Bigflo posant seul devant un fond rouge, une personne partiellement visible à droite
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Pourquoi on appelle Bigflo le French Drake : histoire et preuves

Du meme Twitter à la réalité : comment Bigflo a transformé son surnom de « French Drake » en fait avéré, du cahier de rimes au check public à l'Accor Arena.

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Konbini vient de publier un nouvel épisode de son format Fast & Curious, et c'est le buzz immédiat sur tous les réseaux. La vidéo, déployée simultanément sur TikTok, Instagram Reels, YouTube Shorts et Facebook, met en scène Bigflo face à une série de choix rapides et impossibles. Mais ce qui a vraiment allumé la machine à mèmes, c'est le titre choisi par la rédaction : Bigflo est présenté directement comme le « French Drake ». En quelques heures, le montage explose, les commentaires s'emballent, et le mème refait surface avec une violence inattendue. Sauf que cette fois, personne ne rigole vraiment — parce que tout le monde sait que le surnom n'est pas volé.

Bigflo posant seul devant un fond rouge, une personne partiellement visible à droite
Bigflo posant seul devant un fond rouge, une personne partiellement visible à droite — (source)
Bigflo, alias le « French Drake », est dans le Fast & Curious

Pourquoi le quiz Fast & Curious a relancé le mème « French Drake »

La vidéo Fast & Curious débarque sur la timeline et en quelques secondes, l'algorithme fait son travail. Konbini déploie le contenu sur tous ses fronts simultanément : TikTok, Instagram Reels, YouTube Shorts, Facebook. Le format est identique à celui qu'on a vu passer des dizaines de fois avec des têtes connues du cinéma et de la musique françaises. Le principe ne change jamais : deux options, une seule réponse, zéro hésitation permise. C'est du contenu pensé pour le scroll, calibré pour enchaîner les visionnages sans que le spectateur n'ait à s'investir.

Comment le format Fast & Curious piège les plus grands

Le Fast & Curious de Konbini a cette capacité rare à mettre mal à l'aise les gens les plus à l'aise. Omar Sy, Jean Dujardin, Ramzy — des monstres de la comédie française qui se sont tous retrouvés à transpirer devant des choix absurdes posés en rafale. Le format fonctionne parce qu'il supprime tout filet de sécurité : pas de temps de réflexion, pas de possibilité de nuancer, pas de « ça dépend ». La question tombe, il faut trancher, et c'est exactement ce moment de vulnérabilité microscopique qui rend la vidéo partageable. Les réponses hésitantes, les sourires gênés, les changements d'avis à la dernière seconde — tout est filmé et monté pour maximiser le potentiel viral.

Le titre « French Drake » assumé dès la première seconde

Sauf que cette fois, Konbini ne se contente pas de poser des questions à Bigflo. Le média joue sur un terrain beaucoup plus dangereux en intitulant directement la vidéo avec le surnom « French Drake ». Pas de guillemets ironiques, pas de point d'interrogation pour laisser planer le doute. L'appellation est posée à plat, comme un fait établi, et c'est précisément ce choix éditorial qui transforme une vidéo de quiz banale en événement viral. Les premières vues débarquent, les commentateurs pigent la référence immédiatement, et le mème qui dormait depuis quelques semaines se réveille d'un coup avec une énergie décuplée. Konbini ne lance pas une blague — il officialise un surnom que tout le monde avait en tête mais que personne n'osait assumer avec autant de frontalité. Le reste du contenu de la vidéo passe presque au second plan : ce qui retient l'attention, c'est ce titre affiché en gros, qui circule en capture d'écran bien avant que les gens n'aient regardé la vidéo en entier.

Tokyo ou Kyoto, Naruto ou One Piece : les choix de Bigflo

Le principe du Fast & Curious est rudimentaire et redoutablement efficace : on pose une question fermée, deux options, pas de détour, pas de temps de réflexion. Bigflo arrive dans cette lignée avec une énergie décontractée, le genre de détente qu'on a quand on est passé sur des plateaux télé cent fois sans que ça ne pigonne. Tokyo ou Kyoto ? Naruto ou One Piece ? Les questions s'enchaînent à un rythme soutenu, et chaque réponse de Bigflo est l'occasion pour les commentateurs de faire des parallèles avec Drake. Le côté casual de l'exercice, les hésitations microscopiques, tout concourt à rendre la vidéo parfaitement calibrée pour le scroll infini. Ce n'est pas une interview profonde, c'est du pur contenu snackable conçu pour être partagé en story avec un « lol » en légende. Sauf que la dernière question va changer la donne.

Eminem ou Drake : la question qui a tout fait basculer

Arrive le moment clé, celui que le titre de la vidéo promettait depuis le début : « Eminem ou Drake ? ». La question est posée avec un aplomb qui frôle le trolling éditorial, parce que tout le monde connaît la relation entre Bigflo et le rappeur canadien. Le choix est piégé par définition : choisir Eminem, c'est trahir la légende Drake qui suit la vidéo de près ; choisir Drake, c'est valider le mème « French Drake » devant des millions de viewers.

La réponse de Bigflo n'est d'ailleurs pas le plus important ici. Ce qui compte, c'est que Konbini ait osé poser la question en plein visage, avec le surnom en titre, comme une revendication assumée. Le doute s'installe chez le spectateur : est-ce juste un gimmick éditorial bien senti pour booster les vues, ou y a-t-il véritablement du vrai derrière cette appellation ? Cette tension entre le buzz calculé et la réalité factuelle, c'est exactement ce qui propulse le mème au-delà de la simple blague.

Bigflo et Oli lors d'un shooting pour le magazine GQ
Bigflo et Oli en concert, micros en main devant un fond sombre — (source)

Pourquoi le surnom « French Drake » n'est pas inventé à la légère

Sur internet, la mécanique du « French [nom d'artiste international] » est un classique de la discussion rap. On a tous vu passer ces comparaisons à l'emporte-pièce : Ninho appelé « French Future » par certains fans, SDM baptisé « French Travis Scott » dans des fils Twitter enflammés, ou encore Damso étiqueté « French XXXTentacion » dans des comparaisons douteuses. Ces surnoms naissent d'une ressemblance esthétique, d'un flow vaguement similaire ou d'un simple caprice d'influenceur, et ils s'éteignent généralement aussi vite qu'ils sont apparus. Le « French Drake », lui, a une épaisseur que la plupart de ces étiquettes n'ont pas. Et c'est là que le bas blesse : quand on creuse, on tombe sur des faits, pas sur des suppositions.

Pourquoi ce mème refuse de mourir

Les mèmes « French X » fonctionnent sur un cycle prévisible. Naissance dans un coin de Twitter ou sur un subreddit rap, amplification par quelques comptes populaires, déclin rapide une fois que la blague a été suffisamment exploitée. Le temps de vie moyen de ce type de mème se compte en semaines, rarement en mois. Le cas Bigflo/Drake échappe totalement à cette logique. Chaque nouvelle interaction entre les deux artistes relance la machine : un follow sur Instagram, une photo backstage, un message privé qui fuite. Le mème ne meurt jamais parce qu'on lui redonne de l'oxygène à intervalles réguliers, et surtout parce que chaque nouveau chapitre vient valider le précédent au lieu de le contredire.

Un gimmick éditorial ou une histoire vraie ?

La thèse centrale est la suivante : le mème « French Drake » a survécu parce que chaque fait réel vient le renforcer a posteriori. Ce n'est plus Konbini ou un compte Twitter qui impose le surnom par force de répétition. C'est Drake lui-même, par ses actes, qui le légitime silencieusement. Un gimmick éditorial vit le temps d'une campagne de promotion. Une histoire vraie, elle, s'écrit sur plusieurs années, à travers des gestes concrets et des rencontres réelles. Et c'est précisément cette bascule — du mème à la réalité documentée — qui rend l'histoire de Bigflo et Drake fascinante au-delà du simple entertainment.

Des surnoms éphémères face à une comparaison solide

Ce qui distingue fondamentalement le « French Drake » des autres étiquettes du même type, c'est la densité des preuves accumulées. Un surnom comme « French Future » repose sur quelques ressemblances sonores et des esthétiques de clips qui se croisent. Le « French Drake », lui, s'appuie sur une correspondance d'actions : le même rapport à la mélodie, la même capacité à naviguer entre rap et pop, mais surtout une série d'interactions documentées entre les deux artistes. Quand un mème se nourrit de faits vérifiables au lieu de simples impressions subjectives, il change de nature. Il quitte le domaine de l'opinion pour entrer dans celui du débat légitime, et c'est exactement ce qui s'est produit ici.

Madison Square Garden 2023 : quand Bigflo rend le cahier de rimes de Drake

Pour comprendre pourquoi le surnom tient la route, il faut remonter à l'origine exacte de cette histoire. Pas à un montage TikTok, pas à une punchline de concert, mais à un moment précis dans les coulisses du Madison Square Garden à New York, en 2023. C'est là que tout commence vraiment, là où le mème prend racine dans le réel. Sans cet épisode, pas de follow Instagram, pas de check à l'Accor Arena, pas d'article à écrire. Le reste n'est que la suite logique d'un premier geste qui a tout déclenché.

Un cahier de rimes aux enchères : le geste qui change tout

L'histoire du cahier de rimes mérite d'être racontée en détail parce qu'elle dit énormément sur la manière dont Bigflo aborde sa relation à Drake. Un cahier de rimes ayant appartenu à Drake est mis aux enchères. Bigflo l'acquiert, non pas pour le revendre plus cher ou l'exposer dans un salon comme un trophée de fan, mais pour le rendre à son propriétaire légitime. Le geste est rare à plus d'un titre. D'abord, c'est un rapper qui rend à un autre rapper un morceau de son processus créatif — pas un fan qui supplie pour un autographe. Ensuite, c'est la reconnaissance implicite que ce cahier a plus de valeur entre les mains de Drake que dans une collection privée. Ce n'est pas du fan behavior basique, c'est un acte de respect professionnel qui dépasse largement le cadre habituel des relations fans-artistes.

De backstage en backstage : la naissance d'une bromance

L'ambiance de cette première rencontre au Madison Square Garden est exactement celle qu'on imagine quand deux mondes se croisent : une poignée de main un peu solennelle, des regards qui mesurent l'autre, puis la détente quand le geste du cahier fait son effet. Drake, connu pour être extrêmement sélectif dans ses relations avec l'industrie musicale, n'aurait pas gardé le contact si le moment n'avait pas résonné. L'artiste torontois baigne dans un environnement où tout le monde veut quelque chose de lui — un featuring, une cosignature, un post Instagram. Recevoir un cahier de rimes rendu avec sincérité, sans rien demander en retour, ça sort de l'ordinaire. Le contact est maintenu après cette nuit new-yorkaise, posant les fondations d'une relation qui va, au fil des mois, se transformer en quelque chose de plus profond qu'une simple politesse backstage.

Un membre de Bigflo & Oli dans un décor de drapeaux de prière lors du tournage de KARMA
Bigflo et Oli lors d'un shooting pour le magazine GQ — (source)

Pourquoi ce geste a marqué Drake plus qu'un featuring

Dans l'industrie musicale, les démarches transactionnelles sont monnaie courante. Un artiste envoie un mail, propose un versement, obtient un featuring. La mécanique est froide et efficace. Le geste de Bigflo fonctionne exactement à l'inverse : il n'y a aucun calcul, aucune demande, aucune attente de retour. Drake, qui évolue dans un milieu où chaque interaction est potentiellement intéressée, a immédiatement repéré la singularité de cette démarche. Un cahier de rimes, c'est intime. C'est le brouillon d'une pensée artistique, avec ses ratures et ses essais ratés. Rendre cet objet, c'est reconnaître la valeur du processus créatif de l'autre, pas seulement sa starité. Cette dimension a visiblement touché Drake en profondeur, et c'est pour cela que la relation n'a pas disparu après cette nuit new-yorkaise.

Rose Festival : 90 000 personnes et un message privé à Drake

L'histoire aurait pu s'arrêter au Madison Square Garden. Un beau geste, une poignée de main, une anecdote à raconter en interview. Sauf que Bigflo n'est pas du genre à laisser une connexion en suspens. Quelque temps plus tard, le Rose Festival — créé par Bigflo et Oli — bat des records avec 90 000 festivaliers à Toulouse sur trois jours. La programmation est solide : Hamza, Angèle, SCH, Gazo. Et au milieu de cette folie, Bigflo prend le temps d'envoyer un message à Drake. Pas un story Instagram tagué pour la galerie, un vrai message privé, en anglais, avec une intention précise.

« Ton fan français » : le message de Bigflo après Toulouse

Une fois diffusé, ce message a rapidement fait le buzz sur la toile. Le rappeur toulousain y adressait directement ces mots au chanteur canadien : « Salut Drake, juste pour te donner quelques nouvelles. J'ai monté un festival avec mon petit frère et on a vécu un week-end de dingue, mec ! Ça a attiré 90 000 personnes, ce qui est monumental pour notre ville de Toulouse. C'est un vrai triomphe pour nous, l'aboutissement d'un rêve, j'ai encore du mal à croire qu'on ait créé notre propre événement… Qui sait, peut-être qu'un jour tu pourras t'y produire (même s'il nous faudra beaucoup plus de budget). En tout cas, je te souhaite que du bon. Ton fan français. Bigflo ».

Le ton est parfait. Sincère sans être obséquieux, fier sans être prétentieux, avec cette parenthèse humoristique sur le budget qui casse toute ambiance solennelle. Bigflo ne demande pas un featuring, ne propose pas un deal. Il partage un moment de fierté avec quelqu'un qu'il considère comme un pair, pas comme un dieu à implorer. La signature « Ton fan français » est à la fois humble et assumée — c'est un clin d'œil direct au mème « French Drake » qui circule déjà, comme si Bigflo l'intégrait à sa propre identité avec une distance ironique.

Gazo et Drake sur scène : le Rose Festival vire à l'international

Le Rose Festival n'a d'ailleurs pas seulement attiré l'attention par son message privé. Sur place, Gazo et Drake ont partagé la scène pour une interprétation de « Die », un moment qui a fait trembler les réseaux sociaux français. L'image de deux artistes de cette envergure qui performent ensemble à Toulouse, dans un festival créé par un duo français, dit beaucoup sur la montée en puissance de la scène hexagonale. Bigflo, en tant que fondateur et programmateur, a positionné son événement comme un point de passage obligatoire pour les stars internationales de passage en France. Ce n'est plus la France qui court après les artistes américains — ce sont les artistes américains qui viennent en France.

Drake suit Bigflo sur Instagram : une validation discrète

Peu après ce message, Drake commence à suivre Bigflo sur Instagram. Le détail pourrait paraître anodin dans l'ère des follows massifs et des follow-backs automatiques. Sauf que Drake ne follow pas n'importe qui. Son cercle numérique est soigneusement curaté : collaborateurs proches, artistes qu'il apprécie réellement, quelques figures de l'industrie. Intégrer Bigflo dans ce cercle, c'est une validation publique à moitié masquée — assez visible pour que tout le monde la remarque, assez discrète pour ne pas en faire un événement. Ce follow est devenu la preuve tangible que le mème n'est pas qu'un fantasme de fans français. Drake a vu le message, il a vu le festival, et il a répondu à sa manière : en ouvrant la porte de son écosystème numérique. Pour un artiste français, c'est un signal extrêmement fort.

Accor Arena 2025 : Drake descend les marches pour check Bigflo

Septembre 2025. L'Accor Arena de Paris. Drake est de retour en France pour une date de sa tournée. Bigflo est dans le public, accompagné de Bianca Costa. Ce qui se passe ensuite n'était écrit dans aucun script, aucune stratégie de communication. Drake repère Bigflo dans la foule, quitte sa position, descend les marches de l'Accor Arena, et va le check devant 20 000 personnes. Un câlin, un échange de quelques mots, et le public explose. La scène est filmée par plusieurs spectateurs, les vidéos se retrouvent sur X et TikTok en quelques minutes, et le mème « French Drake » atteint son apogée. Drake check Bigflo avant de retourner à l'Accor Arena

Un câlin et un check devant 20 000 personnes à l'Accor Arena

Le détail qui rend la scène puissante, c'est sa spontanéité. Drake n'avait absolument rien à gagner à faire ce geste. Il n'y avait pas de caméra officielle, pas de partenariat à activer, pas de single à promouvoir avec Bigflo. C'est un artiste qui voit quelqu'un qu'il reconnaît dans son public et qui descend le chercher, tout simplement. Le câlin n'est pas protocolaire, le check est franc et public. La réaction du public de l'Accor Arena, qui comprend immédiatement ce qui se passe, ajoute une couche d'électricité au moment. Les captures d'écran de la scène, notamment celle partagée par Générations, deviennent instantanément le symbole visuel ultime du mème.

La réaction en chaîne sur les réseaux sociaux

Les vidéos du check circulent à une vitesse vertigineuse dans les minutes qui suivent la scène. Sur X, les montages s'enchaînent : certains superposent le câlin de l'Accor Arena avec la remise du cahier de rimes au Madison Square Garden pour montrer l'évolution de la relation. Sur TikTok, des créateurs de contenu utilisent l'extrait comme transition dans des vidéos comparant Bigflo et Drake, le mème trouvant là sa forme la plus aboutie. Le côté non planifié du moment ajoute une authenticité qu'aucun plan de communication ne pourrait reproduire. C'est précisément cette absence de calcul qui rend le check si puissant dans l'imaginaire collectif.

Bigflo et Oli en concert, micros en main devant un fond sombre
Un membre de Bigflo & Oli dans un décor de drapeaux de prière lors du tournage de KARMA — (source)

Drake reconnaît Bigflo : la validation ultime du mème

La question posée par Ado FM après la scène résume à elle seule le parcours du mème. C'est une question rhétorique qui capture exactement ce que tout fan de rap ressent face à ce genre de moment : l'idée que la validation d'une star internationale serait le sommet de l'existence. Sauf que Bigflo n'est pas un fan anonyme. Il est un artiste qui a construit sa propre carrière, son propre festival, sa propre légitimité. Drake ne le reconnaît pas parce qu'il est un fan chanceux, il le reconnaît parce qu'il existe une histoire entre eux, construite sur des gestes concrets depuis 2023. Cette image du check à l'Accor Arena est devenue plus forte que n'importe quel montage TikTok ou n'importe quel tweet comparatif. Elle est la validation ultime, celle que même les plus sceptiques ne peuvent pas récuser.

Ce que le mème « French Drake » dit du rap français à l'international

Prendre du recul. Le mème « French Drake » n'est pas qu'une anecdote sympathique à raconter en apéro. Il dit quelque chose de la place du rap français dans l'écosystème mondial en 2025. Il y a une époque, pas si lointaine, où un rappeur français qui croisait une star américaine se contentait d'une photo floue en backstage et d'un story Instagram avec trois cœurs en légende. Les dynamiques ont changé, et l'histoire de Bigflo avec Drake en est un indicateur précis.

Bigflo, Gazo : Drake regarde la scène française de près

Bigflo n'est d'ailleurs pas le seul Français à avoir attiré l'attention de Drake. Lors du Rose Festival, Gazo et Drake ont partagé la scène pour une interprétation de « Die », un moment qui a lui aussi fait trembler les réseaux. Ces intersections ne sont plus des accidents ou des coups de chance isolés. Elles traduisent un fait plus structurel : Drake suit la scène française de plus près qu'on ne le croit, et il est prêt à s'y investir publiquement. Le mème « French Drake » est aussi le symptôme d'une génération d'artistes hexagonaux qui ne sont plus en position de suppliant face aux stars internationales. Ils ont leur propre public, leurs propres chiffres, leurs propres leviers. La relation est devenue horizontale, pas verticale.

De Bunshiin à « French Drake » : Bigflo refuse d'être réduit à un mème

Il serait pourtant trompeur de réduire Bigflo à sa relation avec Drake. L'artiste toulousain a un alter-ego hyperpop sous le nom de Bunshiin, un projet qui explore des sons expérimentaux et qui n'a absolument rien à voir avec la pop mélancolique de Drake. Il a un duo avec Oli qui cartonne depuis des années, un festival de 90 000 personnes qu'il a construit de zéro, une présence Twitch active où il crée et interagit en direct. Le mème « French Drake » est flatteur, mais fondamentalement réducteur. Et c'est précisément parce que Bigflo a une carrière autonome et solide que le mème fonctionne sans le caricaturer — il y a assez de substance autour pour que le surnom reste un chapitre parmi d'autres, pas l'unique trait définissant de l'artiste.

Pour s'en convaincre, il suffit de regarder comment d'autres artistes ont été enfermés dans des mèmes similaires sans jamais pouvoir s'en extraire. Sinclair, par exemple, a connu le sort inverse : réduit à un seul titre, oublié malgré une discographie riche. Bigflo échappe à ce piège précisément parce que le mème Drake n'est pas son point de départ mais un rendez-vous qui vient s'ajouter à un parcours déjà fourni.

La nouvelle géopolitique du rap : Paris n'est plus en position d'attente

L'histoire entre Bigflo et Drake s'inscrit dans un mouvement plus large de repositionnement du rap français sur l'échiquier mondial. Les chiffres de streaming, les remplissages de stades, les programmations de festivals — tout indique que la scène hexagonale a atteint une masse critique qui la rend incontournable pour les artistes internationaux. Quand Drake descend les marches de l'Accor Arena pour check Bigflo, il ne fait pas que reconnaître un fan. Il valide une scène entière, il confirme que Paris est une ville qui compte dans sa géographie personnelle. Le mème « French Drake » est ainsi le symptôme d'un renversement de polarité : ce n'est plus le rap français qui cherche la légitimation américaine, c'est l'Américain qui vient chercher la légitimation française.

Le mème a gagné : « French Drake » est un fait

Revenir au point de départ. La vidéo Fast & Curious de Konbini posait la question avec un clin d'œil : Bigflo, le « French Drake ». En quelques années, le mème est passé d'une auto-désignation ironique à une relation authentique validée par l'intéressé lui-même. Du cahier de rimes rendu au Madison Square Garden au check public à l'Accor Arena, chaque chapitre a épaissi le surnom jusqu'à le transformer en fait objectif. Bigflo n'est plus le fan qui se prend pour Drake. Il est l'ami que Drake reconnaît publiquement, spontanément, sans rien demander en retour. Le mème n'a pas seulement survécu — il a gagné. Et dans le paysage du rap français, c'est un cas presque unique de mème devenu réalité.

Les mèmes naissent et meurent tous les jours sur les réseaux, un peu comme ces situations absurdes qui deviennent virales le temps d'un week-end avant d'être oubliées. Mais celui-ci a eu la particularité de se nourrir de preuves tangibles, de rencontres réelles, de gestes concrets. « French Drake » n'est plus une blague. C'est un fait. Et c'est probablement là que réside la plus belle victoire de Bigflo : avoir transformé un mème en histoire vraie.

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Questions fréquentes

Pourquoi Bigflo est-il surnommé le French Drake ?

Ce surnom repose sur des faits réels et des interactions documentées entre les deux artistes, comme un check public à l'Accor Arena en 2025. Il dépasse ainsi le simple stade du mème Internet pour devenir une relation authentique validée par Drake lui-même.

Quel lien unit Bigflo et Drake depuis 2023 ?

Tout a commencé lorsque Bigflo a acheté un cahier de rimes de Drake aux enchères pour le lui rendre en personne au Madison Square Garden. Ce geste de respect professionnel a marqué le rappeur canadien et lancé une véritable amitié entre les deux artistes.

Drake a-t-il déjà checké Bigflo en public ?

Oui, en septembre 2025 à l'Accor Arena de Paris, Drake a quitté la scène pour descendre les marches et aller serrer Bigflo dans ses bras devant 20 000 personnes. Ce moment spontané est devenu la validation ultime de leur lien.

Le rap français attire-t-il les stars internationales ?

Oui, la scène française a atteint une masse critique qui la rend incontournable, comme le prouvent les apparitions de Drake au Rose Festival ou à l'Accor Arena. Les artistes hexagonaux ne sont plus en position de suppliant face aux Américains.

Sources

  1. Bigflo, alias le "French Drake", est dans le Fast & Curious · konbini.com
  2. ado.fr · ado.fr
  3. generations.fr · generations.fr
  4. Bigflo envoie un message trop chou à son ami Drake après le Rose Festival · konbini.com
  5. konbini.com · konbini.com
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Chloé Jabot @buzz-tracker

Je vis sur TikTok comme d'autres vivent sur Terre. À 22 ans, j'ai déjà prédit trois tendances virales avant qu'elles n'explosent – dont un challenge dance que j'ai vu naître dans un live à 3h du matin. Étudiante en communication digitale à Paris, je stage dans une agence qui surveille les réseaux sociaux pour des grandes marques. Mon feed For You est tellement bien calibré que mes amis m'envoient des screenshots pour savoir si c'est « encore tendance » ou « déjà cringe ». Réponse en moins de 10 secondes, toujours.

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