Alan Carr n'a jamais été aussi chaud. Depuis sa victoire surprise dans la première saison de Celebrity Traitors UK fin 2025, le comédien britannique de 49 ans vit un véritable second souffle médiatique. Les annonces de nouveaux projets s'enchaînent à un rythme effréné, au point que même la BBC — diffuseur historique de l'émission qui l'a relancé — peine à obtenir ses services. Disney+, Netflix, Prime Video : tous veulent leur dose de Carr. Mais au-delà du buzz, que cache vraiment ce comeback fracassant ? Et pourquoi ce humoriste au style camp, connu en France surtout via YouTube et Netflix, intéresse-t-il autant les géants du streaming en 2026 ?

Le phénomène Celebrity Traitors : un game-changer pour Alan Carr
Une victoire que personne n'avait vue venir
Quand Alan Carr a posé le pied dans le château écossais de Ardross Castle pour participer à la première saison celebrity de Traitors, rares étaient ceux qui misaient sur lui. Certes, le comédien était une figure familière du paysage télévisuel britannique depuis vingt ans. Mais à l'approche de la cinquantaine, beaucoup le voyaient comme une valeur sûre du passé plutôt que comme un concurrent sérieux dans un jeu de manipulation et de trahison.
Pourtant, contre toute attente, Alan s'est révélé être un Traiteur redoutable. Son humour auto-dérisoire, son apparente bonhomie et son talent pour jouer les personnages l'ont aidé à berner ses adversaires jusqu'à la toute fin. Il a raflé la mise avec 87 500 livres sterling, reversées à l'association Neuroblastoma UK, prouvant au passage qu'il restait un fin tacticien sous ses airs de bouffon attachant.

L'impact viral sur les réseaux sociaux
Ce qui a véritablement transformé cette victoire en phénomène culturel, c'est l'explosion de popularité sur les plateformes sociales. Les extraits de ses moments les plus marquants ont inondé TikTok et Twitter/X, où la Gen Z britannique — et accessoirement internationale — a découvert ce comédien à l'humour piquant et au charme rétro.
Pour les plus jeunes viewers, Alan Carr est soudain devenu ce « national treasure » dont parlaient les critiques, une sorte d'oncle rigolo qui balance des punchlines acérées avec un sourire de chat de Cheshire. Sa capacité à mêler l'absurde et l'émotionnel a trouvé un écho particulier auprès d'une génération qui apprécie l'authenticité autant que la performance.
La vidéo ci-dessus compile certains de ses moments les plus emblématiques dans l'émission, illustration parfaite de ce mélange de candeur feinte et de stratégies machiavéliques qui a conquis le public.
Castle Man : Le projet fou avec Disney+
Un concept entre Clarkson's Farm et Downton Abbey
Le premier grand projet officiel post-Traitors annoncé est sans doute le plus ambitieux : une série documentaire pour Disney+ intitulée Castle Man (titre provisoire). Le concept ? Suivre Alan Carr dans sa quête pour acheter et gérer son propre château historique en Écosse. Pas une simple visite touristique, mais une véritable aventure immobilière et humaine.
La production est assurée par Expectation, la société derrière le phénomène Clarkson's Farm sur Prime Video et la sitcom BBC Alma's Not Normal. Le parallèle avec l'émission de Jeremy Clarkson est évident : un personnage connu qui se lance dans un projet improbable, avec tous les imprévus et les moments de grâce que cela implique. Sauf qu'ici, il ne s'agit pas d'une ferme dans les Cotswolds, mais d'une demeure médiévale avec des tourelles et des douves.
Une crise de la quarantaine version reine
Alan Carr lui-même a défini ce projet comme sa façon personnelle de gérer sa crise de la cinquantaine. Dans un communiqué accompagnant l'annonce, il a déclaré : « Certains hommes, quand ils font une crise de la quarantaine, s'achètent une Lamborghini ou se laissent pousser une queue de cheval. Moi ? Je veux mon propre château. »
Cette déclaration résume parfaitement l'esprit de l'entreprise. Alan ne cherche pas simplement un bien immobilier ; il poursuit un rêve d'enfance, une fascination pour « l'histoire et le romantisme des demeures seigneuriales » qui le suit depuis ses jeunes années à Northampton. Et ce n'est pas un hasard s'il mentionne son séjour dans le château des Traitors comme déclencheur de cette décision.
Pour les fans français qui suivent son projet de château et son ère des tourelles, ce nouveau chapitre s'annonce comme une aventure télévisuelle mêlant humour, émotion et découverte du patrimoine écossais.
Le vote de confiance de Disney
Sean Doyle, vice-président des programmes non-scriptés pour Disney+ EMEA, n'a pas ménagé ses éloges : « Alan est l'un de ces talents rares qui apportent une chaleur instantanée, de l'esprit et de l'originalité à tout ce qu'il touche. » Une description qui confirme que le géant du streaming voit en lui bien plus qu'une simple tête d'affiche ponctuelle.
Le tournage a débuté en Écosse le 22 janvier 2026, et la promesse est claire : « Attendez-vous à voir Alan en territoire inconnu, avec la même énergie délirante que vous connaissez et aimez. » De quoi faire saliver les amateurs de contenus hybrides entre documentaire, comédie et voyage dans le temps.
The F**k It List : La road trip déjantée sur Prime Video
Un road trip entre comédiens pour une liste de défis
Alors que l'attention était tournée vers Disney, une autre annonce a confirmé l'appétit des plateformes pour Alan Carr. Prime Video a en effet révélé avoir signé avec le comédien pour une série intitulée The Fk It List — littéralement « la liste des f* le reste ». Le concept : une road trip en bonne compagnie pour cocher des expériences du type « à faire avant de mourir ».
Alan sera entouré de Jack Dee, Tom Allen et Joanne McNally, autres figures de la comédie britannique et irlandaise. Ensemble, ils parcourront l'Islande, les îles Canaries, ainsi que diverses destinations en Angleterre et en Écosse. Quatre épisodes de défis loufoques, de rires et probablement de moments de complicité entre amis de longue date.
Pourquoi la BBC regrette déjà
Ce qui rend cette annonce particulièrement savoureuse, c'est le contexte. Selon plusieurs sources proches du dossier, la BBC espérait bien récupérer Alan Carr après son triomphe sur Celebrity Traitors. L'émission est produite par Studio Lambert pour la chaîne publique britannique, et logiquement, les dirigeants comptaient sur une forme de fidélité.
Mais Alan a joué carte sur table avec les streamers. Une source anonyme citée par The Sun a résumé la situation : « Cette série d'opportunités tombe à pic pour l'animateur, d'autant que les pronostics l'envoyaient plutôt retourner du côté de la BBC une fois l'émission Celebrity Traitors terminée. Personne n'avait cependant anticipé l'engouement des services de streaming : Alan Carr a en effet signé avec Disney et Prime Video, tandis qu'une troisième collaboration avec Netflix est déjà en préparation. »
Pour la BBC, la pilule est d'autant plus difficile à avaler qu'Alan collabore déjà avec Amanda Holden sur plusieurs émissions de rénovation diffusées sur leurs antennes. Le voir s'éparpiller chez la concurrence n'est pas exactement le scénario espéré. Comme l'a souligné l'initié : « Les patrons de la télé ne peuvent plus se passer de lui — et la BBC peut à peine l'obtenir. »
Hoppers : Quand Pixar appelle, on répond
Alan the Squirrel aux côtés de Meryl Streep
Parmi tous les projets annoncés, celui-ci tient du rêve éveillé. Alan Carr a été choisi pour prêter sa voix à un écureuil nommé Alan dans la version britannique de Hoppers, le prochain film d'animation original de Disney-Pixar. Sa meilleure amie Amanda Holden interprétera quant à elle une araignée prénommée Amanda.
La distribution est tout simplement étourdissante : Piper Curda en rôle principal, Jon Hamm, Bobby Moynihan, Dave Franco, et la triple Oscarisée Meryl Streep. Pour un humoriste britannique qui a bâti sa carrière sur des talk-shows et du stand-up dans des clubs de Manchester, se retrouver dans cette galerie de stars hollywoodiennes représente un saut quantique.
Un rêve d'enfant devenu réalité
Alan ne s'en cache pas : « Je ne pourrais pas être plus heureux d'entrer dans le studio d'enregistrement pour jouer Alan l'Écureuil. Jouer dans un film Pixar est un rêve qui devient réalité. » La déclaration résonne avec d'autant plus de sincérité qu'elle émane d'un homme qui, quelques mois plus tôt, n'était pas nécessairement sur le radar des grands studios d'animation.
Les photos promotionnelles montrent Alan et Amanda en pleine séance d'enregistrement, lui vêtu d'un costume d'écureuil, elle transformée en araignée glamour. Une image qui en dit long sur l'ambiance ludique du projet et la capacité des deux amis à s'amuser avec leur image publique.

Hoppers sortira exclusivement dans les cinémas britanniques et irlandais le 6 mars 2026. L'histoire suit Mabel, une amoureuse des animaux qui utilise une technologie révolutionnaire pour « sauter » sa conscience dans le corps d'un castor robotique et communiquer directement avec les animaux. De là découle une aventure où le royaume animal doit s'unir contre une menace humaine incarnée par un maire véreux.
Le mystère du projet Netflix avec Amanda Holden
Une collaboration qui continue d'évoluer
Si les projets Disney+ et Prime Video sont officiellement confirmés, celui concernant Netflix reste entouré d'un certain flou. Plusieurs sources, notamment dans The Sun et le Mirror, évoquent une nouvelle émission réunissant Alan Carr et Amanda Holden pour la plateforme au logo rouge.
Le moins que l'on puisse dire, c'est que le duo fonctionne. Ensemble, ils ont déjà présenté plusieurs programmes de rénovation pour la BBC : The Greek Job, The Italian Job et The Spanish Job, où ils s'essayaient à la restauration de propriétés en Europe du Sud. Leur alchimie à l'écran, faite de taquineries et de complicité authentique, a conquis un public fidèle.
Un format qui s'éloigne de la rénovation
Selon les insiders, ce nouveau projet Netflix marquerait cependant un changement de direction. L'émission serait « un départ » par rapport à leurs programmes de rénovation, tout en restant « centrée sur quelque chose qui leur tient à cœur ». De quoi alimenter les spéculations sans apporter de réponses définitives.
Pour ceux qui suivent la dynamique pro d'Amanda et Alan, cette évolution semble naturelle. Les deux animateurs cherchent visiblement à élargir leur audience au-delà du public traditionnel de la BBC, et Netflix offre une vitrine internationale que la chaîne publique britannique ne peut égaler.
Alan Carr et la Gen Z française : Une star tardivement découverte
De Chatty Man aux extraits YouTube
En France, Alan Carr reste un visage familier pour les amateurs de comedy britannique, mais sa notoriété n'a jamais atteint les sommets traversés au Royaume-Uni. Son talk-show Alan Carr: Chatty Man, diffusé de 2009 à 2016, a trouvé un second souffle sur YouTube où les extraits de ses interviews avec des stars internationales continuent de cumuler des millions de vues.
Sa présence comme juge dans RuPaul's Drag Race UK depuis 2019 lui a également offert une visibilité auprès de la communauté LGBTQ+ française, toujours à l'affût des contenus drag sur les plateformes de streaming. Son humour camp, son sens du timing et son authenticité en font un juge apprécié, capable de performances mémorables comme ce moment où il a imité les candidates en plein plateau.
L'effet TikTok et les moments viraux
Cependant, c'est bien l'avènement de TikTok qui a permis à Alan Carr de toucher une nouvelle génération de viewers français. Les extraits de ses one-man-shows, de ses passages télévisés et bien sûr de Celebrity Traitors circulent abondamment sur la plateforme, souvent sous-titrés ou commentés par des créateurs francophones.
Cette compilation de ses meilleurs moments illustre parfaitement pourquoi il fonctionne si bien sur les réseaux : une présence scénique unique, des réparties cinglantes et cette capacité à être simultanément ridiculement drôle et profondément attachant.
Le paradoxe de la « découverte rétro »
Il y a quelque chose de fascinant dans la façon dont la Gen Z découvre des artistes que la génération précédente considérait comme établis, voire en fin de cycle. Alan Carr en est l'exemple parfait : un humoriste qui a connu ses heures de gloire dans les années 2010, relativement discret ces dernières années, et qui rebondit grâce à une émission de réalité compétitive.
Pour les 16-25 ans français, il n'y a pas d'arrière-plan. Alan Carr est simplement ce type drôle qui a gagné Celebrity Traitors, qui dit des choses absurdes avec un accent du Nord irrésistible, et qui maintenant s'achète un château comme d'autres s'offrent une voiture de sport. Cette fraîcheur de perception explique en grande partie pourquoi les streamers se l'arrachent.
La mécanique du comeback post-téléréalité
Quand le jeu de société devient tremplin professionnel
Le cas d'Alan Carr illustre un phénomène de plus en plus fréquent dans le paysage télévisuel : l'utilisation d'émissions de téléréalité comme outils de repositionnement professionnel. Ce n'est pas nouveau — pensez à la résurrection de la carrière d'Ozzy Osbourne grâce à The Osbournes — mais l'ampleur et la vitesse du phénomène sont remarquables.
En l'espace de quelques mois, Alan est passé de « comédien respecté mais légèrement en retrait » à « star recherchée par trois géants du streaming ». Sa victoire dans Celebrity Traitors a agi comme un catalyseur, rappelant au public et aux décideurs de l'industrie tout ce qui fait son charme : l'improvisation, la connexion émotionnelle, la capacité à créer des moments mémorables.
Pourquoi les streamers misent sur lui maintenant
Plusieurs facteurs expliquent cet engouement soudain. D'abord, l'audimat record de Celebrity Traitors UK a prouvé qu'Alan reste un aimat à audiences. Ensuite, son parcours dans l'émission a démontré des qualités de narrative compelling — il y a une véritable histoire dans sa victoire, celle du « vieux » de service qui surprend tout le monde.
Enfin, et c'est peut-être le plus important pour les streamers, Alan Carr représente ce mélange rare de familiarité et de fraîcheur. Les audiences le connaissent depuis des années, mais le voient sous un jour nouveau. C'est exactement le type de profil que Disney+, Netflix et Prime Video recherchent pour leurs contenus non-scriptés : des personnalités établies qui peuvent encore surprendre.
L'importance de l'authenticité en 2026
Dans un paysage médiatique saturé de contenu manufacturé, l'authenticité d'Alan Carr fait figure d'exception. Il ne joue pas un personnage — ou du moins, le personnage qu'il joue est si proche de sa vraie personnalité que la frontière devient poreuse. Cette qualité est particulièrement prisée par la Gen Z, qui a développé un radar ultra-sensible pour les faux-semblants.
Son projet de château en est l'illustration parfaite. Ce n'est pas une idée lancée par des producteurs ; c'est un rêve d'enfance qu'il décide de poursuivre à l'approche de ses 50 ans. Le fait que Disney+ ait décidé de le suivre dans cette aventure plutôt que de lui imposer un format préexistant montre à quel point l'authenticité est devenue une valeur marchande.
Conclusion
Alan Carr n'a jamais été aussi demandé, et ce n'est probablement pas un hasard si cette reconnaissance arrive à l'aube de sa cinquantaine. Sa victoire dans Celebrity Traitors a fonctionné comme un rappel saisissant de son talent, mais c'est bien l'authenticité de ses projets qui séduit les géants du streaming. Entre son château écossais pour Disney+, sa road trip décalée sur Prime Video et ses aventures vocales chez Pixar, l'humoriste britannique prouve qu'on peut construire un second souffle médiatique sans renier qui l'on est.
Pour les viewers français qui le découvrent tardivement via TikTok et YouTube, c'est l'occasion de rattraper vingt ans de carrière en accéléré. Et si Celebrity Traitors venait à être adapté en France — ce qui ne saurait tarder vu le succès du format — on peut d'ores et déjà se demander quel animateur tricolore pourrait incarner ce mélange de bouffonnerie attachante et de stratège caché. En attendant, Alan Carr continue de prouver que dans un monde obsédé par la jeunesse, il y a encore de la place pour ceux qui osent rêver grand, quitte à s'acheter une tourelle pour fêter leurs 50 ans.