
Angleterre des années 70 : le berceau du mouvement punk
Au début des années 1970, le Royaume-Uni traverse une crise majeure. Le taux de chômage atteint des sommets inégalés et l'économie britannique sombre dans la récession. Ce climat social dégradé créera le terreau parfait pour l'émergence du mouvement punk.
Comment se sont formés les Sex Pistols ?
En 1972, deux jeunes Londoniens, Steve Jones à la guitare et Paul Cook à la batterie, forment un groupe avec un ami au chant. Les instruments et le matériel sont tous dérobés par Steve, qui passe son temps avec Paul au magasin « Let It Rock », dont le propriétaire n'est autre que Malcolm McLaren. Ce dernier leur trouvera une salle pour leurs répétitions et deviendra ainsi le manager du groupe. Il leur présentera le bassiste Glen Matlock, qui intégrera la formation juste avant que le chanteur ne se fasse renvoyer.

Johnny Rotten : le chanteur iconique des Sex Pistols
John Lydon est un habitué du magasin de McLaren. À l'allure excentrique, il auditionne sur le jukebox du magasin sur une chanson d'Alice Cooper (« Eighteen »). C'est d'ailleurs McLaren qui suggère le nom du groupe : les Sex Pistols. Ils écrivent rapidement leurs propres chansons et commencent à donner des concerts, comme le festival punk de France duquel ils sont exclus pour cause d'excès de violence.
En octobre 1976, ils signent un contrat avec EMI Records qui leur permet d'enregistrer « Anarchy in the UK », leur premier single. Mais ils se font rapidement licencier à cause d'une émission télévisée qui tourne à l'émeute.

Sid Vicious et les changements de label
En février 1977, Glen Matlock quitte le groupe et se fait remplacer par Sid Vicious, un admirateur des Sex Pistols qui ne sait pas jouer de basse.
En mars, le groupe signe à nouveau un contrat avec A&M Records qui leur permet d'enregistrer « God Save the Queen ». À peine quelques jours plus tard, la maison de disques les met à la porte suite à une bagarre provoquée par Sid.

L'album « Never Mind the Bollocks » et la séparation du groupe
En mai, ils signent leur dernier contrat avec Virgin et « God Save the Queen » est enfin sur le marché. Deux nouveaux titres sortent ultérieurement : « Holidays in the Sun » et « Pretty Vacant », ce qui les pousse à sortir leur premier album « Never Mind the Bollocks, Here's the Sex Pistols » en octobre 1977.
Le groupe se dispersera par la suite, réalisant qu'ils s'étaient fait manipuler par McLaren et que le mouvement punk devenait « un article de consommation courante susceptible d'être soldé rapidement ».

La tragique fin de Sid Vicious
En octobre 1978, Nancy Spungen, la petite amie de Sid, est retrouvée morte dans leur chambre d'hôtel. Sid est accusé de meurtre et incarcéré, mais Malcolm McLaren le libère grâce à une rançon de 50 000 dollars. On retrouvera peu après le corps de Sid, mort d'une overdose d'héroïne. Sid restera dans l'esprit de tous les punks l'une des icônes principales du mouvement, de par sa violence et son comportement ultra provocateur.

L'idéologie punk : entre rébellion et pessimisme
Le punk « destroy » (mouvement punk initial) était fondé sur l'individualisme, la fureur et la perte de tout espoir, comme en témoignent leurs devises telles que « No Future ! » ou encore « Destroy ! ». Ils véhiculent des idéologies pessimistes qui leur semblent réalistes et rejettent tout ce qui est beau ou harmonieux. Basant leur aspect physique sur l'individualisme, ils essaient de créer eux-mêmes leur look. Malheureusement, beaucoup d'entre eux finiront par se conformer inconsciemment en portant tous un blouson de cuir, un jean déchiré et des épingles à nourrice.
Aujourd'hui, la plupart des groupes que l'on nomme « punk » (NOFX, Pennywise, Lagwagon…) ne sont plus que des formations préfabriquées ayant oublié tout l'esprit et les idéologies initiaux du mouvement.
Heureusement, quelques rares groupes ont conservé cette attitude et cette musique, à l'image des Bérurier Noir, ces punks français qui condamnent la société actuelle.
Le mouvement a également évolué vers les anarcho-punks, aujourd'hui les plus représentatifs de ce qu'est devenu le « punk » et qui véhiculent des idées différentes des « punk destroy » (anti-FN, anti-sexiste…), plus constructives et réfléchies.