Le titre "Amélie et les Singes bleus" ne correspond pas, dans les éléments discographiques disponibles, à un album attesté de La Femme. Il semble plutôt renvoyer à Amélie & Les Singes Bleus, un groupe de Toronto dont les parutions figurent dans des catalogues musicaux. Une confusion d'artiste suffit donc à brouiller la piste.

Cela ne prouve pas qu'aucune sortie portant un titre proche n'ait jamais existé. Mais les récits des débuts de La Femme ne mentionnent pas cet album. Ils racontent plutôt l'histoire d'un duo formé à Biarritz, devenu un groupe à géométrie variable, qui a fait de ses influences disparates une identité scénique.
De Biarritz à Paris, les premiers essais
Dans le récit rétrospectif publié par Born Bad Records, Sacha Got et Marlon Magnée commencent à composer à Biarritz, avec une guitare et le logiciel GarageBand. Ils explorent alors plusieurs directions, de la pop yé-yé à la surf music californienne. Lorsque Marlon part à Paris, il rencontre le bassiste Sam Lefèvre; Sacha les rejoint ensuite. Le label décrit une première phase de tâtonnements, avant que le trio ne façonne un son nourri de cold wave française et de musique synthétique.
Cette chronologie raconte autant une rencontre qu'un déplacement. Le groupe se construit entre deux villes et deux imaginaires : la surf music associée à Biarritz et les références électroniques découvertes à Paris. La Femme ne naît pas d'une formule fixée d'emblée, mais d'un assemblage d'influences qui évolue.
Born Bad situe en 2010 la mise en place du premier dispositif scénique. À l'occasion d'une compétition de surf à Biarritz, Noé Delmas, à la batterie, et Clémence Quélennec, au chant, rejoignent Sacha, Marlon et Sam. Le label insiste sur la rapidité de cette formation : le groupe prend forme pour jouer en public, avant même d'être une entité parfaitement stabilisée.
Des débuts dont la discographie se raconte de plusieurs façons
La chanson "Sur la planche" appartient à cette première période. Born Bad la présente comme un premier morceau marquant, lié à l'énergie surf du groupe. La suite des sorties est moins simple à résumer. Le label évoque un deuxième EP autoproduit, "Paris 2012". Une notice de Radio France consacrée à 2011 parle, elle, d'un premier EP tout juste paru chez Third Side.
Ces récits ne suffisent pas à établir avec certitude l'ordre des premières parutions : les sources ne précisent pas si elles comptent les mêmes formats ou les mêmes sorties. Elles indiquent toutefois que La Femme publie et joue avant la sortie de son premier album, "Psycho Tropical Berlin".
Une notice de Radio France datant de 2011 offre aussi un instantané de la réception du groupe. Elle rapproche sa musique de la surf music, de Taxi Girl et des Young Marble Giants, et relève une imagerie nocturne ainsi qu'un humour persistant. Ce regard contemporain aide à saisir l'impression produite à l'époque, sans suffire à expliquer les intentions du groupe.
Un groupe pensé comme un collectif mouvant
Le récit de Born Bad met en avant un noyau de trois musiciens, rejoint par des chanteuses et d'autres instrumentistes selon les projets. Cette description promotionnelle et rétrospective éclaire une caractéristique des débuts : La Femme ne se présente pas comme un groupe aux rôles immuables. La scène, le studio et les premières compositions ne réunissent pas nécessairement les mêmes personnes.
Cette formation mouvante est mieux documentée que l'hypothèse d'un album de La Femme intitulé "Amélie et les Singes bleus". Les sources disponibles décrivent des compositions d'abord élaborées par Sacha et Marlon, puis une identité collective qui se construit sur scène et en studio. L'ordre des premières sorties reste, lui, à manier avec prudence.