l'émission américaine 60 Minutes, suite à des témoignages accablants concernant l'usage de drogues et des viols au sein de son agence. La médiatisation de ces faits marque le début de la chute pour celui qui était, jusqu'alors, intouchable.
Quelque temps après, l'émission MacIntyre Undercover de la BBC, menée par le journaliste Donal MacIntyre, apporte de nouvelles révélations dévastatrices. Face à la tempête médiatique, Brunel est contraint de quitter la direction de son agence européenne en 1999. Ces scandales, bien que graves, ne suffisent pas à l'envoyer devant les tribunaux à cette époque, mais ils l'obligent à un exil forcé vers les États-Unis au début des années 2000, laissant derrière lui une réputation en ruine.
L'ère MC2 et l'alliance avec Jeffrey Epstein
L'arrivée de Jean-Luc Brunel aux États-Unis sonne le début d'une nouvelle ère, plus obscure encore. Ne pouvant plus utiliser le nom de Karin Model à cause de ses déboires judiciaires et de la rupture avec ses anciens partenaires, il rebaptise son agence américaine MC2 Model Management. Ce nom n'est pas choisi au hasard : il fait référence à l'équation célèbre d'Albert Einstein, E = mc², symbolisant une certaine forme d'intelligence et de puissance.
Pour financer cette nouvelle structure, Brunel se tourne vers Jeffrey Epstein. Les deux hommes sont mis en contact par Ghislaine Maxwell, une socialeite que l'agent français connaît depuis les années 1980. Le lien est immédiatement scellé par des intérêts communs. Epstein finance l'agence de Brunel à hauteur d'un million de dollars, un investissement massif qui laisse penser que les objectifs du milliardaire dépassaient largement la simple rentabilité commerciale d'une agence de mannequins.

Un réseau international tentaculaire
Avec l'argent d'Epstein, MC2 Model Management prospère et étend son réseau à l'international. L'agence ouvre des bureaux stratégiques à New York, Miami et Tel Aviv. Elle travaille avec des détaillants prestigieux comme Nordstrom, Macy's, Saks Fifth Avenue, Neiman Marcus ou encore J.C. Penney. En apparence, tout est légitime et professionnel. Mais sous cette façade respectable, l'agence sert de couverture à un système de recrutement morbide.
Jean-Luc Brunel devient l'un des principaux « rabatteurs » de Jeffrey Epstein. Son rôle consiste à fournir au milliardaire américain un flux constant de jeunes filles, mineures ou majeures. Il utilise le prestige de l'agence et l'appât de contrats lucratifs pour approcher des candidates souvent sans ressources, ne parlant pas anglais et facilement manipulables. Une fois sous son emprise, ces jeunes femmes sont envoyées dans les résidences d'Epstein, à travers le monde, pour satisfaire les désirs déviants de son réseau d'hommes puissants et fortunés.
La mécanique de l'exploitation
Le mode opératoire décrit par de nombreuses victimes suit un schéma terrifiant de prédation. Brunel fait miroiter une carrière internationale à des jeunes femmes désireuses de percer. Il s'engage à leur offrir un toit, un visa et une protection administrative. Mais une fois qu'elles tombent dans son filet, la réalité change radicalement. Loin de la gloire promise, elles se retrouvent isolées, dépendantes financièrement de leur agent, et exposées à des abus sexuels systématiques.
Cette relation de domination est renforcée par l'omniprésence de Ghislaine Maxwell, qui agit comme la courtière et la gestionnaire de ce réseau criminel. Ensemble, Brunel et Maxwell organisent le transit de ces victimes entre Paris, New York, Palm Beach ou encore la petite île privée d'Epstein dans les Caraïbes. MC2 n'est plus une simple agence de casting, elle devient l'instrument d'une traque transatlantique d'êtres humains, justifiant ainsi l'expression de « French Connection » souvent utilisée pour qualifier le rôle de Brunel dans l'affaire Epstein.
Le système de prédation et les témoignages
Le fonctionnement du système mis en place par Jean-Luc Brunel repose sur une manipulation psychologique raffinée. De nombreuses victimes racontent avoir été abordées dans la rue ou par des recruteurs secondaires, séduites par la perspective d'une vie de rêve. Une fois entrées dans le cercle, la pression devient incessante. Les soirées mondaines, les déplacements en jet privé et les rencontres avec des célébrités servent d'appâts pour désamorcer toute méfiance.
Cependant, la réalité des faits qui se déroulent dans ces lieux clos est effroyable. Les récits concordent sur l'existence d'orgies impliquant de nombreux hommes âgés et fortunés, en présence de Jeffrey Epstein et de Jean-Luc Brunel. À Paris, les enquêteurs ont tenté de faire la lumière sur ces rassemblements, mais la complexité du réseau et la loi du silence ont longtemps rendu les investigations difficiles. L'omerta qui règne au sein de cette élite protège les abuseurs et laisse les victimes dans un sentiment d'impuissance total.
L'usage de la soumission chimique
Un élément particulièrement insidieux ressort des témoignages recueillis ces dernières années : l'usage systématique de la soumission chimique. Me Anne-Claire Lejeune, avocate de plusieurs victimes, a expliqué face aux médias que le mode opératoire de Brunel présentait des similitudes troublantes. L'agent invitait ses victimes à boire un verre, généralement un cocktail, qui provoquait immédiatement des trous de mémoire et une perte de conscience.
Les femmes se réveillent plusieurs heures plus tard, souvent dans le lit de Jean-Luc Brunel, pour découvrir qu'elles ont été agressées pendant leur inconscience. Cette méthode, visant à anesthésier la volonté de la victime, permettait à Brunel d'agir sans confrontation physique immédiate et de nier ensuite les faits en prétextant un consentement ou un excès d'alcool. Ce procédé, dénoncé par des femmes qui ne se connaissent pas mais qui racontent le même cauchemar, étend l'ampleur des préjudices bien au-delà de simples agressions sexuelles, touchant à l'intégrité même de la conscience des victimes.
Le cas d'Annemarie et le château de Normandie
Parmi les témoignages les plus poignants, celui d'Annemarie, une Néerlandaise de 20 ans en 1979, illustre la cruauté précoce de Brunel. Venue à Paris pour étudier l'histoire de l'art à la Sorbonne, elle est recueillie par Gérald Marie, une autre figure du mannequinat, qui l'oriente vers Jean-Luc Brunel pour des tests photos. Séduite par cette opportunité, elle accepte une invitation pour un week-end au château de Gaillefontaine en Normandie, une propriété du marquis Étienne des Roys d'Eschandelys, associé de Brunel.
La nuit venue, le rêve se transforme en cauchemar. Annemarie raconte comment Brunel a utilisé un passage secret traversant un placard entre deux chambres pour la rejoindre et la violer. Ce récit, qui semble sorti d'un film d'épouvante, met en lumière l'organisation logistique mise en place par Brunel et ses complices pour isoler et piéger leurs victimes dans des lieux imprenables. Ce témoignage, sorti du silence des années plus tard, contribue à briser le mur de honte qui entourait ces agressions.
L'impasse judiciaire et la mort suspecte
Après des années de cavale et de déni, la justice finit par rattraper Jean-Luc Brunel. En 2020, il est mis en examen pour agressions sexuelles sur mineures et incarcéré à la prison de la Santé, à Paris. Son procès aurait pu permettre de faire la lumière sur des décennies d'abus et de démanteler la partie française du réseau d'Epstein. Pour les victimes, son incarcération représente une première victoire, l'espoir que leur calvaire soit enfin reconnu officiellement.
Pourtant, le procès n'aura jamais lieu. Le 19 février 2022, Jean-Luc Brunel est retrouvé mort dans sa cellule du 14e arrondissement de Paris. Les circonstances de son décès pointent vers un suicide par pendaison. Cette mort brutale intervient dans un contexte hautement sensible, rappelant étrangement celle de Jeffrey Epstein lui-même, retrouvé mort dans sa cellule américaine en 2019. L'enquête de police conclut à un suicide apparent, closant prématurément le chapitre pénal sans que la vérité ne soit entièrement établie publiquement.

Les révélations sur une possible trahison
Cette mort opportune éveille d'autant plus de suspicions que des informations émergent par la suite sur les intentions de Brunel quelques années plus tôt. Des documents publiés ultérieurement révèlent qu'en 2016, Jean-Luc Brunel était sur le point de briser le silence. Selon le Wall Street Journal, il négociait secrètement avec les avocats des victimes d'Epstein et était prêt à livrer aux procureurs américains ce qu'il savait sur le réseau de trafic sexuel.
Des notes manuscrites d'une procureure fédérale datant de février 2016 indiquent que Brunel voulait coopérer, avouant qu'il avait aidé à obtenir des filles pour le milliardaire. En échange de son témoignage, il espérait probablement une immunité ou une réduction de peine. Cependant, Jeffrey Epstein a eu vent de ces tractations. Dans un courriel à son avocate Kathy Ruemmler, il mentionne que l'un des amis de Brunel avait demandé trois millions de dollars pour que l'agent ne parle pas. Il n'est pas certain que cet argent ait été versé, mais Brunel s'est tu, et Epstein est resté libre trois années supplémentaires.
L'impact dévastateur sur les victimes
La mort de Jean-Luc Brunel a été perçue comme un double coup pour les victimes. D'une part, elles sont privées de la confrontation judiciaire, du moment où l'accusé aurait dû répondre de ses actes devant la cour. D'autre part, l'effondrement du procès pénal empêche l'émergence de la vérité publique sur l'étendue du réseau et ses complices potentiels. Cette impression d'impunité renforce le sentiment de colère et d'injustice chez celles qui ont survécu à ce calvaire.
Pourtant, la résilience des victimes ne faiblit pas. Si la voie pénale semble barrée par la mort de l'agresseur, d'autres voies s'ouvrent. L'expression médiatique et la reconnaissance de leur préjudice deviennent des enjeux majeurs. Le combat change de nature : il ne s'agit plus seulement de punir un homme, mais de déconstruire le système qui l'a protégé et d'obtenir réparation pour les souffrances endurées. Les avocates et avocats qui accompagnent ces femmes continuent de se battre pour que la lumière soit faite sur l'ensemble du réseau.
La demande de justice des victimes
Face à l'impasse pénale créée par la mort de Jean-Luc Brunel, les victimes ont choisi de ne pas renoncer. Leur combat s'est orienté vers d'autres voies juridiques, notamment l'action civile qui permet de faire reconnaître leur préjudice et d'obtenir une forme de réparation. Cette stratégie reflète une détermination inébranlable à ne pas laisser les crimes impunis, même lorsque leur auteur principal n'est plus là pour répondre de ses actes.
Les témoignages qui continuent d'émerger montrent l'ampleur des séquelles laissées par ces années d'abus. Les victimes, souvent rencontrées lorsqu'elles étaient très jeunes et vulnérables, portent le poids de traumatismes qui ont façonné leurs vies entières. Pour beaucoup, la reconnaissance officielle de ce qu'elles ont subi constitue une étape essentielle de leur reconstruction personnelle.
L'action civile contre les héritiers
Une procédure civile inédite s'est ouverte devant le tribunal judiciaire de Paris. Deux anciennes mannequins, victimes présumées de Jean-Luc Brunel, ont engagé une action contre ses héritiers : un neveu et deux nièces. L'objectif est d'obtenir la reconnaissance du préjudice subi et une indemnisation financière. Cette démarche représente un espoir concret pour les victimes qui cherchent à faire valoir leurs droits.
Les avocats des victimes plaident sur le fait que le délai de prescription pour les actions civiles ne démarre que le jour où la victime est considérée comme « consolidée », c'est-ailleurs dire guérie de ses traumatismes. Étant donné la gravité des séquelles psychologiques, ce jour est souvent très lointain, offrant une fenêtre d'action légale pour faire valoir leurs droits. Cette interprétation juridique permet aux victimes de contourner l'obstacle de la prescription qui bloque souvent les affaires d'agressions sexuelles anciennes.
La nécessité de reconnaissance
Au-delà de l'aspect financier, ces démarches judiciaires répondent à un besoin profond de reconnaissance. Les victimes ont longtemps été réduites au silence par la honte, la peur des représailles ou le sentiment que leur parole ne serait pas crue. L'action civile leur offre une plateforme pour faire entendre leur version des faits et obtenir une validation officielle de leur souffrance.
Cette quête de vérité prend également une dimension collective. En brisant le silence, ces femmes ouvrent la voie à d'autres victimes potentielles qui n'ont pas encore osé parler. Leur courage contribue à transformer une histoire individuelle de traumatisme en un combat collectif pour la justice et la dignité. Le message est clair : personne ne devrait rester impuni pour de tels crimes, quel que soit son statut social ou ses connexions politiques.
Conclusion
Le parcours de Jean-Luc Brunel reste une tache indélébile sur l'histoire du mannequinat et de la société française. De son ascension fulgurante en tant que découvreur de talents à sa chute dans les bas-fonds du proxénétisme international, son parcours illustre les dérives possibles lorsqu'un pouvoir sans limites est laissé entre les mains d'individus prédateurs. Sa mort en prison n'a pas éteint les débats ; au contraire, elle a alimenté les soupçons et renforcé la détermination des victimes.
Aujourd'hui, les actions civiles en cours et les efforts persistants des victimes montrent que, même après la mort de l'accusé, la quête de justice et de dignité continue. L'affaire Brunel n'est pas seulement l'histoire d'un homme, c'est celle d'un système de complicités silencieuses que la lumière commence enfin à percer. Les jeunes femmes qui ont survécu à ce réseau portent désormais la responsabilité de faire éclater la vérité pour celles qui n'ont pas pu le faire. Leur combat, loin d'être terminé, inspire d'autres victimes à travers le monde à briser le silence et à exiger que justice soit rendue, quelle que soit la puissance de leurs agresseurs.