En 1977, le rock se morfond, perdu faute de révolution. Mais c'était sans compter sur l'apparition d'un nouveau mouvement : le punk fait son entrée avec des groupes tels que The Sex Pistols, The Damned ou encore The Buzzcocks. En 5 ans, tout va changer. Le rock vient de prendre un nouveau souffle et The Clash en est la preuve incarnée. Si les Sex Pistols ont « inventé » le punk, c'est bel et bien The Clash qui lui a donné ses lettres de noblesse... Et a été beaucoup plus loin, car les Clash ont quelque chose que les autres groupes de punk n'avaient pas : du génie.
Les membres fondateurs de The Clash




Histoire de The Clash : des débuts londoniens au succès mondial
Comment The Clash s'est formé
Tout commence quand Joe Strummer entend pour la première fois les Sex Pistols. Il fait à l'époque partie d'un groupe appelé The 101'ers qui oscille entre la pop et le reggae. Pour lui, le punk est une révélation. Il s'empresse de quitter son groupe en compagnie du guitariste Keith Levene. À la même époque, Mick Jones est le leader d'un groupe de hard rock à la dérive, London SS, avec Tory Crimes et Paul Simonon. C'est alors qu'il rencontre Joe Strummer. C'est Strummer qui a l'idée de fonder un groupe de punk en fusionnant la formation actuelle de London SS avec les membres sortant de The 101'ers. C'est ainsi que naquit The Clash (en français « l'émeute »), alors composé de Joe Strummer (chant), Mick Jones (guitare), Keith Levene (guitare), Paul Simonon (basse) et Tory Crimes (batterie).
Premier album et reconnaissance britannique
Après seulement quelques spectacles underground, le groupe est contacté pour faire la première partie du grand concert des Sex Pistols à Londres. Bernard Rhodes, qui assistait au spectacle, devint le manager du groupe et les fit engager pour la tournée d'hiver 1976 des Sex Pistols, l'« Anarchy Tour ». C'est durant cette tournée que Keith Levene quitta le groupe.

Tournées et controverses

Le deuxième album, Give 'Em Enough Rope, reprend les mêmes bases que le premier tout en évoluant au niveau du son vers quelque chose de plus propre et de plus abouti. Toujours un énorme succès en Angleterre, toujours pas aux États-Unis.
La conquête de l'Amérique
Malgré le manque de succès, ils entament néanmoins une tournée aux États-Unis, le « Pearl Harbor '79 ». Suite à cette tournée, le premier album éponyme est enfin mis en vente sur le marché américain. Il reste encore aujourd'hui l'un des albums les plus importés de l'histoire des États-Unis. Suite au succès de la tournée, une deuxième est organisée juste après. Pour le soutenir dans cette nouvelle tournée, Strummer fait appel à des groupes plus variés, allant du R&B (Screamin' Jay Hawkins) à la country (Joe Ely).
London Calling : le chef-d'œuvre de The Clash

Sandinista ! : l'album expérimental triple

Combat Rock : dernier grand succès et déclin
Après une tournée mondiale en 1981 et un repos bien mérité, la bande à Strummer retrouve le chemin des studios début 1982 avec cette fois Glyn Johns, le mythique producteur des Rolling Stones, de Led Zeppelin ou encore de The Who, à la réalisation. Juste après l'enregistrement, Headon quitta le groupe pour soi-disant « des divergences d'opinion ». En fait, le batteur totalement accro à l'héroïne était dans l'incapacité de continuer à jouer correctement. C'est donc Terry Chimes qui est réintégré dans le groupe. Résolument pop, le nouvel album, s'il est moins révolutionnaire et génial que les deux précédents, reste un très bon opus. Les fans de la première heure considéreront bien évidemment cet album comme une énorme déception. Combat Rock reste néanmoins un excellent album (à noter la sublime Straight to Hell, qui à elle seule justifie l'achat de l'album).
La fin de The Clash
Après cet album, des tensions commencent à apparaître dans le groupe. Chimes quitte à nouveau le groupe et est remplacé par Pete Howard (un ancien de Coldfish). Juste après, c'est Mick Jones qui est congédié, l'autre pilier du groupe avec Strummer. Bien que remplacé par deux très bons guitaristes, Vince White et Nick Sheppard, le groupe ne retrouvera jamais un second souffle. Le dernier album, Cut the Crap, est une véritable contre-performance musicale. Un album qui fut à la fois hué par la critique et boudé par le grand public. Strummer et Simonon iront jusqu'à renier cet album au point de ne pas le faire apparaître sur la discographie officielle. Suite à cette dernière mauvaise aventure, le groupe se sépare définitivement en 1985. Il ne sera jamais reformé.
L'héritage de The Clash dans l'histoire du rock

En 2003, The Clash est intronisé au Rock and Roll Hall of Fame. Leur influence continue de se faire sentir sur des générations d'artistes, des Green Day aux Fall Out Boy, en passant par des groupes de rap et de musique électronique qui citent régulièrement leur héritage. Des hommages continuent d'être rendus, comme la pièce de théâtre I Fought the Law en 2018, ou le film documentaire The Clash: Westway to the World qui reste une référence.
22 décembre 2002, c'est un bien triste Noël que s'apprête à passer le monde du rock : Joe Strummer est mort. Celui qui a incarné le punk, qui a été le fer de lance d'un mouvement qui a bouversé à jamais le monde de la musique n'est plus. À seulement 50 ans, Joe Strummer a finalement succombé à une crise cardiaque. Le vieux sage du rock'n'roll, celui qu'on pensait impossible à briser, celui qui était l'incarnation de la sincérité et du talent réunis ne chantera plus jamais... Et le rock pleure.